Entête Si Chalabre m'était conté

La résistance en Kercob


Le maquis dans le sud audois

Le premier maquis dans l’Aude, comme dans tout le sud du pays, fut à la débâcle de 1940, mis en place par les réfugiés espagnols, les Guérilleros, sous la forme d’une organisation militaire clandestine.

La 5ème brigade de l’Aude était dans la 4ème division, commandée par le colonel Miguel Angel Sanz. Puis, elle passera en mai 1944 dans la 26ème division, commandée par le lieutenant colonel Castro.
La 5ème brigade avait comme chef Antoine Molina, divisé en quatre bataillons :
Pour le 1er bataillon, le chef était Démétrio Soriano et soixante-douze guérilleros, qui opéraient dans le rayon Greffeil, Saint Hilaire, Carcassonne, Bram, Saissac, le Cabardes, et le Minervois.
Pour le 2ème bataillon, le chez était Jésus Prat et quatre-vingt-deux guérilleros, qui avaient comme rayon d’action Axat (où il y avait le PC), la haute vallée, Mijanes, et les Hautes Corbières.
Le 3ème bataillon avait comme chef Madriles et cinquante-quatre guérilleros. Leur territoire d’opérations était le PC à la Calmette (Rivel), Chalabre, Pays de Sault, Lauragais, Castelnaudary.
Ils planquaient les armes dans le canal de la scierie du moulin de l’évêque.
Pour le 4ème bataillon, le chef était Manuel Galiano et soixante-seize guérilleros. Sa zone était : Villardebelle (PC), Limoux, Arques, Minervois oriental, Narbonne.
La première grosse action a lieu le 1er juillet 1942 à Carcassonne par la 234ème brigade qui deviendra la cinquième. Ce fut le dynamitage en gare de Carcassonne de trois wagons à destination de l'Allemagne, un de blé et les deux autres avec du vin. L'action a été réalisée par Palamo et El Mano.
La deuxième, le 8 août, consistait à faire sauter le compresseur de l'ascenseur dans la mine de charbon et de récupérer vingt kg de dynamite, de la mèche lente et dix détonateurs.
Le 15 août, la brigade a récupéré douze pistolets de la police carcassonnaise. Cette action a été menée par Pradal et El Mano.
Avec l'invasion de la zone sud le 11 novembre 1942 par l'armée allemande, ils firent sauter les transformateurs électriques à Pomas, Lézignan, Couiza, Axat, Puivert.
Le 17 novembre, c'est un train de marchandises qu'ils font sauter. À partir du 20, les poteaux et les postes de lignes électriques sont détruits entre Chalabre et Mirepoix.
Ils vont mener régulièrement des actions de sabotage.
La réaction de la police ne se fait pas attendre. Elle les poursuit et s'attaque au troisième bataillon à la Calmette près de Rivel. Pour cette opération de police, les gendarmes arrivent à la Calmette, et rencontrent une jeune fille en bicyclette. Le gendarme Jeanson lui demande si elle a vu des étrangers, elle lui répond que oui et qu'ils sont partis par là « elle désigne le haut de la Calmette ». Notre jeune fille Mlle Rey Laurence (épouse Sartor), âgée de 12 ans, enfourche son vélo, et part dans l'autre direction pour prévenir les guérilleros que les gendarmes les cherchent. Par ce geste héroïque, elle a sauvé la vie de plusieurs guérilleros, qui lui ont toujours été redevables, alors qu’elle a toujours affirmée avoir fait son devoir.
Nous retrouverons Eulogio Anoro dit El Mano dans l'affaire Cathala, il était présent ce 24 mai 1944, quand le maquis du Roudiés fut attaqué. Il faisait partie de ses guérilleros qui coupaient du bois, et en faisait commerce avec Adrien Fournié, dit « le charbonnier ». Grâce au charbon de bois, il pouvait acheter des vivres à des compatriotes de la ferme voisine.
Les communistes et syndicalistes à la fin 1940, sont souvent inquiétés et prennent le maquis.
Avant l’été 1942, ce sont les indésirables, comme les juifs, qui rentrent dans la clandestinité.
Et, en 1943, les réfractaires au STO vont agrandir les camps des hommes de l’ombre.
En 1941 et 1942, fut animé par le parti communiste clandestin le front national. Il comprenait des éléments venus de tous horizons politiques. Mais, il souffrait de l’absence d’hommes pour encadrer et diriger. Une bonne partie était des Espagnols.
Avant l’été 1943, sous l’impulsion de Loupia alias « Blücher », de Victor Tysseyre alias Georges, puis comme il était le plus âgé (les hommes l’appelaient familièrement « papa »), il en fit son nom de guerre et de Fournié (Adrien et Ernest). Il fut créé le maquis Gabriel Péri entre Sonnac et Courtauly, en premier à Picolordi, composé d’une douzaine d’hommes environ. Il combat l'envahisseur, dans l'ombre, sans autre arme que sa volonté. Le réseau de résistance va prendre le nom du supplicié. Ce premier maquis FTP se divisa en deux éléments. Le 1er stationnera au Bousquet près d’Axat sous le nom de Jean Robert, et plus tard près de Salvezines. Le second opérera à Montjardin au Roudiés sous le nom de Faïta, avant de rejoindre à son tour Salvezines.
Le 10 septembre 1943, le grand chef Victor Meyer (Jean Louis) fait une tournée d’inspection. Il en prendra plus tard le commandement.
En octobre 1943, la direction régionale de FTP donne un nouvel essor à ses maquis.
Le maquis Faïta fut numéroté compagnie 4306.
Le maquis Jean Robert lui fut numéroté 4307.
Le 14 octobre 1943, Jean Louis (Victor Meyer) prend le commandement du maquis Jean Robert. Le maquis Gabriel Péri se scinde en deux :
Le camp Faïta commandé par Paul Alcantara prend place au Roudiés.
Le camp Jean Robert commandé par Michel Gabin au Bousquet.
Cette division était faite pour avoir des maquis moins nombreux, plus mobiles, moins vulnérables, et plus facile pour ravitailler.
Ils prirent le nom de Faïta dans l’été 1943.
Concernant le camp Faïta, c'est l'hommage et la nouvelle dénomination du jeune maquis des Francs Tireurs Partisans qui subsiste dans des conditions de vie atroces.
Fin juillet 1944, les deux camps fusionnent avec le maquis Jean Robert à Salvezines.

