Entête Si Chalabre m'était conté

La piscine tombe à l’eau

1963 à 1995

L’année 1963 commence à Chalabre par une décision du conseil, prise le 9 février. Les nouveau-nés recevront un livret de caisse d’épargne de 5 NF. Le sous préfet Jean Gallon donna son aval. Ainsi, le bébé devra attendre 21 ans pour toucher ses 5 sous, à moins que les 10 francs du certificat d’étude viennent grandir le pécule. Avec une telle somme, il pourra acheter un paquet de cigarette des P4.
C’est aussi mon premier emploi, du 21 février au 31 octobre 1963, chez Deville à Charleville.
Un jour, alors que je me rendais au travail en bicyclette, dans l’avenue d’Arche, les flics me demandent de me ranger. Un second sort du véhicule, et commence à me démonter le guidon.
Je m’insurge : - comment vais-je faire ?
Comme vous avez fait en arrivant, me répond le représentant de l’ordre ! Vous viendrez le chercher au commissariat.
Je roulais avec les mains dans les poches de mon caban. Voila pourquoi le gardien de la paix m’avait arrêté ! Sur le moment, dans un élan de colère je leur aurai rentré dans le chou. Un demi-siècle plus tard, je me dis que c’était une bonne leçon.
Le préfet de l’Aude, Jacques Daniel Paul Pellisier, par un courrier du 22 février, demanda au maire de procéder à une distribution de lait sucré dans les écoles, reprenant la loi de Mendès-France votée en 1954, qui de ce fait avait dégouté du lait la majorité des enfants.
Le 14 mars fut le projet de création des classes de 4ème et de 3ème. Le préfet en profite pour relancer la distribution de lait. Le maire Augustin Maugard lui répond que, à Chalabre, toutes les familles peuvent et trouvent du lait et qu’il n’y a pas lieu de donner suite.
Chalabre rentre, le 6 mars 1963, dans l’association des maires de France.
Le dimanche 31 mars 1963, en lieu et à la place de la messe, le conseil réuni décide la remise en état de la salle du conseil au 1er étage. Pendant la discussion de la couleur de la tapisserie, un violent orage éclate. La foudre tombe et sinistre le clocher de Saint Pierre.
En septembre 1963, Chalabre est inondé.
Par une circulaire du préfet qui demande une amélioration des casernes des postes d’incendie et de secours, le conseil se réunit ce mercredi 9 octobre, avec comme ordre du jour la caserne des pompiers. Les locaux actuels convenaient parfaitement. Pourtant, il y avait un mais. En cas de vente de monsieur Taillefer, la municipalité serait perdante. Elle décide donc dans ce cas de se porter acquéreuse.
Dans la même réunion, le maire lit une demande des anciens combattants de 14-18, qui souhaitent qu’une rue porte le nom de Verdun. L’avenue de Lavelanet sur la nationale 620 portera désormais ce nom.
Ce n’est que le 22 octobre 1963 que le syndicat d’initiative émit le projet de faire le camping, à coté du stade de Mauléon.
Le 6 février 1964, les anciens combattants de 39-45 obtiennent que la route nationale 620 de Limoux prenne le nom d’avenue Rhin et Danube, depuis le rond point incontournable (ce qui ne veut pas dire que les cons le contournent) jusqu’à la piche.
Le seul martyr du Languedoc, Auguste Cathala, est passé lui aussi à la postérité.
A la même séance, on vota pour l’expropriation du terrain de Georges de Mauléon pour y faire le camping.
1 voie pour.
9 voies contre.
La procédure fut ajournée. Normalement, c’était un projet à la vue du vote qui aurait dû être abandonné. Nous verrons que non.
Le vendredi Saint du 27 mars 1964, c’est le projet du tout-à-l’égout. C’est aussi le projet d’un lotissement de la coopérative Canat-Hutchinson situé aux genets.

