Entête Si Chalabre m'était conté

Roland Jean Baptiste


Le 1er mort

Cela sera bientôt les cent ans du début de la première Guerre Mondiale. Nos poilus méritent toute notre considération et reconnaissance.
Années folles, ou bien années cruelles, nous allons parler des Chalabrois qui ont combattu pour nous acquérir notre liberté, et surtout, en premier ceux qui on laissé la vie sur le champ d’honneur. Nous ne pourrons malheureusement pas parler de tout le monde ! Avec pour simple raison, il y a des régiments dont on ne peut avoir l’ordre de marche. Nous parlerons de ceux qui sont revenus des combats ou de captivité.

Rolland Jean Baptiste :

Est né le 1 septembre 1890 à Chalabre.

Acte de naissance

Il est le fils de Joseph Louis (instituteur) et de Chaussonnet Marie elle aussi institutrice. Ils habitent à la naissance à Limoux. Notre futur soldat est né dans la maison familiale maternelle du charpentier Chaussonnet rue du pont de l’Hers.
Au conseil de révision, sa fiche dit : Les parents, (toujours enseignants) comme lui, habitent à Sainte-Colombe-sur-l’Hers. Jean-Baptiste, quant à lui, travaille dans l’industrie.
Il a les cheveux châtains, les yeux bleu clair, un menton à fossette, les oreilles bien dégagées, le nez moyen rectiligne et un visage rond.
Il mesure 1 mètre 65.
Il est appelé le 10 octobre 1911 pour effectuer son service armé au 122ème régiment d’infanterie qui est basé à Rodez.
Tout d’abord, nommé 1ère classe le 20 mars 1912, il accède au grade de caporal le 25 septembre 1912.
Il passe ensuite dans la réserve de l’armée active le 8 novembre 1913.
Il est maintenu sous les drapeaux, en vertu de l’article 13 de la loi du 21 mars 1905.
Il est enfin renvoyé dans ses foyers et rayé des contrôles le 8 novembre 1913.
Le certificat de bonne conduite lui est accordé.
Mais, il est rappelé à l’activité à la mobilisation et incorporé au 122ème le 4 août 1914 en qualité de Caporal au 122ème régiment d’infanterie, sous le matricule 13141, à Rodez.

Les différents chefs de corps du 122ème régiment d’infanterie sont :

L’Ordre de bataille le 5 août 1914 comprend pour :

L’ÉTAT-MAJOR :

LE 1er BATAILLON :

LE 2ème BATAILLON :

LE 3ème BATAILLON :

La Campagne de Lorraine :

Parti de Rodez le 5 août, le régiment arrive sur la base de concentration de Mirecourt les 7 et 8 du même mois. La marche en avant commence aussitôt par Bayon et Lunéville.
Le 14 août, c’est le premier engagement. Le régiment entre dans l’armée de Lorraine, commandée par le général de Castelnau et fait partie de l’avant-garde de la division, laquelle marche parallèlement à la Sarre.
Les premiers coups de feu sont échangés avec l’ennemi.
Un soldat de la 10ème compagnie tue un uhlan à 800 mètres.
De 14 heures à 19 heures, un violent bombardement d’artillerie commence qui nous éprouve particulièrement. On compte quatorze tués et vingt-sept blessés ou disparus. L’attitude de la troupe a été admirable, et vaut au 122ème les félicitations du général commandant la 31ème division d’infanterie. Le 15 et les jours suivants, la marche en avant se poursuit par Moussey, Azoudanges, Fribourg, Bisping, Angevillers.
Le 18, les 2ème et 3ème bataillons reçoivent l’ordre d’attaquer Loudrefing. Le terrain est pénible et hérissé de difficultés. La région est boisée et marécageuse. Nous avons à traverser un bois d’une profondeur de quatre kilomètres. Nous sommes ainsi privés du soutien de l’artillerie. Vers quinze heures, les bataillons débouchent à la lisière nord du bois et sont accueillis par une fusillade très vive. Le 3ème bataillon, avec lequel marche le colonel Henry, réussit à prendre pied dans Loudrefing, vers 16 heures. Mais, vers 18 heures, nous sommes obligés de nous replier à la lisière sud du bois. Les pertes sont élevées : cinq cent quarante tués, blessés ou disparus. Dans la nuit du 18 au 19, le régiment se replie sur Angevillers.
Le 18, il se reforme à Fribourg.
Les jours de glorieux combats se lèvent autour de Bisping.
Le 21, la 62ème brigade (122ème et 142ème) a pour mission de protéger la marche de la 31ème division sur Embermenil. Le 122ème exécute une violente attaque sur Assenoncourt, et parvient à arrêter momentanément l’avance de l’ennemi.
Le 22, l’ennemi, ayant contourné par le nord la forêt de Parroy, attaque nos avant-postes.
Le 2ème bataillon le repousse, et s’empare de la ferme de la Rochelle en avant de Jolivet.
Le 22, la retraite sur Bayon est générale. Les pertes sont telles que les bataillons se reforment à trois compagnies. Le 1er bataillon n’en a que deux.
Dans ces pertes, il y a notre homme. Il fut tué et inhumé à Lunéville. Sa mort fut transcrite le 8 décembre 1915, à Sainte Colombe sur l’Hers sous le n° 657.
Il s’agit du premier à être né à Chalabre, habitant à Saint Colombe, à être tombé sous les balles ennemies. Son nom est gravé sur le monument aux morts de Chalabre.

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