Entête Si Chalabre m'était conté

La fin du 19ème siècle

Récapitulation de 1872

1872 à 1899

Chalabre comptait au 4 juin 1872 : 2 127 habitants

Recensement fait par quartier Maisons ménages individus
Faubourg Saint Pierre 54 67 230
Las bordes ou quai de l’abattoir 20 29 90
Faubourg du moulin 69 100 293
Quartier du levant 119 179 579
Quartier du couchant 65 95 342
Intérieur de la ville 69 100 307
Hameau du Cazal Sainte Marie 23 23 85
Usines 4 5 19
Métairies 22 37 182
Total général 442 635 2127

Gustave Bézard Falgas, qui avait hérité en 1862 de son père Jean François le domaine du Falgas, le vendit en 1874 à monsieur de Brignac, qui fit raser le tout, remplacé par le nouveau qu’il nous est permis de voir actuellement. Mais, il fut bâtit à côté.
Le 14 mars 1874, Marty, horloger à Chalabre, avait été condamné le 12 septembre 1864 (10 ans plutôt) à 1 mois de prison pour attentat à la pudeur, et n’avait jamais effectué sa peine. Il lui avait été reproché, au cours d’un dépouillement d’un vote, d’avoir montré ses attributs et la partie la plus charnue de son anatomie à monsieur le maire Anduze Faris. Celui-ci étant décédé, il fut réhabilité.
Le 21 mars 1878, le conseil décide d’acheter une bascule de 10 000 kilogrammes pour 1 800 francs, qui seront vite amorties par le paiement de l’octroi toujours en vigueur. Cette bascule était au communal jusque la construction du groupe scolaire.
Le 06 janvier 1878, il y avait des élections municipales pour 16 conseillers démissionnaires qui sont : Antoine Anduze le maire, Garrouste Germain, Dantoine Baptiste, Fournes Jean, Gerribrel Pierre, Richou André, Fourcassa François, Cayrol Pierre, Bruneau Lazare Bouichou Paul, Audouy François, Faur Pierre, Magna Antoine, Chaumond Léon, Dubie Calixte, Fourcassa Antoine.
Les nouveaux élus sont :
Bézard Gustave est nommé maire, Maleterre Thomas adjoint, Eugène Cazalens, Paulin Mèche, Raymond Girard, Clottes Etienne, Galaup Raymond, Rivals Jean, Villeneuve Bernard, Berniet Jean-Baptiste, Chaussonnet Pierre, Bézard Paul, Mèche François, Calmet Pierre, Emile Bézard, Jean Delpech.
Le 24 novembre 1878, le maire Bézard Gustave révoque le garde champêtre Maurice Maugard. Il ne s’est pas présenté à son travail depuis 2 jours. Le garde était alité depuis ces deux jours donc avec une forte fièvre. Il faut dire que le sieur Maugard avait sorti de l’eau du chalabreil un enfant, qui voulait récupérer son chien.
Les habitants de la ville, par solidarité, face à l’acte héroïque de Maurice, ne comprenaient pas la sentence. Au lieu de remerciement, il a eu la sanction.
Chaque fois qu’un élu municipal passait près d’une fontaine, mais surtout le maire, ils étaient « aspergés ».
Le 5 janvier 1879, le maire interdit de se servir des fontaines, pour y prendre l’eau, de faire boire les bêtes et d’y faire la lessive.
A quoi pouvaient-elles donc servir ?
La famille Bézard était avec les de Mauléon concessionnaires de l’eau.
Le 17 février 1879, le préfet Anatole Charles Catusse révoque le maire Bézard Gustave.
Ce même préfet nomme Dantoine Batiste maire.
L’effet maire Dantoine s’indigne de la destruction des plaques commémoratives des fontaines et abreuvoirs, avec les noms des administrateurs et du souverain (châtelain) gravés sur l’objet. Il s’indigne aussi de la propagande faite à l’encontre de Antoine Anduze (ancien maire) et de Abriat percepteur soupçonnés d’avoir détourner de l’argent.
Le 11 mai 1879, ce fut l’élection de 3 conseillers municipaux en remplacement de Bézard Gustave révoqué et de 2 démissionnaires.
C’est de la présidence de la République, en réalité de la présidence du conseil, que, le 20 mai 1879, arrive la réponse, les parisiens nomment Bézard Gustave maire de Chalabre et Cazalens Eugène son adjoint.
Le préfet s’incline et ferme sa ... !
Le Président de la République était Jules Grévy, (1879-1887).
Le Président du conseil et ministre des affaires étrangères était Charles de Freycinet, né à Foix le 14 novembre 1828, ancien chef d’exploitation de la compagnie des chemins de fer du midi. Il avait à ce titre rencontré la famille Bézard puisque le projet de chemin de fer passait sur leurs terres.
Le 27 juin toujours en 1879, le préfet, qui ne jette jamais d’huile sur le feu, n’autorise pas la commune à engager des poursuites à l’encontre des personnages qui ont enlevés une plaque de marbre blanc à l’hôtel de ville, qui se trouvait être la fameuse plaque commémorative des fontaines.
