Entête Si Chalabre m'était conté

Sérié Antoine


Les frères SÉRIÉ :

SÉRIÉ Antoine est né le 20 octobre 1888 à Chalabre. Il exerce la profession de chapelier. Il est le fils de Jean cultivateur et de BARBY Marie, habitant quai du Chalabreil. Il se marie le 21 septembre 1912 avec FERRIER Augustine Rosalie. Il est incorporé le 7 octobre 1909, et libéré le 24 septembre 1911 avec le certificat de bonne conduite. Il et rappelé le 10 août 1914 au 6ème bataillon de chasseurs alpins à pieds. Le régiment est scindé en deux. Le 6ème bataillon est formé avec les engagés, et les appelés. Les rappelés, et les rengagés forment le 46ème bataillon de chasseurs alpins. Son matricule est le 3312. Il est blessé le 2 septembre 1916, transporté à l’hôpital n° 15 de Cerisy dans la Somme, et déclaré mort pour la France le 4 septembre 1916. L’acte de décès est transcrit à Chalabre le 13 janvier 1917.

Portrait de Sérié Antoine

Acte de naissance de Sérié Antoine Son acte de naissance.


HISTORIQUE du 46ème BATAILLON DE CHASSEURS ALPINS :

Le 46ème bataillon de chasseurs alpins se forme à la mobilisation à Nice, le 23 août 1914, sous le commandement du capitaine Peletin, avec un effectif de dix-neuf officiers et mille cent cinquante-trois sous-officiers, caporaux et chasseurs. Le bataillon embarque à Nice le 24 et arrive à Thaon-les-Vosges le 25 août au matin.

Portrait de Sérié Antoine

L'ALSACE, ET LES VOSGES (Jusqu'au 11 Juin 1915) :

