DÉPARTEMENT de l’AUDE
Petit livret écrit en 1882 par Adolphe Joanne aux éditions Hachette et Cie, imprimerie A ; Lahure rue de Fleurus 9, à, Paris.
I. Nom, Formation, Situation, Limites, Superficie.
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Ø Le département de l'Aude doit son nom à son plus beau cours d'eau, l'Aude, qui prend sa source dans les Pyrénées-Orientales,
et qui a un parcours de 180 km (sur 205) dans le département auquel il donne son nom.
Il faisait autrefois partie de la province du Languedoc. Il a été formé, en 1790, par quatre pays appartenant à cette province :
- le diocèse de Narbonne (250.742 ha)
- le Rasez (165.566 ha)
- le Carcassez (144.859 ha)
- le Lauraguais (90.736 ha).
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Ø Le département de l'Aude est situé dans la région méridionale et méditerranéenne de la France.
Il est compris entre le 42° 58' 40" et le 45° 26' 22" de latitude N. et entre le 0° 58' 52" de longitude O. et O° 54' de longitude E.
Carcassonne, son chef-lieu, se trouve à 842 kilomètres au sud de Paris par le chemin de fer ligne de Paris-Toulouse.
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Ø Il a pour limites
- au nord : les départements de la Haute-Garonne, du Tarn et de l'Hérault.
- à l'ouest : ceux 'de l'Ariège et de la Haute Garonne.
- au sud : ceux de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales.
- à l'est : la Méditerranée.
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Ø La superficie de l'Aude est de 651.524 hectares.
Sa plus grande longueur, de l'est à l'ouest, est d'environ 120 kilomètres ; sa plus grande largeur, du nord au sud, est d’environ 85 kilomètres.
Enfin son pourtour est de 450 kilomètres environ.
II. Physionomie générale
Confinant à la Méditerranée, voisin de la chaîne des Pyrénées, entrecoupé par de nombreux chaînons montagneux qui se croisent dans tous les sens, le département de l'Aude présente une grande variété de sites.
La vallée de l'Aude, notamment, abonde en paysages pittoresques, tantôt grandioses et sauvages, tantôt d'un aspect riant.
De vastes forêts couvrent les pentes des montagnes qui bordent son bassin, jusqu'à son débouché dans une large plaine féconde, au-dessous de Carcassonne et de Trèbes.
Là, règne un climat tempéré qui se rapproche, en général, de celui de Toulouse et du bassin de la Garonne.
Plus bas, du côté de Narbonne et de Sigean, le ciel plus pur, l'air plus sec, les soleils brûlants, les coups de vent du mistral rappellent déjà la Provence.
Très fertile en prairies et en vignobles, cette dernière partie est la moins pittoresque du département.
La grande chaîne pyrénéenne ne touche pas le département de l'Aude qui s'en détache à l'ouest de Montlouis, atteint le territoire de l'Aude aux Pics de l'Ours (2.545 mètres) et de Madres (2.471 mètres),
point culminant du département, sur la ligne qui sépare les vallées de l'Aude et de la Tet. Au Pic de Madres, qui forme le nœud du système,
les montagnes de l'Aude se divisent en deux chaînes principales : l'une se dirige vers l'est, pour finir à la mer et sépare l'Aude des Pyrénées-Orientales,
l'autre remonte vers le nord-ouest et sépare l'Aude de l'Ariège et de la Haute-Garonne.
L'orographie du département est complétée au nord, par la grande ligne de la Montagne Noire, qui sépare l'Aude de la Haute-Garonne et du Tarn.
Ces deux chaînes de montagnes envoient dans le département de l'Aude un grand nombre de ramifications.
La chaîne de l'est suit d'abord la direction du nord jusqu'au col de Saint-Louis, puis tourne vers l'est jusqu'à la mer.
Son aspect change avec sa direction, jusqu'au col de Saint-Louis, les sommets sont généralement couverts de forêts de hêtres et de sapins,
tandis que de vertes prairies forment le fond des vallées ; du col à la mer, la chaîne ne présente qu'une série de pics déchiquetés ou de mamelons arrondis, absolument dénudés,
avec cette triste couleur grisâtre propre aux montagnes calcaires.
Les sommets principaux, en partant du Pic de Madres, sont :
- le Pic de Bernard-Sauvage (2.457 m).
- le Pic de la Glèbe (2.024 m), au-dessous duquel s'étend la forêt de Lapazeuil.
- le col de Jau (1.513 m), qui fait communiquer Roquefort et Counozouls avec Mosset (Pyrénées-Orientales).
- la Montagne Rase (1.845 m), d'où la vue s'étend sur les gorges de l'Aiguette et de l'Aude et sur les plaines et les montagnes des Pyrénées-Orientales.
- le Pla Lebat (1.520 m).
- la Serre d' Escalès, dont les contre forts sont couverts par la forêt de Salvanère.
- le pic de la Rouquette (1.290 m).
- le Sarrat Naou (1.514 m).
- le Rocher de Boucheville (1.248 m), dans la vaste forêt du même nom, qui occupe les deux versants de la montagne.
- le Serrat de Bramefam (1.155 m); le Serrat des Campets (1.168 m), au dessus des escarpements de la forêt d'Aiguesbonnes.
- le Rocher de la Gardiole (720 m).
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la Serre d'Arquières (1.058 m), la profonde dépression du col de Saint-Louis (687 m), par laquelle passe la grande route de Carcassonne à Perpignan,
et où commence la chaîne des Corbières proprement dite.
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§ Au delà de ce col, au Roc de Bugarach (1.251 m), une première chaîne secondaire se détache de la grande chaîne sous le nom de Basses Corbières ;
elle suit la direction du nord et va finir dans la plaine de l'Aude au Mont Alaric (600 m), qui domine Capendu.
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§ Une autre chaîne, qui se détache du même point, vers le nord-est, au-dessus des sources de l’Agly, suit une direction, presque parallèle aux Corbières qui séparent l'Aude des Pyrénées Orientales.
Elle forme les montagnes de Mouthoumet et de Durban, s'interrompt aux étangs de Sigean et de Gruissan, et reparaît sur les bords la mer dans la plaine de Narbonne,
sous le nom de montagnes de la Clape (200 m).
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§ La grande chaîne des Corbières prend la direction de l'est au delà de Bugarach et s’abaisse insensiblement jusqu’à la mer.
Elle est interrompue par deux échancrures qui laissent passer l'Agly et le Verdouble, rivières de l'Aude, qui vont finir leur cours dans les Pyrénées-Orientales.
Cette partie de la chaîne, sans ombrages, sans sources et presque sans cultures n'est traversée par aucune route carrossable.
Sur ses deux versants, et surtout du côté du Roussillon, les pentes sont très rapides.
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§ La chaîne du nord-ouest forme un massif montagneux qui s'étend à l'ouest du département, entre l’Aude et l'Ariège, elle se rattache aux chaînes ariégeoises de Tabre et de Plantaurel,
et se termine, au nord, à la large dépression du col de Naurouse (190 m), où passent le canal du Midi et le chemin de fer de Toulouse à Cette.
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§ Dans la partie comprise entre le Pic de Madres et Chalabre, contrée remarquable par la vigueur de sa végétation et l'abondance de ses eaux, on rencontre de belles forêts.
Les plus étendues se trouvent aux sources du Rebenty et sur l'arête qui sépare ce torrent de l’Hers : bois de Tiblac, forêts de Canelle, de Carbonne, de Puyvert, de Picaussel et de Callong.
En allant du Pic de Madres vers le nord, la chaîne s'abaisse à 1.889 m , 1.660 m et 1.576 m, au-dessous d'Escouloubre.
Là s'ouvre une large tranchée par laquelle l'Aude, après avoir longé la base ariégeoise de la chaîne, pénètre dans le département auquel elle a donné son nom.
La chaîne se relève ensuite rapidement à 1.525 et à 1.788 m, et, au roc d'Entagels, elle atteint 2.010 m.