Qui était Gabriel Péri

Gabriel Péri, député en 1932, est né à Toulon le 9 février 1902 et mort au Mont-Valérien le 15 décembre 1941. C’est un journaliste et un homme politique français. Membre du Comité central du Parti communiste français, responsable du service politique étrangère de L'Humanité et député de Seine-et-Oise, il fut arrêté comme résistant par la police française et fusillé comme otage par les Allemands à la forteresse du Mont-Valérien.
Portrait de Gabriel Péri
Gabriel Péri

Qui était Faïta et Jean Robert

Portrait de Vinicio Faïta
Vinicio Faïta

Vinicio (Vincent) Faïta est né à La Spezzia, en Italie, le 6 mai 1918.
Il est le fils de Maria Dotta et de Guglielmo. Il devient un militant antifasciste, qui a dû fuir avec les siens les persécutions des chemises noires de Mussolini. Adolescent, il adhère en 1934 aux Jeunesses Communistes, et rencontre à la cellule Saint-Just du quartier Malpassé à Marseille, où il demeure, un garçon de son âge Jean Auguste Robert.
En 1939, lorsque le Parti Communiste est interdit, quand ses responsables et ses militants les plus actifs sont jetés dans des camps ou astreints à résidence, Vinicio Faïta, qui a foi en son parti, continue de militer activement, déjà dans la clandestinité.
Il sera l'un des pionniers de la Résistance dans le midi de la France, l'un des quatre membres du premier groupe des Francs Tireurs Partisans de la zone Sud, fondé au mois de mai 1942, avec Edo Faïta dit Bernard son frère cadet, Etienne Dals et Jean Robert.
Le mercredi 2 mars 1943, en gare de Nîmes, Faïta est interpellé par deux inspecteurs qui souhaitent le soumettre à un banal contrôle de routine et le conduire au commissariat pour une vérification d'identité. Chemin faisant, il réfléchit au moyen de s'échapper, car il redoute une fouille possible et la découverte de son revolver. Arrivé escorté Place de la Salamandre, il tente de s'expliquer. Mais, les policiers font la sourde oreille. Pour les effrayer, il sort son pistolet et les menace. Les deux hommes font mine de se jeter sur lui. Vinicio tire, blesse l'un d'eux, et prend la fuite.
Dénoncé par un entrepreneur de maçonnerie, collaborateur notoire, arrêté, torturé par les membres de la Section des Affaires Politiques, Faïta est finalement écroué.
Jugé le 29 mars 1943 par la Section spéciale de la Cour d'Appel de Nîmes, instituée par la loi du 14 août 1941 devant laquelle sont déférés les auteurs de toutes infractions pénales, quelles qu'elles soient, commises au cours d'activités communistes ou anarchistes, Vinicio Faïta, défendu par Maître Charles Bedos assisté de Maurice Delran, est condamné à mort. Il fut guillotiné à Nîmes dans la cour de la maison d’arrêt, au 1 boulevard des Arènes, le 22 avril 1943, avec Jean Auguste Robert qui lui était né à Marseille le 4 juillet 1917 et était aussi un militant communiste.
Portrait de Jean Robert
Jean Robert

Faïta et Robert ont été guillotinés à Nîmes comme des bandits de droits communs. La logique, s’il y en a une, en période de guerre, aurait voulu qu’ils passent devant les armes, et non avoir la tête tranchée.
Jean Robert passa le premier et chanta « la Marseillaise », reprise par tous les prisonniers. Ses dernier mots furent « Vive La France ».
Vinicio (Vincent) Faïta chanta lui aussi avec les autres détenus l’hymne national. Il dit à ses bourreaux « Vous Faites De La Jolie Besogne Messieurs », et calmement il cria : « Vive Le Parti Communiste Français ».
Stèle érigée par les anciens du camp
La première stèle érigée par les anciens du camp.