la cité des genêts

Le gymnase, qui avait déjà fait l’objet d’une discussion, n’a jamais vu le jour. Il était prévu de le construire entre l’école des garçons et celle des filles. Les cours de récréations auraient été amputées d’un morceau, et une partie des classes auraient été assombries. Il était incompatible.
La réunion du conseil municipal du 21 janvier 1965 avait pour objet la décision de la nouvelle implantation du futur gymnase. Le dessous du plateau d’éducation physique paraissait le plus adapté (lieu actuel). Ce gymnase avait fait l’objet de polémiques et divers bruits de toute sorte. Mais, le courant était que l’argent avait disparu dans certaines poches.
Entre les deux écoles, il y a actuellement le centre multimédia.
On votait le 21 mars 1965. Furent élus : Maugard Augustin maire, Boyer René adjoint, Huillet René, Courdil Fernand, Huillet François, Rolland François, Raynaud Maria, Bigou Paul, Laffont Roger, Mamet Joseph, Roncalli Robert, Barthoulot Hubert, Bastard Marcel, Gaillardo Gabriel, Abat Alfred, Roudière Aristide, Sans François.
Le projet du gymnase étant lancé, le conseil décide, le 17 mai 1965, de confier l’exécution à Enderlin, architecte.
Dans la même période, Clément Salinas réalise un lotissement au lieu-dit « montplaisir ».
La cité des genets sort de terre.
Les préfets se suivent et se ressemblent ! Le 8 juin 1965, Maurice Léon Lambert nous refait le coup de lait et de la distribution dans les écoles. Le maire, comme il l’avait écrit à son prédécesseur, lui fait la même réponse.
Le premier transport scolaire entrer Limoux et Chalabre voit le jour le 8 octobre 1965.
Le projet d’assainissement pour la mise du tout-à-l’égout a été approuvé par le conseil, pour une somme de 850.000francs. L’appel d’offre est lancé.
Le devis du gymnase, dont le projet s’élève à 289.700 francs, est approuvé lui aussi dans la réunion du conseil du 8 décembre 1965. Le feu vert est donné à l’architecte.
A la demande de l’ORT,F pour l’installation d’un récepteur et réémetteur de télévision au calvaire, le conseil fut d’accord de signer, le 7 janvier 1966, la convention relative à la pose du relais. Tous les maires ont oublié un détail, qui aurait dû avoir son importance ! Ils ne sont pas propriétaires.
Nous apprenons, à la réunion du 21 janvier 1966, que l’abattoir de Quillan est en construction et que son périmètre arrive à Chalabre. Cela permettrait de fermer le notre.
Le 14 juin 1966, le conseil est d’accord de vendre la mule à la boucherie chevaline Aubry de Carcassonne, dès que le camion sera livré. Il est acheté la 403 à monsieur Rives plombier, pour en faire un corbillard.
La pauvre mule finit dans l’assiette ou en boudin, elle qui était tous les jours dans les rues à précéder le père Sancho. Une période où la ville était propre avec le ramassage journalier des ordures, dans une ville qui avait plus du double d’habitants.
La saison sportive reprend du service le 27 septembre 1966. Il est décidé de mettre l’éclairage et les douches dans les vestiaires du stade de Mauléon.
Un an plus tard, le 1er septembre 1967, Roger Laffont devient employé municipal. Le 21 novembre, le préfet Marcel Dufay demanda à Roger de choisir : soit conseiller, soit employé de mairie. Il deviendra employé.