En continuant vers le nord-ouest, les sommets principaux sont : le Roc des Loubachs ; le Pic de Lafajole (2.027 m) ; le Pic de Fontargent ;
la longue crête des Pailhères (de 1.998 à 1.894 m au-dessus des sources du Rebenty) ; le col de Pradel ; le Pic de Pénédis (1.813 m) ; le col de la Peyre,
au delà duquel l’Hers entre dans le département de l'Aude pour en ressortir après avoir arrosé Chalabre et Sonnac.
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§ Dans le Chalabrais, les deux versants de la chaîne diffèrent sensiblement par leur aspect.
Sur le versant ariégeois, les pentes sont abruptes et couvertes de sapins rappelant les paysages du nord ; du côté de l'Aude, au contraire, ce sont des collines arrondies avec des pentes douces,
des vallons peu profonds où se cultivent les céréales et les arbres fruitiers ; la vigne y pousse même sur les coteaux exposés au soleil.
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§ Au delà de Chalabre, la chaîne cesse d'être une chaîne de montagnes bien délimitée.
C'est une succession de collines peu élevées dont la pente générale est tournée vers le bassin de l’Hers, et qui envoient des ramifications dans tous les sens.
Dans l'arrondissement de Castelnaudary, les verdoyantes collines du Chalabrais se transforment en coteaux dénudés et escarpés que la culture a abandonnés à cause du ravinement produit par les eaux de pluie ;
il n'y a de verdure que dans le fond des vallées, où apparaissent quelques champs de céréales et de maïs.
La vigne a été plantée sur les sommets partout où l'épaisseur de la couche arable en a permis le développement.
Les villages, généralement situés sur les hauteurs, offrent çà et là quelques perspectives pittoresques. Le col de Naurouse marque la limite nord de la chaîne.
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§ Entre cette chaîne et la Montagne Noire, où commencent les Cévennes, s'étend une chaîne de collines intermédiaires, nommées les coteaux de Saint-Félix,
et en grande partie comprise dans le département de la Haute-Garonne.
Cette chaîne, qui continue la ligne de partage entre les eaux de l'Océan et de la Méditerranée, s'élève brusquement au-dessus de la plaine de Castelnaudary,
tandis que ses pentes sont très douces du côté de la Haute-Garonne.
Son point culminant, près du village des Cassés, à 321 mètres. La vigne et les arbres fruitiers sont cultivés sur les coteaux ensoleillés ; dans les bas-fonds, au bord des torrents,
on cultive les céréales, le maïs et les fourrages. La chaîne se termine, à l'ouest, au col de Saint-Félix, où commence la Montagne Noire.
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§ La Montagne Noire qui fait partie de la grande chaîne des Cévennes sépare au nord le département de l'Aude de la Haute-Garonne, du Tarn et de l'Hérault.
Dans l'arrondissement de Castelnaudary, c'est une succession de pentes arides, nues, de couleur noirâtre, entrecoupées de gorges profondes et sauvages,
où coulent des torrents qui y entretiennent des prairies, des cultures et des bouquets d'arbres.
Les premiers plans de la montagne sont plantés en vignes ; mais les sommets ne présentent guère que des ajoncs, entre lesquels pousse une herbe rare que l'on fait manger aux bestiaux.
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§ Dans l'arrondissement de Carcassonne, la chaîne se redresse, quoiqu'elle continue à présenter l'aspect d'un vaste plateau entrecoupé çà et là de déchirures profondes.
Les vallées sont bordées de chaque côté par des murailles escarpées, contrastant avec la végétation vigoureuse qui en occupe le fond.
A son origine à l'ouest, la chaîne n'a que 212 mètres d'élévation, elle atteint 615 m au-dessus du bassin de Saint-Ferréol, 651 m au-dessus de Villemagne, 916 m dans la forêt de Ramondens,
1.024 m dans la forêt de Montaud et 1.210 m au Pic de Nore, vaste croupe de pâturages qui domine un plateau montueux, en partie couvert de forêts ; c'est le point culminant du système.
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§ Un peu à l'est du Pic de Nore, la limite du département de l'Aude abandonne la Montagne Noire, qui entre dans l'Hérault jusqu'à la mer, l'Aude a pour limite : au nord, l'Hérault.
La chaîne s'abaisse rapidement ; elle n'a plus que 915 mètres au-dessus de Lespinassière, et, au delà de Caunes, ce n'est plus qu'une série de collines peu élevées, sans caractère.
Au delà d'Argeliers, la limite entre les deux départements traverse la plaine de Narbonne, coupe l'étang de Capestang, et longe à peu de distance la rive gauche de l'Aude jusqu'au Grau de Vendres.
La limite du département de l'Aude est formée, à l'est, par la mer.
La longueur de la côte est de 47 kilomètres environ ; sa courbure est assez accentuée.
En dehors de quelques collines peu élevées, comme la chaîne de la Clape et le promontoire de Leucate, cette côte est sablonneuse et plate, le mistral empêchant les dunes de se former.
Elle est fréquemment entrecoupé par des graus ou canaux naturels qui servent de passage aux eaux de nombreux étangs situés dans l'intérieur des terres,
et qui permettent aussi à la mer de venir renouveler les eaux mortes de ces étangs d'où s'exhaleraient des miasmes paludéens.
Les phénomènes géologiques ont profondément modifié cette partie du littoral.
Les montagnes de la Clape étaient, il y a quelques siècles, une île séparée du continent par un bras de mer assez large, du reste la mer occupait l'espace où s’étend aujourd'hui la plaine de Narbonne,
de Coursan et Salles-d'Aude.
Enfin Narbonne, aujourd'hui dans l'intérieur des terres, était encore, en 1520, un des premiers ports de mer de la Méditerranée ; l'Aude débouchait dans la mer à Fleury.
C'est cette rivière qui, par ses atterrissements, a formé la plaine fertile qui existe aujourd'hui et qui, au sud de Narbonne a séparé, par une langue de terre, les étangs de Bages et de Gruissan,
autrefois englobés dans la mer. Avant 1320 l’Aude passait sous les murs de Narbonne mais, à cette époque,
la rivière brisa le grand barrage établi à Sallèles-d’Aude pour dévier sa direction et se fraya un chemin direct vers la mer.
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§ L'étang de Capestang, le plus septentrional du département, est aussi le plus éloigné de la mer, et il appartient à la fois à l'Hérault et à l'Aude;
ce fut un des premiers étangs formés par les atterrissements de l'Aude.
Il a 7 kilomètres de longueur, et sa largeur varie de 1à 3 kilomètres ; sa superficie est de 1895 hectares,
dont 1226 couverts d'eau. Il est alimenté par quelques ruisseaux et par les débordements de l'Aude, avec laquelle le relient d'étroits canaux.
En suivant la côte à partir du nord, on rencontre d'abord le bras supérieur de l'Aude, qui se jette dans la mer par deux embouchures,
et forme un petit delta où sont établies quelques cabanes de pêcheurs et un poste de douaniers ; l'embouchure septentrionale, assez large, porte le nom de Grau de Vendres.
La côte forme ensuite, vers le sud, un cordon sablonneux ininterrompu qui longe la base des montagnes de la Clape. Cette chaîne,
qui s'étend entre Narbonne et la mer, est ainsi nommée du mot clapas (amas de pierres).
Sa longueur, du nord au sud, est de 15 kilomètres environ, et sa plus grande largeur, de l'est à l’ouest, est de 8 kilomètres.
Elle est composée d'un grand nombre de sommets séparés par d'étroits ravins et dont le point culmine à 210 mètres.
Avant la formation de la plaine de Narbonne, c'était une île. A la base sud de cette chaîne s'est formé le petit étang de Mateille, qui est fermé et n'a pas de grau
L'espace qui s'étend entre les montagnes de la Clape et les Corbières orientales est en grande partie occupé par les eaux des étangs de Gruissan et de Sigean.