La municipalité, ne supportant pas de voir graver « ASSASSINÉS PAR LES BOCHES », la déposée devant le portail d’entrée de l’église.
Sur l’emplacement, un autre monument a pris place.
Mis à part la famille et quelques maquisards, personne ne leur rend l’hommage auxquels ils ont droit.

Joseph ALCANTARA

Portrait de Joseph Alcantara Il est né le 15 décembre 1921, dans l'Aude, à Limoux, 46 Rue Paussifile. Sa mère se prénomme Placide Mancilla, et son père Joseph cultivateur.
Il est l'aîné de neufs enfants, qui vont bientôt le regarder avec fierté et admiration.
Titulaire de la Légion d'Honneur et de la Croix de Guerre avec palme, il est Mort pour la France le 25 juillet 1944, vers onze heures.
Sa grande passion est la cuisine. Il devient alors apprenti cuisinier dans le réputé établissement d’Eupherte, et accessoirement pâtissier chez Madame Luguel - Rue Saint-Martin. Mais, ce jeune homme, travailleur aux traits fins, beau comme un prince avec un regard intelligent qu’il était, quitte ses parents en 1936. Il est alors âgé de 15 ans, rejoint Marseille pour tenter d'ouvrir son propre restaurant. En Espagne, Franco vient de prendre le pouvoir. Ce pays si cher à sa mère, il va le défendre à sa façon. Il s'engage dans les jeunesses antifranquistes... Poursuivi, mais jamais arrêté, cet adolescent savait déjà prendre beaucoup de précautions, et faire preuve de ruses...
Mais, son courage va réellement voir le jour en 1940. L'envahisseur est à Marseille. Une troupe de soldats fait halte devant le restaurant. Ils entrent et le réquisitionnent. Mais, Joseph Alcantara refuse. Il ne servira que des français... Le commandant le menace ! Si le lendemain il y a toujours un refus, le patron sera mis aux arrêts. La nuit venue, nullement impressionné, après réflexion, il préfère abandonner son restaurant plutôt que de se soumettre. Il deviendra guerrier dans cette ville, refusant d'abord de servir à ses tables l’envahisseur, frôlant souvent le milieu mafieux dont il semble avoir retenu toutefois le courage et certaines manières.
Appelé pour intégrer dans les Landes les camps de jeunesse, il supporte très mal le vêtement militaire vert, qui lui est imposé jusqu'à la fin de l'année 1941. Il rejoint Limoux. Pendant cette période, il pousse l'audace, avec des compagnons, à installer un groupe de résistance à côté du poste de police. Une nuit, repéré par ceux-ci, il les entraînera dans une cavale tout le long de la ville, afin de les narguer et de les faire cavaler. Puis, des maisons avaient deux issues ou passages, il en usait. Une autre fois il disparait dissimulé derrière la porte.
Le 16 mars 1943, il est réquisitionné pour le STO, le service du travail obligatoire. Il est alors déporté en Allemagne avec plusieurs de ses camarades de la région et des limouxins. Sa valise ne contient ni sandales, ni bleus de travail, mais cravates, chemises blanches, chaussures vernies, costumes et gilets de cérémonie.
Son périple s’arrête dans la Sarre, au camp de Glan-Münchweiler. Glan-Münchweiler est une ville de l'arrondissement de Kusel, en Rhénanie-Palatinat. Il devra pourtant s'occuper à la réfection des voies de chemin de fer.
Mais, il n'avait pas le projet de rester bien longtemps.
Un jour, un ami, de Limoux, Buxeda, reçoit une permission. Joseph l'accompagne à la gare, et lui fait comprendre à demi-mots qu’il n'a pas du tout l'intention de revenir travailler pour les Boches. Il lui lance alors un défi : "J'arriverai avant toi".
Il monte avec une grande discrétion et agilité sur le toit d'un wagon en partance, puis se cache avec les bagages, arc-bouté à une bouche d'aération. Il parvient à descendre avant la frontière qu'il franchit à pied, évite la relève, puis marche longtemps, très longtemps au bord d'un petit chemin lorsqu'il entend des voix féminines chanter "Vous avez pris l'Alsace et la Lorraine, mais nos cœurs resteront français". Sauvé, il se présente comme un prisonnier évadé français, demande à manger, se fait indiquer la route et revient à Limoux. Il a gagné son défit, puisqu'il est revenu avant ou en même temps que son ami Buxéda.
Joseph Alcantara est très vite signalé et recherché. Il se cache chez ses parents. Aussi, il n'a pas d'autre choix que de partir dans la clandestinité. Il se dirige alors vers le maquis de Buc et Belcastel. Il y fera la connaissance de celle qui deviendra sa fiancée, la sœur d'un de ses hommes. À la libération, le père Alcantara a reçu la jeune fille, qui était venue rendre les bijoux offerts par Joseph, alias Paul.
Joseph Alcantara devient lieutenant des Forces Françaises de l'Intérieur, et s'appelle désormais "Paul". On a du mal à croire, aujourd'hui encore, que ce beau jeune homme aux traits si fins, au regard si intelligent, à la tenue vestimentaire si soignée, pouvait être le plus hardi des résistants, le plus courageux des combattants, un héros de la résistance française.
Lorsque le Colonel Blücher, membre éminent de la Résistance et fondateur de maquis, est emprisonné dans la prison de la caserne de Limoux, sur le point d’être transférés pour y être interrogé et être soumis à la torture, il devient le justicier masqué, tout habillé de blanc. Pendant que deux hommes font diversion en tirant sur les murs, il pénètre avec un autre dans la prison. Et, avec une bravoure hors du commun, il enlève les prisonniers sous le regard médusé des sentinelles. En sortant, il verra son petit frère Jean au milieu d'autres enfants jouant sur la place. Jean a reconnu son frère. Rempli de fierté, il ne dira rien. Joseph, alias Paul, en passant, posera une main avec assentiment sur la tête de Jean, telle une bénédiction. Jean a su ce jour là que Joseph était devenu un héros. C’était la dernière fois que Jean voyait son frère vivant.