Le 26 août 1914, le bataillon occupe immédiatement la ferme du Bois de Saint-Dié. Dans la même journée, celui-ci reçoit l'ordre suivant : « Le 46ème bataillon se portera dès la réception du présent ordre de la ferme du Bois de Saint-Dié sur Moriville, où il cantonnera. Il occupera toutes les issues du village, et s'assurera la garde du quartier général. » . II cantonne à Moriville, y passe la nuit, et le lendemain à 5 heures quitte le village et se dirige sur Ortoncourt et la côte 350. Il reçoit l'ordre de se porter sur le village de Clézentaine, de l'occuper, de le dépasser et de s'établir en avant face au nord, puis d'envoyer des patrouilles pour fouiller le Bois de Narbois. Le bataillon marche en formation d'attaque. Et, à 9 heures, la 9ème compagnie, en arrivant sur la crête sud de Clézentaine, reçoit à droite des feux d'une infanterie établie sur les pentes sud-est du village. Elle fait face à cette infanterie. Chasseurs et Allemands tiraillent. Et, à 16 h 30, l'infanterie allemande prononce une attaque, qui est repoussée. La 9ème compagnie charge à la baïonnette. Mais, prise d'enfilade par les mitrailleuses, elle se replie.
A 19 h 30, les 8ème et 9ème compagnies reprennent le village, qui avait été occupé par l'ennemi.
Le 27 août, les 7ème et 10ème compagnies restent sous le feu violent de l'artillerie allemande, et subissent de fortes pertes. À la nuit, sous une pluie torrentielle, le bataillon vient bivouaquer à la côte 350. En réserve d'artillerie vers Clézentaine, il reçoit le feu de la grosse artillerie allemande, et change plusieurs fois de position. Il cantonne dans le village.
Le 28 août, laissant une compagnie au nord du village pour défendre les passages du Moinil, le bataillon va occuper la crête sud du village. Il occupe ces positions jusqu'au 3 septembre, puis cantonne à Thaon-les-Vosges. Le 46ème fait successivement partie du Groupement des Vosges et de la 116ème brigade, où l'on forme le 46ème groupe alpin. Il le quitte le 13 septembre pour être affecté à la 41èmedivision, où il remplace le 13ème bataillon de chasseurs.
Le 13 septembre, le bataillon occupe les avant-postes à hauteur de Neuvillers-sur-Fave et de Le Paire sur la route de Provenchères-sur-Fave. Les jours suivants sont marqués par plusieurs attaques allemandes, toutes repoussées par d'énergiques contre-attaques et le feu violent et précis des chasseurs.
Le 17 août, une attaque ennemie plus forte se déclenche. Six autres assauts la suivent dans la matinée, deux autres dans l'après-midi. Les positions sont intégralement maintenues. Deux compagnies ont même réussi à s'emparer de la côte 874, qu'elles occupent sous le feu continu de la grosse artillerie allemande, et tiennent jusque, dans la nuit du 19 septembre, où elles sont relevées par le 23ème régiment d'infanterie. Le bataillon occupe encore pendant quelques jours Moncel-sur-Vair. Le 5 octobre, le bataillon, en réserve du Groupement des Vosges, se porte au lieu Les Rouges-Eaux, où, pendant quelques jours, il prendra un repos bien gagné, après les dures journées de rudes combats, rendus encore plus difficiles par les mauvaises conditions du terrain très défectueux et les pluies fréquentes sous lesquelles combattait continuellement et sans répit le 46ème bataillon.
Le 20 octobre, le 46ème bataillon reçoit l'ordre de remonter en ligne dans le même secteur, qu'il a quitté quelques jours auparavant. Cette période de secteur, jusqu'au 28 novembre, relativement calme, est marquée par quelques bombardements et fusillades de part et d'autre.
Le 7 novembre, le colonel Nautret, commandant la 81ème brigade, est blessé mortellement au cours d'une visite des positions. Il meurt le 9 novembre.
Le 28 novembre, le bataillon s'établit en cantonnement de repos à La Pêcherie et à Marzelay, où tous les chasseurs reçoivent la première injection de la vaccination anti-typhoïde. Il quitte le repos le 9 décembre jusqu'au 27 janvier 1915. Successivement, c’est l’occupation des premières lignes dans les secteurs de la Tranche, la Halte, Chemin de la Croix, Malefosse, les Quatre-Sapins.
Le 21 décembre, au cours d'une prise d'armes, le capitaine Pugnaire reçoit du colonel, commandant la 152ème brigade, la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur.
Le 27 janvier 1915, le bataillon reçoit l'ordre d'attaquer dans son secteur. Dès 5 heures du matin, les sections partent en avant entre les crêtes 641 et 651 et le ruisseau de Malefosse vers la route des Quatre-Sapins. La 10ème compagnie arrive sur la route des Quatre-Sapins, mais est arrêtée dans sa progression par d'épais réseaux de fils de fer allemands. Elle s'arrête sur la position conquise, y creuse des tranchées, soumise à un très violent feu d'artillerie ennemie, et prise de face et de flanc par un feu nourri de mitrailleuses et de fusils. L'offensive est arrêtée à la nuit. Les chasseurs de cette compagnie, qui fut si durement éprouvée, exténués de fatigue et congestionnés par le froid violent de cette journée de neige sont obligés de se replier. À la suite de cette attaque, la 8ème compagnie est citée à l'ordre de la 41ème division en ces termes :

Ordre de la Division N° 12, du 20 Février 1915 :