Le lundi 11 décembre 1967, l’abattoir ferme définitivement ses portes.
L’année 68 fut pauvre en activité municipale. Les habitants avaient d’autres préoccupations.
La majorité des conseillers furent d’accord le 4 février 1969 pour l’expropriation du terrain de sport. A la même séance, il fut décidé de l’achat d’un podium pour les orchestres.
Le 19 juin 1969, les cohéritiers de Mauléon Narbonne de Nébias acceptèrent les 40.000 francs pour l’expropriation du terrain. Cela est devenu une vente normale.
Le 13 mars 1970, Condomine Moïse prend sa retraite. Ce garde n’était pas facile, fier de sa personne, sévère. Il faut dire que, étant jeunes, on ne lui facilitait pas la tâche.
1970 est l’année où le cinéma de Chalabre fut fermé.
Aux élections du 21 mars 1971, furent élus : Boyer René maire, Jammet Joseph adjoint, Albérino Sauveur, Bigou Paul, Calvet Louis, Carcy Hubert, Courdil Fernand, Escande Victor, Garcia Edouard, Garros Guy, Gimenez Louis, Huillet René, Leroy Maryse, Naudy André, Navarro Joseph, Taillefer Louis, Triat Jean.
Le 21 avril 1971, la nouvelle municipalité signa un contrat avec Ferrier Emilien, de Sonnac pour entreposer les ordures ménagères.
Hubert Carcy proposa de créer le poste d’animateur permanent.
Le 19 juillet 1971, la place de l’abattoir, qui avait fermé ses portes, devint la place Charles Amouroux, le grand révolutionnaire de la commune, alors qu’il était bagnard, prit les armes contre les révoltés Kanaks.
A la même séance, se discutent la 1ère tranche d’assainissement par l’égout et celle de la station d’épuration.
C’est le 1er mars 1972 qu’est mise en place une distribution de sacs plastiques pour les ordures ménagères. 38 ans plus tard, ils seront supprimés, alors que nous avons de plus en plus d’ordures. De même, on compte 1 jour par semaine de ramassage en moins. Les containers sont éloignés. Et, la taxe qui augmente ! Comprenne qui pourra !
A la même séance, il fut décidé d’un emprunt de 124.000 francs pour l’aménagement du camping. Le coût total des travaux est de 146250 francs.
La commune achète le 30 mai 1972, pour 1 franc symbolique, le chemin privé de l’Anglade.
En août 1972, c’est la 2ème tranche pour l’assainissement.
Le mardi 10 octobre 1972, le conseil se prononça à l’unanimité contre la fusion de Montjardin à Chalabre, proposition faite par le préfet René Marie Georges Heckenroth. Il avait voulu marquer de son empreinte. La ville a dit non le jour de son départ. Le nouveau fut nommé le 14 octobre.
Le vendredi 24 novembre 1972, s’effectue la création du Sivom.
Le lundi 14 mai 1973, un service d’aide ménagère est mis en place, géré par le Sivom.
L’ORTF place la 2ème chaîne.
Le conseil décide l’électrification des cloches. (C’était jusque-là une personne qui tirait les ficelles, en harmonie).
Le vendredi 26 octobre 1973, la commune décide d’installer des projecteurs au stade pour l’entraînement. Ce fut à cette séance que la mairie se dota d’une commission pour étudier le projet d’implantation d’une piscine.
Toujours à la même séance, Albérino et Navarro demandèrent qu’une rue porta le nom d’Allende. Le communal céda son nom pour devenir la « place Salvador Allende ».