Le camp Faïta changera régulièrement de secteur.
Le 21 et 22 mai 1944, il est au Roudiés au-dessus de Montjardin, alors que les deux chefs Alcantara et Riffaut sont à Chalabre dans la rue d’emplumet, dans la famille Fournié pour y être soigné d’une forte fièvre par le docteur Baradat, qui décèle une affection contagieuse de la peau. Le diagnostic tombe ! C’est un cas de gale.
Le 22, vers 18 heures, le gendarme Sans prévient madame Fournié Bernadine que le lendemain il y aura une descente. À la nuit tombée, le garde champêtre Jean Cabanier accompagné d’Irène Fournié évacuent les deux hommes sur le Roudiés. Mais, fatigués, ils s’arrêtent au Vinsous dans la famille Cathala. Les accompagnateurs firent demi-tours et regagnèrent la capitale du Kercorb, ne sachant pas que le Roudiés allait lui aussi faire l’objet d’une prochaine attaque. Jean Cabanier retrouva son épouse. Quant à Irène, elle rejoignit son homme dans la cabane du jardin de Jean Cabanier.
Les deux FFI furent sauvées par Lolo Mazon, qui les conduisit à l’Esturgat. Les maquisards sur le qui-vive, et par le courage et le sacrifice d’Auguste Cathala, furent sauvés. Ils s’installèrent à Courtauly.
Le secteur de Courtauly n’est pas très sûr pour les hommes de l’ombre. Ils vont rechercher un lieu plus en attente de leur combat et plus sécurisé.
Ce jour-là, le mercredi 25 juillet 1944, l'adjudant Gaston Prat, alias Georges, des Forces Françaises de l'Intérieur, se trouve à l'arrière d'un puissant véhicule Ford, peu utilisé dans la région, en compagnie de son camarade, Bourges, et du lieutenant Attilio Jean Donaty, alias Ito. Le chauffeur est André Riffaut, alias Michel Gabin, portant le matricule 35 006, lieutenant et commissaire technique. À ses côtés, se trouve le lieutenant Joseph Alcantara, portant le matricule 4 240, commissaire aux effectifs. Les cinq hommes, Francs Tireurs Partisans du Maquis Faïta, sont partis très tôt pour une mission de reconnaissance dans les Corbières, à la recherche de nouveaux emplacements, vers Mouthoumet. Ils ont déjà vu celui de Villebazy. Puis, avant dix heures, ils se sont arrêtés chez Madame Jeanne Busquet, au village de Montjoi, car ils souhaitent rencontrer l'instituteur toujours détenteur de précieux renseignements pour les maquis.
Le véhicule descend ensuite vers la vallée de l'Orbieu. Le village de Lairière est traversé.
Le petit village, isolé de Lairière, était quasiment désert, car les quelques habitants s'étaient réunis dans l'église communale pour assister aux obsèques de la dame Albertine Berlendis.
Il n'y aura de ce fait aucun témoin visuel direct du drame, sauf la sœur de Monier qui était dans un jardin en contre-bas.
De l'extérieur, on n'entendait plus la longue et sinistre sonnerie du glas. Le curé officiait, lorsque soudain le calme du recueillement fut troublé par les tirs nourris d'une fusillade proche.
Mais, soudain, dans les lacets du col de la Loubière, au lieu-dit "Founroubado", à un kilomètre du village de Lairière, avant onze heures du matin, ils sont victimes d’une embuscade. La voiture du détachement se trouve face à un convoi allemand, formé de cinq camions et d'une quarantaine de soldats. La présence des "rebelles" français a été dénoncée par un habitant à la milice. C'est la fusillade à bout portant. Attilio Jean Donaty et Gaston Auguste Prat sont tués sur place. Joseph Alcantara se jette dans le ravin, et pendant près de dix minutes mitraille tenant la dragée haute aux boches avant de décéder. Bourges s’est planqué sous la voiture, et sera fait prisonnier, conduit ensuite à Carcassonne pour y être interrogé. Il a parlé sous la torture. Puis, il fut incarcéré. Il devra son salut providentiel à la fuite précipitée des troupes allemandes, ainsi qu'à l'ouverture inopinée des prisons. André Riffaut, très gravement atteint, la jambe explosée, est capturé par l'ennemi, dirigé vers la clinique Delteil à Carcassonne, qui est sous le contrôle de la milice. Et, malgré les soins prodigués par le docteur chirurgien Pierre Roueylou, il est amputé sans succès d'un membre inférieur, atteint de la gangrène. Il décède. Le colonel allemand dira au père Riffaut qu’il est mort en soldat, n’ayant pas parlé même sous la torture, faisant remarquer que c’est la milice locale qui lui a fait subir tous ces supplice et non l’armée allemande.
À la libération du département, le père Riffaut faisant parti du comité d’épuration demandera la liberté à ce colonel. Il partira libre en Bavière.
À Lairière, après la fin du combat et le départ des Allemands, les gens du village se rendent sur les lieux. En-dessous des combats, il y avait dans le jardin la sœur de monsieur Monier qui a vue le massacre, lui-même à été le tout premier à se rendre sur les lieux. Puis, les habitants et le maire attèlent une charrette, et vont chercher les corps, qui seront ensuite déposés à la Mairie, avant d'être inhumés, le lendemain, dans le petit cimetière.
On retrouvera les trois cadavres au-dessus du véhicule. Alcantara aura la mâchoire écrasée, ses dents en or dérobées et le corps percé de plusieurs coups et d’une balle dans la jambe et dans la poitrine. Est-ce le travail des soldats, pour dépouiller leur victime? Personne ne pourra le dire.
Après la Libération, les trois dépouilles seront ramenées à Limoux où auront lieu, à cette occasion, de grandioses funérailles qui se dérouleront le 11 Novembre 1945.