8ème compagnie du 46ème bataillon de chasseurs :
« Sous la conduite du capitaine Pugnaire, elle s'est distinguée depuis le début de la campagne dans plusieurs circonstances difficiles et en particulier au cours de l'engagement du 27 janvier 1915. » Le bataillon a avancé au cours de cette journée, mais a eu à surmonter d'énormes difficultés : nature boisée et rocheuse du sol, terrain couvert de neige congelée et violence du feu ennemi. Les chasseurs ont surmonté toutes ces difficultés avec un entrain admirable, une bravoure ne les faisant reculer devant aucun danger, un courage digne des meilleures troupes. Ils ont montré des qualités d'endurance et d'abnégation qui, dorénavant, les montrent, aux yeux de tous, soldats d'élite. Les journées suivantes, le 46èmebataillon reste sur les positions conquises, résistant aux attaques et aux coups de main de l'ennemi, soumis continuellement au feu d'artillerie, combattant sans cesse, dans la neige et sous la pluie, dans le brouillard, ou restant immobilisé dans ces tranchées par le froid intense de ces dures journées d’hiver dans les Vosges ».
Les 5 et 6 mars, après 74 jours de tranchées consécutifs, les diverses compagnies du bataillon sont relevées dans le secteur boisé 651-641, en face de la Mère Henry. Les pertes totales, au cours de ce séjour, pendant la plus mauvaise partie de l'hiver, du 22 décembre 1914 au 6 mars 1915, ont été de quarante-quatre tués ou morts de leurs blessures, et soixante-seize blessés.
Du 7 mars au 5 juin, toujours dans le même secteur, le bataillon se relève par groupe de deux compagnies : 7 et 8ème, 9 et 10ème. Cette période assez longue est relativement calme. Elle n'est marquée que par quelques légers incidents, qui deviennent le cours normal de cette longue guerre de positions et où les chasseurs doivent faire montre de toutes leurs belles qualités de résistance et d'endurance.
Le 5 juin, le bataillon est concentré tout entier en deuxième ligne, où il est relevé le 6 juin par le 43ème territorial. Il se porte à Gérardmer, où il s'installe en cantonnement de repos. Il y restera jusqu'au 14 juin.

L'ATTAQUE DU 15 ET 16 JUIN au BRAUNKOPF (Metzeral) :

