Entête Si Chalabre m'était conté

Fournié Marius


Fournié Marius est né à Chalabre, le 25 mai 1893, dans les appartements de la gendarmerie route de Foix, son père Louis est gendarme, sa mère Théodora Michel est mère au foyer.
La gendarmerie à cause de la vente du local et du terrain, quitte cette caserne pour aller en 1911, se loger dans l’angle du pont du Blau, dans la maison Manau.
En 1913 Marius encore étudiant après avoir passé son conseil de révision est jugé apte pour le service militaire obligatoire. Il mesure 1 mètre 63, a les cheveux et les yeux châtains, un front vertical, un nez rectiligne et une lentille sur le nez comme signe particulier.
Il est incorporé, le 26 novembre 1913, au 143ème régiment d’infanterie de Castelnaudary. Le caporal sera déclaré mort pour la France, le 12 novembre 1914, à Wystschaëte en Belgique.

Photo militaire : Castelnaudary - Musique du 143 régiment d'infanterie

• Le 1er août

Le Colonel Berguin commandant le 143ème régiment d’infanterie reçoit à 16 heures 40, le télégramme officiel suivant « Ordre de mobilisation générale. Le premier jour de la mobilisation est le dimanche 2 août. »
Le départ de la garnison est prévu pour le 8 août.

L’état-major
Le colonel Berguin
Lieutenant colonel Bertrand
Capitaine adjoint au chef de corps faisant fonction de major Salvage
Médecin major chef de service Deumier
Chef de musique de 1ère classe Roques
Lieutenant chargé des détails Block
Lieutenant-officier d’approvisionnement Louquet
Lieutenant chef de la 1ère section de mitrailleuses Rock
Lieutenant chef de la 2ème section de mitrailleuses Chaumette
Lieutenant chef de la 3ème section de mitrailleuses Patey
Lieutenant chef de service téléphonique Catherinerin
Lieutenant porte drapeau Calvet.
Chef du 1er bataillon, Séjourné
Médecin major de 2ème classe, Lacoste.
1ère compagnie
Capitaine Vignes
Sous-lieutenant Charlionnais
Sous-lieutenant Pujol
Sous-lieutenant Heran
2ème compagnie
Capitaine Gimon
Sous-lieutenant Béteille
Lieutenant Bellon
3ème compagnie
Capitaine Marty
Sous-lieutenant Bonnefoy
Sous-lieutenant Aragou
4ème compagnie
Capitaine Gobert
Lieutenant Boyer
Sous-lieutenant Marty
Chef du 2ème bataillon De Bernardy de Sigoyer
Médecin aide major Carlière
5ème compagnie
Capitaine Daniel
Lieutenant Baju
Sous-lieutenant Widerspach
6ème compagnie
Capitaine Billon Bourbon
Sous-lieutenant Hautier
Sous-lieutenant Vidal
7ème compagnie
Capitaine Vauche
Lieutenant Martivir
Sous-lieutenant Denouille
8ème compagnie
Capitaine Mélas
Sous-lieutenant Salvaing
Sous-lieutenant Néras
Chef du3ème bataillon Cillot
Médecin aide major Davis
9ème compagnie
Capitaine Jacoby
Lieutenant Mariani
Sous-lieutenant Ricard
10ème compagnie
Capitaine Rozion
Sous-lieutenant Lavaud
Sous-lieutenant Guisset
11ème compagnie
Capitaine Angles
Lieutenant Lavigne
Sous-lieutenant Gleizes
12ème compagnie
Capitaine Laguens
Sous-lieutenant Janot
Sous-lieutenant Sémut.
Il y a 3320 caporaux et soldats, 174 chevaux et 14 voitures.

• Le 8 août

Le régiment quitte la garnison par voie ferrée, dirigé sur la gare régulatrice d’Is sur Tille où le convoi arrive le 9 août à 21 heures 04, il y cantonne pendant la nuit.

• Le 10 août

Au matin, départ pour Mirecourt (88) où ils arrivent dans la nuit. A grande hâte le régiment va cantonner à Frenelle la grande. Le lendemain les 2ème et 3ème bataillons restent sur place, alors que l’état major et le 1er bataillon se rendent à Puzieux.

• 11 août

L’état-major et le 2ème bataillon vont cantonner à Bainville aux Miroirs, les 1er et 3ème bataillons vont cantonner à Labeuville.
Le commandant de Bernardy de Sigoyer et le sous lieutenant Widerspach sont évacués sur Mirecourt.

• 12 août

La marche en avant continue, le 1er bataillon s’arrête à Romain et l’état-major avec les 2ème et 3ème bataillons, eux cantonnent à Méhoncourt. Le capitaine Salvage est désigné pour remplacer le commandant du 2ème bataillon blessé. Le capitaine Marty est désigné comme adjoint au chef de corps, de même que le sous-lieutenant Bonnefoy prend le commandement de la 3ème compagnie.

Méhoncourt l'ancien château

• Le 13 août

Journée de repos dans le même cantonnement.

• 14 août

À 12heures 15, c’est le départ de Méhoncourt le régiment prend la queue de la 64ème brigade qui est elle à l’arrière de la 32ème division qui marche en direction de Avincourt.

• Le 15 août

À 6 heures, le régiment se rassemble à cheval sur la route à 600 mètres au nord de Vého, le 1er bataillon est en première ligne. Le 143ème a commencé à se diriger vers le nord- est à 250 mètres au pont de Reillon sur le ruisseau de Leintrey, il marche sur Ammoncourt que le régiment atteint à 12 heures, il y stationne jusqu'à 18 heures, puis y dresse un bivouac.

• 16 août

Le 143ème est placé en réserve puis reçoit l’ordre de marcher sur Avincourt. Il est en position à 4 heures 30 à Igney, c’est à 8 heures que la 12ème compagnie du capitaine Laguens prit la gare allemande d’Avricourt, aussitôt occupée par la section téléphonique.
À 20 heures, le régiment cantonne dans la ville d’Avricourt.

• Le 17 août

Les 2ème et 3ème bataillons prennent à 16 heures les emplacements de la veille.
Le 1er bataillon est placé de part et d’autre de la route d’Amenoncourt à 600 mètres d’Avincourt. Trois compagnies occupent les lisières nord-ouest, nord et nord-est. La 4ème compagnie occupe la gare.

Igney-Avricourt - La gare

À 18 heures 30, le 2ème bataillon est désigné pour se rendre à Moussey

• Le 18 août

Les trois bataillons organisent la défense d’Avricourt et de sa gare, par des tranchées et des barricades.
À 10 heures, le régiment est prévenu qu’il doit se tenir prêt à partir.
La 32ème division se porte sur Rhodes, le 143ème formant l’arrière gauche de la division, le départ d’Avricourt à lieu à 14 heures le régiment arrive à 20 heures 30 ou il bivouaque.

• Le 19 août

Ordre d’opération N°15, le régiment est en ordre de marche, l’itinéraire suivant Rhodes – Bisping – Angviller – Loudreling – Insviller.
À 8 heures, le régiment est rassemblé au sud d’Angviller une compagnie à la lisière sud le reste des bataillons en colonne de colonnes doubles ouvertes à 500 mètres de distance.
À 12 heures, le 2ème bataillon atteint la lisière nord de la forêt du village de Loudrefing ce même village et ses environs sont très puissamment fortifiés par les allemands.

Lauterfingen, Lothr - ruines

Lauterfingen est la traduction germanique de Loudrefing
Le colonel interdit d’ouvrir le feu sur les tranchées.
Vers 14 heures, une patrouille d’Uhlans s’étant approchée de très près pour reconnaître la lisière doit être repoussée à coup de fusil. L’artillerie ennemie ouvre un feu violent et nourri sur le bois, cela dure environ une heure.
Malgré les dispositions prises pour rendre ce feu inefficace le régiment perd 5 hommes et 45 blessés.
À 23 heures, une attaque de nuit favorisée par la lumière de projecteurs est dirigée par nos ennemis contre nos tranchées. Elle se limite à une fusillade très nourrie sur la première ligne. Les compagnies se groupent et reprennent le bivouac à 24 heures.

• Le 20 août

Pendant tout le reste de la nuit on peut percevoir le bruit de mouvements de troupes d’infanterie et d’artillerie se dirigeant à l’est et à l’ouest à la lisière de la forêt. Des attaques de nuit partielles ont encore eu lieu jusqu’au lever du jour.
À 4 heures du matin, les troupes allemandes reprennent avec des forces considérables l’attaque de la lisière de la forêt. Le colonel donne l’ordre au 2ème bataillon d’arrêter le plus possible ce mouvement offensif, et de se replier ensuite par échelons sur la lisière sud du bois.
Les deux autres bataillons viennent alors occuper la transversale située à 1.500 mètres d’Angviller, où elles se fortifient. Le 2ème bataillon fortement bousculé se retire par échelon de 2 compagnies et il s’établit en arrière des 1er et 3ème bataillons.
À 6 heures, le régiment reçoit l’ordre d’attaquer la lisière nord, le 3ème bataillon s’engage à droite pour appuyer la route d’Angviller Loudrefing. Le 1er bataillon est placé à gauche liant son attaque à celle du 53ème régiment d’infanterie.
Dans chaque bataillon il y a deux compagnies en première ligne et deux autres en renfort.
Le 2ème bataillon moins la 6ème compagnie est placé en réserve à la lisière sud du bois.
Le 3ème bataillon dans sa marche offensive est accueilli par des tirs nourris ne tarde pas à avoir des pertes, malgré la fusillade il avance toujours.
Le 1er bataillon lie son action avec celle du 3ème mais en raison de l’attaque de droite, un vide se produit entre ses deux unités qui sont obligées de combattre chacune pour elles. Le 3ème bataillon est complètement entouré par des forces très supérieures. Les mitrailleuses sont enlevées et un chef de section tué.

Lauterfingen, Lothr - cimetière

Loudrefing le 20 août
Le 1er bataillon se lança à la baïonnette sur l’ennemi qui recula jusqu'à la lisière, mais il fut reçu par des feux très meurtriers, il est obligé de se replier à Angviller qu’il rallie à 10 heures.
L’ennemi occupait la lisière ouest du bois, battant de ces feux Angviller et la lisière sud.
Le lieutenant colonel Bertrand donne alors l’ordre au 2ème bataillon de se porter sur Angviller avec une section de mitrailleuses, ce qui a permis le repli du 143ème en ordre et sans nouvelles pertes.
Il n’est pas possible de préciser ce qu’est devenu le 3ème bataillon qui était encerclé dans la forêt, il en est de même pour 3 sections de la 6ème compagnie qui était venues en renfort.
Le 143ème perdait à la suite de ce combat la majeure partie de son personnel médical, la musique et la plupart des brancardiers et presque tout le matériel médical.
Il avait été installé un poste de secours dès le début des combats et en raison de l’affluence des blessés, il n’avait pas été possible de le déplacer assez tôt. Il y a eu bon nombre de soldats disparus, morts et blessés.
Après le combat, vers 14 heures, ce qui reste du régiment se replie sur Angviller.
À 14 heures, l’ordre est donné au 143ème de tenir le bois.
À 15 heures, ordre de repli, une marche de retraite sur Maizières-lès-Vic et Moussey où le régiment devait installer son campement, mais le mouvement de recul continua le 21 août jusqu’Avricourt où le régiment se reforma avant d’aller à Amenoncourt et Veho malgré les feux d’artillerie.

