Entête Si Chalabre m'était conté

La grotte de l’homme-mort

A d’autres noms, comme :
la Grotte des Saltes.
La Grotte du Carme.

Sa Situation :

Elle est située sur le territoire de la commune de Rivel (11), près du hameau des métairies des bois, presqu’au sommet de la crête rocheuse appelée « Sarrat de l’homme mort ».

Ses Coordonnées :

Sur une carte I.G.N. Lavelanet 1/20.000°, feuille N°7.
572,280 – 67,445 – 800.
La cavité est pointée sur la carte, mais semble être à une altitude supérieure à celle indiquée.

Son Accès :

Sur la route D 117 Quillan-Bélesta, quatre cents mètres après la sortie du hameau des Métairies des Bois, côté Bélesta, juste après un pont, il faut prendre à gauche une piste de tracteur non carrossable qui monte d'abord vers le sud, puis vers l'ouest et devient horizontale.
On traverse un ruisselet et, environ cent cinquante mètres après (une petite pancarte marron sur un arbre à droite de la piste), prendre à gauche un sentier bien marqué, qui monte vers le sud à travers la forêt.
Après quatre cents mètres environ, se trouve une bifurcation avec un sentier venant de droite. Descendre ce nouveau sentier sur cent cinquante à deux cents mètres, jusqu'à une bifurcation avec un autre sentier qui descend à main droite. Cairn. Continuer à gauche sur cent cinquante mètres, en légère descente.
On remarque une nouvelle bifurcation avec un sentier bien marqué partant à gauche (pancarte marron sur un arbre). Il faut suivre ce nouveau sentier en légère montée en direction d'un éboulis qu'on devine entre les arbres à une cinquantaine de mètres. Le sentier amène à l'éboulis qu'on traverse (traces bien visibles). Et, de l'autre côté, on remonte une sorte de couloir terreux en forte pente sur une vingtaine de mètres. Lorsqu'on arrive à la paroi rocheuse, on doit l'escalader sur la droite sur deux à trois mètres (les traces sont visibles). A partir de là, on retrouve un sentier très bien marqué et très raide, qui conduit à la grotte à cent cinquante mètres environ. Il est nécessaire de compter trente-cinq à quarante-cinq minutes de marche depuis la route; avec une montée raide et pénible à partir de l'éboulis.
La variante montre qu’à cent cinquante mètres après le ruisselet, au lieu de bifurquer à gauche, on peut continuer tout droit à l'horizontale sur cinq cents ou six cents mètres, puis (comme l’indique une pancarte sur un arbre) prendre à gauche un sentier très peu visible au départ (à cause des hautes herbes), qui amène en pente douce à la bifurcation du cairn. L’itinéraire est plus long, mais plus facile dans sa première partie.

Sa Description :

Un escalier de fer branlant donne accès à l'entrée, qui se trouve en falaise à huit ou dix mètres de hauteur. Il s’agit d’un orifice circulaire d’un mètre de diamètre, donnant accès à une vaste salle de trente mètres de long sur dix de large, orientée vers le SSW. Après l'entrée, on remonte sur quelques mètres un éboulis, qui occupe la partie gauche de la salle et provenant de l'effondrement d'une partie de la voûte. Un orifice de deux à trois mètres de diamètre au plafond donne sur l'extérieur. Dans le coin gauche, derrière l'éboulis, un couloir descend en forte pente d'une vingtaine de mètres de long, avec généralement une flaque d'eau au fond.

Son Réseau inférieur :

Après l'éboulis, la salle d'entrée redescend un peu, et est suivie d'une vaste galerie de cinq à sept mètres de large et de cinq à dix mètres de haut qui tourne bientôt à angle droit vers le WNW et descend en pente de plus en plus raide, très glissante. Au tournant, près des parois, se trouvent deux traces de fouilles. Une quinzaine de mètres avant le bas de la galerie, dans la paroi gauche, au-dessus d'une coulée stalagmitique, se décèle un couloir supérieur de quinze mètres de long, bouché.
Après quarante mètres, la galerie se termine (-12) par un couloir bas (à hauteur de quatre-vingt centimètres à un mètre, un chenal a été creusé dans l'argile dure pour faciliter la progression), argileux et humide, long d'une dizaine de mètres et descendant, qui débouche dans la Grande Galerie. Celle-ci a deux cents mètres de long et comporte deux parties contrastées. Dans les deux premiers tiers, elle a de belles dimensions régulières (trois à cinq mètres de large, quatre à six mètres de haut), en légère descente, plein ouest. Le sol est argileux et est souvent occupé, en hiver et au printemps, par de grandes flaques d'eau et même par un lac qui peut atteindre une cinquantaine de mètres de long. A l'extrémité de cette partie, au point le plus bas (-23), contre la paroi gauche, est logé un joli puits de treize mètres, avec le plus souvent une flaque d'eau de cinquante centimètres ou un mètre de profondeur au fond.
A partir de là, la galerie se rétrécit (entre un et deux mètres de large) et remonte. Le sol est formé d'une succession ininterrompue de jolis gours, pleins d'eau en période humide sur cinquante mètres de long. A mi-chemin, à un passage étroit, on passe sous une dalle horizontale scellée aux parois, épaisse de vingt à trente centimètres, peut-être le vestige d'un ancien plafond. Après, une montée d'une cascade stalagmitique et un nouveau passage resserré au pied d'une puissante coulée à gauche, on arrive au bas d'une nouvelle pente calcitée remontant très raide sur la gauche. On est ici à (-16). A noter que tout le long des gours, la paroi gauche est presque partout recouverte d'importantes coulées de calcite.
Au-delà, la galerie devient plus accidentée. Les dimensions deviennent plus variables tout en restant assez importantes. Et, on redescend par paliers et pentes successifs sur une quarantaine de mètres jusqu'à la salle terminale obstruée par un éboulis à (-23). Dans cette partie, on note deux cheminées, la première à gauche, la seconde à droite (celle-ci haute de quinze mètres environ), toutes deux bouchées.