Salvador Allende Gossens

(26 juin 1908 - 11 septembre 1973), médecin et homme politique socialiste chilien, a été président du Chili du 3 novembre 1970 au 11 septembre 1973.
Le 4 septembre 1970, Salvador Allende arrive en tête des suffrages pour les présidentielles au Chili, avec une campagne autour du thème des nationalisations et de l'indépendance du pays vis-à-vis du capital étranger.
Le coup d'État du 11 septembre 1973, mené par Augusto Pinochet, met fin à son mandat par la force, en renversant son gouvernement pour instaurer une dictature militaire. Dans le palais de la Moneda, sous les bombes putschistes, Allende trouve la mort. La cause de sa mort a été une question controversée ! Le rapport d'autopsie conclut au suicide, ce que confirme son médecin personnel et ce que sa famille accepte, mais ce que ses partisans refusent parfois. (Wikipédia)
Le samedi 16 mars 1974, se produit un bel incendie dans l’ancienne école des garçons. Il fut vite maîtrisé, mais il occasionna quelques dégâts.
Le jeudi 9 mai 1974, la mairie décida pour 45.000 francs l’acquisition d’un terrain, afin de construire la nouvelle gendarmerie.
Le mardi 29 octobre 1974, le conseil au complet est réuni pour décider de l’attribution du fermage de la station d’épuration et du tout-à-l’égout.
Le maire rappela que l’on votait le choix de l’entreprise, puisque l’idée du fermage était acquit. Avaient été contre Garros, Triat, Albérino, Calvet, Navarro.
Le choix se porta sur la Sade.
A la même séance, Victor Escande proposa 3.000 m2 de terrain en contrepartie d’un pont sur le Chalabreil. Le conseil donna son approbation pour le pont, qui ne vit jamais le jour.
Hubert Carcy, rapporteur de la commission de la piscine, fit une synthèse qui concluait qu’elle ne serait jamais rentable.
Calvet, qui venait d’être nommé adjoint à la place de Jammet décédé, fut chargé de faire l’étude d’un plan d’eau au lieu-dit la « piche ».
René Huillet avait lui-aussi quitté ce monde.
Le dimanche 17 novembre 1974, à la réunion du conseil, il fut décidé l’achat du terrain Rauzy au Cazal Sainte Marie, pour 41.840 francs. Un emprunt de 20.000 francs fut voté pour l’installation du chauffage au gymnase, qui sera mis en place 25 ans plus tard. Il fut décidé de l’achat d’un groupe électrogène.
Rien ne va plus chez Canat-Hutchinson
Le vendredi 19 décembre 1975, le maire de Chalabre René Boyer, le conseiller général Jean Tysseire, le président du conseil général et député de la 3ème circonscription de l’Aude Robert Capdeville, et Charles Jean Albert Gosselin préfet de l’Aude furent ce jour-là à Paris, pour être reçu à 18 heures au ministère de l’industrie et de la recherche par Michel d’Ornano, qui donna bon espoir de résoudre le problème.

Michel d’Ornano :

Descendant de Marie Walewska et du maréchal d'Ornano, fils du comte Guillaume d'Ornano (1894-1985) cofondateur des parfums Lancôme, Michel d'Ornano commence, après le lycée Carnot et des études de droit, une carrière d'industriel du parfum, avec son père et son frère, Hubert, en créant la société Jean d’Albret-Orlane.
Il s'engage en politique en 1962 en accédant à la mairie de Deauville, lieu de villégiature de ses parents. Il devient ensuite député (1967) puis membre (1976) et président (1979) du conseil général du Calvados, et enfin président du conseil régional de Basse-Normandie (1983) dont il a été éphémèrement le premier en 1974, avant d'être nommé ministre. La région lui doit alors la desserte Paris-Caen-Cherbourg par turbotrain, l'implantation de l'accélérateur de particules Ganil à Caen et la construction de l’autoroute de Normandie, ainsi que le Festival du cinéma américain de Deauville.
Surnommé le « Duc de Normandie », il crée autour de lui un clan qui fait de lui l'homme fort de la Basse-Normandie pendant 30 ans. Il installe sa femme, Anne d'Ornano, à la mairie de Deauville en 1977, et, frappé par le cumul de mandat, propose en 1986 la présidence de région à René Garrec. À sa mort en 1991, renversé par une camionnette de livraison en traversant la chaussée à Garches (Hauts-de-Seine), sa suppléante Nicole Ameline devient députée, tandis que sa femme reprend la présidence du conseil général du Calvados.
Sur le plan national, il est un ami fidèle de Valéry Giscard d'Estaing. Il fonde avec ce dernier les Républicains indépendants (RI), puis adhère à l’UDF. Cela lui vaudra d'être ministre durant toute la présidence de celui-ci, aux portefeuilles successivement de l'Industrie et de la recherche, des Affaires Culturelles, et de l'Environnement et du cadre de vie. (Wikipédia)

Le retour dans le Kercorb s’effectua avec scepticisme. Les mois suivants leurs donnèrent malheureusement raison. Hutchinson reprit ses deniers et repartit à Châtellerault, avec dans ses bagages des ouvriers, des brevets et un savoir-faire dont il profite encore.