Elle était au rez-de-chaussée à l’emplacement de l’actuelle avec la liste des maires.
Une année noire et difficile pour le maire passa.
Le 01 juin 1880 le conseil fut convoqué pour le 04 juin.
Le 07 juin 1880 le conseil fut convoqué pour le 08 juin.
Le 11 juin 1880 le conseil fut convoqué pour le 15 juin.
Le 25 juin 1880 le conseil fut convoqué pour le 04 juillet.
Le 12 août 1880 le conseil fut convoqué pour le 15 août.
Le 18 août 1880 le conseil fut convoqué pour le 22 août.
Le 24 août 1880 le conseil fut convoqué pour le 29 août.
Voila 7 convocations, où la majorité des conseillers ne s’est pas présentée. Le quorum n’étant pas atteint, il ne fut pas permis de délibérer.
Cependant, le 5 juin 1880, à Chalabre, la passerelle métallique fut posée à la place de celle en bois sur le chalabreil le pont rouge. Elle avait coûtée 2 800 francs. La particularité résidait qu’elle était au ras de la route.
En décembre 1880, le même préfet demande (ordonne) un vote et le renouvellement des 16 conseillers municipaux, vu que la mairie était ingouvernable. Il était composé de : Bézard Gustave le maire Eugène Cazalens l’adjoint, Garrouste Germain, François Audouy, Léon Chaussond, Fournes Jean, Bruneau Lazare, Paul Bézard, Dubie Calixte, Genitral Pierre, Dantoine Baptiste, Magna Antoine.
Le 9 janvier 1881, a lieu l’élection des 16 conseillers municipaux. Sont élus : Gustave Bézard le maire, Eugène Cazalens, Bouland Auguste, Bézard Paul, Maleterre Thomas, Berniet Jean, Manaut Barthelemy, Clottes Etienne, Villeneuve Bernard, Chaussond Pierre, Hillat Nicolas, Mèche François, Manaut Nicolas, Delpech Jean, Calmet Pierre, Lagrange Charles.
Les nouveaux, dont quelques uns font partis de l’équipe ancienne et de l’opposition, portent plainte et contestent le résultat du vote, l’estimant irrégulier.
Le 20 février 1881, les suites de l’enquête du vote du 9 janvier concluent que le vote a été régulier. À l’unanimité, les conseillers acceptent le mandat du maire Bézard.
Le 20 septembre 1881, le maire arrête que tout office religieux et toutes cérémonies funéraires sont interdits à l’église Saint Pierre, pour des raisons de sécurité.
Le 16 février 1882, la convocation du conseil municipal est envoyée pour le 19 février. La majorité ne répond pas à la convocation.
Le 23 février 1882, arrive une nouvelle convocation pour le 26 février. Et, comme la première fois, la majorité des élus est absente. La réunion fut annulée.
Le 16 avril 1882, il faut voter pour remplacer Berniet Baptiste et Manaut Barthélemy tous deux décédés.
Sont élus Salvat François et Berniet Jean le frère.
Le 23 avril 1882, a lieu la réunion du conseil avec les 2 nouveaux élus. Bézard Paul demande à voter le maire. Il se présente et est élu. L’adjoint est toujours Cazalens.
Gustave Bézard, Clottes Etienne, Maletere Thomas, Bouland Auguste, Berniet Jean donnent leur démission.
Le 16 juillet, les élections des 5 conseillers ont donné le verdict suivant : Berniet Paul fils de Baptiste, Fabre Paul, Audouy Pierre, Fourcassa Ferdinand, Baby Jules. Aucun nouvel ou ancien ne demanda à voter le maire. Sûrement des copains !
Nous voila avec du répit.
Le 4 novembre 1882, le préfet Dominique Henry Bossu autorisa la commune à mettre Cazalens André (le frère de l’adjoint) en justice. Ce monsieur ne veut pas vendre son immeuble pour y faire l’école des filles et la salle d’asile.
Les filles étaient 44 à être scolarisées.
La salle d’asile, c’était la maternelle. Ce bâtiment est aujourd’hui un HLM.
Le citoyen Cazalens perdra son procès. L’école se fera grâce à un emprunt de 30 000 francs pour les modifications et l’achat de la maison.
L’emprunt fut décrété par la présidence de la république le 21 novembre 1882.
Paul Boyer donna le 18 novembre 1882 son accord pour vendre sa maison quai du chalabreil, afin d’y faire l’école des garçons, aujourd’hui HLM aussi.
Le 13 août 1883, il y eut 2 élections : la députation fut remportée par Anduze Lazare ; la seconde s’était pour le conseiller d’arrondissement. Bonnail était le sortant.
Le Kercorb avait 8100 habitants sur 16 communes, c’est-à-dire les actuelles avec en plus Saint Couat du Razès. Il y avait 2123 inscrits, 1442 votants et 31 nuls, soit 1411 exprimés.