Amenoncourt

Après un long repos à Veho, le régiment va cantonner à Marainvillier où il arrive à 8 heures.

• Le 22 août

Le 143ème reçoit l’ordre de ce maintenir à Marainvillier.
À 10 heures 30, une violente canonnade venant du nord, un ordre est donné de se tenir prêt à partir sur le champ.
À 11 heures 45, le 2ème bataillon se rend à Croismare pour surveiller les débouchés de la forêt de Parroy, il se positionne face au nord et à l’est, le reste du régiment est en réserve.
À 13 heures, le 2ème bataillon reçoit l’ordre de se retirer sur Fraimbois par la forêt de Mondon.
À 14 heures 30, le 16ème corps d’armé prescrit de réoccuper les positions de Croismare et de Marainviller pour appuyer la 31ème division.
L’artillerie ennemie ouvre le feu, un nouvel ordre arrive demandant de repli sur Fraimbois, le régiment va cantonner à Borville, où il arrive à 2heures du matin le 23 août.

• Le 23 août

À 4 heures du matin, le régiment reçoit l’ordre de tenir la position de Borville.
À 9 heures du matin, un nouvel ordre prescrit de se positionner à Villacourt, où est organisée une nouvelle défense :
1er bataillon, une compagnie dans la ferme du Moulin à Vent, une autre organise des tranchées route de Loromontzey, avec la 2ème compagnie en réserve.
2ème bataillon prolonge à droite du 1er bataillon par des tranchées.
3ème bataillon en réserve des deux autres.
À 22 heures alerte, il est prévu une attaque de nuit, le régiment prend position mais il n’est pas inquiété c’était une fausse alerte.

• Le 24 août

Organisation définitive des positions et le renforcement des tranchées et couvertures de ces dernières contre les schrapnels (obus à balle). À 14 heures les compagnies sont en place, passeront la nuit dans ces positions de combats.

Shrapnel Mk.1

• Le 25 août

À 10 heures, le 143ème maintenu dans ses retranchements à Villacourt reçoit l’ordre de se porter sur Borville, qu’il atteint à 12 heures, il appuie l’attaque du 15ème régiment d’infanterie sur le village de Rozelieuzes en passant par le bois de Lalau, à partir de la côte 342 sous un feu de l’artillerie peu efficace.
Le 143ème s’établit à la lisière du bois de Lalau à l’ouest de Rozelieuzes. Grâce à l’efficacité de son artillerie le régiment débouche du bois. Le 1er bataillon est en première ligne avec à sa droite le 2ème bataillon. L’attaque progresse méthodiquement, aidé par un feu violent de l’artillerie, l’ennemi abandonne le village. A 18 heures la rivière Euron est traversée au moyen de passages de fortune, cependant l’infanterie pénètre par le nord du village.

La guerre en Lorraine en 1914-1915. La bataille de Rozelieures. Le pont de l'Euron

La brigade se rassemble, gagne à la tombée de la nuit le bois de Filières qu’elle traverse et va bivouaquer au sud de Moriviller. La journée a été rude pour le régiment et ses pertes sensibles. Dans la matinée, avant le combat, les éléments troupes et gradés qui restaient du 3ème bataillon avaient été repartis dans les deux autres.

Le 143ème régiment ne comprenait plus que 2 bataillons avec chacun 4 compagnies.

• Le 26 août

Quelques obus viennent éclater sur le bivouac où les hommes préparaient le café, mais il ne cause aucun dommage, à 15 heures 30 le régiment reçoit l’ordre de se diriger vers Franconville, à 18 heures il stationne à Morivillers.

• Le 27 août

Départ de Morivillers à 5 heures du matin, c’est à 6 heures qu’il reçoit l’ordre de se replier sur Morivillers. À midi quelques obus viennent éclater dans les environs, les tranchées sont renforcées.

• Le 28 août

Le régiment avec le corps d’armée reprend la marche en direction Franconville, le 143ème se porte à la lisière sud-est du bois de la Haye, mais fortement pris à parti, il oblique vers l’ouest et s’installe à la lisière sud du grand bois. À 10 heures, il prend la place du 15ème régiment d’infanterie qui était au sud ouest de Franconville, puis à 11heures 30, le 143ème se déplace à la patte d’oie situé près de l’axe du bois de Bayeus, où il reste en position jusqu'à 18 heures. L’annonce d’une contre attaque probable venant de Gerbévillier n’affecte pas le moral des troupes.
Cela motive les dispositions suivantes :
Le 1er bataillon est placé en réserve à la lisière sud de Franconville,
Le 2ème bataillon est placé à 600 mètres au sud est de Franconville face à la ferme de la garenne.
À 20 heures, le 2ème bataillon rentre dans Franconville où les 2 bataillons bivouaquent à la lisière sud.

• Le 29 août

Le 16ème corps d’armée reçoit pour mission d’asseoir solidement les positions, le 143ème occupe la côte 337 à la ferme de la Haqué bois de Joutois.
Le 143ème reçoit en arrivant sur ces positions 1.000 hommes et 8 officiers, cela lui permet de se réorganiser et d’augmenter la résistance des retranchements, les 9ème et 10ème compagnies sont reconstituées avec les éléments des anciennes compagnies du 3ème bataillon.

L’ordre de bataille du régiment :
État-major
Lieutenant-Colonel Bertrand commandant le 143ème
Capitaine adjoint au chef de corps Marty
Médecin aide major chef de santé Carrière
Lieutenant chargé du détail Bloch
Lieutenant-officier d’approvisionnement Houquet
Lieutenant chef de la 1ère section mitrailleuse Roch
Lieutenant chef de la 2ème section mitrailleuse Chaumette
Lieutenant porte drapeau Sabatié
1er bataillon
Commandant Séjourné
1ère compagnie
Capitaine Vignes
Sous-lieutenant Pujol
2ème compagnie
Capitaine Simon
Sous-lieutenant de réserve Béteille
3ème compagnie
Sous-lieutenant Lavaud
Sous-lieutenant de réserve Calvet
4ème compagnie
Lieutenant Baju
Sous-lieutenant de réserve Sourgne
9ème compagnie
Capitaine de réserve Bouillier
Sous-lieutenant de réserve Rouzeaud
Sous-lieutenant élève de Saint Cyr Héran.
2ème bataillon
Capitaine Salvage
5ème compagnie
Capitaine Daniel
Sous-lieutenant de réserve Roullac
6ème compagnie
Lieutenant Mariani
Sous-lieutenant de réserve Lautin
7ème compagnie
Lieutenant Martrou
8ème compagnie
Capitane Mélas
Sous-lieutenant de réserve Salvaing
10ème compagnie
Lieutenant de réserve Garbeiron
Lieutenant de réserve Soucaille
Lieutenant de réserve Chauzit
Effectif de la troupe 2.886 hommes.
Toujours le 29 août à 13 heures 30, le nouveau régiment formé reçoit l’ordre de se porter à la lisière sud est de Franconville, pour être prêt à agir, soit vers le bois de Broth, soit vers la ferme de la garenne. Pendant la marche, il reçoit des « schrapnels » blessant 1 officier et 8 soldats.
À 17 heures 30, la 4ème compagnie du 2ème bataillon est envoyée pour occuper la lisière nord est du bois de Broth. Tout le monde bivouac dans cette position.

• Le 30 août

À 4 heures, le 16ème corps d’armée attaque une autre fois sur Fraimbois. Le 2ème bataillon se trouve à toujours à la lisière du bois de Broth. Le 1er bataillon reste en réserve à Franconville mais à 8 heures il va remplacer le 15ème régiment d’infanterie à la lisière nord-est du bois de Broth.
À 10 heures, il est à la disposition de la 63ème brigade pour appuyer l’attaque dans la région du bois de Bareth. Le 1er bataillon reste en position toute la nuit après avoir creusé des tranchées et établi des abatis, complétés par des réseaux de fil de fer. Il est l’objet d’une attaque de nuit très vive.
Compte rendu du commandant Séjourné chef du 1er bataillon (remis au colonel le 31 août à 5heures) :
« Hier 30 août à 10 heures 10 je recevais du colonel de la 63ème brigade l’ordre de ma porter en avant et d’aller occuper la lisière nord-est du bois de Bareth, exactement en face le village de Fraimbois. J’arrivais à midi sur mes positions et me mettais immédiatement en liaison avec le 27ème bataillon de chasseurs qui était à ma gauche et avec quelques fractions du 53ème d’infanterie qui étaient à ma droite. Ces fractions représentaient deux bataillons mais n’avaient en réalité que la valeur de 3 à 4 compagnies au maximum. Je pris le commandement de ces différentes fractions et fis connaître les emplacements que j’occupais aux troupes de la 29ème division qui était à ma gauche.
Dés le début de mon arrivée il n’y eut pour ainsi dire que combat d’artillerie contre artillerie. Je pus même remarquer au moyen d’observateurs que j’avais placé dans les arbres, que le tir de notre artillerie était trop court et trop à gauche. Je l’en fis prévenir par un agent de liaison. Je lui ai donné du reste toutes fois que j’ai pu les renseignements qui pouvaient lui être utiles. Vers 14 heures et jusqu’à 18 heures, nous avons été sous un feu des plus nourris de l’artillerie allemande. Etant en observation à l’extrémité de la corne nord-est du bois de Bareth, j’ai pu constater par divers renseignements qui m’ont été fournis, qu’une partie des troupes allemandes qui occupaient Fraimbois paraissait quitter ses positions et en prendre de plus en arrière au nord. D’après les mêmes renseignements nous avions l’impression vers 18 heures qu’il n’y avait que très peu de monde au village de Fraimbois. Il me semblait rester que deux pièces d’artillerie vers l’église et quelques fractions d’artillerie pour les soutenir.