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Plus de 600 ouvriers à la rue.
Plus de 100 personnes quittent Chalabre et suivent Hutchinson.
Comme un malheur n’arrive jamais seul, la S.N.C.F supprima la ligne pour non-rentabilité.
La voie sera vendue à la ferraille, démontée rapidement. Pensez de nos jours à l’impact touristique une voie encore en service avec un train à vapeur !
Les manifestations vont bon « train ». Il y eut beaucoup de soutiens aux ouvriers, des meeting et concert en faveur du personnel de chez Canat.
L’usine reprit une activité, avec un capital de 250 ouvriers, et firent des chaussures de sécurité.
Une industrie complémentaire s’installe dans une partie des locaux de l’usine. Elle a pour nom T2L, et employa environ 50 personnes.
1977, aux élections municipales, c’est la première fois depuis 1905 que des « culs blancs » reviennent au pouvoir, au nombre de 4 sur 15 : Messieurs Chasaing, Lasserre, mme Morat,
Les rouges Mme Navarro, messieurs Calvet, Pratx, les roses, Boyer maire, Carcy, Garcia, Leroy, Escande, Bigou, Naudy.
En début des années 80, en 81 plus exactement, Canat reçu une belle prime pour l’innovation ou l’investissement et cessa son activité 4 ans plus tard.
1981, hormis le coup du père François le10 mai, l’équipe de foot accéda pour la première fois à la division honneur régionale. Les dirigeants oublient régulièrement. J’ose croire involontairement qu’il faut féliciter et honorer les joueurs qui justement ont permis cette montée. Parlons d’un match dans la saison, en mars 13 volontaires sont allés défier un ennemi sur son terrain. Pendant 15 ans, l’équipe fanion allait prendre des coups à Axat. En 81, il fallait donc impérativement y monter. Pas question d’un forfait, sinon adieu la DHR ! Le président demanda à la réunion s’il y avait des volontaires. 13 levèrent la main. Moi en premier, je fus donc nommé capitaine.
Nous y firent match nul, 1 a 1. Mais, nous avons conquis le public d’Axat, qui était venu nous voir prendre des « bouffes », alors que c’est nous qui les avons distribuées en première mi temps. Après les citrons, ils se chamaillaient entre eux. Les joueurs du XIII local et ceux de Montréal, qui avaient fait un match en ouverture, restèrent pour nous soutenir.
Le président Roger Dumay, fier de notre prestation, qui enleva toute rivalité et mauvais gestes dans le futur, écrivit cela dans l’indépendant, cher a Aimé Catrié, correspondant local, dans la chronique la ronde du Kercorb :
« Cap difficile négocié depuis de longues années régulièrement nous revenions de notre déplacement à Axat avec une défaite. Cette année aussi nous avons mieux fait puisque nous obtenions le partage des points (match nul, score 1a1).
Quand on sait la difficulté de surmonter le signe indien et les résultats plutôt médiocres enregistrés ces temps derniers, nous classerons cette rencontre sous le signe de la résurrection.
D’abord un coup de chapeau doit être rendu aux 13 garçons qui jouèrent en équipe avec un esprit de corps et une volonté à toute épreuve. Qu’ils en soient remerciés ! Du gardien Crovetti, absolument impeccable en passant par un Morales fringant, retrouvant la joie de jouer, un Oble piaffant de s’exprimer, un Perallon impérial comme à l’accoutumé, un Discala virevoltant, un Roger Silva puissant et intransigeant en défense, un Roger Laffont omniprésent qui fit un match du tonnerre, un Gérard Crovetti clairvoyant qui distilla de bonnes balles, un Julien André, tête d’or, auteur d’un but magnifique, un Philipe Gérard défenseur vif et ardent qui décidément se bonifie, sans oublier notre capitaine du jour Fournié qui sut conserver la tête froide et guider ses troupes, et nos 2 remplaçants Carteaux et Pierre Llopis.
Relevons le bon arbitrage de monsieur Mossoni et la bonne tenue des deus équipes. Décidément, oui, si le soleil était de la fête en ce beau dimanche de mars, il l’était aussi à la fin de la rencontre dans le cœur de nos quelques supporters qui au retour de ce déplacement avaient accompagné notre équipe ».
L’équipe du Football club chalabrois monta en DHR. Malgré le renfort de joueurs, le club est redescendu en division honneur, (de district), en fin de saison. Les déplacements étaient trop éloignés, dans un budget trop étriqué.