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§ L'étang de Gruissan, qui s'étend entre la mer et l'étang de Sigean, a une superficie de 2500 ha ; sa forme est très irrégulière.
Il communique avec la mer par deux graus : le grau du Crazel, au nord, en partie comblé par les ensablements, et le grau de la Vieille-Nouvelle, au sud, aussi abandonné par les bateaux.
Entre ces deux graus, s'élève un petit massif montagneux, dont le point culmine à 70 m, et qui, comme la chaîne de la Clap était autrefois une île ;
le comblement du grau du Grazel l'a relié à la terre ferme.
L'étang de Gruissan n'est séparé de celui de Sigean que par une étroite bande de terre sur laquelle passent le canal de Narbonne et le chemin de fer de Narbonne à Perpignan.
C'est sur cette bande de terrain que se trouve l'île de Sainte-Lucie, limitée d'un côté par l'étang de Sigean, et de l'autre par le canal de Narbonne.
Les parties basses sont marécageuses ; le point culminant a 38 m d'altitude.
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§ L'étang de Bages ou de Sigean est le plus considérable du département.
Sa longueur varie entre 15 et 18 kilomètres, sa largeur entre 1500 et 5500 m ; sa superficie totale est de 4500 ha.
Sa rive orientale, à l'exception de l’îlot de Sainte-Lucie, est plate ; sa rive occidentale,
formée par les derniers prolongements de la chaîne des Corbières est découpée en une multitude de petites anses.
Les villages de Bages, de Peyriac et de Sigean, établis sur cette rive, possèdent des salines fournissant annuellement plus de 2.500.000 kilogrammes de sel.
On remarque entre Peyriac et Sigean un petit archipel d’îlots dont les plus importants sont la Planasse, les Oulous et l'île de l'Aute ; cette dernière île s'élève de 54 m au dessus du niveau de l'étang.
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§ L'étang de Sigean communique avec la mer par le grau ou canal de la Nouvelle, sur lequel est établi le Port de la Nouvelle, le seul débouché maritime du département,
Ce canal étroit, peu profond, incessamment envahi par les apports de la mer, battu par tous les vents de la terre et du large, est d'un accès difficile pour les bateaux que pousse la tempête.
Cette partie de la côte est le théâtre de nombreux sinistres maritimes.
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§ Plus au sud de la Nouvelle, on trouve l'étang de la Palme, nappe d'eau d'une superficie de 1200 ha.
Il est séparé de l'étang de Sigean par les Corbières, et de l'étang de Leucate par le promontoire de Leucate.
Il communique avec la mer par le grau de la Franqui, que le promontoire abrite contre les vents du sud et du sud-est.
A son débouché dans la mer, le grau s'élargit en une vaste rade, d'une profondeur de 6 à 10 m, et qui, ainsi abritée, pourrait être facilement transformée en un port de refuge très sûr.
Le promontoire de Leucate se dresse, au-dessus des sables voisins comme un massif de forme à peu près circulaire et d'une superficie de 9 kilomètres carrés environ.
Entouré d'eau de trois côtés, il est relié au continent par une langue de terre peu élevée, qui sépare les étangs de la Palme et de Leucate.
Du côté de la mer, il forme une falaise verticale d'une hauteur moyenne de 50 mètres.
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§ L'étang de Leucate ou de Salses appartient à l'Aude et aux Pyrénées-Orientales.
Sa superficie est de 8100 ha, dont 5800 sont constamment submergés et 2500, y compris la digue de la mer, sont alternativement couverts par les eaux de la mer ou de l'étang .
La partie comprise dans le département de l'Aude est égale à peu près au tiers de l'ensemble, et baigne les territoires de Fitou et de Leucate.
Avant la formation de la digue sablonneuse, l'étang de Leucate, comme les autres étangs du département, était un véritable golfe de la Méditerranée,
et les vagues venaient déferler au pied de la chaîne des Corbières.
Les eaux de cet étang sont plus salées que celles de la mer, cela tient à la grande évaporation qui s'opère à sa surface et à la présence des deux sources salines,
la Font-Estramer et la Font-Dame, qui jaillissent du roc et se mêlent, aux eaux de l'étang entre la limite du département de l'Aude et le village de Salses.
L'étang de Leucate est très poissonneux ;
il renferme notamment de grandes quantités de muges vivant parmi les plantes qui en recouvrent le fond et qui forment en certains endroits des prairies flottantes.
Il communique avec la mer par le grau de Leucate, au nord, et par le grau de Saint-Laurent, au sud ; mais ces deux graus sont presque toujours comblés.
III. Cours d'eau.
Le département de l'Aude appartient à la fois aux versants de la Méditerranée et de l'Océan.
La ligne de partage entre les deux versants est déterminée par la chaîne qui s'étend du Pic de Madres au col de Naurouse.
L'Aude, la Berre et l'Agly se jettent dans la Méditerranée ; les deux Hers tombent dans l'Ariège, et de là vont à l'Océan, par la Garonne.
Versant de la Méditerranée, ce versant comprend deux bassins principaux : celui de l'Aude et celui de l'Agly.
L'Aude prend sa source dans les Pyrénées-Orientales, se jette dans la mer après avoir arrosé le département auquel elle donne son nom; tandis que l’Agly,
qui prend sa source dans le département de l'Aude, a la plus grande partie de son cours dans le département des Pyrénées Orientales où elle se jette dans la mer.
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Ø L'Aude est la rivière la plus importante du département.
Elle prend sa source dans le lac d'Aude, au pied du Roc d'Aude, dans le canton de Montlouis (Pyrénées-Orientales).
Elle sort des Pyrénées-Orientales par une dépression située à l'est du col des Ares, et elle entre dans le département de l'Ariège.
Là elle se dirige d'abord au nord, et, prenant une direction ouest nord ouest, décrit une courbe immense, traverse la forêt du Carcanet, dans le canton de Quérigut ;
elle suit une profonde gorge, qui sert de limite entre l'Ariége et l'Aude, entre Carcanières (Ariège) et Escouloubre (Aude).
Au-dessous du château d'Husson, elle se grossit, à gauche, du fort torrent de Pailhères, descendu de la crête du même nom.
Elle entre dans le département de l'Aude à l'est de Campagna de Sault; toujours étroitement encaissée, elle passe au dessous de Fontanès, baigne la forêt de Gesse,
après avoir reçu plusieurs petits affluents; elle fait un grand coude vers l'est, et se grossit de l'Aiguette, qui prend sa source au Serrat de Belcaire et passe à Cournozouls et à Sainte-Colombe.
Au delà de ce confluent, l'Aude, se dirigeant vers le nord, parcourt les gorges de Saint-Georges.
Elle passe à Axat, reçoit à droite le ruisseau d'Alies, à gauche la rivière du Rebenty et s'engage dans l’étroit défilé de Pierre-Lis,
dominé par des rochers perpendiculaires de plusieurs centaines de mètres de hauteur ; elle décrit de nombreux zigzag, baigne Belvianes et Quillan,
et prête ensuite sa vallée au chemin de fer de Carcassonne.
Après avoir reçu, à droite, le ruisseau de Saint-Bertrand, l'Aude passe à Campagne-sur-Aude, reçoit, à gauche, le ruisseau de Fa, baigne Couiza, où elle se grossit, à droite, du ruisseau de Sals,
qui passe à Rennes-les- Bains.
De Couiza à Alet, la vallée se rétrécit, mais pas au point de se transformer en gorges d’Alet à Limoux, elle s'élargit de nouveau.
L’Aude reçoit, à droite, le torrent de Saint-Polycarpe, et, à gauche, les rivières de Roquetaillade, de Lagagnoux et de Cougain.
Elle baigne ensuite les territoires de Pieusse où elle se grossit, à gauche, du Sou, de Cépie, Pomas, Rouffiac-d'Aude, Preixan et Couffoulens ; à ce dernier village,
dont le nom signifie confluent, elle se grossit, sur sa rive droite du Lauquet.