André RIFFAUT

Portrait de André RIFFAUT Ce Carcassonnais est engagé dès juillet 1943, dans le maquis des Hautes Pyrénées à Nisto et Esparros dans les baronnies, commandées par Paul Chastelain, qui deviendra maire de Tarbes en 1977, et fut réélu en 1983 avec 54,8 %. Mais, il est emporté par une crise cardiaque pendant le dépouillement.
À cette époque, André Riffaut se fait appelé Michel Simon. Il y a un autre maquisard qui avait pris comme nom de guerre, Gabin. Il reviendra sur ses terres pour combattre l’envahisseur. Là, il prendra le nom de Michel Gabin, avec le galon de lieutenant des Forces Françaises de l'Intérieur, en charge d’un groupe de FTP, le camp Jean Robert. Avec le camp Faïta, amené par Alcantara, ils ont harcelé l’ennemi, n’hésitant pas à l’attaquer. Comme le 15 mai 1944, quatre Allemands sont tués. À Lairière, il conduisait la Ford, une puissante automobile Ford V8, touché dans l’embuscade, amené par la milice à clinique Delteil à Carcassonne. Malgré les supplices, il ne parla pas et décéda le 30 juillet.
Le chirurgien Roueylou a raconté dans des écrits le calvaire et la torture infligés par la milice départementale à Gabin (André Riffaut). Le chirurgien avait pensé le faire évader. Mais, vu l’aggravation de sa maladie, il a renoncé.
Le colonel du 271ème régiment de la Wermark a présenté ses excuses à la famille pour les atrocités commises par la milice française, affirmant qu’André Riffaut était mort en héros et bon soldat n’ayant pas parlé.