Bonnail a obtenu
1341 voix réélu avec 95%
Anduze Lazare
42 voix une belle veste pour le député
Meille
15 voix
Bézard Paul
1 voix.

Le maire de Chalabre a sûrement voté pour lui, encore un magistrat estimé et aimé dans son fief.
Presqu’une année a passé. Et, le 4 mars 1884, des suites des élections municipales, le maire sortant Bézard Paul fut reconduit, avec Cazalens comme adjoint.
S’il n’y avait pas de rancune chez l’habitant, on peut dire qu’il n’y avait pas d’amour propre dans l’esprit du premier magistrat.
A la fin de l’année, le 21 décembre 1884, pour les élections des délégués aux sénatoriales, il fallait nommer 2 titulaires et 2 suppléants.
Le maire n’a pu procéder au dépouillement, avec comme motif : en l’absence de tout électeur le bureau n’a pu être constitué.
Le maire avait dit vrai. Il n’a pas pu constituer un bureau. Mais, car il y a un mais, l’opposition avait fait constater par un homme de loi que la mairie était fermée.
Suivit une plainte auprès de monsieur le préfet Léon Baraban, qui prit l’affaire au sérieux, et révoqua en premier le maire Bézard de son mandat de premier élu. Il resta comme conseiller municipal. Le même préfet fixa l’élection du maire avant le 28 juin 1885, et nomma Cazalens maire pour faire l’intérim.
Le début de l’année commença au plus mal. Le 28 février 1885, suite à de fortes pluies et à la neige qui fondait, les rivières étaient en crues.
La passerelle en bois du pont rouge était partie avec la crue. Elle était à la hauteur de l’école des filles. La priorité n’était pas au pont, mais au gouvernement municipal.
Le 28 juin 1885, le conseil fut réuni et présent au grand complet : Cazalens Eugène l’intérimaire, Fourcassa Fernand adjoint, Delpech Jean, Berniet Jean, Calmet Pierre, Fabre Paul, Baby Jules, Manaut Nicolas, Salvat François, Lagrange Charles, Bézard Paul, Hillat Nicolas, Chaussonnet Pierre, Mèche François, Rivière Charles Marius, Audouy Pierre. Le maire fit la remarque que l’ultimatum donné sur la date par le préfet était dépassé puisqu’il avait dit avant le 28. Il a fallut donc se décider. Cazalens à l’unanimité fut nommé maire.
Le maire ne fit pas grand-chose pendant l’année de ses fonctions, mise à part la passerelle du pont rouge qui le 23 mai 1886 par décision du conseil sera remplacée par une métallique créée par Mauguin de Paris. Le maire interdit aussi de faire de la musique dans les rues de Chalabre sans autorisation municipale.
C’était Bézard Paul qui faisait sa campagne électorale avec son équipe pour les élections du 27 juin 1886, où effectivement il prit une revanche sur le préfet, et fut réélu comme maire. Baby jules prit la fonction d’adjoint. Les hommes restèrent identiques, à part Delpech Jean qui fut remplace par son fils Vitalis.
Il interdira la divagation des chiens dans les rues de Chalabre, prétextant la rage. La réalité est que depuis longtemps les chiens errants volent la viande sur les étals des bouchers, qui se plaignent régulièrement.
La rage avait sévie effectivement comme en 1895, 1904, 1905, 1917, 1926.
En 1887, la France fut sous le choc de l’assassinat du président Carnot par Casério.
Le 20 mars 1888, on votait encore 2 fois.
La 1ere pour le remplacement du député Anduze Lazare démissionnaire. Bézard Jeune fut élu.
La 2ndepour les municipales, Bézard Paul le maire sortant fut battu par Tournié Jean Jacques.
Le conseil était composé de : Tournié Jean Jacques maire, Cabrier Marcelin adjoint, Girard Raymond, Debosque Aloys, Laffitte Osmin, Vidal Pierre, Serrus Henri, Fourcassa Ferdinand, Amouroux Pascal, Lagrange Charlemagne, Audouy Pierre, Bruneau Lazare, Rascol Henri, Cazalens Eugène, Magna Antoine.
Voilà bientôt 100 ans que la révolution est passée, le préfet Théodore Paul Viguié demanda le 30 avril 1889 à toutes les communes du département de fêter le 5 mai 1789 à la mémoire des états généraux à Versailles. Cabrier fut contre. Il se retira. Le vote donna 7 pours, 3 contres, 1 blanc et 4 abstentions. La somme de 50 fut allouée, mais sortie des 1000 francs prévus pour les 100 ans du 14 juillet.
Pendant la fête du centenaire, un personnage, qui nous était sorti de l’esprit, fit un procès, qui mijotait depuis 5 ans, à la commune de Chalabre. Il demandait que, pour sa descendance le nom de Nébias, figura sur les extraits de naissance. Le nom de Nébias lui avait été retiré depuis la révolution, à cause de son aïeul guillotiné à Collioure pour avoir en juillet 1789 défendu les Tuileries contre la dite révolution. Le verdict lui ayant donné raison, voilà pourquoi nous retrouvons dans les comptes-rendus l’intégralité du nom, Mauléon Narbonne de Nébias
En pleine fête de la révolution cela faisait désordre. Antoine était le 6ème d’une lignée de 9. Le père Alfred Marquis avait épousé en 1849 Octavie Mieulet de la Rivière. Ils eurent 9 enfants, qui moururent en bas age.
Une fille Jacqueline, enfant du couple, avait eu 3 garçons, dont un épousa Yvonne de Lauriston, qui était une descendante de Law de Lauriston, le célèbre financier Law qui en 1720 fit faire à Louis XV banqueroute.
Henri Alfred était le seul garçon des 5 enfants d’Henriette Nathalie Bruyères et de Mathieu Antoine de Nébias. Leur seconde fille devint Marquise de Puivert en épousant de Roux. Ce sont eux qui construiront « la bâtisse ».
Notre Antoine Isidore épousa quant à lui en 1881 Marie Thérèse de Castelbon. Ils eurent 5 enfants :
le 1er Alfred Marie Joseph épousa une aristocrate russe Hélène de Bieloselsky.
La seconde Jacqueline devint Baronne de Barrin de Champrond.
Le troisième Jean l’aviateur fut tué à la guerre 14-18.
Le 4ème Georges Conte de Mauléon Narbonne se maria en 1933 à Hélène Durand De Girard. Ils eurent 2 filles et 2 garçons que les Chalabrois ont peu vus.
Le conte avait dans les années 1980 une voiture Renaud 4l dont les lampes des clignotants et stop fonctionnaient. Il ne s’en était jamais servi, comme les pignons de la boite à vitesse, mise à part la 1er et 2ème.
Le 5ème enfant fut Oger.
Le centenaire de la révolution passé, il fallut abattre les bêtes du général en retraite Bézard Falgas sur les terres du Bourdil. Elles avaient contractées la rage.