Son Réseau supérieur :

On revient à (-16, cinquante mètres) avant le terminus, et on escalade la paroi calcitée à gauche. Elle est très raide au début, souvent humide et glissante. Après cinquante mètres de progression pour une quinzaine de dénivelée (0), on escalade un à pic en se glissant entre la paroi droite et une dalle verticale. La pente est ici moins abrupte, composée de pierres et de terre. Et, après une quarantaine de mètres, on gravit une pente rocheuse lisse et glissante pour atteindre, juste sous la voûte, la chatière "Martre", du nom de celui qui l'a ouverte (+ 10). De l'autre côté, apparaît un ressaut calcité lisse de (-2). La galerie fait un coude vers l'ouest après un passage étroit et glissant, et remonte de nouveau en pente raide (quarante mètres depuis la chatière, +20). Après une étroiture, commence un couloir dirigé vers le sud; il est plus étroit (un mètre de large en général), haut de deux mètres au plus, a un sol calcité et glissant, et monte en pente plus douce sur trente mètres environ. Trois mètres avant le terminus, dans la paroi gauche, s'ouvre la chatière pratiquée par la Société spéléologique du Plantaurel dans un rideau stalagmitique épais. Elle est suivie à angle droit d'un laminoir de vingt-cinq cm de haut et de deux mètres cinquante de long. En devers et plus étroit sur le côté gauche; il faut donc le passer en se tenant au plus près de la paroi droite. On se trouve en suite dans un couloir d'une dizaine de mètres (+27), terminé par une étroiture agrandie qui donne accès à une galerie descendante de vingt-cinq mètres de long, argileuse, qui s'achève sur une voûte basse (de quatre-vingt centimètres), après laquelle on descend par ressauts successifs de cinq à six mètres dans la salle terminale (+ !5). Elle est due sans doute à un effondrement et mesure en gros quinze mètres sur cinq. Au pied des ressauts, tout droit, se situe un couloir impénétrable. Après quelques mètres, et à gauche, demeure un boyau colmaté par l'argile. Au centre au point le plus bas, siège un puits tortueux étroit qu'on peut descendre sans agrès sur cinq à six mètres. Ensuite, la progression est définitivement arrêtée par l'argile gluante, qui a découragée plusieurs tentatives de désobstruction (+10).

Sa Géologie :

Il s’agit de calcaires urgoniens de l’aptien.

Son Hydrologie :

La cavité ne présente pas de circulation d'eau active. Toutefois, elle est assez humide, même en période sèche. En hiver et au printemps, ou à la suite de fortes pluies, les gours superposés du réseau inférieur se remplissent, se déversent les uns dans les autres et alimentent le lac qui occupe une bonne partie de la Grande Galerie, mais n'a pas d'exutoire.
La grotte est bien concrétionnée, mais les stalactites et stalagmites ont été pour la plupart brisées dans le réseau inférieur. Le réseau supérieur, moins visité en raison des pentes glissantes et des deux chatières, est mieux préservé et offre de jolis aperçus du concrétionne ment.

Sa Topographie :

Société Méridionale de Spéléologie et de Préhistoire, (G.Jauzion)
Société spéléologique du Plantaurel. (21mai 1966)

Son Équipement et Son Matériel :

Figurent quinze mètres d’échelle ou de corde pour le P13 dans la Grande Galerie. On ne trouve pas de point d’amarrage. Le Réseau Supérieur peut se faire sans matériel, mais des cordes sont parfois utiles.

Sa Préhistoire

M. J. Tricoire, ancien professeur au Cours Complémentaire de Lavelanet, retiré à Dun (Ariège), a effectué des fouilles (à une date inconnue) dans la grotte, là où la galerie d'entrée se coude vers la droite, contre les parois gauche et droite. Il a mis à jour trois mâchoires inférieures d'enfants, bien conservées, et divers objets, notamment en os.

Son Historique :

Il s’agit d’une grotte connue depuis fort longtemps, sinon depuis toujours, et qui a été le sujet de beaucoup d'exagérations parmi les populations locales. On remarque d’innombrables inscriptions sur les parois.
Sa première exploration fut effectuée par la future Société Spéléologique du Plantaurel en août 1945. L’ouverture de la deuxième chatière du Réseau supérieur (chatière S.S.P.) se concrétisa le 4 septembre 1948.

Sa Bibliographie :

plan de la grotte
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