Le 23 mai 1944

Après avoir fait ce crime monstrueux à Montjardin, dans cette matinée, les Allemands et la milice, dont voici les noms : Léon Julien, Albert Renoux, Albert Juilian, Maurice Allard, Jean Barrat, Jean Bor, à laquelle nous rajoutons Bach, et les deux Chalabrois Aimé Simone et Hervé Benoit, quittèrent les lieux, non sans avoir attendu la compagnie qui était à Chalabre, dans l’épicerie Fournié, rue du plumet, dont il ne restait plus rien. La colonne allemande accompagnée du traitre Pedro Nuibo, agent de la gestapo se disant venir du maquis de Lagrasse, entre Ajac et Limoux, arrête l’autocar Bergada assurant la ligne Carcassonne Bélesta.
Le milicien Bach est sûr qu’il transporte des maquisards.
Hélas, il a raison !
Il y a dans l’autocar deux guérilléros de la 5ème brigade. Ils reviennent de rendre des comptes à l’état-major de la 4ème division de la situation du maquis de Roullens dans le nouveau secteur de Montjardin et Courtauly qu’ils viennent d’occuper. C’est au retour que le car fut arrêté à deux km de Limoux sur la D620. Francisco Rovira, dit El Peque, et Francisco Ruiz Sierra, dit Ballester, tentèrent de s’échapper.
Bach abattit Ruiz Sierra, et emmena Rovira à la caserne Laperrine de Carcassonne, où il fut interrogé, torturé. Il en perdit l’œil gauche. Déporté à Dachau où il en partit le 18 juin 1945, il témoignera au procès de Bach qui fut fusillé.
El Peque (Francisco Rovira) était l’adjoint de Prat, chef du maquis de Roullens.
L’autocar avait été autorisé à poursuivre sa route. Une passagère, madame Fernande Papaix, souffla. Au fond de son panier, sous les légumes, il y avait des grenades.

À COURTAULY

Le 27 juillet 1944, les Allemands, renseignés selon les dires par Bourges, se rendent dans la ferme du Planquet à Courtauly, abattent Helmut Thomas et Fernand Prétal, puis attendent camouflés les maquisards au col de la flotte en haut de Sonnac. Ils savent qu’ils vont venir chercher le camion qui était caché dans le fourré. Le prisonnier de Lairière Bourges aurait lui-même avoué avoir cédé sous la torture. Fait troublant à la libération, les maquisards trouvent dans la geôle de Carcassonne ce soldat à l’ombre bien fringant, sans une égratignure. Quand les maquisards du Faïta arrivent en haut du col, méfiants et sur leurs gardes, ils vont récupérer le camion de ravitaillement. Ils tombent dans l’embuscade, et seront tués Paul Vernieres, Louis Bages, André Laffont. La colonne se rend à Chalabre, où ils y tueront parait-il Pierre Fabre par erreur, à noter que l’officier a sorti son Luger pour donner le coup de grâce, (où est l’erreur) ou bien comme disent certain parce qu’il était habillé de blanc. Ils prendront douze otages qu’ils amèneront à Foix pour y être interrogés, mais relâchés le soir pour certains et le lendemain pour les autres.
Attaqués encore, ils reforment leurs rangs à Salvezines, puis fusionnent avec ceux du maquis Jean Robert et pénètrent dans Limoux libéré des troupes d'occupation allemandes le 19 août 1944.
Portrait de André RIFFAUT
Stèle du col de la flotte

La Place Alcantara

On y accède facilement par la Rue de la Mairie, en passant sous le portail de l'Observance et en franchissant l'ancienne Rue de l'Arceau. On peut y parvenir également du côté ouest par la Rue Gaston Prat, et de l'autre à l'est par la Rue des Cordeliers.
Ce polygone concave assez régulier faisait partie du Couvent des Cordeliers. Plus précisément, il se trouvait derrière l'église aujourd'hui détruite, et servait de cimetière aux moines de l'ordre.
L'espace, aujourd'hui voué aux automobiles, est devenu assez peu agréable. Et, seule son histoire présente un quelconque intérêt. Heureusement, c'est un endroit d'où l'on aperçoit encore, sous son meilleur angle, dans sa quasi totalité, l'un des rares vestiges de l'important édifice religieux, la pittoresque silhouette du clocher qui a une allure de minaret avec sa petite coupole à huit pans.
Bien longtemps après le départ des moines, on construisit, au nord-ouest, du côté tout à fait opposé à l'abside de l'ancienne église, une manufacture de tissage appelée "La Mécanique", remplacée en 1830 par un beau théâtre de quatre cent places, baptisé l'Eden, appartenant à une Société Civile composée d'une cinquantaine d'actionnaires. Les représentations annuelles n'étaient pas nombreuses, mais toujours de qualité, à tel point que l'Académicien Alexandre Guiraud n'hésita pas à s'appuyer sur ses considérables relations pour convaincre la grande tragédienne "Rachel" de venir jouer dans "Phèdre" le 30 juillet 1849.
Fermé pendant les longues hostilités de la guerre, l'établissement rouvrit ses portes en 1918 sous la dénomination d'Eden-Cinéma. Dévasté par le plus important incendie du siècle, le lundi 18 juin 1934, il ne fut jamais reconstruit.
Le réputé entrepreneur Joseph Subias et l'architecte M. Rech édifièrent, sur les cendres, un majestueux et riche immeuble destiné à la Caisse d'Épargne de Limoux. Puis, enfin, il y a quelques années au Syndicat Intercommunal à Vocations Multiples. Au fronton de l'édifice, il faut admirer les armes de la ville en pierre de taille, entourées de cornes qui déversent l'abondance.
L'appellation de ce petit espace a peu évolué au cours des temps. D'abord, naturellement connu sous le nom d'Esplanade des Cordeliers, on le nomme aussi Place au bois - ce qui a frappé l'esprit des Limouxins jusqu'à notre génération - puis encore l'Esplanade des Cordeliers, et enfin Place Alcantara.
Ce fut sur cet emplacement, très fréquenté, qu'à la fin du siècle dernier, les charrettes chargées de bois de chauffage ou de fagots, arrivant tôt le matin des forêts avoisinantes, venaient s'aligner. L'acheteur faisait le tour, marchandait, choisissait ce qui lui convenait, traitait, et emportait lui-même la marchandise. Pour l'achat d'une charge complète, il obtenait assez facilement la livraison à domicile. Les chevaux étaient placés pour l'affenage chez M. Rivière ou dans le hangar contigu.
Joseph Alcantara, alias "Paul" habitait 8 Rue Malcousinat. Sa mémoire est perpétuée, là où il avait connu un bonheur d'enfant.
Portrait de André RIFFAUT