La fée électricité

Ce 28 février 1891, le conseil municipal de Chalabre est réuni. Il est composé de : Tournie Jean Jacques le maire, Cabrier Marcelin adjoint, Girard Raymond, Debosque Aloys fabriquant de chapeaux, Laffitte Osmin futur maire, Vidal Pierre, Serrus Henri l’épicier, Fourcassa Ferdinand, Amouroux Pascal, Lagrange Charlemagne, Audouy Pierre, Bruneau Lazare, Rascol Henri pharmacien et futur maire, Anduze Henri, Cazalens Eugène, Magna Antoine. Ils donnent leur accord pour que le comte Antoine Isidore de Mauléon Narbonne de Nébias et la famille Bézard installent, sur le canal, une centrale hydroélectrique. Les deux familles sont concessionnaires de l’eau.
La ville possède 36 lanternes au pétrole pour l’éclairage public. Avec l’électricité, elle pourrait en avoir 4 de plus, plus 1 heure d’éclairage supplémentaire par jour, et cela toute l’année, alors que le seul pétrole ne concerne que la période hivernale soit 6 mois par an.
Avec ces installations, les particuliers pourront bénéficier d’une lampe par foyer.
Les concessionnaires prévoient une mise en service rapide. Effectivement, avant l’été, tout est opérationnel et fonctionne à la mi-juin.
Les particuliers pouvaient bénéficier dans la difficulté de 10 bougies (1 lampe).
Mais, le député de l’Aude, Dujardin-Beaumetz, demande au maire de Chalabre de surseoir à l’inauguration, prétextant la fin de la cession parlementaire qu’il ne peut manquer (à cette époque les politiques étaient tenus d’assister à toutes les réunions). Il propose comme date d’inauguration et de mise en service de l’installation, le 12 août 1891.
Coïncidence, le dimanche 28 juin 1891, Quillan est en fête :

9 heures :
excursion aux bains de Ginoles
10 heures :
distribution aux pauvres
11 heures 30 :
réception à la gare des autorités invitées, tour de ville.
12 heures :
banquet populaire
14 heures 30 :
courses régionales de vélocipèdes et tricycles, divers jeux, mâts de cocagne, courses aux ânes.
Des musiques en concerts sur les places.
21 heures :
retraite aux flambeaux et illumination de la ville par le maire Munier qui met en service l’éclairage public.
Le député Dujardin-Beaumetz prend la parole.
Il est là le bougre avec ses amis politiques, surtout l’adjoint Nicoleau.
Il y a même les abbés Saunière et Boudet.