Le conseil municipal de 1983 à 1989

le conseil municipal en 1983

Assis de gauche à droite : René Horte, Jacques Montagné, Marie Louise Saddier, René Boyer (maire) Bernadette Boulbes, Danielle Bonnery, José Trujillo, Firmin Morales.
Debout de gauche à droite : Serge Escande, Raymond Rosich, Edmond Razeyre, Paul Bigou, Michel Déramond, Francis Amouroux, Sylvain Saurel.

En février 1986, Chalabre est recouvert de 1 mètre de neige. Le plan ORSEC est enclenché. Il n’y a plus d’électricité. Les routes sont impraticables. Dans l’après midi, un pompier est venu frapper à ma porte, pour me dire de me présenter à la caserne en vue d’une réquisition.
Le capitaine Destainville, effectivement, m’annonça oralement l’ordre de réquisition. J’ai sur le champ bricolé l’installation électrique, afin de la brancher sur un groupe électrogène. Dans la lancée, je suis monté avec un camion citerne dans la maison de repos au Falgas pour porter du ravitaillement et mettre en service un groupe. En descendant, nous avons vidé la citerne dans la ferme, afin de donner à boire aux bêtes de monsieur Morat. Nous sommes revenus à la caserne avec la nuit. Les pompiers étaient partis manger, comme ils le feront tous les soirs à Sainte Colombe. Pendant que Vincent Messado restait à la radio, Gérard Roncalli et moi allions dans la jeep, attelée avec le groupe acheté en 1974 faire les niveaux des puits du Ménéchal et du Bourga. Grâce à qui, l’eau n’a jamais manqué pendant cette période !8888
Le lendemain, vendredi, la mairie était fermée. Et, pendant que des employés faisaient de la luge avec des gamins, j’ai isolé l’installation électrique dans les hangars de monsieur Bigou au Cazal, et de monsieur Couteau à Saint Martin (voir plus bas le paragraphe Gérard Roncalli), au cas où l’électricité reviendrait. Le soir, ce fut re mission des puits pour l’eau.
Samedi, toujours avec le groupe, j’ai chauffé le théâtre dans la perspective de l’arrivée des chasseurs alpins, puis alimenté tour à tour les deux boucheries et leurs chambres froides. J’en ai profité pour dépanner monsieur Espirat, qui était en panne de batterie avec son mini bulldozer. Le soir, il s’agissait de la mission de l’eau, toujours avec Gérard. A noter que ce samedi-là, comme il y avait de l’électricité à Sainte-Colombe, des Chalabrois ont été voir le match du tournoi des 5 nations, malgré l’état de la route.
Dimanche, à l’heure de la messe, je suis parti à Puivert avec un pompier, qui conduisait la jeep tractant le groupe. L’homme du feu est allé au café, et moi en-dessous branché chez le boulanger, afin qu’il puisse faire son pain. Le groupe fonctionnant après une 1 heure de travail, j’ai décroché le véhicule. Un appel du PC me demanda d’aller voir à la ferme de Cengia, pour vérifier le groupe fixé au tracteur. C’était plus pour donner des conseils sur l’installation. Gilbert en profita pour me charger du transport de lait en briquette pour le livrer à l’épicerie Baby. Je suis reparti avec un ordre d’aller voir dans une famille, qui avait un enfant handicapé. Tout allait bien. La prochaine mission, c’était aux Arnoulats. À peine arrivé, un homme me montre deux ballots de paille. Et, de l’index me désigne la colline où l’on pouvait distinguer deux taches brunes, c’était ses chevaux. Il me commanda de leur porter le fourrage.
J’ai refusé.
Comme il commençait à me prendre a partie, je lui ai dit que je n’étais pas pompier, mais entièrement bénévole et non indemnisé comme il le laissait entendre.