Ecole & église

Vers 22 heures, plusieurs coups de feu ont été tirés par des patrouille allemandes sur les tranchées de la lisière nord est du bois de Bareth. À ce moment-là, j’entendis très distinctement de forts roulements de matériel et des bruits de rassemblement de troupes au nord de Fraimbois.
Ces mouvements ont duré pendant plusieurs heures et on les entendait encore au commencement de l’attaque de nuit qui s’est produite vers 1heure 15. L’attaque de nuit qui a commencée par des feux très violents d’infanterie surtout sur la lisière du bois de bareth (nord-est) occupé par le 1er bataillon ayant à sa gauche et en arrière une compagnie du 27ème bataillon de chasseurs, cela a duré jusqu’à 3 heures et était très fortement appuyés par l’artillerie allemande.
Sentant ma gauche, complètement dégarnie par suite du départ du 27ème bataillon de chasseurs qui avait reçu l’ordre de se porter à la côte 304 et qui n’était pas encore remplacé par la 57ème brigade, je fis barrer par une section de réserve face au nord est la transversale qui passe par le T de Bareth et je donnais l’ordre à trois de mes compagnies d’occuper entièrement toutes les tranchées. Cette attaque de nuit a été des plus dure, mais a été repoussée, car à 2 heures 30 les feux d’infanterie avaient complètement cessé, l’artillerie seule continuait le tir.
Mon impression personnelle, est que cette attaque de nuit a été surtout faite par l’artillerie, mais commencée par l’infanterie aidée de projecteurs, j’ai la conviction, qu’actuellement la position de Fraimbois est fortement occupée par de l’artillerie et une nombreuse infanterie et une compagnie de mitrailleuses. Les pertes subies sont détaillées à l’état de pertes. »
Le 2ème bataillon est resté en réserve à la lisière est et nord est du bois de Bareth

• Le 31 août

À 3 heures, le 1er bataillon reçoit l’ordre de se replier sur le pont du Fiscal et le bois de Broth.
À 6 heures, le 143ème reçoit l’ordre de pousser immédiatement toutes ses troupes disponibles sur les lisières est du bois de Bareth et du bois de Goyard. Le 2ème bataillon est chargé d’occuper les lisières.
Le 1er bataillon qui a combattu toute la nuit reste en réserve sur la transversale côte 390.
À 16 heures, les lisières du bois Goyard sont occupées par le 342ème régiment d’infanterie, le 2ème bataillon se resserre à gauche, et se met en liaison avec le 112ème et le 342ème.
Bivouac pour tout le 143ème sur les positions.
Une attaque de nuit, à 3 heures, a été repoussée sur la droite du 15ème corps d’armée.
Le colonel commandant le 143ème, à la demande du 16ème corps d’armée, fait les propositions suivantes :
Pour officier de la Légion d’Honneur, à Monsieur Séjourné Lucien Alfred, chef de bataillon au 143ème depuis le 27 août 1913, chevalier de la légion d’honneur en septembre 1913, quatre campagnes de guerre, Tonkin et Maroc.
Le 20 août au combat de Mühlewald, s’est mis à la tête de son bataillon pour charger à la baïonnette l’ennemi qui s’est enfui au delà de la lisière, a ainsi permis au 2ème bataillon de se replier.
Le 25 août au combat de Rozelieuzes, a entraîné son bataillon à l’assaut du village.
Dans la nuit du 30 au 31 août, étant en mission spéciale avec son bataillon, à combattre une partie de la nuit à la lisière du bois de Bareth et a repoussé avec succès une attaque ennemie.

La Maison forestière bombardée dans le bois Bareth, près de la ferme des Abouts, théatre d'un violent combat

Pour le grade de capitaine, le lieutenant Martrou Aubin Jean Marie lieutenant au 143ème de la 1er octobre 1906. Brillant officier plein d’entrain et qui était à l’avancement cette année. S’est distingué particulièrement dans les combats de Mühlewald et de Rozelieuzes en entraînant ses hommes, et à la mort de son capitaine a enlevé sa compagnie à l’assaut du village de Rozelieuzes.
Proposition pour le grade de Lieutenant de l’armée active :
Le lieutenant de réserve Boyer Jean Louis Philippe, entré au service le 10 octobre 1907, et possède 2 ans et demi de service actif. Il s’est distingué par son entrain au combat de Mühlewald où il a été très grièvement blessé.
Le lieutenant de réserve Bellon Joseph François Marie, entré au service le 2 octobre 1908 soit 2 ans et demi de service actif. Il s’est distingué par son entrain dans les combats de Mühlewald et de Rozlieures, par son allant par son courage et a été blessé par un éclat d’obus dans la marche d’approche sur Franconville.
L’adjudant Massol François Auguste 14 ans de service. Au combat de Mühlewald, a fait preuve de qualités dignes d’un officier en prenant le commandement de la compagnie sous le feu de l’ennemi alors que tous les officiers de sa compagnie étaient tombés. A fait preuve quelques instants avant d’un remarquable sang froid en abattant 15 allemands. Il s’est à nouveau distingué au combat de Rozelieuzes et à l’attaque de nuit du 30 août au bois de Bareth.
L’adjudant Perier Alphonse, Marie, Ernest, Fredéric, 18 ans de service, a fait preuve de qualités militaires dignes d’un officier en prenant sous le feu de l’ennemi le commandement de sa compagnie alors que tous les officiers étaient tombés au combat de Rozelieuzes et à l’attaque de nuit du 30 août au bois de Bareth.

• Le 1er septembre

Le 143ème doit se maintenir sur ses positions, et doit augmenter la capacité de résistance de ces arrières.
À 10 heures, l’ordre est donné aux éléments du 2ème bataillon d’occuper les lisières et de pousser de petits éléments faisant des bonds très courts et qui se fortifient à chaque bond, en raison des positions formidables occupées par les allemands, dans des tranchées couvertes pour homme debout, terrassements pour l’artillerie. Le général a interdit de dépasser la lisière.
À 13 heures 30, une violente rafale de projectiles d’obusiers éclate sur tout le bois de Bareth et cause quelques pertes au régiment qui reste sur ses positions.
Le chef de corps avait été avisé dès le 29 août que les médecins de réserve dont les noms suivent sont affectés au 143ème en remplacement des évacués et prisonniers.
Médecin major Dô Pierre de 2ème classe réserve spéciale devient chef de service à la C.H.R.A.
Aide major Talent Jean 2ème classe affecté au 1er bataillon.
Aide major Kleymann Daniel David 2ème classe affecté au 2ème bataillon.

• Le 2 septembre

Même position que la veille. Les deux bataillons augmentent la capacité de résistance des abris et retranchements. Aucun incident dans la journée.
À 23 heures 30, le 2ème bataillon est relevé des ses fonctions par le 15ème régiment d’infanterie qui garde la lisière depuis l’étang du champ de la chèvre, jusqu'à la lisière nord du bois de Bareth.
Le général commandant la 64ème brigade envoie une communication au 143ème sur ordre du général de la 32ème division en date du 1er septembre aux termes duquel sont nommés à titre temporaire :
Le lieutenant Martrou devient capitaine au 143ème
L’adjudant Perier nommé sous lieutenant d’active au 143ème
L’adjudant Massol est nommé sous lieutenant d’active.
Le colonel commandant le 143ème inscrit ces nominations à l’ordre du régiment et il complète par le même ordre les cadres du régiment.

Le 3 septembre

Le régiment se porte par une marche de nuit sur Landécourt. Le 143ème bivouaque dans le bois du château à un kilomètre de cette ville. Une section de la 10ème compagnie barre la route de Méhoncourt à Xermanémil. Les bataillons s’installent dans les bois et créent des abris contre le tir d’artillerie.
À 21 heures, deux compagnies du 1er bataillon se rendent à Landécourt pour garder les issues du village. Ordre est donné à deux sections fournies chacune par les 2ème et 3ème compagnies d’aller relever les postes de garde des passerelles à Crévéchamps et à Neuviller sur Moselle.

XERMAMENIL - Le château face à Lamath o* les chasseurs alpins firent prisonniers 275 allemands dont 7 officiers

• Le 4 septembre

Le 143ème reste sur ses positions ; la 5ème compagnie va garder dès 7 heures le Q.G. du 16ème corps d’armée, installé à l’abbaye de Belchamps, une section de cette compagnie garde les ponts de Tonnoy sur Moselle.