Nous aurait-il grugé sur les dates ?
Quillan devient la première ville du département à être électrifiée, nous privant de cet honneur.
Le chalabrais, ayant voté majoritairement pour lui, notre député fut sur ce coup ingrat.
Paradoxalement, l’électricité était déjà en service dans les villages des régions montagneuses, là où coulent les torrents, source d’énergie. Dans la région, c’est à Ax-les-Thermes, qu’élus et industriels venaient s’informer et apprécier les avantages de l’invention.
A Chalabre, nos deux familles, concessionnaires de l’eau, par des augmentations pas toujours justifiées, font parfois des misères aux habitants. Avec l’arrivée de l’électricité, ce sera pire. Ils prétexteront, de temps en temps, le manque d’eau dans le canal, et mettront les industriels en difficulté. La famille Bézard finalement en désaccord avec ce chantage se retirera de cette association et de Mauléon Narbonne de Nébias continuera seule l’aventure.
Il y avait à Chalabre en 1819 seulement 10 lanternes à réverbères qui étaient en fonctionnement :

Du 15 octobre au 15 novembre
de 6 heures du soir jusqu'à 4 heures du matin.
Du 16 novembre au 15 février
de 5 heures du soir jusqu’à 4 heures du matin.
Du 16 février au 15 avril
de 7 heures du soir jusqu’à 4 heures du matin.
Du 16 avril au 15 mai
de 8 heures du soir jusqu’à 4 heures du matin.
Du 16 mai au 15 août
de 21 heures du soir jusqu’à 4 heures du matin.
Du 16 août au 15 octobre
de 8 heures du soir jusqu’à 4 heures du matin.