Le 11 juin 1915, le bataillon se rend de Gérardmer au lac de Schiessrothried par le Col de la Schlucht comme suit en deux échelons: transport par la section T.-M. De Gérardmer au Col à 6 heures et à 9 heures. Le reste de la route est effectué à pied. Le bivouac se fait au bord du lac Schiessrothried.
Le 12 juin, le bataillon se porte à l’endroit Le Gaschney, sous les hauteurs du Hohneck, où il est employé à des travaux d'amélioration et d'organisation du secteur Braunkopf, Almatt Kopf, en vue d'une attaque prochaine dans la direction du Bois Noir.
Le 14 au soir, le bataillon au complet rentre bivouaquer à Gaschney.
Le 15 juin, en exécution de l'ordre n° 72/5 du 13 juin du colonel commandant la 4èmebrigade de chasseurs, le 46ème se porte, à partir de 14 h 30, en arrière des 6ème et 24ème bataillons de chasseurs par les boyaux d'Aftenkopf. La colonne de droite est constituée par les 8 ème et 10ème compagnies, section de mitrailleuses. La colonne de gauche, quant à elle, est composée des 7èmeet 9èmecompagnies, section de mitrailleuses. Le poste de commandement du 46ème bataillon se trouve au Petit-Almatt, près du chef d'état-major de la 4ème brigade. Les compagnies de tête de chaque colonne ont ordre de se tenir prêtes à soutenir respectivement les 6ème et 24ème bataillons, sur la demande des deux commandants.
L'attaque conduite sur le Braunkopf par les 6ème et 24ème se déclenche. Les vagues d'assaut progressent.
À 18 h 30, le commandant du 46ème reçoit du commandant du 6ème l'ordre suivant :
« Tout le 6ème bataillon, moins un peloton de la 4ème compagnie resté dans la tranchée de départ T. 1 en face la Maison 0 et un peloton de la 1ère compagnie qui est dans T. L, est sur le Braunkopf pour reconnaître l'ensemble de la position; faire remettre de l'ordre dans les unités, assurer l'occupation et l'organisation du terrain conquis. Le 6ème bataillon a déjà subi de fortes pertes. »
Jusqu'à 23 heures, les trois bataillons organisent les positions conquises, se renforcent mutuellement sous le feu persistant de l'artillerie ennemie, et sont soumis au feu de l'infanterie allemande venant du Bois Noir et de l'Eichwalde. Ces feux de flanc gênent énormément les mouvements des troupes, et occasionnent de fortes pertes dans les éléments engagés. À 23 heures, une attaque allemande, menée à coups de grenades, oblige les avant-postes à se retirer un peu. Le reste de la nuit, les chasseurs restent accrochés au terrain, dans l'impossibilité absolue de progresser. L’évacuation des blessés se fait dans la mesure du possible. Ils sont ramenés dans une tranchée, creusée pour s'abriter des coups venant d’Eichwalde.
Le 16 juin, l'attaque doit continuer. Dès 10 heures, les Allemands bombardent très violemment le Braunkopf, tandis que notre artillerie agit d'une façon très précise sur les ouvrages ennemis. Dans la dernière phase de la préparation d'artillerie, quelques obus français tombent dans les tranchées françaises, ce qui produit un certain désordre. Ce désordre coïncide avec la montée d'éléments d'infanterie allemande vers les positions du 46e : léger retrait des éléments avancés.
À 13 h 15, le déclenchement de l'attaque progresse normalement, mais avec beaucoup de pertes. Les chasseurs poursuivent de leur feu les Allemands qui se retirent en désordre. Le mouvement du 24ème chasseur et du 46ème est ralenti, puis arrêté par les feux venant d’Eichwalde et les feux intenses d'artillerie.
À 20 h 30, l’ordre est donné de tenir les positions conquises, avec les postes d'écoute en avant. Peu de temps après, la 10ème compagnie, relevée, se rend au Bois Carré pour y bivouaquer. À 24 heures, les 6ème, 24ème et 46ème chasseurs sont relevés par le 11ème bataillon de chasseurs. Le 46ème va bivouaquer au camp de Gaschney.
Le 17 juin, la 10ème compagnie suit le mouvement des deux compagnies de réserve du 11ème bataillon. Elle se tient en position d'attente, mais ne subit pas de fortes pertes malgré le bombardement violent. À la nuit, elle rentre à Gaschney. Les pertes pendant ces trois journées ont été relativement faibles, vu la violence du bombardement auquel le bataillon était soumis sur le Braunkopf et ses abords et les feux d'écharpe d’Eichwalde. Comme tous les chasseurs de la brigade, ceux du 46ème ont été superbes d'entrain, d'audace, et de mépris du danger. Ayant soutenu l'action des bataillons d'attaque, ils ont contribué pour une large part à l'avance importante réalisée le 15 et le 16, à l'enlèvement de positions importantes comme le Braunkopf et la côte 830, enfin à la prise de Metzeral. C'est une belle page de gloire à inscrire dans les annales de ce beau bataillon.
Le 18 juin, le bataillon quitte Gaschney à 17 heures pour se rendre à l'Almatt. Il exécute des travaux d'organisation, des boyaux et tranchées en vue d'une attaque qui doit être exécutée par le 11ème bataillon sur Metzeral et la corne ouest du Bois Noir. L'attaque est renvoyée par suite du mauvais temps. Jusqu'au 9 juillet, les travaux continuent. Le bataillon se relève par compagnie. Le 9 juillet, il est relevé complètement par le 64ème bataillon, et va au repos au bord du lac de Schiessrothried et au Sillacker. Il y reste jusqu'au 19, occupé à des travaux de propreté et de réorganisation d'effectif.


Dans ces trois journées de combat, le 46ème bataillon est cité à l'ordre de l'Armée en ces termes

Citation à l'Ordre de l'Armée.

« Le 46ème bataillon de chasseurs a fait preuve d'une vaillance et d'une énergie au-dessus de tout éloge, en enlevant une position très fortement organisée, dans laquelle l'ennemi se considérait comme inexpugnable d'après les déclarations même des officiers prisonniers. Il lui a fait subir des pertes considérables, et, malgré un bombardement des plus violents, n'a cessé de progresser pendant plusieurs journées consécutives pour élargir sa conquête. »

Acte de naissance de Sérié Antoine

L'ATTAQUE DU 20 JUILLET (Les Vosges jusqu'au 20 Août 1916) :