« Vous êtes payé pour cela », me dit-il !
« Vous aurez de mes nouvelles », dit-il en haussant le ton.
La tentative d’intimidation n’ayant pas fonctionné, il m’a demandé de parler au capitaine. Je lui ai passé la radio, et les deux hommes se sont engueulés.
Des noms d’oiseaux volaient de tous côtés.
Il commençait à me prendre à partie. Je lui ai dit que je n’étais pas pompier mais entièrement bénévole, et non indemnisé comme il le laissait entendre :
Eh bien oui, cher monsieur ! J’ai travaillé même pas pour la gloire. Et, je lui ai préconisé qu’il avait largement le temps de porter ballot par ballot. Par contre, si ses chevaux mouraient j’aimais la viande de cheval. Je partis donc, sans toucher à son fourrage.
Il faisait nuit. Je suis revenu à la boulangerie. Il avait presque fini la préparation pour le lendemain.
Osmin Bor, le maire, qui passait, nous a dit que l’électricité allait être rétablie.
18 Heures 30, la lumière jaillit. Qu’il est beau de croire en la lumière !
Avec l’attelage, je suis repassé prendre le pompier de service au café, et nous sommes rentrés à la caserne. Le capitaine ne m’a pas soufflé un mot de l’altercation.
Le soir, à la lueur d’une torche, avec Gérard, nous faisions le plein d’eau.
Lundi, c’est la visite chez des particuliers à Chalabre, pour vérification ou isolement de l’installation électrique dans des parties vétustes ou éboulées. Suite à un appel, je suis revenu à la caserne pour arranger le casque du commandant Cassar, qui ne fonctionnait plus avec la radio de l’hélicoptère. Le soir, retour dans les puits d’eau avec le garde champêtre Gérard.
Mardi nous étions un peu « emmerdés ». La station d’épuration débordait. Avec le groupe, j’ai fait une mise en service, et tout est rentré dans l’ordre. C’était de notre faute ! Il suffisait de ne pas fournir de l’eau. Les habitants n’auraient pas pu « tiré la chasse ».
Avec le retour de la fée électricité, mon concours fut moindre. Libéré le jeudi sans le moindre merci, alors la reconnaissance ?
C’était pour le service, pas pour la gloire.
Les avatars de Gérard Roncalli sont le vendredi, quand je suis allé à Saint Martin. Je suivais l’équipement, qui, avec un tractopelle, dégageait un semblant de route, laissant 20 cm au sol et rabattant le tout sur les cotés, soit environ 1,50 mètre. Mais, en passant, ils ont soulevé une plaque en fonte. L’adjoint José demanda à Gérard de la remettre en place. Le pauvre garçon, qui n’avait rien d’un Rambo, n’a pas pu la soulevée. Il nous demanda de lui donner un coup de main. 4 personnes en renfort essayèrent de déplacer cette foutue plaque. Mais, elle était bien coincée. Nous prirent la décision d’attendre la fonte, non sans l’avoir au préalable balisée.
Avec le retour des beaux jours, l’adjoint fit convoquer Gérard dans le bureau du maire. Et, ils lui mirent un blâme et 3 jours de mise à pied, avec comme motif qu’il n’avait pas obéi aux ordres. J’ai été dire ma pensée à l’adjoint et au maire, qui avaient brillé par leur absence. Pour moi, le blâme leur revenait de droit. En effet, la mairie étant fermée, il n’était pas possible d’avoir un contact pour divers renseignements. De même, que si Chalabre avait eu de l’eau, c’était grâce à Gérard.
Rien n’y fit !
Le conseiller général Jacques Montagné était présent tous les jours, se rendant sur les lieux, pour rendre compte des dégâts.