Le 13 août 1891, le conseil réuni décida devant l’insalubrité des odeurs intempestives d’urine lors des messes, de détruire la chapelle Saint Blaise. En plus, elle permettrait le passage d’un véhicule d’une ruelle à l’autre. Cette décision était remise sur le tapis régulièrement depuis 50 ans. La chapelle fut construite en 1661.
La poste livrait l’acheminement du courrier venant de Foix, tôt le matin. Elle envisageait l’acheminement du courrier à 6 heures du soir.
Exemple, une lettre postée le soir à Lavelanet arrivait le lendemain matin et elle était distribuée dans la journée.
Avec le nouveau système, la même lettre n’arriverait que le lendemain soir et serait distribuée le surlendemain. Le conseil, réuni le 21 février 1892, fut contre, sauf si une distribution était faite après 18 heures.
Quand je pense que de nos jours une lettre partie aujourd’hui sera distribuée dans une semaine, régulièrement la facture arrive aux délais du règlement.
Le centenaire de la 1ère République, à Chalabre on s’en préoccupa et le 27 septembre 1892, le conseil municipal au grand complet fut d’accord pour fêter la proclamation de la première République, négligeant un détail elle fut proclamée le 21 septembre, mieux vaut tard que jamais !
Autre problème récurant, la vente des biens de l’hospice. C’est le 8 juin 1893 que la mairie donna son accord pour vendre la ferme de Toulemont pour 3 400 francs, afin de renflouer la trésorerie de l’hospice.
Le maréchal des logis au 10ème de dragon de Montauban, François de Roux, classe 1877, demanda et obtint le 9 novembre 1893, un congé pour soutien de famille, vu l’âge avancé de la veuve Marquise (74 ans). La fille de Mathieu Antoine de Mauléon et d’Henriette Nathalie de Bruyères, dernière du nom, habitait à la bâtisse. Le château de Puivert était peu habitable et celui de Saint Colombe démoli. François dans son écrit à la mairie parla de sa mère. Il avait volontairement oublié le mot grand, car c’était bien sa grand-mère.
Le projet d’Anduze Faris refit surface le 23 juin 1894. Le conseil municipal donna son avis favorable sur la construction d’un canal, entre les deux mers avec une bretelle jusqu’à Lavelanet. Ce projet ne verra toujours pas le jour. Il y avait celui du rail qui lui se réalisera.
Dans la chaleur de l’été, rien de plus normal que d’avoir des problèmes d’eau. Quoique là, ils fussent d’un autre ordre. Le 26 juillet 1894, le sieur Bézard Auguste Colonel en retraite, propriétaire à Chalabre, mais demeurant à Bordeaux, demanda les ¾ de pouces, suite au traité du 28 mai 1837entre Louise Dilhat (sa mère) alors épouse Bézard et le Marquis de Mauléon Mathieu Antoine. Le débit était de 8 pouces 75/100. Pendant la sécheresse, le débit était insuffisant, d’autant plus que maintenant la ville va se doter de 22 fontaines. Satisfaction ne pouvait lui être donnée.
Les concessionnaires déclarèrent vouloir fermer les robinets.
Le maire déclara les fontaines d’utilité publiques, et demanda le retrait de la concession.
Le préfet Dominique Antoine Beverini-Vico donna son accord au maire de Chalabre.