La journée du 19 est activement employée à la préparation de l'attaque, qui doit avoir lieu le lendemain : distribution de vivres, de munitions et de matériel, reconnaissance du secteur, ordres donnés par le commandant aux diverses unités pour l'exécution de l'attaque du lendemain. Les ballots individuels sont constitués et groupés par compagnie, et restent dans les abris du Sillacker et de Schiessrothried sous la garde des malades.
Le 20 juillet, le bataillon reçoit l'ordre de se porter derrière les 6ème et 24ème chasseurs pour participer aux opérations du Reichaker. Par les boyaux d'accès, il se porte vers les tranchées de départ. Il est accueilli par un feu violent d'artillerie. Il subit de fortes pertes, entre autres le commandant Lallemand, commandant le bataillon qui est grièvement blessé. Ce dernier passe le commandement du bataillon au capitaine Ramos de Péon. À 18 heures, les compagnies des 6ème et 24ème ayant déclenché l'attaque, et le 46ème bataillon prennent place dans les parallèles et places d'armes du Reichakerkopf. Puis, ils se portent en première ligne pour renforcer les compagnies d'attaque. La 9ème compagnie s'installe dans les trous d'obus, et y organise une ligne improvisée. Le 21 juillet, à 2 heures du matin, les quatre compagnies du bataillon se portent au bivouac de Sattelkopf Haut. À 8 h 30, vient le nouvel ordre de se porter sur le Reichakerkopf. L’ordre est exécuté aussitôt. Et, à 11 heures, tout le monde est en place.
Depuis cette date, le bataillon a coopéré à la garde de la position et organisé toute la partie du secteur conquise sur les pentes sud du Reichakerkopf. Pendant la fin de juillet et tout le mois d'août, le bataillon se relève par compagnie dans le secteur du Reichakerkopf.
Le 7 août, il a la garde du drapeau des chasseurs. Le lieutenant Valéry est désigné comme officier porte drapeau.
Le 10 septembre, il va occuper le secteur du Braunkopf. Le régiment est relevé le 12 par le 24ème chasseur. Et, ensuite, il occupe le secteur d'Ampfersbach. Il y reste jusqu'au 5 octobre.
Le 5 octobre, il est relevé par le 3ème territorial. La relève s'effectue sans incident.
Le 15 octobre, le capitaine commandant Vichier Guerre est promu chef de bataillon à la date du 11 octobre. Dans la matinée du 15, la 10èmecompagnie est alertée. Elle se dirige sur le Sattelkopf Bas, où elle est mise à la disposition du commandant du 6ème bataillon.
Jusqu'au 9 novembre, le bataillon est toujours occupé aux mêmes travaux. Il subit parfois de violents bombardements. Cette période n'est marquée par aucun événement important.
Le 10 novembre, il fait étape sur Gérardmer. Il y est reçu à 8 h 30 par le général commandant la 47ème division d'infanterie. À 9 heures, c’est l’embarquement sur TM, pour faire les vingt-cinq kilomètres qui les séparent de Remiremont et de la caserne Victor, et pour un cantonnement de repos. Ainsi, le bataillon s’établit en ce lieu, et fait divers travaux. Jusqu'au 28 novembre, le bataillon est occupé à des travaux de propreté, des exercices, de l’instruction technique des grenadiers, du tir, et des revues d'armes et de matériel.
Le 20 novembre, il est passé en revue par le général commandant la 47ème division et le colonel commandant la brigade. Est effectuée la remise de Croix de Guerre. Le fanion du bataillon est décoré par le général lui-même.
Le 28 novembre, l’ordre est de se rendre à Gérardmer. Le départ de Remiremont s’opère à 6 h 30 par la route. L’arrivée à Gérardmer est à 17 heures, à 25 kilomètres plus loin, là où ils étaient dix-huit jours avant.
Le 30 novembre, le bataillon reçoit l'ordre de relever le 62ème bataillon dans le sous-secteur d'Ampfersbach. Il s'y porte par le Col de la Schlucht. La relève est terminée à 20 heures sans incident.
Le Dispositif des compagnies est le suivant:
Pour la 7èmecompagnie, les pentes du Sattelkopf.
Pour la 8ème compagnie, Ampfersbach.
Pour la 10ème compagnie, Hagel et pentes de Schirbach.
Pour la 9ème compagnie, en réserve au camp Jourdan où il y a le poste de commandement. Toute cette période, la vie dans les tranchées est marquée par des tirs réciproques d'artillerie, souvent assez violents, mais sans aucune action d'infanterie. Les ouvrages bouleversés ou démolis sont reconstruits de part et d'autre. L'effet de notre artillerie se porte principalement sur le réservoir de Munster. L'artillerie allemande bombarde régulièrement le village d'Ampfersbach. Des coups de main sont exécutés, qui ramènent chaque fois des prisonniers.
Le 10 avril 1916, le 46ème bataillon de chasseurs est relevé par le 54ème bataillon sans incident. Il va cantonner à La Bresse par la Schlucht.
Le 4 mai, il est passé en revue par le général De Puydraguen; qui remet la Croix de Guerre. Le bataillon reste au repos jusqu'au 6 mai 1916. Le même jour, le capitaine Ramos de Péon et le médecin-major de 2ème classe Meillan sont promus chevaliers de la Légion d'honneur.
Le 6 mai, le bataillon fait étape à Wildenstein, en dessous du col de la vierge. Il quitte Wildenstein à 14 heures. Il arrive à Mittlach à 23 heures, où il cantonne.
Le 9 mai, il relève le 52ème bataillon de chasseurs à l'est de Metzeral.
L’État-major se trouve au camp Dubaste.
La 7ème compagnie prend position de Mâttle.
La 8ème compagnie s’établit à Steiden.
La 9ème compagnie s’implante à Mittelbuhl.
La 1ère compagnie emménage au camp Michenau.
La section hors rang se fixe à Mittlach.
Le train régimentaire campe à Kriith.