Elle devient alors une large rivière étendant au loin son lit de cailloux roulés; descend en zigzags jusqu'à Carcassonne, où elle passe entre la Villeneuve et la Cité ;
se rapproche du canal du Midi, auquel elle reste sensiblement parallèle jusqu'à la mer.
Elle reçoit en suite le Fresquel, redescend vers le sud, passe à Trèbes où tombe l'Orbiel, et court vers l'est, en traversant la fertile plaine de Carcassonne.
Elle arrose Floure ; où elle reçoit la Bretonne, Barbaira, Marseillette, Blomac, Saint-Couat-d'Aude, Puichéric, Roquecourbe, Castnau-d'Aude ;
elle reçoit l'Argentdouble, torrent descendu de la Montagne Noire ; elle laisse à droite Tourouzelle, reçoit à gauche 1'Ognon, dont le cours n'est qu'en partie dans le département,
décrit de nombreux lacets, laisse à gauche Argens, Roubia, Paraza; passe entre Ventenac-d'Aude et Canet, entre Raissac, où elle reçoit l'Orbieu, et Saint-Nazaire, Saint-Marcel et Marcorignan ;
contourne, à droite, la base des collines de Moussan, et reçoit, à gauche, la rivière de Cesse.
Là, une partie de ses eaux sert à former le canal de la Robine de Narbonne, continuation du canal du Midi.
L'Aude passe ensuite à Cuxac-d'Aude, à Coursan, à Salles-d'Aude ; elle longe la base des montagnes de la Clape, et va se jeter dans la mer par deux embouchures,
à la limite des départements de l'Aude et de l'Hérault.
Le parcours total d'Aude est de 208 kilomètres, dont 180 dans le département.
La rapidité de ses pentes supérieures et le peu de profondeur de son lit dans la plaine y rendent la navigation impossible ; mais elle est flottable depuis Quillan jusqu'à la mer,
et de nombreux trains de bois, provenant de l'exploitation des forêts sont ainsi expédiés.
Plus qu'aucune autre rivière, elle varie de volume suivant les saisons et les conditions atmosphériques, et cette variation est allée de 5 mètres cubes à 5000 mètres cubes par seconde !
Suivant des calculs positifs, elle roule tous les ans 1.700. 000 mètres cubes de limon, qui se déposent le long du littoral.
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Ø Le canal du Midi
Construit par Riquet (1666-1680) a 241.664 mètres de longueur, dont 50.620 dans la Haute-Garonne, 128.015 dans l'Aude et 65.051 dans l'Hérault,
dont encore 52.291 dans le versant de l'Océan ou de la Garonne, 5.190 dans le bief de partage de Naurouse, et 184.183 dans le versant de l'Aude et de la Méditerranée.
La pente sur le versant de l'Océan est de 65 mètres, avec 26 écluses; elle est de 189 mètres avec 75 écluses, sur le versant de la Méditerranée. Le point le plus élevé du canal est le bassin de Naurouse.
Le canal prend son origine au nord-ouest de Toulouse et entre aussitôt dans le bassin de l'Embouchure, long de 240 mètres, large de 50.
A ce bassin viennent se réunir les canaux Latéral et de Brienne; ce dernier est une simple dérivation de la Garonne.
De ce bassin, le canal du Midi contourne Toulouse au nord et à l'est, passe sous le chemin de fer de Montréjeau, qui vient de se séparer de la ligne de Cette, et coule dans la vallée du l’Hers.
Près de Villefranche de Lauraguais, il remonte le premier grand aqueduc, celui du l’Hers, et quitte la vallée de ce ruisseau pour remonter celle d'un de ses affluents jusqu'à Naurouse.
Après avoir croisé le chemin de fer de Cette, en passant du département de la Haute-Garonne dans celui de l'Aude, le canal laisse à gauche les pierres de Naurouse (215 mètres d'altitude),
que domine l'obélisque élevé à la mémoire de Riquet et à la base desquelles vient se déverser la rigole qui porte au canal du Midi les eaux du bassin de Saint-Ferréol.
Pour le bassin de Saint-Ferréol et les autres travaux nécessités à la base de la Montagne-Noire par le canal du Midi.
Au delà du bief de partage de Naurouse, le canal coule à gauche du chemin de fer de Cette, le croise pour traverser le port de Castelnaudary,
va longer un instant le Fresquel, croise de nouveau la voie ferrée près d'Alzonne, pour la suivre jusqu'au port de Carcassonne.
Ce port couvre une superficie assez considérable.
Riquet avait eu le projet de faire passer le canal du Midi à Carcassonne, bien que cette ville ne se trouvât pas sur la ligne la plus directe qu'il avait d'abord tracée ;
mais les habitants n'ayant pas voulu contribuer aux frais que devait entraîner un détour si utile à leurs intérêts, il refusa de leur rendre ce coûteux service.
Le canal du Midi était donc resté éloigné de 2 kilomètres environ de Carcassonne.
La rectification, commencée en 1786, par les États du Languedoc, et terminée en 1810, coûta 2 millions, car elle nécessita de larges et profondes excavations dans le roc et de nombreux ouvrages d'art.
L'ancien canal longeait la rive droite du Fresquel ; la nouvelle branche, après avoir atteint Carcassonne, et croisé le chemin de fer,
suit la rive gauche de l'Aude et rentre dans l'ancien tracé au-dessus du pont aqueduc du Fresquel, situé à 5 kilomètres de Carcassonne.
Ce pont remarquable (5 arches) sert tout à la fois au canal et à la route de Castres.
Sa longueur est de 40 m, sa largeur de 25 m.
Après avoir laissé à droite l'embouchure du Fresquel, le canal suit, tantôt de près, tantôt à distance, la rive gauche de l'Aude ; avant de traverser Trèbes,
il franchit l'Orbiel sur un pont aqueduc de 40 mètres de longueur, ouvrage de Vauban.
Un canal de dérivation, bordé par une pépinière qui sert à renouveler les plantations des francs bords, emprunte à l'Orbiel 50.000 mètres cubes d'eau par 24 heures.
Au delà d'un défilé, le canal longe l'étang desséché de Marseillette, passe sur le pont aqueduc de l'Argent double et traverse le bois de la Redorte, suivi du pont aqueduc de l'Ognon.
De ce pont, on aperçoit, à gauche, les magnifiques vignobles d'Homps, d'Azille, de Pépieux, d'Olonzac.
Suivant un instant la limite des départements de l'Aude et de l'Hérault, le canal traverse Agens, Roubia et Paraza, puis franchit le pont aqueduc de la Repudre, dû à Riquet.
Il longe Ventenac, s'éloigne de l'Aude, laisse à gauche Ginestas, croise la Cesse, et, sur la rive droite de cette rivière, il envoie, à droite, un embranchement connu sous le nom de Robine de Narbonne.
Au delà de la bifurcation, et après avoir laissé à gauche Argeliers, le canal du Midi passe du département de l'Aude dans celui de l'Hérault, décrit plusieurs méandres et longe Capestang.
Il contourne le nord de l'étang de Capestang, traverse Poilhe et s'engage dans le souterrain de Malpas, long de 85 mètres.
En arrivant à Béziers, il se trouve à 25 mètres ; au-dessus de l'Orb ; il descend au niveau de la rivière par une série de bassins superposés, qui forment un gigantesque escalier hydraulique.
Au dessous de Béziers, il franchit l'Orb sur un pont aqueduc.
Il traverse ensuite la fertile plaine de Villeneuve, laisse à droite Villeneuve les Béziers, à gauche Portiragnes,
passe sur le magnifique pont aqueduc construit sur le Libron, puis sous le chemin de fer d’Agde à Lodève, croise l'Hérault à Agde, et vient se terminer à l'étang de Thau,
à 2 kilomètres au sud de Marseillan.