Gaston Prat

Portrait de Gaston PRAT Son nom est bien souvent germanisé.

Gaston Auguste Prat est né, le lundi 26 février 1923, dans le village de La Bezole. C'est le huitième enfant sur dix du couple Jean Prat et Irma Furgeaud. Sa sœur Henriette se rappelle "comme si c'était hier", avoir tenu tête à ce garçon espiègle, à l'esprit railleur, au tempérament si vite affirmé qui voulait commander même les aînés. Et, dans la rue de l'Orme, au numéro sept, les plus âgés gardent le souvenir d'un bel adolescent, travailleur, sûrement plus intelligent que d'autres, qui souriait de façon énigmatique et déclarait après un jeu de physionomie et un rehaut du coin des lèvres, vouloir en découdre avec ces boches qui agressaient sa famille et son Pays.

Sa courte existence de célibataire se termine dans les lacets du col de la Loubière, au lieu-dit "Founroubado" à un kilomètre du village de Lairière, le 25 juillet 1944, vers 11 heures.
Ce jour là, l'adjudant Gaston Prat, alias Georges, des Forces Françaises de l'Intérieur, se trouve à l'arrière d'un puissant véhicule Ford. Il est "Mort pour la France". Il a été honoré d'une citation à l'Ordre de l'Armée à titre posthume. Dans Limoux, une rue porte son nom.
Une rue Gaston Prat, entre ses deux compagnons de combats.
L’adjudant Prat était un mitrailleur expérimenté.


Attilio Jean Donaty

Portrait de Attilio Jean Donaty Le jeune enfant, Attilio Jean Donaty, est né le 10 septembre 1920 à Montebello, dans la Province lombarde, de son père Jean et de sa mère Adda Fraccaroli. Il avait quitté son Italie natale à l'âge de quatre ans accompagné de ses parents, et rejoint notre Pays.
Attilio Jean Donaty, alias "Ito Donati", habitait 10, Rue Jean Jaurès. Sa mémoire est perpétuée là où il avait connu un bonheur d'enfant et grandit.
Une rue de Limoux honore sa mémoire.
Rien, ni personne, sinon le destin ne pouvait obliger quelques années plus tard ce jeune homme de vingt-quatre ans à prendre les armes au sein du Maquis Faïta pour défendre la terre qui l'avait accueilli.
Il fut nommé par ses camarades clandestins "Lieutenant des Forces Françaises de l'Intérieur".
"Ito Donati" fut le surnom choisi pour les périlleuses missions de la résistance.
Photo de groupe
Photo de mademoiselle Riffaut, avec son frère assis, debout de gauche à droite : Alcantara François dit « Christian » qui avait 16 ans, le plus jeune maquisard, à noter qu’un autre frère Alcantara était aussi dans la clandestinité, la sœur de Riffaut, un déserteur Allemand qui avait rejoint le maquis, et Fernandez Joseph dit « Frédo ».