De violents bombardements se produisent pendant la relève. Le bataillon occupe ce secteur jusqu'au 22 juillet. Il travaille à la création et à l'organisation d’une deuxième ligne de défense. Il est parfois soumis à de violents bombardements, mais qui occasionnent relativement peu de pertes.
Le 15 juillet, il est réorganisé suivant les principes donnés par la circulaire n° 15924 du Q. G. du 23 mai 1916. Le bataillon comprend trois compagnies d'infanterie, une compagnie de mitrailleuses, et une compagnie de dépôt.
Le 22 juillet, le bataillon est relevé par un bataillon du 245ème régiment d'infanterie et va cantonner à Thann. Il cantonne successivement à Saint-Amarin, à Bussang, à Rupt.
Le 30 juillet, il défile à Remiremont devant le général De Villaret, commandant la 7ème Armée.
Il arrive à 10 heures à Raon-aux-Bois, (au nord-ouest de Remiremont), et s'installe en cantonnement pour effectuer une période d'instruction. Pendant cette période, jusqu'au 28 août, il exécute des manœuvres de brigade au camp d'Arches.
Le 15 août, il quitte Raon-aux-Bois. Et, il embarque à Dounoux, et débarque à Champagney en Haute-Savoie. De là, il se rend à Offemont au-dessus de Belfort, à Vétrigne, puis à Bretten, et à Sternenberg.
Le 22 août, il embarque à Fontaine et débarque à Grandvilliers dans l’Oise.
Le 28 août, le bataillon se met en mouvement. Le départ en T. M. est à 9 heures, pour une arrivée aux Célestins (au sud-ouest de Bray-sur-Somme) à 17 heures à coté du camp de Suzanne, (un air de déjà vu).

LA SOMME :

Le 29 août, le bataillon va relever le 62ème bataillon de chasseurs, qui occupe les tranchées de la Pestilence au Bois Vieux (à mille mètres au sud-ouest de Maurepas).
Le 30 août, le bataillon prend les tranchées de Maurepas et Le Forest. Il occupe ses positions, et coopère aux attaques de Maurepas, Rancourt, et Le Forest jusqu'au 6 septembre.
Les 31 août, 1er et le 2 septembre, le régiment est en charge de travaux préparatoires à l'attaque. Et, il ravitaille les premières lignes en munitions et eau. C’est au cours d’une de ces missions que le 2ème classe Sérié fut blessé, et emmené à l’hôpital de campagne n°15 à Cerisy, où il décédera des suites de ses blessures le 4 septembre.
Le 46ème évacuera le 11 octobre pour retrouver les Vosges le 22 octobre 1916, qu’il quittera un an plus tard le 26 octobre 1917, après avoir, pendant un an, fait du gardiennage, avec de-ci ou de-là des attaques et contre-attaques.
Le 26 octobre 1917, le bataillon quitte le champ de bataille pour Chassemy, à coté de Soisson, d'où il est enlevé en train militaire pour Château-Thierry. Le 1er novembre, il est embarqué en chemin de fer. Il arrive aux Aymars le 2 novembre, où il y cantonne. Le 15 novembre, le bataillon est dissous.