Au delà de l'étang de Thau, la navigation se continue par le canal de Cette jusqu'au port de cette ville.
II communique, en outre, avec le port d'Aigues-Mortes et le Rhône par le canal des Etangs et le canal de Beaucaire.
Le bassin de Saint-Ferréol, le principal réservoir du canal du Midi, formé dans la vallée du Laudot, au moyen d'un barrage transversal, mesure 1558 mètres de longueur,
800 mètres de largeur près de sa digue, et 52 mètres 14 centimètres dans sa plus grande profondeur.
Sa superficie est de 67 hectares quand il est plein; il contient alors 6.574.000 mètres cubes d'eau.
La digue de barrage a 70 mètres d'épaisseur, 52 mètres 14 cm de hauteur et près de 800 mètres de longueur.
Lorsque les eaux atteignent 51 mètres 55 cm, le trop-plein se déverse dans le vallon du Laudot par une magnifique cascade.
Le réservoir peut se vider par des vannes jusqu'à une profondeur d'environ 11 mètres ; puis par des robinets jusqu'à 29 mètres; enfin, pour les deux derniers mètres,
par une voûte de vidange ou pale de bonde.
Les robinets, placés au fond d'une voûte de 75 mètres de longueur, fournissent chacun 58.000 mètres cubes d'eau par 24 heures.
Lorsqu'on les ouvre à l'aide de crics, l'eau s'y précipite avec un bruit de tonnerre et produit une commotion de l'air à laquelle ne résiste aucune autre lumière que celle du goudron enflammé.
Il faut environ 60 jours pour remplir le bassin de Saint Ferréol, et 8 jours pour le vider.
Le réservoir du Lampy Neuf (23 hectares 1/2) contient 1.672.000 mètres cubes d'eau ; il a 775 mètres de longueur, 584 mètres de largeur et 15 mètres de profondeur,
sa digue est large de 120 mètres à la base, de 7 mètres à la partie supérieure, et haute de 15 mètres. 65 cm.
La prise d'eau d'Alzau est le point extrême et culminant du canal du Midi.
Un barrage à poutrelles, avec revêtement de pierre de taille peu élevé et construit sur le plafond du ruisseau, permet de jauger journellement la quantité d'eau prise à l'Alzau, rivière, qui,
descendant des sommets de la Montagne Noire, va se jeter, à Montolieu, dans la Dure, un des affluents du Fresquel.
Près de la prise d'eau s'élève le monument érigé, par M. le duc de Caraman, à la mémoire de son aïeul.
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Ø Le canal de Narbonne, ou Robine de Narbonne,
Il s'embranche avec le canal du Midi, entre Mirepeisset et Sallèles d'Aude, près de la rive gauche de la Cesse.
Il passe à Sallèles-d'Aude, traverse l'Aude au-dessous du confluent de cette rivière avec la Cesse, passe à Narbonne, et,
suivant l'étroite langue de terre qui sépare les étangs de Rages et de Gruissan, aboutit au canal de La Nouvelle, et de là à la mer.
Son parcours est de 56022 mètres, et la longueur du canal de La Nouvelle est de 2550 mètres. Le mouvement de la navigation sur ce canal consiste surtout en vins et en bois de construction.
IV. Climat
Le département de l’Aude appartient à la fois au climat girondin et au climat méditerranéen. La haute vallée du Fresquel et de l’Hers appartiennent au climat girondin ; le printemps y est humide, l’hiver pluvieux ou froid, et en été les orages y sont assez fréquents. La partie du département comprise entre Carcassonne et la mer appartient au climat méditerranéen ; c’est par excellence le pays de la vigne. Le nombre moyen des jours de pluie est de 59,6 et celui des nuits de 57,2 ; la quantité moyenne de pluie tombée par année est de 587 millimètres. Cette abondance d’eau, malgré la rareté des jours de pluie suffisent pour faire déborder torrents et rivières. La grêle exerce aussi de fréquents ravages dans les basses Corbières et dans la partie de la vallée de l’Aude comprise entre Limoux et Carcassonne.
La température varie suivant l’altitude des lieux ; cependant elle est généralement tempérée: le thermomètre descend rarement en hiver, à Carcassonne, au-dessous de -3°; à Castelnaudary et à Limoux, au-dessous de -4° ; dans la Montagne Noire et les Corbières au-dessous de -7°. Il gèle rarement dans la plaine de Narbonne. En été, la température monte quelquefois à + 35° ; elle atteint souvent + 30°. La moyenne de l'été est de + 22° dans la vallée de l'Aude, et celle de l'hiver de + 6°.
Les vents soufflent parfois avec violence ; les deux plus fréquents sont le Cers et le Marin. Le Cers, bien connu des anciens sous le nom de Circius, souffle de l'ouest et se fait sur tout sentir dans la région des étangs et sur la côte; il a renversé le train de Narbonne à Perpignan. C'est ce même vent que l'on désigne en Provence sous le nom de Mistral et dans les Pyrénées-Orientales sous le nom de «Tramontana ». Le Marin, qui souffle de la Méditerranée, se fait surtout sentir dans les environs du col de Naurouse, quoique sa violence soit moins grande que celle du Cers, il n'en exerce pas moins des ravages considérables. Le nombre de jours où souffle le Cers est le double du nombre de jours où souffle le Marin.
V. Curiosités naturelles.
Outre ses beaux rochers, ses défilés, ses gorges, ses étangs et ses plages, le département de l'Aude abonde en paysages, en sites pittoresques tels que le vallon verdoyant des Pichoulières, près de Cascastel, où des jardins étagés forment comme un gigantesque escalier de verdure, entouré d'escarpements à pic, et d'une grandeur sauvage comme la région où se dresse le Pic de Bugarach, espèce de donjon anguleux, haut de 1231 mètres, reposant de tous côtés sur des escarpements à pic.
Le département est riche en cavernes à ossements provenant d'animaux antédiluviens. Il existe de ces cavernes, à la Crouzade, à Limousis, à Fourne, à Villanière, à Sallèles Cabardès, à Padern et à Bize.
A Bize, on a trouvé, mêlés à des ossements d'animaux, des instruments en silex ; de petits objets en os, en corne ou en ivoire, des poteries grossières. A Padern, ces objets ont été recueillis en plus grand nombre ; les poteries, les armes en silex, tels que couteaux, haches, crochets, lances étaient confondus avec des débris de squelettes humains et d'animaux.
L'Aude possède en outre de belles grottes dont les plus remarquables sont celles d'Escouloubre, de Rivel, d’Espezel, de Fourtou, etc.
Des gouffres appelés Eillals, près de Narbonne ; de nombreux pertuis ou entonnoirs où s'engouffrent les eaux des pluies, dans la Montagne Noire, aux environs de Tressanel, de Cabrespine, sur le plateau de Belcaire, etc. de belles cascades dont les plus hautes sont celles de Fourtou, qui ont 100 mètres de hauteur, des gorges superbes et autres curiosités naturelles énumérées en détail dans le Dictionnaire des communes.
Citons enfin les sources salées de Sougraigne (800 mètres cubes par jour), au nombre de trois, qui doivent leur forte salure aux dépôts de sel gemme qu'elles traversent.
VI. Histoire
Avant la conquête du pays par les Romains, le territoire du département de l'Aude était occupé par une peuplade celtique, les Volques Tectosages, qui après en avoir chassé les populations primitives avaient fait de Toulouse leur capitale.
Les auteurs latins citent cette peuplade sous le nom de Volcoe, Volgoe, Bolgoe, et Cicéron les appelle Belgoe. Ce dernier nom semble indiquer une parenté étroite avec les Belges, qui occupaient, au nord de la Gaule, le territoire compris entre la Seine et le Rhin.