• Le 5 septembre

Conformément aux ordres du général de la 32ème division d’infanterie, le 143ème moins la 5ème compagnie, restée à Belchamps avec les deux sections gardant les ponts, lève à 2 heures le bivouac, pour relever au petit jour le 15ème régiment d’infanterie occupant les bois de Bareth et de Coyaud. Le 143ème franchissait à 4 heures la montagne déjà on entendait dans la direction du bois de Saint Mausuy et à la lisière nord su bois de Bareth, une fusillade très nourrie, annonçant un vif engagement.
Le régiment arrive à 5 heures à l’emplacement du bataillon de réserve du 15ème.
Les 1er et 2ème bataillons moins la 3ème compagnie, gardée en réserve, étaient immédiatement dirigés sur les secteurs occupés par les deux bataillons du 15ème.
Le 1er bataillon est positionné à la corne nord-ouest du bois de Bareth, en arrivant sur les emplacements, il fut reçu par une très vive fusillade qui partait de son extrême gauche ; l’ennemi avait profité du repli su 23ème bataillon de chasseurs, pour se glisser avec des forces considérables entre les deux régiments. Le bataillon du 15ème ne songea pas un seul instant à être relevé, mais à prêter son concours au bataillon du 143ème pour repousser l’ennemi.
Les deux bataillons celui du 15ème et du 143ème prononcèrent leur attaque sur l’ennemi et le repoussèrent en lui faisant éprouver de nombreuses pertes. Le commandant Duprat du 15ème a été blessé grièvement ainsi que le capitaine Vignes du 143ème blessé d’une balle dans le ventre.
Le 2ème bataillon dans la transversale à la fontaine du champ de la chèvre.
La 1ère compagnie perdit dans cette attaque, le quart de son effectif et presque tous ses sous-officiers.
Le commandant Séjourné du 1er bataillon prit le commandement des troupes du secteur. Dans cette attaque les pertes de l’ennemi furent considérables, et bien supérieures aux nôtres. Vers la droite où se trouvait la 4ème compagnie, l’engagement avait été aussi très vif. Cette unité, entourée par des forces supérieures et très mordantes avait été obligée de se replier, légèrement en arrière. Mais avec l’arrivée d’un renfort du 15ème, provenant de la réserve de ce régiment, cela permit à cette unité de reprendre ses positions et de repousser l’ennemi à la baïonnette.
Vers 7 heures, l’ennemi, qui sur toute la ligne avait battu en retraite ne fit plus aucune démonstration sérieuse. À ce moment, le 2ème bataillon du 15ème a reçu l’ordre de se retirer.
Le 1er bataillon du 143ème resta seul pour garder un front très vaste, avec trois compagnies, déjà réduites par les pertes du début de l’engagement.
Dans le secteur du 2ème bataillon, le 1er bataillon du 15ème régiment était aux prises avec l’ennemi, lorsque le 2ème bataillon du 143ème se présenta pour procéder à la relève. De même que dans le secteur nord, les compagnies du 15ème et du 143ème agirent de concert, et purent repousser l’ennemi avec ses pertes, jusqu’au delà de la lisière qui resta en notre possession.
Le 1er bataillon du 15ème fut alors relevé. Le 15ème moins le 3ème bataillon laissé provisoirement en réserve à la disposition du colonel commandent le 143ème se dirige sur Laudecourt.
Aussitôt que l’ennemi eut abandonné les lisières, les bois de Coyard et de Bareth furent agressés violemment par l’artillerie allemande composée de pièces de campagne et obusiers. Dès que cette canonnade cessa, l’attaque ennemie recommença sur notre front, mais sans succès. Cette attaque fut surtout très mouvante à notre gauche, vers le 1er bataillon, où les allemands vinrent essayer de donner l’assaut des tranchées. Ils furent toujours refoulés grâce au sang froid des unités, du tir opportun de la 1ère section de mitrailleuses, qui par de nombreuses rafales, exécutées à propos, anéantit des colonnes par quatre qui s’étaient engagées dans les lagons. L’ennemi laissa des monceaux de cadavres à l’extrémité de ces lagons, toutes les fois qu’il chercha à venir relever les blessés, il fut rafalé. Une douzaine d’officiers allemands restèrent sur le terrain, tués ou blessés.
Cette deuxième attaque repoussée, le tir de l’ennemi redoubla de violence, en nous accablant de projectiles, mais sans résultats sensibles.
Vers 14 heures, le tir de l’artillerie allemande cessa une deuxième fois. L’attaque de front par l’ennemi fut engagée mollement, pour reprendre très violement aux ailes, complètement dégagées par le repli trop précipité sur la gauche du 23ème bataillon de chasseurs, qui aurait évacué dès 9 heures, le bois de Saint-Mausuy, sur la droite par le repli du 81ème abandonnant le bois de la Reine. Des feux d’infanteries ennemis se faisaient sentir derrière les fractions du régiment. À un moment donné, les unités du 143ème régiment trouvèrent des allemands à quelques pas derrière elles. Le front occupé par les deux bataillons du 143ème avait une étendue de plus de 3 kilomètres de lisière de bois.
Malgré les succès remportés le matin, il n’était plus possible de rester sur une position qui commençait à être fortement encerclée. Y rester, c’était faire anéantir sans profit de valeureuses troupes ayant fournies des efforts nombreux et répétés.
Dans ces conditions le repli s’imposait.
Il fut exécuté à 15 heures.
Le 1er bataillon du commandant Séjourné totalement encerclé, réussit grâce au sang froid et à la ténacité de son chef, à se dégager et à se replier sous la protection de la 9ème compagnie du capitaine Boullier, qui fut remarquable dans cette circonstance, en prévenant ses hommes, qu’il serait sans doute nécessaire de se sacrifier pour protéger le repli du régiment. Cette dernière compagnie, par des replis méthodiques, alternant avec le feu, finit par se dégager complètement au gué du Fiscal, où elle fut poursuivie par l’ennemi.
À 18 heures seulement, le combat qui avait commencé à 5 heures se termine.
Il est très regrettable, que le 23ème bataillon de chasseurs, et le 81ème aient quitté leurs positions sans prévenir le 143ème. C’est un manque de camaraderie de combat qui aurait pu occasionner un véritable désastre.
Sans cette circonstance malheureuse le 143ème serait resté sur ses positions.
Dans ces différents combats, les hommes du 143ème ont été remarquables, ainsi que tous les gradés. On a fait fréquemment des charges à la baïonnette et on peut dire que cette arme offensive est un honneur au régiment, et que les allemands la redoutent. Ils ont essayé de nous imiter en venant jusqu’aux tranchées à la baïonnette se faire tuer à bout portant mais sans résultat.
L’ennemi a éprouvé des pertes beaucoup plus sérieuses, qui peuvent s’estimer à près de 1.000 hommes.
D’après les renseignements fournis par un officier fait prisonnier, nous avions devant nous : deux régiments actifs bavarois et un régiment de réserve, puissamment aidés par l’artillerie.
Il a été fait 3 prisonniers dont 1 officier.
À la suite de ce combat le colonel arrête l’ordre du régiment n° 10, faisant figurer sur celui-ci la nomination au 143ème deux chefs de bataillons les capitaines Pericaud et Bugnon.
Le colonel fait les propositions suivantes au général de la 64ème brigade d’infanterie.
Proposé pour officier de la légion d’honneur, le commandant Séjourné chef du 1er bataillon depuis le 27 août 1913, chevalier su service armé en 1912, a dans 4 combats fait preuve de sérieuses qualités de chef, en commandant avec énergie et sang froid, dans des moments critiques, les unités de son bataillon, et en les faisant contre attaquer vigoureusement l’ennemi à la baïonnette. Enfin, dans la journée du 5 septembre, ayant trois compagnies de son bataillon complètement encerclées par l’ennemi, a réussi à se dégager grâce à une énergie et une volonté remarquable.
Proposé pour chevalier de la légion d’honneur :
Capitaine de réserve Boullier commandant la 9ème compagnie. A montré le plus grand sang froid et fait preuve de sérieuses qualités militaires tenant tête à un ennemi très supérieur en nombre, et en décidant de se sacrifier avec toute sa compagnie pour protéger le repli du régiment qui était en partie encerclé.
Capitaine Vignes commandant la 1er compagnie, a été grièvement blessé au cours du combat du 5 septembre, il n’a quitté le commandement de sa compagnie qu’à l’extrême limite de ses forces et quoique ayant une balle dans le ventre, il s’est rendu à pied au poste de secours.
Proposé pour la médaille militaire :
Soldat de 2ème classe Duclos Jean, 4ème compagnie, a depuis le début de la campagne fait preuve de la plus grande insouciance de danger, en remplissant courageusement sous le feu la mission d’agent de liaison. Au cours du combat du 5 septembre, a établi la liaison entre la 4ème et la 6ème compagnie du régiment sur un layon de forêt criblé de projectiles et ou plusieurs hommes étaient tombés en voulant le traverser. A été blessé en accomplissant sa mission, ne s’est retiré qu’après en avoir demandé l’autorisation au commandant de la compagnie.
Les promotions :
Proposé aussi pour le grade de lieutenant colonel, le commandant Séjourné
Le capitaine Salvayre commandant provisoire le 2ème bataillon. A commandé pour le combat du 5 septembre avec énergie calme et sang froid, le 2ème bataillon du régiment, et a dirigé des contre-attaques envers un ennemi supérieur en nombre et particulièrement pressant.
Proposé pour sous lieutenant de l’active, l’adjudant chef Berdaguer, blessé dans le combat du 5 au matin au bois de Bareth, il a continué à commander sa section, témoignant ainsi de qualités dignes d’un officier.
Proposé pour lieutenant de réserve, le sous lieutenant de réserve Pujol de la 1ère compagnie. Il a pris le commandement de sa compagnie alors que son capitaine venait de tomber le 5 au matin, grièvement blessé, et l’a parfaitement commandée dans les circonstances les plus critiques.
Proposé pour une citation à l’ordre de corps d’armé le sergent Vialette matricule 4232. Au cours du combat du 5 septembre, il a conduit sa section avec bravoure et sang froid, il a ramené sur la ligne de feu dans un ravin particulièrement dangereux ses hommes qui fléchissaient. Il a fait prisonnier avec 3 des ses hommes un lieutenant bavarois.
Proposé pour une citation à l’ordre du corps d’armé, l’adjudant de réserve Farques, blessé à l’épaule a continué à exercer le commandement de sa section qui faisait face à une rigoureuse attaque allemande. Il a été tué par une 2ème balle quelques instants après.

L’organisation du régiment est remaniée et l’ordre de bataille du 143ème est le suivant :
État-major
Lieutenant-Colonel Bertrand commandant le 143ème
Capitaine Mary adjoint du Colonel
Médecin major de 2ème classe Dô
Lieutenant Bloch officier de détails
Lieutenant Houquet officier d’approvisionnement
Lieutenant Roch commandant la 1ère compagnie de mitrailleuses
Lieutenant Chaumette commandant la 2ème compagnie de mitrailleuses
Lieutenant de réserve Sabatié porte drapeau
1er bataillon
Chef de bataillon Séjourné
Médecin aide major Talent
1ère compagnie
Sous-lieutenant de réserve Pujol
2ème compagnie
Capitaine Gimon
Sous-lieutenant de réserve Beteille
3ème compagnie
Sous-lieutenant Lavaud
Sous-lieutenant de réserve Calvet
Sous-lieutenant Massol
4ème compagnie
Lieutenant Baju
Sous-lieutenant Perier
Sous-lieutenant de réserve Dourgnes
2ème bataillon
Chef de bataillon Péricaud
Médecin aide major de 2ème classe Kleyman
5ème compagnie
Capitaine Daniel
Sous-lieutenant de réserve Roullac
6ème compagnie
Lieutenant Mariani
Sous lieutenant de réserve Lautier
7ème compagnie
Capitaine Martron
Sous-lieutenant de réserve Chaugêt
3ème bataillon
Chef de bataillon Bujon, absent n’a pas rejoint
Capitaine Salvage chef provisoire du bataillon
8ème compagnie
Capitaine Mélas
Sous-lieutenant de réserve Salvaing
9ème compagnie
Capitaine de réserve Boullier
Sous-lieutenant de réserve Rouzaud
Sous-lieutenant élève de Saint Cyr Heran
10ème compagnie
Lieutenant de réserve Garbeiron
Lieutenant de réserve Soucaille
total officiers 36
Troupe 2622
Chevaux de selle 48
Chevaux de trait 111
Voitures 51

Après le combat, le régiment s’installe au bivouac à la corne sud-ouest du grand bois, moins la 2ème compagnie, détachée à Landécourt pour monter la garde au quartier général.

• Le 6 septembre

Le régiment occupe toujours le grand bois et s’abrite dans des retranchements contre le tir de l’artillerie.
À 10 heures, le 2ème bataillon est envoyé au bois de Bouxat comme réserve du la 32ème division Aucun incident le régiment reste sur ses positions pour la nuit du 6 au 7 ;

• Le 7 septembre

Le régiment augmente la capacité de résistance de ses retranchements.
À 10 heures, il reçoit l’ordre de mettre les 1er et 3ème bataillons à disposition du général de la 63ème brigade, le 2ème restant en réserve de la 32ème division.
Le 3ème bataillon de Salvage relève un bataillon du 80ème et va occuper à 13 heures la cote 253, un kilomètre au nord du bois de Rayeux. Une compagnie est en arrière et à gauche de cette cote, la 3ème compagnie garde la route de Méhoncourt et de Landécourt, occupant le layon passant par la route de Clairlieu.
À 14 heures le 1er bataillon relève le bataillon du 80ème qui garnit face à l’est la voie ferrée au village de Lamath.
Le régiment bivouaque sur ses positions.

LAMATH

• Le 8 septembre

L’ordre d’opérations prescrit le maintien des dispositions de la veille en surveillant attentivement l’ennemi qui a des rassemblements importants vers Gerbéviller.
Le 143ème reçoit le médecin Mossé aide-major de 1er classe et qui est affecté au 1er bataillon en remplacement de Talent qui lui est affecté au 3ème bataillon.
Le capitaine de réserve Boullier est évacué sur l’arrière pour cause de maladie, c’est le lieutenant de réserve Rouzaud qui assure le commandement de la 9ème compagnie.
Vers 14 heures, des obus explosifs tombent à proximité de la voie ferrée de Lamath en blessant légèrement au pied un seul homme le soldat de 2ème classe Amilhad François matricule 4947 de la 3ème compagnie.
Les trois bataillons bivouaquent sur leurs positions.

• Le 9 septembre

Le 53ème est relevé par le 15ème dans le bois de Broth. Le 143ème continue à défendre l’aile gauche de la Mortagne, dans le secteur du 16ème corps d’armé.
À 5 heures, de nombreux obus explosifs tombent aux environs immédiats de la gare, de la voie ferrée et du village de Lamath, ne causant aucune perte.
À 14 heures 30, le régiment reçoit l’ordre de se porter avec le 53ème, à Rosières aux Valines, sous les ordres du général Sibille commandant la 64ème brigade, pour être mis à la disposition du général commandant l’armée.
Le régiment arrive à 19 heures 30 et cantonne dans le village.