Pour l’eau, le conseil était réuni le 3 novembre 1894 et examina les propositions de la famille Bézard qui demandait 4 000 francs et de Mauléon 3 000 francs en guise de dédommagement.
La commune dans un élan de solidarité fit les propositions suivantes : 1 000 francs à Bézard et 575, 25 francs à de Mauléon.
Le préfet approuva la proposition financière et l’expropriation de l’eau.
Le 11 juin 1895, Chalabre fut inondé. La passerelle métallique du pont rouge avait été emportée, et atterri en face les écoles.
Elavio Bézard de Huesca n’est pas d’accord sur l’indemnité qu’il lui est octroyé. Il avait mandaté son oncle Auguste. Comme il n’a reçu aucune somme, il ne donna pas le 9 juillet 1895 l’autorisation de passer un grand tuyau au lieudit la grande côte du château pour aller à « leucate » le lieu de la réserve de l’eau (château d’eau).
Le maire demanda l’expropriation. Un bras de fer fut engagé.
L’hiver fut vite là et la ville donna une concession aux sœurs de Cluny, pour service rendu à la ville, qui a été déplacée pour permettre le passage au nouveau cimetière.
Le maire Tournié demanda au conseil municipal du 10 mai 1896 l’expropriation des 2 parcelles, section A 1217 et 1219, situées au lieudit la pierre du chalabreil. Il demanda au tribunal d’en fixer le montant. Mais, il proposa la somme de 100 francs pour les 2 terrains.
La passerelle métallique, qui avait été déplacé aux inondations de l’année précédente, fut remise en place, légèrement rehaussée le 17 mai 1896 pour 588 francs. Les descentes pour les cycles, voitures d’enfants, brouettes ont été faites en 1942 par les prestataires de service détenus au camp de Rivel.
Un de ses messieurs a mis une clé de boite de sardines dans le ciment. Elle réapparaît de nos jours, alors que le dénommé Otto celui qui planqua la clé fut assassiné en 1942 à son arrivée à Auschwitz.
Le tribunal civil était réuni à Chalabre le 10 août 1896, pour l’expropriation de l’eau.
12 membres du jury issu de l’extérieur du canton étaient présents. Après les plaidoiries des uns et des autres, la salle fut évacuée. Au bout d’une heure, le verdit tomba. La commune fut condamnée à verser la somme de 6 033 francs et 33 centimes à Auguste et Elavio Bézard et 575 francs et 25 centimes à la famille de Mauléon, pour la concession et les parcelles.
Elavio Bézard refera parler de lui, puisqu’il sera élu alors qu’il était décédé.

Le dénombrement (recensement) de 1896 compte : Maisons ménages individus
Quai du chalabreil 29 40 163
Rue Saint Pierre 19 27 89
Quai de l’abattoir 5 9 19
Grand’rue des postes 19 28 86
Rue du pont de l’Hers 20 34 119
Rue des moulins 14 24 71
Avenue de Foix 10 14 57
Rue de la terre blanche 25 32 107
Rue de Perpignan 40 61 201
Rue des couteliers 18 22 76
Petite côte du château 15 16 45
Rue du pont neuf 8 17 62
Rue des cloutiers 4 4 8
Rue des boulangers 16 19 60
Rue du pont vieux 9 18 51
Cours d’Aguesseau 27 39 118
Cours Colbert 27 37 112
Cours Sully 26 39 134
Cours National 15 23 63
Rue Saint François 6 6 21
Rue Sainte Marie 4 8 30
Rue Sainte Anne 3 3 9
Rue Saint ANTOINE 4 4 10
Rue Saint Ursule 6 8 21
Place du marché 10 22 68
Cazal Sainte Marie 24 24 85
Métairies 22 36 173
Population comptée à part // Hôtes de passages 3
Totaux 451 650 2194