Après la défaite des Arvernes, dans la confédération desquels les Volques s’étaient rangés, leur pays devint une province romaine (120 ans avant Jésus Christ). En 118 une colonie romaine fut fondée à Narbonne, qui prit le nom de Narbo Martius, parce qu’elle était consacrée au dieu Mars. Cette partie de la Gaule était comprise dans la région qu’on appelait d’une manière générale la Province romaine. En l’an 27 avant Jésus-Christ, Narbonne devint la capitale de la province Narbonaise. Cette province avait pour limites: au sud, la Méditerranée et les Pyrénées; à l'ouest, la Gimone, affluent de la Garonne; au nord et au nord-ouest, le Tarn, les Cévennes et le Rhône; à l'est, une grande ligne allant de Genève à l'embouchure du Var. Narbonne devint alors une cité florissante, décorée de nombreux et magnifiques monuments. Narbonne était, en outre, le premier port de la Gaule méridionale, car elle était accessible par mer. Les Romains y exécutèrent de grands travaux, pour permettre à leurs bateaux d'aborder plus facilement. Cette prospérité dura jusqu'au quatrième siècle, époque à laquelle les invasions des barbares et les envahissements boueux de l'Aude ruinèrent le port de Narbonne.
En 407 après Jésus-Christ, eut lieu une première invasion des Vandales, des Alains et des Suèves. En 415, les Wisigoths s'emparèrent de Narbonne. Chassés en 416, ils revinrent en 419, et s'établirent définitivement dans une partie de la Narbonnaise. En 437, déjà maîtres de Carcassonne, ils s'emparèrent de nouveau de Narbonne et s'avancèrent vers le nord de la Gaule, mais Clovis les battit à Vouillé (507), et les refoula dans la Narbonnaise. L'année suivante (508), Clovis vint en personne mettre le siège devant Carcassonne, tandis que Gondebaud, roi des Bourguignons, son allié, s'emparait de Narbonne. Mais en 509, les Wisigoths rentraient dans ces deux villes. En 511, Narbonne devint la capitale du royaume des Wisigoths.
En 531, Childebert, fils de Clovis, pilla Narbonne et tua le roi Wisigoth Amalaric. En 587. Gontran, roi des Bourguignons, envoya une armée devant Carcassonne; mais ses soldats furent chassés. Il revint l'Année suivante et s'empara de la ville, qu'il abandonna ensuite. De 687 à 694, les Francs firent trois tentatives infructueuses sur la Narbonnaise.
De 715 à 718, on vit apparaître les premiers Sarrasins. En 720, leur chef, Zama, s'empara de Narbonne. Abd-er-Rhaman, ou Abderame, prit ensuite Bordeaux, dispersa l'armée du duc d'Aquitaine, ravagea le Périgord, la Saintonge, l'Angoumois et le Poitou ; mais Charles Martel l’arrêta à Poitiers (752), et sauva la Gaule d'une conquête musulmane. Refoulés vers le Midi, les Sarrasins dévastèrent la Provence (756), et s'emparèrent d'Avignon, qu'ils fortifièrent. Charles Martel accourut alors (755) ; il détruisit Avignon et alla mettre le siège devant Narbonne. Une armée de Sarrasins ayant débarqué près de Sigean, il la tailla en pièces à la bataille de la Berre ; mais il abandonna le siège de Narbonne et laissa les Sarrasins dans le pays. En 759, Pépin le Bref s'empara de Narbonne, et chassa les Sarrasins au delà des Pyrénées. Ceux-ci firent une nouvelle incursion en 795; ils ravagèrent les environs de Narbonne, battirent près de Lagrasse Guillaume au Court-Nez, duc d'Aquitaine, et rentrèrent en Espagne, avec un riche butin et de nombreux prisonniers.
De 781 à 817, Narbonne et Carcassonne furent unies au duché de Toulouse. En 845, le Languedoc fut partagé entre les fils de Louis le Débonnaire : Charles le Chauve eut le Narbonnais et Pépin d'Aquitaine le comté de Carcassonne. En 859, les Normands, qui avaient fait une première apparition vers 805, ravagèrent les côtes et pillèrent Narbonne ; ils revinrent encore en 892.
A l'époque où s'établit la féodalité, le département actuel de l'Aude fut subdivisé en une multitude de fiefs, parmi lesquels deux principaux : le comté de Carcassonne et de Rasez, et le comté de Narbonne. Les pays voisins furent administrés de la manière suivante : les comtes de Toulouse, dont la résidence était à Toulouse étaient ducs de Septimanie (Narbonne, Agde, Béziers, Maguelonne, Carcassonne, Elne et Lodève), marquis de Provence, suzerains de Béziers, de Foix et de Comminges du Gévaudan, de l’Agennois et du Velay. Les comtes de Barcelone et d’Aragon possédaient une partie de la Provence, le Roussillon et la Cerdagne; Montpellier reconnaissait leur suzeraineté. Les seigneurs de Narbonne et de Carcassonne, placés entre ces deux puissants voisins, reconnurent alternativement la suzeraineté de l'un ou de l'autre, selon leurs intérêts ; ils invoquaient le secours du roi d’Aragon, quand ils voulaient se dégager des comtes de Toulouse, et se servaient à leur tour de ces derniers, quand ils voulaient se dégager de l’Aragon. Les populations ne pouvaient que souffrir de tous ces caprices seigneuriaux, car c’est sur elles que retombait tout le poids de la guerre. En outre, un grand nombre de petits seigneurs locaux exerçaient le pillage et la dévastation pour leur propre compte, se retiraient ensuite dans leurs châteaux crénelés pour y jouir en paix du fruit de leurs rapines. La Trêve de Dieu n'apporta à tous ces maux qu'un soulagement insuffisant et de peu de durée.
Bientôt un malheur plus terrible vint fondre sur ce pays, nous voulons parler de l'hérésie des Albigeois et de la guerre qui eut pour but de la détruire. Cette secte admettait, comme le manichéisme, l'existence simultanée d'un Dieu bon et d'un Dieu mauvais, et attaquait la hiérarchie de l'Église. Le Midi de la France, où l'arianisme avait laissé de profondes racines, adopta avec faveur la nouvelle doctrine ; les seigneurs, la bourgeoisie et le peuple se montrèrent également disposés à l'accepter. Apparue en France dans le commencement du IXème siècle, elle fit bientôt de tels progrès qu'elle avait envahi presque tout le Midi au commencement du siècle suivant. L'Église fit en vain condamner cette hérésie dans les conciles de Toulouse (1118), de Lombers (1165) et d'Albi (1176) ; en vain elle établit l'Inquisition (1198) pour en arrêter les progrès, les adhérents ne faisaient qu'augmenter. Le pape Innocent III se décida alors à traiter les Albigeois comme des Sarrasins, à publier contre eux une croisade (1208). Il appela les Français du nord contre les Français du midi, et réunit à Lyon une forte armée sous les ordres de Simon de Montfort. La première ville assiégée fut Béziers (1209). Catholiques et hérétiques s'étaient réfugiés dans la ville, car l'armée croisée paraissait également redoutable aux uns et aux autres. Ayant refusé de se rendre, leur extermination fut décidée. La ville fut prise, pillée, incendiée, et tous les habitants passés au fil de l'épée, sans exception de religion.
De Béziers, les croisés marchèrent sur Carcassonne, où s'était retiré Raymond Roger, vicomte de Béziers. La Cité de Carcassonne était la plus forte place de sa seigneurie. L'investissement commença le 1er août 1209. Voyant l'impossibilité de s'emparer de vive force d'une position aussi importante, le légat du pape recourut à la ruse. Il fit dire à Raymond Roger que les croisés étaient disposés à lui accorder une capitulation honorable, et l'invita à venir en discuter les termes. Raymond, croyant pouvoir se fier à la parole du légat, descendit au camp des croisés. Aussitôt il fut fait prisonnier, et la garnison de la Cité se rendit à discrétion pour obtenir la rançon de Raymond (15 août 1209). Tous les habitants furent exilés, et l'infortuné Raymond, jeté dans un cachot par Simon de Montfort, ne tarda pas à mourir. Débarrassé de son rival, Simon de Montfort fut fait seigneur de Béziers, de Carcassonne et du Rasez. Narbonne s'était mise à l'abri des croisés en faisant sa soumission préalable.