• 10 septembre

La brigade, composée du 53ème et du 143ème quitte Rosières aux Salines à 4 heures pour se porter à Pulnoy par l’itinéraire : Saint Nicolas du Port, la Neuville devant Nancy, Saulxures les Nancy où elle arrive à 19 heures 30. La brigade prend une formation articulée au nord-est du château de Saulxures.
La ligne de front se trouve à environ 7 à 8 kilomètres. Le 53ème reçoit l’ordre de se rapprocher da la ligne de combat, environ 5 à 6 kilomètres.
Le 143ème élargi son front, il reste sur ses emplacements pour y passer la nuit ;

• Le 11 septembre

À 6 heures 30, le 143ème est mis à la disposition de la 68ème division pour appuyer l’attaque dans la direction de Champenoux et Bois Morel. Le régiment se dirige sur le château du Trembloy. Pendant l’exécution de cette marche d’approche le lieutenant colonel reçoit l’ordre de mettre à la disposition du colonel Brau commandant un groupement des 168ème et 169ème régiments d’infanterie pour servir de réserve à ce groupement, les 2ème et 3ème bataillons. Direction la lisière est de la forêt de Champenoux. Le 1er bataillon est conservé comme réserve de la 68ème division au château du Trembloy.
À 11 heures 30, le 1er bataillon reçoit l’ordre de s’installer en position de repli du détachement.
À 18 heures 30, le colonel commandant le 143ème reçoit l’ordre de remettre de l’ordre dans les unités des 168ème et 169ème régiments d’infanterie qui venaient d’être engagées vers Champenoux et qui s’étaient repliées. Il doit en prendre le commandement en même temps que les 6 compagnies de son régiment en ce moment au bois de Velaine.
Cet ordre ne peut être exécuté qu’en partie seulement, le 168ème et 169ème ayant déjà dépassé dans leur mouvement de retraite le chemin de Trembloy Velaine. En même temps, il était prescrit au 1er bataillon d’occuper la ligne de tranchées entre le château du Trembloy exclu la cote 362 et la voie ferrée.

Champenoux recue par le Keiser

• Le 12 septembre

Un ordre reçu à 22 heures, le 143ème est chargé d’occuper la lisière est du bois de Champenoux avec direction générale nord-sud-est du bois marqué Nancy. Les emplacements prescrits par l’ordre sont gagnés sans grandes difficultés, ils sont occupés de la façon suivante : Les 1er et 2ème bataillons sont en position sur la transversale du bois de Champenoux, avec des patrouilles à la lisière. Le 3ème bataillon reste en réserve à la lisière nord est du bois de Velaine. Le régiment organise des abris contre le tir de l’artillerie.
À 16 heures, le lieutenant-colonel donne l’ordre d’envoyer des patrouilles vers le village de Champenoux, à quelque distance de la lisière, de manière à être renseigné sur les mouvements de l’ennemi. Les patrouilles rendent compte que la ville de Champenoux est encore occupée. Le régiment bivouaque pendant la nuit dans les tranchées sous une pluie torrentielle. Un service de patrouilles actives est organisé, mais elle ne fournit aucun renseignement important, en raison de la pluie et des difficultés qu’elles éprouvent à se mouvoir dans des bois impénétrables et des terrains détrempés.

• Le 13 septembre

Les patrouilles envoyées au petit jour signalent que Champenoux a été évacué et que des unités du 257ème régiment d’infanterie viennent d’occuper le village.

Photo de soldats posant

À 9 heures, le lieutenant-colonel prescrit alors au 1er bataillon, d’aller occuper la croupe qui se trouve au nord de Champenoux et de pousser des reconnaissances sur Mazerulles. Le 3ème bataillon reçoit l’ordre de remplacer le 1er bataillon à l’intérieur du bois de Champenoux. Il est créé, dans le régiment, deux nouvelles compagnies la 11ème et 12ème qui sont affectées provisoirement aux 2ème et 3ème bataillons. Elles sont constituées au moyen des ressources en hommes et gradés existant déjà dans ces bataillons, 11 sous-officiers, 14 caporaux et 575 hommes reçus en dépôt.
Le lieutenant Boyer qui avait été blessé au combat de Mühlewald est rentré de sa guérison, il prend le commandement de la 12ème compagnie.
Le lieutenant de réserve Sabatié précédemment désigné comme porte-drapeau prend le commandement de la 11ème compagnie.
183 hommes prélevés sur le contingent de 575 hommes du dépôt mentionné ci-dessus, sont affectés aux compagnies du 1er bataillon pour compléter les effectifs de ces compagnies.

L'église incendiée par obus spéciaux allemands

Le sous-lieutenant de réserve Chauzit est désigné comme porte-drapeau.
À 15 heures, l’ordre général d’opération de la 68ème division prescrit d’envoyer du 1er bataillon, deux compagnies à la ferme Saint Jean et deux autres à un kilomètre à la sortie nord-est de Champenoux.
Le 2ème bataillon rentre dans Champenoux.
Le 3ème bataillon occupe la bourgade et la lisière nord-est du bois de Champenoux. La liaison des détachements avancés du régiment se fait toujours avec deux autres régiments.

• Le 14 septembre

Le régiment reste sur ses emplacements et achève l’organisation défensive. Il procède à l’assainissement du champ de bataille, inhumation des morts, rassemblement des armes, munitions et objets divers utilisables.
À 16 heures, le 1er bataillon est relevé par un du 257ème il rentre cantonner à Champenoux

• Le 15 septembre

En exécution d’un ordre du général de la 68ème division, le 143ème se rend à 5 heures du matin, à Saulxures-les-Nancy, pour y constituer avec le 53ème régiment d’infanterie une brigade à la disposition de commandement de l’armée.
En cours de route, un ordre particulier fait connaître que cette brigade est mise à la disposition du 16ème corps d’armé à Saulxures les Nancy.
Le même jour, le 16ème corps d’armée et le 2ème groupe de D.R. passent à la 1ère armée à partir du 16 septembre, 0 heures.
Le régiment quitte Saulxure-les-Nancy à 13 heures pour aller cantonner à Dombasle où se trouve le quartier général du 16ème corps d’armée. La 5ème compagnie monte la garde au quartier général, et deux sections des 5ème et 3ème compagnies montent la garde sur la Meurthe rentrant à Dombasle-sur-Meurthe.

• Le 16 septembre

Repos à Dombasle.

• Le 17 septembre

Le 10ème corps d’armée se concentre sur la région de Nancy, les 1er et 3ème bataillons cantonnent à Pulnoy, alors que le 2ème bataillon et l’état-major cantonnent à Saint Max.

• Les 18, 19, 20 septembre

Le régiment est employé aux travaux de propreté, au nettoyage de l’armement et à l’équipement, des inspections sont faites et des théories sont étudiées notamment sur les services en campagne.

• Le 21 septembre

Le corps d’armée se porte en une seule colonne, sur une seule route celle de Toul par la rive gauche de la Moselle. Le régiment qui est en queue du corps d’armée forme l’arrière garde, il va cantonner à Velaine-en-Haye. En cour de route un nouvel ordre est donné, le régiment doit cantonner Villey-Saint-Etienne que le 1er et 3ème bataillons atteignent sous une pluie diluvienne à 3 heures du matin, le 2ème bataillon arrive à 4 heures 30.

• Le 22 septembre

À 6 heures 45, le régiment reçoit l’ordre d’aller se placer sous le ravin à l’ouest de Jaillon, en liaison avec le 15ème régiment d’infanterie, qui se trouve à la sortie ouest.
La mission du corps d’armée est une mission offensive dans la direction générale Minorville, Flirey, Essey et Maizerais (16 km ouest de Pont à Mousson).

• Le 23 septembre

Le corps d’armée continue son offensive. La 32ème division engage la 63ème brigade, avec comme objectif le bois de Mort Maré, puis le bois d’Euvezin.
La 64ème brigade, en réserve d’armée, reçoit l’ordre de se trouver à 5 heures à Domèvre en Haye. Le 143ème quitte le cantonnement à 4 heures 30, à 6 heures la brigade se transporte vers le sud de Manorville où elle se rassemble, le 15ème marche en tête et le 143ème en arrière, et en ligne de colonnes doubles à grand intervalles.
Le 143ème et le 15ème reçoivent l’ordre d’aller se rassembler à l’ouest de Minorville, où ils arrivent et prennent un repos de 20 minutes.
À 10 heures, toute la brigade se porte par Ansauville et Hamonville, sur Mandres aux tours, avec pour mission de déborder l’aile droite de l’ennemi.
En arrivant à hauteur de la route de Toul, toute la brigade est violemment prise à partie par l’artillerie ennemie. Pour éviter les pertes, l’approche ne peut se faire que lentement et en utilisant les démineurs. Le régiment, malgré les précautions, éprouve quelques pertes. La 64ème brigade reste en réserve et passe sous les ordres de la 31ème division. Elle se glisse d’Ansauville sur Hamonville par le ravin au nord de la route, puis se porte sur Mandres aux 4 Tours, qu’elle atteint à la nuit.
À 19 heures, la 64ème brigade reçoit l’ordre d’occuper Beaumont, l’ennemi a évacué le village. Opération effectuée sans difficulté.
Le 2ème bataillon du 15ème et celui du 143ème restent dans le village et s’y fortifient. Le 3ème bataillon rentre à Mandres aux 4 Tours pour y cantonner avec le général commandant la 64ème brigade, le 1er bataillon reste en réserve à Ansauville.

• Le 24 septembre

Le 2ème bataillon qui a passé la nuit à Beaumont prend les dispositions suivantes : Une compagnie occupe les fossés de la route face à Seicheprey. Une autre compagnie à la cote 260. Les 2 autres sont installées à la sortie nord ouest de Beaumont.
Tous ces éléments construisent des tranchées et se fortifient le plus possible. Le 3ème bataillon s’établit à 6 heures du matin face à Beaumont, à la sortie nord de Mandres aux 4 Tours, avec une compagnie à l’est de la route et les 2 autres à l’ouest. La 1ère section de mitrailleuses est placée à la gauche de la ligne, une compagnie en réservé dans le village. Toutes les unités du 3ème bataillon se retranchent. À plusieurs reprises, les villages de Beaumont et de Mandres aux 4 Tours, sont violemment raffalé par des obus explosifs et des schrapnels, qui causent des pertes sérieuses, le capitaine Daniel fut tué.
Le 1er bataillon qui était resté en réserve à Ansauvilile est envoyé à 9 heures du matin vers la cote 245, pour faire face à toute attaque venant de la direction de Xivray.
À 15 heures 15, un corps d’armée ami étant signalé comme marchant en deux colonnes sur Bouconville, l’ordre est donné de reprendre l’offensive.
En conséquence, le général de la 64ème brigade prescrit d’attaquer la ligne 274 et la 293 par régiments accolés. L’objectif du 143ème est la cote 293, le 15ème se chargeant de la 274.
Les deux premiers bataillons sont sous les ordres du lieutenant colonel Bertrand.
Le 3ème bataillon doit venir en réserve à Beaumont. Une reconnaissance de cavalerie, envoyée pour reconnaître les objectifs d’attaque, est accueillie par des feux nourris d’infanterie et se replie rapidement.