Ordre général N° 693 du Général commandant la 66ème Division du 15 Novembre 1917 :

«Par décision du général en chef, le 46ème bataillon de chasseurs alpins est dissous à la date du 15 novembre 1917 pour raison d'organisation. Le général commandant la subdivision salue une dernière fois ses glorieux fanions.»
Signé : Brissaud-Desmaillets.
Ne pensez pas que cela soit la quille, ils vont finir le combat en renflouant le 6ème, un retour aux sources.

Acte de naissance de Sérié Antoine

Une liste de quelques morts pendant cette guerre, notre Chalabrois y figure :

REYMOND (Marius), 2ème Classe, à Rancourt (8 octobre 1916).
REGNAULT (Constant), 2ème classe, à Craonne (17 avril 1917).
RAYMOND (Joseph), 2ème Classe, à Craonne (17 avril 1917).
RIGAUD (Alfred), 2ème classe, à La Malmaison (23 octobre 1917).
REYNAUD (Hilaire), 2ème classe, à Vailly (8 août 1917).
PIGOLLET (Jean), 2ème classe, à Vailly (13 août 1917).
ROUSTANG (Marius), 2ème classe, au Chemin-des-Dames (10 août 1917).
RONDIL (Charles), 2ème classe, à La Malmaison (23 octobre 1917).
SAUGUERET (Pierre), adjudant, à Le Forest (5 septembre 1916).
SECRETANT (Louis), caporal, à La Malmaison (23 octobre 1917).
SECOND (André), caporal, à Vailly (13 août 1917).
SABATIER (Paul), 2ème classe (31 janvier 1915).
SARRAN (Albert), 1ère classe (27 janvier 1915).
SEYTE (Emile), 2ème classe, sur la crête d'Ormont, (20 septembre 1914).
SIBLEYRAS (Pierre), 2ème classe (10 juin 1915).
SÉRIE (Antoine), 2ème classe, à l’hôpital d'évacuation 15 (4 septembre 1916).
SION (Albéric), 2ème classe, à Le Forest (3 septembre 1916).
SYLVESTRE (Paul), 2ème classe, à Le Forest (4 septembre 1916).
SOUSTELLE (Paul), 2ème classe, à Rancourt (4 octobre 1916).
SABATIER (Fernand), 2ème classe, à Vailly (12 août 1917).
SILVIN (Joseph), 2ème classe, à Vailly (31 octobre 1917).
SOBOUL (Henri), 2ème classe (2 février 1915).
THOMARA (Jules), sergent, à Vailly (13 août 1917).
TROUILLAS (Léon), caporal, à Fauconcourt (27 août 1914).
TASSY (Léandre), 2ème classe, à Vailly (2 août, 1917).
TALBOT (Ovide), 2ème classe, au Chemin-des-Dames (11 octobre 1917).
TOURREL (Martin), 2ème classe, à Raon-l'Étape (5 mai 1915).
TRIAIRE (Alfred), 2ème classe, à Raon-1'Étape (14 mai 1915).
TEYSSIER (Joachim), 2ème classe, à Gaschney (18 juin 1915).
TESTUD (Louis), 2ème classe, à Braunkopf (16 juin 1915).
THOMAS (Joseph), 2ème classe, dans l’ambulance 2/75 (21 juillet 1915).
VERNET (Louis), sergent, à Rancourt (6 octobre 1916).
VALGALIER (Louis), caporal, à l’hôpital de la 7ème Armée (17 juin 1915).
VALLOS (Joseph), caporal, à Reichakerkopf (21 juillet 1915).
VILLARET (Louis), caporal, à Reichakerkopf (25 juillet 1915).
VIGNAT (Pétrus), caporal, à Crevrigny (28 juillet 1917).
VANDORIE (Emile), 2ème classe, à l’hôpital de Saint-Dié (24 octobre 1914).
VEDEL (Ferdinand), 2ème classe (12 septembre 1914).
VEDEL (Alexandre), 2ème classe, Clézentaine (28 août 1914).
VERGER (Etienne), 2ème classe, sur la crête d'Ormont (20 septembre 1914).
VEYRAS (Fernand), 2ème classe (1er septembre 1914).
VEYRENC (Henri), 2ème classe, à Sondernach (10 mai 1916).
VÉZINET (Clément), 1ère classe, sur la crête d'Ormont (20 septembre 1914).
VIALES (Louis), 1ère classe, sur la crête d'Ormont (20 septembre 1914).
VIDAL (Louis), 2ème classe (27 janvier 1915).
VIDAN (Jean), 2ème classe, à l’hôpital de Raon-1'Étape (27 février 1915).