Les années suivantes, Simon de Montfort s'empara de différentes places dans le pays de l'Aude ; les châteaux de Minerve, de Saissac, de Castelnaudary, de Laurac, de Termes, de Preixan, de Montréal, de Fanjeaux, et un grand nombre d'autres tombèrent entre ses mains, et, donnés par lui à des seigneurs croisés, lui assurèrent la possession du pays qu'il laissait derrière lui. En 1210, Lavaur fut ravagé. En 1212, Raymond VI, comte de Toulouse, fut défait à Castelnaudary. Simon de Montfort s'avança alors vers Toulouse, qui était devenue le principal boulevard des Albigeois. Raymond VI et son allié, Pierre II roi d'Aragon, ayant marché à sa rencontre, les battit à la bataille de Muret (1215) ; Pierre II resta parmi les morts. En 1215, le cardinal Robert de Courçon, légat du pape, donna à Simon de Montfort Toulouse (qui n'était pas encore prise) et tout le pays enlevé aux Albigeois.
Simon fit hommage à Philippe Auguste du duché de Narbonne du comté de Toulouse et des vicomtés de Béziers et de Carcassonne.
Cependant la guerre traînait trop en longueur ; le pape ordonna qu'on l'activât. Raymond VI et son fils, qui s'étaient réfugiés en Italie, reparurent dans leurs domaines, et tout le Midi se souleva en leur faveur (1226). Simon de Montfort poussa alors activement les travaux du siège de Toulouse, mais il fut tué par une pierre que lui lancèrent des femmes avec un pierrier (1218). Son fils et successeur, Amaury de Montfort, tenta en vain un nouvel effort contre Toulouse (1219) ; il fut repoussé. Le Midi l'abandonnait pour reconnaître Raymond VII, qui avait hérité de son père (1222) ; et Amaury fut obligé de conclure une trêve avec son adversaire (1224). Incapable de maintenir ses droits, il en fit pleine cession au roi de France, Louis VIII.
La croisade ayant été de nouveau prêchée contre Raymond VII, Louis VIII parcourut le Midi (1226), et entra à Narbonne et à Carcassonne. Raymond VII semblait perdu, mais la mort du roi le sauva. Le 12 avri11229, il conclut avec le sire de Beaujeu, régent de France pour le compte de Louis IX enfant, un traité par lequel il abandonnait à la France une grande partie de ses domaines. Carcassonne, le Rasez et Narbonne furent ainsi réunis à la couronne.
En 1240, un mouvement populaire éclata contre la domination française. Le vicomte Trencavel, fils de Raymond Roger, tenta de reconquérir ses domaines. Un grand nombre de villes et de châteaux se révoltèrent en sa faveur, les faubourgs de Carcassonne lui ouvrirent leurs portes, mais il ne put s'emparer de la Cité, qui bien munie de provisions de toute espèce, se défendit jusqu'à l'arrivée des secours que Louis IX envoya aux assiégés. Trencavel, obligé de se retirer, alla s'enfermer dans le château de Montréal, qu'il essaya vainement de défendre. Il dut bientôt capituler, et Carcassonne fut alors définitivement réunie à la couronne. Cette expédition malheureuse du dernier des Trencavel fut l'origine de la nouvelle ville de Carcassonne. Louis IX fit raser les restes des faubourgs, et, isolant complètement la Cité, entreprit de la rendre une des places les plus fortes de son temps. Quant aux bourgeois des faubourgs, il leur ordonna de s'établir sur l'autre rive de l'Aude. C'est là que commença (1247) la ville basse, aujourd'hui beaucoup plus importante que la ville haute. Pour empêcher l'hérésie albigeoise de s'implanter dans la nouvelle ville, un grand nombre de moines y accoururent et y fondèrent des couvents.
En 1305, les habitants de Carcassonne firent une tentative malheureuse pour s'emparer de la Cité et en chasser les Français. Carcassonne favorisée par Philippe le Bel (1310), ne tarda pas à devenir une ville commerçante. De nombreux juifs y accoururent, et on leur accorda un cimetière, une synagogue et des boucheries séparés. En 1355, la ville basse, mal fortifiée, fut en grande partie incendiée par le prince Noir. Elle se releva de ses ruines en 1329. C'est là que furent tenus, en 1358, les États de Languedoc, qui députèrent au roi Jean, captif à Londres, huit délégués avec mission de lui offrir « les corps, les biens et les familles de tous les habitants de la province pour sa délivrance. »
Les règnes de Charles VI et de Charles VII furent marqués par les nombreux ravages qu'exercèrent les grandes compagnies ou troupes de soldats pillards qui saccageaient les campagnes et les villes ouvertes. En 1483, Charles VIII réunit à la couronne plusieurs domaines jusque là indépendants : le Lauraguais, Olonzac, Azille, Leucate et le Minervois. En 1533, François 1er visita Castelnaudary, Carcassonne et Narbonne ; il y revint en 1542, pour aller faire le siège de Perpignan.
Les guerres de religion ensanglantèrent l'Aude. En 1560, les protestants de Carcassonne, qui étaient en petit nombre, renversèrent de son piédestal une statue de la Vierge, cette imprudence leur coûta la vie. La majorité de la population, qui était restée catholique, ne se contenta pas d'avoir égorgé, en un jour de colère, tous les calvinistes qu'elle avait rencontrés sur la voie publique. En 1562, les commissaires royaux avaient assigné aux protestants, comme lieu de réunion pour leur prêche, l'hôpital des pestiférés ; le 15 mars, comme ceux-ci revenaient du prêche, ils furent assaillis à coup d'arquebuses et presque tous massacrés. Plus tard, Carcassonne jura tous les articles de la Sainte ligue, et, de 1591 à 1596, elle resta complètement au pouvoir des Ligueurs.
L'année 1632 fut marquée par la révolte du maréchal de Montmorency, gouverneur du Languedoc, contre Louis XIII et Richelieu. Battu et fait prisonnier au combat du Fresquel, près de Castelnaudary, il fut conduit à Toulouse et condamné à avoir la tète tranchée. L'exécution eut lieu le 30 octobre 1632, malgré les plus puissantes intercessions.
En 1642, Cinq-Mars forma à Narbonne une conspiration contre le cardinal de Richelieu. Le complot éventé, Cinq-Mars et de Thou, confident de ses projets, furent condamné à mort et exécutés à Lyon le 12 septembre 1642.
Sous Louis XIV, Colbert favorisa la fabrication des draps fins de Carcassonne, qui firent dans tout le Levant une concurrence efficace aux draps de Hollande. La création du canal du Midi donna un grand essor au commerce de la contrée. Castelnaudary doit à ce canal son importance commerciale.
Depuis cette époque jusqu'à nos jours, nous n'avons pas à signaler d'événements importants pour l'histoire de l'Aude. Les invasions espagnoles pendant les guerres de la Révolution s'arrêtèrent au département voisin des Pyrénées-Orientales, et ne franchirent pas les Corbières.
VII. Population, Langue, Culte, Instruction publique.
La population de l'Aude s'élève, d'après le recensement de 1881, à 521.038 habitants (152.585 du sexe masculin, 147.680 du sexe féminin, recensement de 1876). A ce point de vue, c'est 55ème département. Le chiffre des habitants divisé par celui des hectares donne environ 48 habitants par 100 hectares ou kilomètre carré : c'est ce qu'on nomme la population spécifique. La France entière ayant 70 habitants par kilomètre carré, il en résulte que le département de l'Aude renferme, à surface égale, 22 habitants de moins que l'ensemble de notre pays.
Depuis 1800, date du premier recensement officiel accompli dans l'Aude, le département a gagné 95.910 habitants.