• Le 25 septembre

L’organisation défensive des positions occupées continue.
À 11 heures, le 1er bataillon du régiment est dirigé sur Beaumont, à la même heure le commandant du 2ème bataillon reçoit l’ordre d’occuper les tranchées de la cote 293, alors que le 15ème régiment en fait de même pour la cote 274. Le 3ème bataillon reste en réserve à Beaumont. Le mouvement du 2ème bataillon s’exécute en utilisant le cheminement au sud de la route Commercy-Saint-Dizier, l’approche est exécutée très prudemment en raison de la force de la position. L’artillerie appuie le mouvement et le bataillon peut occuper vers 18 heures les tranchées de la cote 293, par la 2ème compagnie, deux autres occupent le remblai de la route de Saint-Dizier.
L’après midi le 2ème bataillon organise ses positions et il bivouaque sur ces emplacements.
Le 1er bataillon cantonne à Beaumont.
Le 3ème bataillon la C.H.R et l’état-major cantonnent à Mandres aux 4 Tours.

• Le 26 septembre

Le 16ème corps d’armée continue l’offensive dès la pointe du jour. La 64ème brigade reçoit l’ordre de continuer son mouvement sur Saint Baussant. Ce mouvement s’exécute par régiments accolés. Le 1er bataillon qui s’est rendu à Seicheprey, à 3 heures 30, forme la première ligne, le 3ème bataillon de Bujon se place en échelon en arrière et à gauche à sa droite du chemin Beaumont-Saint-Baussant, le 2ème bataillon est gardé en réserve à Beaumont.
Le 1er bataillon a réussi à envoyer deux compagnies au nord de Seicheprey, ces deux compagnies se heurtent à des tranchées très fortes et doivent se retrancher sur place, le reste du 1er bataillon demeure dans le village, qui est bombardé avec violence toute la journée.
Le 3ème bataillon sort du village de Beaumont à partir de 6 heures, en formation très diluée. Sa marche est retardée par des tirs violents d’artillerie, néanmoins une compagnie est arrivée à la hauteur de Seicheprey légèrement sur la gauche. Les trois autres compagnies sont prêtes à intervenir, elles sont situées dans le ravin à 900 mètres au nord de Beaumont.
Le 2ème bataillon qui se trouve dans le village est très violemment bombardé le commandant Pericaud est tué, et éprouve de sérieuses pertes.
Le régiment ne peut progresser et il reste dans la situation qu’il avait à 11 heures du matin.
Pour la nuit, les 1er et 3ème bataillons couchent sur leurs emplacements, le 2ème occupe Beaumont.
Deux attaques de nuit sont ordonnées aux bataillons de Seicheprey.

SEICHEPREY

La première attaque à lieu à 22 heures, elle est exécutée par le capitaine Gimont et la 2ème compagnie, qui a été précédée pendant une demi-heure, par un feu violent de l’artillerie. Cette attaque se heurte aux tranchées ennemies de Saint-Baussant où elle avorte.
La 2ème attaque, prescrite pour 3 heures 30, ne peut avoir lieu en raison d’une attaque violente des allemands qui se produit vers 2 heures et qui est repoussée.

• Le 27 septembre

Jusqu’à 9 heures 45, pas de changement dans les emplacements.
La 64ème division remplace la 2ème division de cavalerie à gauche de la brigade.
À 9 heures 45, la 31ème division envoie un ordre d’attaque général pour les brigades Sibille et Aubert, l’objectif est Saint-Baussant. La 64ème division attaque sur Richecourt, le groupement de l’est attaque sur le bois de la Paunard, ordre est donné par le général commandant la 64ème brigade de prendre immédiatement le mouvement en avant. Le Bataillon Séjourné donc le premier a comme objectif Saint-Baussant. Le 3ème bataillon de Bujon est de prendre la cote 243.
L’attaque de ces bataillons est placée sous le commandement du lieutenant colonel Bertrand commandant le 143ème. Le 2ème bataillon reste jusqu’à nouvel ordre en réserve à Beaumont. Cette attaque est esquissée, en raison de la force de l’infanterie allemande, retranchée dans des abris puissants, avec un réseau de fil de fer barbelé en avant. De plus, tout mouvement en avant du 1er bataillon est hasardeux car il est pris en écharpe par les tranchées allemandes de Lahayville et Richecourt. Ce bataillon ne peut donc progresser sans que ses tranchées ne soient détruites par notre artillerie.
À 10 heures du matin jusqu’à la tombée de la nuit, l’artillerie allemande dirige un feu des plus nourris et systématiquement sur tout groupement même très faible qui se déplace.
Le village de Seicheprez est particulièrement bombardé.
Grâce au terrain propice, la compagnie de tête du 3ème bataillon arrive à se placer à hauteur et à gauche de Seicheprez où elle se retranche. La compagnie suivante occupe les retranchements de la compagnie de tête.
Vers 14 heures, le commandant du régiment apprend que le général Siblille vient d’être tué par un éclat d’obus, en se rendant à Seicheprez.
Le lieutenant Beuvelot commandant le 15ème régiment d’infanterie prend le commandement provisoire de la brigade.

SEICHEPREY

Le stationnement pour la nuit est le suivant.
1er bataillon village et avancée de Seicheprez.
3ème bataillon bivouac sur son emplacement à gauche de Seicheprez.
2ème bataillon en réserve à Beaumont.
À 20 heures, le lieutenant-colonel commandant provisoire de la 64ème brigade adresse l’ordre d’opération suivante pour le lendemain :
Demain matin attaque, à partir de 4 heures, un bataillon par brigade, la 64ème brigade partant de Seicheprez et celle de la 61ème du bois de Jury, avec comme objectif commun la prise de Saint-Baussant. Profiter du brouillard pour gagner du terrain en avant. Le 1er bataillon du commandant Séjourné (1er) exécutera l’attaque de la 64ème brigade.

• Le 28 septembre

Conformément à l’ordre reçu le bataillon Séjourné se dirige à 4 heures sur Saint-Baussant, précédé par deux sections une à droite et l’autre à gauche de la route.
Objectif : les tranchées sud du village.
Après avoir parcouru 300 mètres, ces sections furent arrêtées par un feu des plus violent qui les oblige à se terrer. Elles essayèrent quelques instants après de reprendre le mouvement.
Les pertes, qu’elles subirent, les obligèrent à regagner les tranchées de leur unité.
Le plateau occupé par le 1er bataillon fut d’ailleurs balayé violemment par les feux de l’artillerie ennemie. Pendant 25 heures, la situation du régiment ne change pas.
15 heures offensive générale. Celle du 143ème ne peut réussir en raison de la proximité des retranchements efficace de l’ennemi. Le feu de l’artillerie allemande oblige le bataillon à regagner ses tranchées. Il subit à nouveau une autre canonnade au cours de laquelle il y a 15 morts et 44 blessés. Cependant les unités de 2ème ligne purent progresser et la compagnie Massol réussit à arriver à 200 mètres au nord de la route de Seicheprez-Richecourt où elle se retranche.
Le 2ème bataillon est mis en alerte.
Aucun incident pendant la nuit, une attaque venant de Richecourt contre le 286ème régiment d’infanterie qui est à la gauche du 143ème a échoué.

RICHECOURT

• Le 29 septembre

La situation du régiment est sans grand changement, on signale quelques pertes.
Le régiment, qui vient de passer 4 jours et 4 nuits consécutifs en première ligne, est relevé par le 15ème régiment d’infanterie et va cantonner à Ansauville où le dernier bataillon arrive à 23 heures 30.

• Le 30 septembre

Repos et travail de propreté, à 19 heures 30 le régiment quitte les lieux pour aller prendre un cantonnement d’alerte à Beaumont.

• Le 1er octobre

À 5 heures, le 143ème quitte Beaumont et va se placer à la lisière sud du bois de la Hazette, où il y passe la journée.
À la tombée de la nuit, il va relever en première ligne le 15ème régiment d’infanterie, la répartition est la suivante :
Le 3ème bataillon dans les tranchées au nord de Seicheprey.
Le 2ème bataillon en échelon après le 3ème bataillon, la 2ème compagnie à hauteur de Seicheprey et deux autres compagnies à gauche du village.
Le 1er bataillon (sans la 1ère compagnie qui reste de garde à Beaumont) est réparti dans les tranchées des cotes 274 et 293, ce qui constitue la réserve du régiment.

• Le 2 octobre

Pendant la nuit, une attaque est prévue pour 2 heures, mais elle n’a pas peu être ébauchée à cause de fortes patrouilles. Ces dernières bien que munies de baudriers en acier chromé ne peuvent réussir à s’emparer des tranchées allemandes et sont obligées de se retirer. Il n’y a cependant qu’un mort et un blessé, ce chiffre de perte peu élevé semble devoir être attribué à l’emploi du bouclier, bien que pendant toute l’attaque la fusillade allemande ait été des plus violentes.
À la date du 1er octobre, le colonel fait arrêter la liste des pertes éprouvées par le régiment depuis l’entrée en campagne. Dès les premiers engagements le régiment a été immédiatement en contact avec l’ennemi presque tous les jours.

Les pertes :
les officiers
tués 6
Blessés 13
Disparus 16
Sous officiers 80
Caporaux 140
Soldats 1.766
Le lieutenant-colonel commandant le régiment arrête diverses nominations et il procède à une nouvelle répartition des cadres officiers.

• Le 3 octobre

Pas d’attaque générale prévue dans la journée, cependant le 3ème bataillon, commandé par Bujon, s’efforce de gagner du terrain en direction de Saint-Baussant.
Malgré les feux d’enfilade qu’elle subit, la 10ème compagnie arrive à s’établir à la cote 243, située à 700m environ de la lisière sud de Saint-Baussant. À droite, une section de la 8ème compagnie établit la liaison entre le 3ème bataillon et le 96ème régiment d’infanterie qui a légèrement progressé.
Dans la nuit les trois bataillons du régiment sont relevés par ceux du 15ème, ils vont cantonner à Ansauville.

• Le 4 octobre

Repos à Ansauville, le régiment en profite pour faire des travaux de propreté, mais il reçoit l’ordre de rentrer à la 32ème division.
À 19 heures, le régiment part pour Noviant aux Prés.
Pendant la nuit le village est bombardé par la grosse artillerie allemande, un obus tombe dans le cantonnement de la 10ème compagnie et tue 2 hommes et en blesse 10.

• Le 5 octobre

Le régiment devait relever le 122ème en première ligne, un contre-ordre est donné, il doit aller cantonner à Sanzey
La 32ème division constitue une réserve d’armée dans la région de Ménil la Tour.

• Les 6 et 7 octobre

Les journées sont mises à profit pour le nettoyage des effets et la réorganisation des unités.

• Le 8 octobre

Le corps d’armée reçoit l’ordre de se présenter à la gare de Toul pour être embarqué en chemin de fer aux jours et heures ci après.