Auguste Escriva

Il est né à Campagne sur Aude le 1er juin 1927. Il a participé à diverses actions, comme celle du 3 août 1944 où ils ont attaqué la gendarmerie. Le lendemain, à la Forge, à Quillan, il est avec les hommes qui on fait dérailler le train destiné au transport de troupes allemandes, non sans avoir coupé les fils du téléphone, et obstrué la route.
Le 6 août 1944, il est du détachement du maquis Jean Robert, qui a pour mission de se rendre à Gaja la Selve au camp Cathala, par la traversée de Picaussel. Le tunnel passé, ils amorcent la descente au col de la Babourade. Ils se trouvent face à un détachement allemand, qui était en position d’attente, sur la route départementale 120. Au cours de l’accrochage, Auguste fut tué par les Allemands. Ils attendaient les renforts de la 11ème Panzer pour attaquer le maquis de Picaussel.
La fusillade a mis tout le monde en alerte. Deux jeunes de lescale, Joseph Lebret et Jean Carbou, vont voir qui tire et pourquoi ?
Ils tombent sur les boches qui, excités, tirent et tuent les deux jeunes.
Le maquis est prévenu. Il y a du monde qui arrive.
Le 7 août, une colonne allemande arrive à Belvis pour prendre à revers le maquis. Mais, ils attendent toujours les Panzers. Avec l’arrivée des chars légers, ils attaquent par Lescale et le col de la Babourade. Les artificiers ont fait sauter la route. Les Allemands se retirent, et tentent une escalade par la falaise du hameau, qui échouera aussi.
Dans la nuit, les trois cent cinquante hommes quittent le camp par la forêt. Les guérilléros ferment la marche. Dans la nuit, le ronflement des avions viennent troubler le silence. Après plusieurs passages, le largage des commandos de l’OSS avec le lieutenant Paul Swank est annulé. Ils reviendront le 11 août, mais au Clat, près d’Axat.
Le 8 août, à l’aube, les Allemands attaquent le maquis de Picaussel, qui est encerclé. Les tigres se déploient au nord d’Espezel. L’infanterie monte depuis Lescale, une autre depuis Belvis. Le maquis doit tomber. Il est encerclé. Parvenus au poste de commandement, ils incendient tout ce qu’ils trouvent. Toute la journée, ils chercheront « les terroriste » en vain.
Le 9 août, furieux de leur échec, ils incendient Lescale, le seul village entièrement détruit dans l’Aude. Il sera reconstruit quelques années plus tard.

Rue du maquis Faïta

Orientée nord-sud, cette courte voie récente dessert une douzaine de maisons. Attachée à l'Avenue des Corbières, elle semble vouloir conduire directement au fleuve. Mais, son tracé incline brusquement vers la gauche, et se termine en un large cul-de-sac.
De cette rue, on rejoint rapidement les limites territoriales de la ville, et l'on prend la direction de Saint-Polycarpe.
Dénommée "Rue du Maquis Fayta", au cours de la séance du Conseil municipal du 7 juillet 1977, sous la municipalité de Robert Badoc, elle fait partie d'un petit lotissement édifié par la société promotrice "La Maison audoise".
Un quart de siècle après le baptême, son nom propre, mal orthographié, n'a pas été corrigé.
Bien qu'elle connaisse déjà au moins un fait divers sordide, elle est encore jeune pour conter d'extraordinaires histoires. Cependant, elle permet d'évoquer l'un de nos grands patriotes, ainsi que les hauts faits de la Résistance ou encore ceux des libérateurs de Limoux.

C’était le lieutenant Riffaut qui conduisait la Ford, à ses coté devant le lieutenant Alcantara, à l’arrière, à gauche Bourges le seul rescapé, au centre l’adjudant Prat, et à droite le lieutenant Donati. Il faut savoir que Prat était réputé pour bien manipulé la mitrailleuse, peut-être pas autant que Fernandez Joseph dit Frédo. Mais, pour ce type d’opération, Alcantara « Paul » ne voulait pas qu’il soit du voyage. Il l’avait écarté de la mission, préférant le préserver. Il habitait la même maison, et ont fait la jeunesse commune. Le lieutenant Donati « Ito » avait une dextérité pour distribuer les rôles et les munitions. Ce jour-là, il prit la place de Sanchez Jean dit « Jonquille », qui le lui reproche encore aujourd’hui.
Comme déjà dit plus haut, seules les familles Alcantara et Riffaut viennent tous les ans se souvenir devant la stèle, un frère du premier, Jean celui qui a reconnu son frère ainé, lorsque Paul délivra Blücher, et la sœur du second Nénette comme la surnomme Jean. Elle était dans quelques coups aussi. Accompagné d’anciens compagnons de nos héros, qui le sont tout autant,…

Le nouveau monument de Lairières
Le nouveau monument de Lairières
Photo de groupe
Lairière 2011.
De gauche à droite : Tailhan Jean dit « Lapébie », Sanchez Jean dit « Jonquille », Aimé Falcou dit « Sim », Fernandez Joseph dit « Frédo ».
Tous les ans, sans la présence de la moindre autorité, ils se souviennent.

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