Le 26 avril 1986, nous l’avons échappé belle ! Les douaniers français ont arraisonné le nuage de Tchernobyl, aussi fort que les autorités municipales de 1821 qui voulaient enrayer une épidémie en neutralisant les microbes avec le fusil.
L’été 86, pendant la préparation du son et lumière de Puivert, qui restera comme étant le meilleur, avec une grande fréquentation, 4 hommes ont désiré visiter le château. Alors que je mettait les artifices, en s’excusant messieurs Bertrand Tavernier, Pierre Saint Blanca directeur de production, Guy Claude François chef décorateur et le directeur de la photo Bruno De Keiser font le tour du castel, afin de vérifier l’environnement, et voir s’il n’y a pas de pylônes, ni de fils en vue. Ils constatent que la forteresse possède l’électricité.
En décembre, le directeur de production est au sivom pour une réunion à laquelle je suis conviée.
Saint Blanca me proposa de me prendre à leur service, en qualité d’électricien. Pour la cantine, nous lui parlons de Richard à Puivert, qui nous faisait les repas du son et lumière. Voilà comment le puivertin mis le pied dans l’étrier, pour devenir ciné resto, la mieux coté dans le milieu cinématographique.
En janvier, c’est l’arrivée de l’équipe de la décoration et de la régie, avec à sa tête Yvon un homme très compétent.
Commencent les gros travaux au château, et à Quillan dans ce qui était devenu les studios.
En mars, c’est le début du tournage. Le 1er jour, à Comus, il neigeait. 20 centimètres recouvraient le sol. Il a fallu sortir des fossés les parisiens en voitures et camions.
La rencontre fut des plus fructueuses avec cette équipe. Le tournage prit fin mi-mai.
Superstitieux s’abstenir, le vendredi 13 novembre 1987, sur le coup de midi, en rentrant à la maison, il me semblait voir comme de la fumée qui venait de l’usine. Pendant le déjeuner, comme des bombes et par la fenêtre, je vis des flammes qui montaient à plus de 20 mètres au dessus du toit de l’usine. C’était T2L qui flambait. Un vrai champignon de fumée montait très haut dans le ciel, un autre Tchernobyl.
1989 ont été élus aux élections : Montagné Jacques maire, Carcy Hubert adjoint, Rosich Roger adjoint, Trujillo José adjoint, Saddier Marie Louise adjointe non indemnisée, les dames, Arnou, Bazzo (Sicre), Farré, les hommes Edmond Arnou, Edmond Razeyre, Serge Escande, Francis Villa, Paul Bigou, Christian Guilhamat, Serge Fournié.
L’équipe a démarrée le mandat fortement, en plein bicentenaire de la révolution. La 5ème chaîne fut piratée. L’hôtel de ville fut restauré. Des rampes sont installées au pont rouge. Un escalier est monté à la place Charles Amouroux. Le centre ville est aménagé, et le stade municipal est entièrement refait. Une nouvelle implantation de l’éclairage de fin d’année voit le jour. Et, existe la 1ère crèche vivante.
Les élections de 1995 ont donné comme résultat : Montagné maire, les adjoints sont presque identiques, Carcy, Rosich, Razeyre, Saddier, les dames Sicre (Bazzo) Escande, Farré, Chopineau, Danjou, et les hommes : Francis Canal, Robert Roncalli, Edmond Arnou, Daniel Berthaut, et Paul Coeffard. Ce dernier prit la fonction d’employé municipal. En qualité de responsable, il dut, comme la loi l’exige, démissionner du conseil. Il y restera pendant tout le mandat. Puis, avec la nouvelle municipalité, il rendit sont tablier, et partit vers une autre vie.

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