• Le 9 octobre

À 1 heure, le 1er bataillon et l’état major soit 18 officiers 1.046 hommes de troupe 63 chevaux et mulets et 22 voitures.
À 5 heures, le 2ème bataillon soit 11 officiers 878 hommes de troupe 52 chevaux et mulets et 10 voitures.
À 9 heures, le 3ème bataillon soit 11officiers 866 hommes de troupe, 44 chevaux et mulets et 16 voitures.
Le régiment est ainsi transporté par voie ferrée, en passant par Saint-Dizier, Vitry le François, Épernay, Château-Thierry jusqu'au terminus Fère-en-Tardennois où ils débarquent, à savoir :
Le 1er élément à 16 heures 30.
Le 2ème élément à 23 heures.
Le 3ème élément à 3heures (10 octobre)

• Le 10 octobre

À peine débarquée, la division fait mouvement sur Soissons, le 143ème quitte ses cantonnements à 13 heures pour former les campements suivants : l’état major avec le 2ème bataillon à Charantigny, les 1er et 3ème bataillons à Léchelle.

• Les 11 et 12 octobre

Journées consacrées aux travaux de propreté, à une revue et a la reprise de l’instruction, comme l’instruction des téléphonistes, mitrailleurs, signaleurs et spécialités diverses. Service de campagne, on enseigne aux hommes le principe de la sape volante avec l’emploi du bouclier et du sac à terre. Ils apprennent la construction des tranchées avec traverse contre les feux d’enfilade.

• Le 13 octobre

Même emploi du temps que la veille. Un ordre du général commandant l’armée dit de supprimer les galons d’officiers portés aux manches. Pour les sous-officiers et caporaux il en est de même. Les insignes du grade sont portés au képi pour les officiers et marqués sur la capote, au coté droit par une bande de galon de 5 cm placée entre le 2ème et le 3ème bouton pour les caporaux et sous officiers.

• Le 14 octobre

Le matin commence par un exercice de détail.
À 15 heures, le régiment reçoit l’ordre de se tenir prêt à faire mouvement à partir de 18 heures.
À 19 heures 45, c’est l’heure du départ, la division se porte à l’est de Braine dans la région de Courcelles et Paars. Elle marche en deux colonnes, celle du sud est formée par la 64ème brigade et la compagnie de génies. Le 143ème arrive à Paars à 9 heures (21heures) et cantonne sans avant poste.

• Le 15 octobre

À 17 heures 30, le 143ème va relever les troupes anglaises dans le secteur compris entre le canal de l’Oise à l’Aisne en passant par Vauxtin, Vieil Arcy, Pont Arcy. La 64ème brigade marche groupée, la relève s’effectue dès l’arrivée vers 21 heures 30 de la façon suivante : Les 3 bataillons accolés ayant chacun 2 compagnies en première ligne et 2 compagnies en 2ème ligne.
Le 1er bataillon dans la tranchée à Baulne.
Le 2ème bataillon et l’état-major dans les tranchées à l’ouest de Baulne et Verneuil.
Le 3ème bataillon sur les pentes jusqu’au canal et Moussy.
La relève s’effectue sans incident, elle est terminée le 16 vers 1 heure 30.

• Le 16 octobre

À 17 heures, le régiment est prévenu qu’il sera relevé par le 123ème à la nuit, qui arrive vers 21 heures 30. Le régiment est relevé par fractions dans les mêmes conditions que la veille. Cette opération s’exécute prudemment et elle est très longue en raison de la boue et de l’obscurité qui rend les communications presque impraticables, elle n’est complètement terminée que le 17 octobre à 2 heures du matin.

• Le 17 octobre

Repos jusqu'à 13 heures, le régiment quitte Vauxtin à 14 heures pour arriver à Lesges à 17 heures 30 où il cantonne.
La 32ème division devient réserve d’armée

• Les 18, 19, 20, 21 octobre

Consacrées au repos et aux exercices de détail et de perfectionnement.

• Le 22 octobre

À 17 heures 30, le 143ème cantonne à Crouttes et Droisy.

• Le 23 octobre

Le corps d’armée fait mouvement vers l’ouest, départ à 6 heures 15, directions Chafosse et Saint Pierre Aigle où ils arrivent vers 15 heures.

• Le 24 octobre

Pas de mouvement mais un perfectionnement de l’instruction en particulier pour les sections de mitrailleuses.

• Le 25 octobrew

Le colonel organise une équipe de mitrailleurs dans chaque bataillon, le régiment reçoit du renfort, un chef de bataillon, un capitaine, un lieutenant, un sous lieutenant, un adjudant chef, 4 sergents, 42 caporaux, 165 soldats, qui sont répartis dans les compagnies.

• Le 26 octobre

Toujours de l’instruction.

• Le 27 octobre

Le régiment fait mouvement vers l’ouest, départ 8 heures pour Retheuil et Taillefontaine pour le 2ème et 3ème bataillon, l’arrivée pour tous est environ 12 heures.

• Le 28 octobre

Même cantonnement.

• Le 29 octobre

Le régiment part à Compiègne pour être prêt à s’embarquer le lendemain, départ de Retheuil arrivé à 13 heures.

• Le 30 octobre

Le régiment embarque à la gare de Le Meux.
Le 1er bataillon et l’état-major à 14 heures.
Le 2ème bataillon à 16 heures.
Le 3ème bataillon à 18 heures.
L’itinéraire : Amiens, Boulogne Sur Mer, Calais, Hazebrouck, Poperinge (en Belgique)

• Le 31 octobre

Le régiment débarque en trois trains successifs, le 1er bataillon et l’état major se rendent à pied à Deckebusch, alors que les 2ème et 3ème bataillons sont transportés en autobus.

Ruines de Wytschaele

• Le 1er novembre

Le régiment reçoit l’ordre d’attaquer le village de Wytschaëte. Il s’y installe et construit des tranchées à l’est et à l’ouest du village, avec le 80ème à sa gauche et le 15ème à sa droite. L’occupation de ces points d’appui donne lieu à une lutte tenace qui cause de nombreuses pertes.
La 32ème division a pour mission d’attaquer l’ennemi dans la direction générale de Houthem. Le 143ème se porte, au petit jour, à l’ouest du bois de Kapellerie, l’objectif est d’attaquer le front compris entre Wytschaete en liaison avec les anglais et à la droite de la 63ème brigade.
Le régiment se rassemble à 7 heures, en ligne de colonnes doubles ouvertes, l’ordre des bataillons est 2ème, 1er, 3ème à la lisière nord-est du bois situé à 300 mètres est de la ferme de Hollande.
À 8 heures, le 2ème bataillon reçoit l’ordre d’aller relever les éléments de cavalerie anglaise combattant à pied au nord du village et de prendre comme objectifs la portion de route à l’est de Kapellerie limitée à un kilomètre au nord de Wytschaete. Les deux compagnies de première ligne débouchent de la route et s’emparent de la lisière au nord ouest du village. Le 1er bataillon est chargé de soutenir et de prolonger l’attaque de gauche en liaison avec le 53ème, il déploie deux compagnies en première ligne, les deux autres étant gardées en renfort.
À 11 heures, trois compagnies du régiment occupent la route d’Ypres.
A 12 heures, sous la menace d’une contre attaque allemande, venant du sud, la 8ème compagnie prolonge sur la droite. Deux compagnies de première ligne du 2ème bataillon et la 7ème compagnie occupent la lisière à l’est du village. Le 3ème bataillon quitte la réserve pour être rapproché des combats.
À 12 heures 45, la 9ème compagnie et la 3ème section de mitrailleuses vont renforcer la lisière est du village.
À 14 heures 30, une violente contre-attaque allemande soutenue par un feu très nourri d’artillerie est dirigé sur le village. Le commandant du régiment fait appel à un bataillon du 343ème mis à sa disposition pour renforcer le centre des unités engagées. Le bombardement continue sans relâche. Malgré l’intensité de l’attaque les efforts des allemands, les rafales de grosse artillerie, le régiment se cramponne au terrain et conserve ses positions. Cette ténacité fait l’admiration du colonel anglais Saly (ancien ministre de la guerre), parcourant le front de combat pour se rendre compte de la situation de nos troupes.
À la nuit, stationnement sur place, les unités se fortifient de façon à rendre le front inviolable. Durant la nuit pas d’attaque sérieuse.

• Le 2 novembre

Ordre d’attaque générale pour 7 heures. Mais l’ennemi nous devance à 6 heures par une attaque d’une violence inouïe. Le commandant demande des renforts, deux compagnies du 15ème sont mises à sa disposition, elles se dirigent sur l’hospice et doivent s’opposer à l’infiltration ennemie.
À 10 heures, le colonel est contusionné par un obus, il remet le commandement au commandant Izaure, et reste à la ferme de Hollande. La situation du régiment est sensiblement modifiée après le combat violent qui dura toute la journée. Les comptes rendus signalent des pertes considérables.

• Le 3 novembre

L’ordre d’opération est le suivant :
1ère reprendre pied dans le village.
2ème de gagner la route Wytschaete–Kapellerie, faisant la liaison avec le groupement Olleris.

Ruines de Wytschaele

Le mouvement d’attaque est déclanché à 9 heures, puis une autre à 14 heures et encore une autre à 16 heures 40, elles n’aboutirent pas et aucun gain de terrain, les éléments passent la nuit sur leurs positions.

• Le 4 novembre

L’ordre est de continuer l’offensive dans les mêmes conditions que la veille, qui sera sans succès.

• Le 5 novembre

Continuation de l’offensive, mais l’ennemi est parvenu à introduire une section de mitrailleuses dans une maison voisine de l’hospice et prend en enfilade plusieurs tranchées.
L’attaque ennemie, très violente, faite sur tout le front provoque un léger mouvement de repli.
Le 3ème bataillon à reculé de 200 mètres environ.
Les 1er et 2ème bataillons sont restés dans la lisière est du grand bois.
Le 1er bataillon de chasseur prolonge à gauche sur la même lisière.

• Le 6 novembre

Le commandant de l’armée ordonne une nouvelle offensive à 9 heures, le groupe Bouchez dont le 143ème fait partie doit reprendre la Kapellerie et Wytschaete. L’offensive est enrayée par un feu d’artillerie et d’infanterie.
Le régiment reste sur ses positions, pendant la nuit d’assez vives fusillades entre les postes d’écoute et l’ennemi.

• Le 7 novembre

L’ordre de l’opération n°137, qui consiste à reprendre l’offensive. Pendant toute la matinée toutes nos lignes sont soumises à une canonnade très intense, notre artillerie tire sur l’hospice de Wytschaete, l’ennemi prépare une attaque qui ne se produit pas mais il gagne du terrain, la petite maison sans nom à la lisière du grand bois est prise par les allemands. Aucune modification dans le front des unités et une nuit assez calme.

• Le 8 novembre

Dès le matin, nos positions sont violemment canonnées, l’infiltration des allemands se développe de plus en plus par le bois de l’hospice. Le commandant Bujon du 3ème bataillon fait demander des renforts au colonel commandant la brigade, qui ne peut lui fournir, et il est nécessaire de tenir coûte que coûte avec la dernière énergie et jusqu’au dernier homme.
L’offensive allemande est enrayée à 20 heures malgré une canonnade très violente.