Et la veuve, me direz-vous ?
Elles étaient nombreuses dans ce cas, presque toutes les familles furent touchées soit par un blessé ou un tué. Augustine avait déjà perdu un beau-frère. Elle ira régulièrement porter des fleurs sur la tombe de son homme dans le carré des militaires de Chalabre. Alors que l’hiver de 1923 s’annonçait des plus froid, Augustine vers la fin novembre avait trouvé un réchauffe pyjama.
Elle succomba à la tentation. Et, du même coup, elle tomba enceinte. C’est comme cela que François naquit fin juillet 1924, prenant le nom de la mère puisque le géniteur s’étant défilé.

Transcription :

« Le treize janvier mil neuf cent dix sept à dix heures du matin. Nous Henri Rascol Maire de la commune de Chalabre Aude, avons transcrit l’acte de décès dont la teneur suit : VIème Armée, N°885 du registre des actes de l’état civil. Décès de Sérié Antoine- expédition- hôpital d’évacuation N°15- Acte de décès. L’an mil neuf cent seize, le quatre du mois de septembre à treize heures, étant à Cérisy – Gailly (Somme) Acte de décès de Antoine Sérié, clairon au quarante-sixième bataillon de chasseurs, neuvième compagnie, immatriculé sous le N° mille deux cent quatorze du recrutement de Narbonne, classe mil neuf cent huit, décédé à Cérisy – Gailly (Somme) le quatre du mois de septembre à treize heures des suites de blessures de guerre, en service sur le champ de bataille.
Mort pour la France.
Conformément à l’article 77 du code civil, nous nous sommes transportés auprès de la personne décédée et assurés de la réalité du décès. Dressé par nous Louis Duplaix, officier d’administration de 2ème classe, gestionnaire de l’hôpital d’évacuation N°15, officier de l’état civil, sur la déclaration de Trinqué Gabriel, François Laurent âgé de 35 ans, officier d’administration de 2ème classe, de Carrère Jean âgé de 24 ans caporal, témoins qui ont signé avec nous après lecture.
Le 1er témoin signé : Trinqué.
Le 2ème témoin signé Carrère. L’officier de l’état civil signé Duplaix.
Pour expédition conforme l’officier de l’état civil (signature illisible).
Vu par nous Marchet Paul médecin chef de ladite formation signataire, pour légalisation de la signature de M. Dulaix sus qualifié.
Marchet signé. Vu pour légalisation de la signature de M. Marchet Paul.
Paris le 3 octobre 1916 le ministre de la guerre par délégation. Le chef du bureau des archives administratives (signatures illisibles).
Mention additive – Loi du 30 septembre 1915 – L’acte ci-contre est incomplet sur les points suivants :
Le défunt né le vingt octobre mil huit cent quatre-vingt-huit à Chalabre canton dudit (Aude) où il était domicilié en dernier lieu, fils de Sérié Jean et de Barby Marie domicilié à Chalabre canton dudit (Aude), était époux de Ferrier Augustine Rosalie.
Paris le trente-et-un décembre mil neuf cent seize. Le ministre de la guerre par délégation le chef de bureau des archives administratives (signature illisible).
Pour copie conforme
Le Maire (signé RASCOL)

État des services d’Antoine Sérié :

Acte de naissance de Sérié Antoine
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