En plus 1 italienne et 1 anglaise.
L’année 1897 commençait bien, avec des élections municipales le 20 janvier. Le maire sortant, le docteur Tournié, qui était aussi conseiller d’arrondissement, fut battu. La population ne lui pardonna pas le prix à payer pour le procès de l’eau. Il fut élu. Mais, pour le vote du maire, l’autre docteur, Lafitte Osmin, qui était adjoint, fut nommé à cette charge. Il prit comme adjoint le pharmacien Rascol Henri.
Le 27 février, le nouveau conseil décida de baisser l’octroi sur les huiles domestique, soit une diminution de 1,25 francs par 100 kg.
Avant l’arrivée du printemps, le 15 mars 1897, le carrelage de la halle fut vendu aux enchères, il était en place depuis 150 ans et commençait à être vétuste.
Les grands travaux de la ligne de chemin de fer vont bientôt démarrés. Le maire « gonflé » demanda le 14 avril à la compagnie des chemins de fer du midi de modifier les horaires des trains, mais pas n’importe lequel : le 116 devrait être avancé de ½ heures à l’arrivée à Toulouse en provenance de Narbonne, et sur le 26 bis qui devait être retardé de ¾ d’heure sur la ligne Toulouse-Paris. Qui ne tente rien n’a rien.
Les travaux sur la voie commencèrent à la fin 97. Le tunnel sera fini en 1903.
De Mauléon fit un procès à la ville pour avoir laissé Cayrol, celui qui faisait des cloches, monter une roue hydraulique sur le canal pour faire sa propre électricité. Il demanda 10 000 francs de dommages et intérêts. La roue sera détruite 10 ans plus tard. La population n’appréciait pas le châtelain, pas plus que les autres non plus.
La veille de noël 1897, soit le 24 décembre, Garros Bernard, reçut dans la hotte du père noël, au pied de la cheminée, la somme de 300 francs, provenant des victimes du devoir. Cet ouvrier chapelier avait été blessé par des brûlures, en faisant un acte de sauvetage lors d’un incendie. Il n’était pas pompier.
La mairie était en feu le 6 mars 1899. Le second étage, la toiture et une partie du premier furent détruits dans l’incendie.
Mais, il y eut aussi le feu dans les usines, quand le 24 septembre 1899 fut créé le syndicat des ouvriers chapeliers. Les patrons avaient menacés de fermer leurs boutiques. Les belligérants furent souvent en bagarre avec les gendarmes, qui venaient les séparer des chefs et employés, qui défendaient les patrons.
La perle des arrêts :
Le docteur Lafitte Osmin arrêta le 29 novembre 1899 :

Article 1er
il est expressément interdit aux cafetiers et débitants de boissons d’employer dans leur établissement des femmes ou filles non munies du certificat de bonnes moeurs.
Article 2
le maire et l’adjoint sont chargés de l’exécution dudit arrêté.

A noter que, c’était le maire ou l’adjoint qui distribuaient les certificats de bonnes mœurs. Politiquement, ils étaient en désaccord. Mais, ils partageaient la même passion !
Il y avait depuis les Romains à la Terre Blanche des bains qui permettaient aux troupes de l’envahisseur César de se purifier. Au moyen-âge et jusqu’au 19ème siècle, l’eau fut classée comme porteuse de maladie, donc déconseillée. Une purification salvatrice vit le jour : les filles de joie !
Devant les plaintes des femmes dont les maris faisaient un petit crochet aux bains en sortant du travail, histoire de se « ressourcer » auprès de certaines « baigneuses » d’un genre particulier (ils y laissaient la solde journalière ou une partie de leur salaire), les deux puritains Laffitte et Rascol fermèrent ces lieux infâmes et dégradants.
La passerelle métallique sur le Blau fut fermée elle aussi, vendue quelques années plus tard.
Le siècle fut terminé ici, place à suivant.

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