• Le 9 novembre

Opération 139, ordre est donné aux différentes troupes de se maintenir sur leurs positions de les renforcer de façon à les rendre inviolables et de se tenir prêtes à passer à une offensive générale.
Dès 8 heures, bombardement sur tout le front qui dure toute la matinée. Un essai d’offensive allemand est enrayé.
Le régiment est prévenu il sera relevé pendant la nuit par le 26ème régiment d’infanterie.

• Le 10 novembre

Le régiment reçoit l’ordre de se porter à Basseye, 1.200 mètres au sud-ouest de Groot Wiestraat, pour y prendre du repos sauf les 6ème et 8ème compagnies qui n’ont pu être relevées à temps.
À 12 heures, le régiment reçoit l’ordre de se tenir prêt à intervenir. L’effectif total des combattants est réduit à 950 hommes de troupe et 14 officiers. Provisoirement le régiment ne forme en attendant qu’il puisse être réorganisé que deux bataillons (commandants Bujon et Salvage) à trois compagnies chacun.
À 12 heures 30, le régiment est prévenu il devra relever trois compagnies du 16ème et du 1er chasseur en première ligne vers Wytschaete

• Le 11 novembre

La relève s’est effectuée de 2 heures à 4 heures par le bataillon Salvage, celui de Bujon a été mis en réserve.
À 8 heures, le bataillon Bujon, placé en réserve doit lâcher pied, bat en retraite et va occuper les tranchées situées en avant de Groot Wierstraat.
Le bataillon Salvage qui est en première ligne est resté sur ses positions. Les deux bataillons n’ont pas changé d’emplacement pendant la journée. Le flanc gauche du bataillon Salavage est resté à découvert. Les allemands se sont emparés dans la matinée du petit boqueteau occupé au préalable par les chasseurs. La ferme de Hollande est occupée par l’ennemi vers 11 heures.
Le village de Groot-Wierstraat a été canonné toute la journée.

• Le 12 novembre

Le bataillon de réserve de Bujon reçoit l’ordre d’avancer pour étayer l’autre bataillon, mais l’effectif étant de 300 hommes, il ne peut le renforcer.
Il occupe cependant les deux fermes situées en avant du ruisseau, une section un peu plus en avant surveille le terrain à droite de la route et surtout la ferme de Hollande.
Deux compagnies de chasseurs sont placées à gauche de la route, le flanc gauche du bataillon Salvage est toujours à découvert. Toutefois malgré les canonnades et fusillades toute la journée, les troupes gardent leurs positions.

• Le 13 novembre

À 14 heures, le bataillon de première ligne est renforcé par une section du bataillon de réserve, qui n’a plus que 250 hommes. Le bataillon de réserve pourrait fournir de nouveau renforts nécessaires au bataillon de première ligne.
De 8 heures à 9 heures 30, une violente canonnade dirigée sur le bataillon Salvage, détruit une partie de ses tranchées établies sur trois faces.
À 10 heures, le bataillon est attaqué sur les trois faces, il est débordé par la gauche, cerné et fait prisonnier, à l’exception du chef de bataillon Salvage et 60 hommes qui ont réussi à se dégager, de ce fait le bataillon Salvage n’existe plus. Le 3ème bataillon de Bujon reste sur ses positions en avant du village.
À 16 heures, il quitte les tranchées et va occuper une position un peu plus avancée, il est remplacé dans les tranchées évacuées par une compagnie du 54ème des chasseurs alpins.
À 23 heures, il reçoit l’ordre d’occuper la ferme Vanderberghe qu’il devra mettre en état de défense, il doit échelonner son bataillon entre cette ferme et les tranchées occupées par le 54ème des chasseurs.

• Le 14 novembre

Pas d’attaque dans la journée.
À 17 heures, le bataillon est attaqué par 150 allemands environ. Après une fusillade d’une 10 minutes l’ennemi s’est retiré.
À 20 heures, le bataillon est relevé par le 11ème chasseur et va cantonner à Petit Basseye.

• Le 15 novembre

Cantonnement d’alerte à Petit Basseye

• Le 16 novembre

Cantonnement d’alerte à Petit Basseye, le lieutenant colonel Bertrand reprend le commandement du régiment. 3 sous-officiers sont promus officiers.

• Le 17 novembre

Toujours dans la même disposition à 14 heures une revue d’armes est organisée.

• Le 18 novembre

Même stationnement, des tranchées sont creusées pour abriter les hommes en cas de bombardement.
À 18 heures, des renforts arrivent : 1 adjudant, 4 sergents, 7 caporaux, et 203 hommes

• Le 19 novembrew

• Le 20 novembre

Le régiment reçoit l’ordre de relever à la nuit tombante le 80ème.
Le 1er bataillon du commandant Izaure, met deux compagnies en première ligne dans les tranchées en arrière du ruisseau de Wierstraat et du bois carré. Le 3ème bataillon met la 11ème compagnie en deuxième ligne à la route de Remmel à Ypres. Une compagnie en réserve avec le drapeau à proximité du P.C. de la 64ème brigade. La relève s’effectue sans incident et se termine à une heure du matin.

• Le 21novembre

Même emplacement, des canonnades sur la gauche vers le bois carré, le régiment exécute des travaux d’amélioration de tranchées et construit des boyaux.

• Le 22 novembre

Une journée calme, le soir le bataillon du commandant Izaure, en première ligne, est relevé par le bataillon Bujon à 2 heures sans incidents.

• Le 23 novembre

Organisation défensive du front, le régiment est relevé à 9 heures par le 15ème et va cantonner à Hallebast où les derniers éléments arrivent à 11heures.

• Le 24 novembre

Des renforts venant du dépôt arrivent avec 1 officier et 529 hommes de troupe dont 354 jeunes soldats
Le régiment comprend alors 9 compagnies d’un effectif moyen de 150 hommes en trois bataillons :
1er bataillon commandant Izaure : composé des 1ère ,2ème, 3ème compagnies.
2ème bataillon commandant Salvage : composé des 5ème, 6ème, 8ème compagnies.
3ème bataillon commandant Bujon : composé des 9ème ,11ème, 12ème compagnies.
Le régiment relève en première ligne le bataillon du 15ème.
Le 3ème bataillon dans la tranchée en première ligne.
Le 1er bataillon en réserve de division à Hallebast.
Le 2ème bataillon en 2ème ligne. La relève commencée à 19 heures se terminera tard dans la nuit.

• Le 25 novembre

Journée relativement calme qui est consacrée à la construction de boyaux de communication et d’approche pour l’attaque du bois quarante.

• Le 26 novembre

Toujours les travaux d’approche dans la nuit puis les deux bataillons (Bujon et Salvage) sont relevés par le 53ème. Ils arrivent à Reningelst vers une heure du matin.

• Le 27 novembre

Réveil à 7 heures, le colonel ordonne des travaux de propreté et le nettoyage des armes et de l’équipement, le soir une revue est passée par les chefs de bataillon, qui font un compte rendu au colonel qui à 17 heures donne une sortie libre. Le lieutenant-colonel Pouget remplit les fonctions de major du cantonnement.

• Le 28 novembre

Une visite du cantonnement est faite par le colonel commandant la brigade accompagné par le colonel Bertrand. Le soir, une revue du régiment est passée par le colonel Bertrand et le drapeau est présenté aux jeunes soldats.

• Le 29 novembrew

Le 143ème occupe le même emplacement et en profite pour se réorganiser.

• Le 30 novembre

La 64ème brigade va relever sur les anciens emplacements la brigade Voilemont.
Le 15ème relève le 80ème.
Le 143ème relève le 53ème.

• Le 1er décembre

L’état-major est à Groot-Wierstraat, le village est entièrement évacué par la population et détruit, il est inutilisable comme cantonnement.
Les trois bataillons alternent pour le service sur des dispositions suivantes :
Un bataillon en première ligne entre le 6ème chasseur et le 15ème d’infanterie en avant du bois carré dans les tranchées, à 100 mètres de celles de l’ennemi, le service est pénible, les tranchées sont constamment inondées. Un bataillon en réserve derrière la gauche dans des abris de fortune au nord de Wierstraat, et un bataillon en réserve de division à Hallebast. Le dispositif est conservé jusqu’au 13 décembre.
Des bombardements continuels sur le village ou les tranchées faisant en moyenne un tué par jour et quelques blessés.

• Le 6 décembre

La 4ème compagnie est reconstituée.

• Le 11 décembre

Une compagnie de 1ère ligne est relevée.

• Le 12 décembre

En exécution de l’ordre émanent de la 32ème division une reconnaissance est poussée pour vérifier l’efficacité du tir des auto-canons sur une mitrailleuse installée dans un abri à la lisière sud du bois ; cette patrouille n’aboutit pas. Dans la nuit, la section franche détache quelques patrouilles pour se rendre compte des travaux de l’ennemi, mais elles ne peuvent approcher assez près par suite de la fusillade et ne peut remplir sa mission.
C’est ainsi que Fournié Marius ne reviendra pas, il est déclaré mort pour la France, tué par l’ennemi.

• Le 20 décembre 1914

La famille recevra l’avis de décès, soit, 8 jours plus tard, et fera son deuil. La réalité est que notre Marius pendant cette patrouille fut fait prisonnier et transporté à Puchheim, un camp où il y avait 7313 détenus dont 2253 français.
Il est mort de la grippe espagnole le 14 août 1915.

La famille l’apprendra le 17 septembre 1919 avec le retour du 143ème à Castelnaudary, à la caserne Lapasset, pour l’état major, le 2ème et 3ème bataillon à la caserne Saint François, et le 1er bataillon à la caserne Iéna de Carcassonne.
Le régiment avait embarqué le 11 septembre à Lille Saint-André à 20 heures, pour l’état major et le 1er bataillon, ils arriveront à Castelnaudary le 14 septembre à 8 heures 45, le 1er bataillon part pour Carcassonne le 15.
Le 12 septembre, c’est le 2ème bataillon qui part à 16 heures et arrive le 15 à 2 heures 15.
Le 13 septembre, c’est au tour du 3ème bataillon de partir à 15 heures pour arriver le 16 à minuit.

Caserne du 143ème régiment d'infanterie

Le tribunal de Limoux rendra le jugement le 2 juin 1920.

Cependant, la guerre finit le 11 novembre comme tout un chacun le sait, à Chalabre à la caserne de gendarmerie, qui depuis 1911, est dans la maison de Manau, après le pont du Blau, le chef de la brigade Louis Fournié, père de notre soldat ci-dessus n’a pas le cœur à la fête ni aux réjouissances, d’autant plus que le fils du propriétaire Paul est revenu de l’Argentine. L’artiste y était parti pour éviter le conflit, le sculpteur non seulement aurait pu être accusé de lâcheté, mais il ironisait sur la longueur et la qualité du combat, et de ce que l’on appelait « les gueules cassées ».
C’en était trop, l’adjudant Fournié père d’un soldat mort s’en est pris au détracteur allant jusqu’aux mains, voire même une fois, il le fit passer par-dessus le parapet pour atterrir dans la rivière.

La famille Manau a rompu le contrat de location avec la brigade qui déménagea en 1920 route de Perpignan.

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