La langue parlée par les habitants des campagnes est le patois languedocien ; on y trouve quelques mots d'origine celtique et arabe, ainsi que quelques traces d'espagnol.
Presque tous les habitants de l'Aude sont catholiques. En 1872, le nombre des protestants ne dépassait pas une centaine ; et on n'y comptait que 20 israélites.
Le nombre des naissances a été, en 1.880, de 7.679 (plus 265 mort-nés) ; celui des décès, de 7.097; celui des mariages, de 2.255.
La vie moyenne est de 37 ans 7 mois.
Le lycée de Carcassonne a compté, en 1879, 592 élèves ; le collège communal de Castelnaudary, 158 élèves; les institutions secondaires libres, 837; les séminaires, 691 ; 728 écoles primaires, 41.000; 4 salles d'asile, 3314.
Sur 31 accusés de crime, en 1878, on a compté :
- Accusés ne sachant ni lire ni écrire 14
- Sachant lire et écrire 14
- Ayant reçu une instruction supérieure 3
L'Aude forme le diocèse de Carcassonne (suffragant de Toulouse). Carcassonne est le siège d'une subdivision de la 16ème région militaire de Montpellier. Le département ressortit: à la cour de Montpellier, à l'Académie de Montpellier, à la 16ème légion (bis) de gendarmerie (Perpignan), à la 9ème inspection des ponts et chaussées, à la 20ème conservation des forêts de Carcassonne, à l'arrondissement minéralogique de Toulouse division du Sud-Ouest. Il comprend: 4 arrondissements (Carcassonne, Castelnaudary, Limoux, Narbonne), 31 cantons, 456 communes.
- Chef lieu du département: CARCASSONNE
- Chefs lieux d'arrondissement : Carcassonne, Castelnaudary, Limoux, Narbonne.
VIII. Agriculture
Sur les 651 524 hectares du département, on compte :
| Terres labourables. |
227 701 hectares. |
| Prairies naturelles et arrosables. |
7 080 hectares |
| Bois et forêts. |
50 417 hectares |
| Vignes |
142 202 hectares |
| Pâturages et pacages. |
26 084 hectares |
| Landes. |
123 680 hectares |
| Superficies bâties, voies de transport, rivières, etc. |
4 360 hectares |
En 1878, on comptait dans le département 31.700 chevaux, 4.000 mulets, 7.200 ânes, 46.500 bœufs. La race chevaline ne se distingue pas par des qualités spéciales.
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Les ânes sont surtout nombreux dans les Corbières narbonnaises, où le mauvais état des chemins les rende très utiles. Les mulets, que l'on fait venir du Tarn et de l'Aveyron, sont surtout employés pour le labour, ainsi que les bœufs.
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Ceux-ci sont tirés de l'Ariège et du Gers. On les fait travailler de 4 à 11 ans, puis on les fait engraisser dans les plaines de l'Aude, et on les vend comme animaux de boucherie sur le marché de Béziers.
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Les vaches ne sont employées que pour les petits labours et pour la production des veaux; leur lait n'est utilisé ni en beurre ni en fromages.
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La race ovine comprend 294.000 individus; on les élève dans les vastes terrains vagues des Corbières et de la Montagne Noire ; ils produisent chacun de 5 à 4 kilogrammes de laine par an, et en totalité environ 692 500 kilogrammes par an. La laine des Corbières, très fine, est utilisée dans les fabriques de draps de Carcassonne, Limoux et Chalabre; celle de la Montagne Noire, beaucoup plus grossière, sert à la fabrication des couvertures de laine et des draps de bure, que l'on expédie à Castres, dans le Rouergue et le Quercy. Les moutons, une fois engraissés, sont en partie expédiés à Béziers.
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Les chèvres sont très peu nombreuses.
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La race porcine 12.000 individus abonde surtout dans la Montagne Noire; elle est caractérisée par des oreilles longues, une tête allongée, des jambes hautes et un dos arqué; la viande en est très savoureuse.
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Les volailles, oies, dindes, etc., sont élevées spécialement dans la plaine de Castelnaudary et s'exportent en grand nombre; les oies (55 000 environ) sont engraissées artificiellement, et leur graisse remplace le beurre pour la cuisine.
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L'apiculture est développée dans l'arrondissement de Narbonne ; on y compte 5 495 ruches, produisant annuellement 21.980 kilogrammes de miel, et 5.290 de cire. Le miel de Narbonne est très estimé.
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Les céréales occupent dans le département une superficie de 140.000 ha environ. Le blé (855.790 hectolitres en 1878) est cultivé dans les parties basses et sur les premiers plans des hauteurs ; le meilleur se récolte dans la plaine de Coursan, dans les vallées du Fresquel et du Tréboul, dans le Rasez et sur les coteaux argileux du Lauraguais. L'avoine (290.850 hectolitres en 1878) ne se cultive guère que dans la plaine, à cause des sécheresses. L'orge (65.060 hectolitres), plus robuste, prospère sur les hauteurs des arrondissements de Carcassonne, Limoux et Narbonne. Le seigle (121 940 hectolitres) ne se cultive guère que dans les parties froides des Corbières et de la Montagne Noire; il sert à faire le pain des montagnards. Le maïs (495.000 hectolitres) est en faveur dans le Rasez et le Lauraguais.
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La pomme de terre (407.700 hectolitres.) prospère dans les hautes vallées du département; elle est consommée par les habitants, et le rebut sert à l'engraissement des cochons. La betterave (15.750 quintaux métriques) est cultivée dans l'arrondissement de Castelnaudary, et sert pendant l'hiver à la nourriture des bœufs et des moutons. Les légumes secs (6.480 hectolitres.), haricots, fèves, pois et autres farineux sont cultivés en petites quantités, surtout à Plaigne, Payra, etc.; les haricots les plus estimés sont ceux de Villardebelle.
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Le lin (950 quintaux métriques) est cultivé dans l'arrondissement de Castelnaudary; le chanvre, dans la Montagne Noire.
Le département a produit en outre, en 1878, 5.040 hectolitres de méteil ; 337 onces de graines de vers à soie, mises à l'éclosion, ont donné 9.436 kilogrammes de cocons. On y récolte, en outre: des navets estimés à Villemagne, etc. ; des fraises à Labecède Lauraguais, Alet ; du sumac ou redou, à Alet, Ginoles, etc. lequel est employé par la teinturerie et la mégisserie, ou expédié en Angleterre, et des chardons (surtout à Alaigne, Brézillac et Donazac), qui sont utilisés par les fabriques de draps.
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Ø Les prairies, soit naturelles, soit artificielles, se rencontrent dans presque toutes les parties du département ; les espèces les plus cultivées sont le trèfle rouge, le trèfle incarnat, le sainfoin, la luzerne et la vesce. Les pâturages abondent dans les parties élevées de la montagne et servent au pacage des troupeaux. La rareté des canaux d'arrosage est la cause du peu de développement des prairies sans lesquelles il est impossible d'avoir une agriculture prospère. Aussi eût il été à désirer que le projet primitif d'irrigation, par un canal dérivé du Rhône, qui devait combler en partie cette regrettable lacune, eût été mis à exécution. Un autre projet de canal, dérivé de l'Aude, dit canal de Canet, qui arrosera les communes de Tourouzelle, Lézignan, Canet et Raissac, sera probablement exécuté.
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Ø La vigne constitue la plus grande richesse du département. Les vignobles (4 794 620 hectolitres en 1881; production moyenne, 2 850 000 hectolitres.) prospèrent dans tous les arrondissements, surtout dans celui de Narbonne; le produit moyen par hectare est de 50 hectolitres. Les vins du Narbonnais, épais et riches en alcool sont exportés dans l'intérieur de la France ou à l'étranger, et servent à couper les autres vins. Les vins rouges de Limoux et ses vins blancs, connus sous le nom de blanquette, sont estimés.
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Ø L'olivier croît à une altitude moindre de 760 mètres, dans les cantons, de Lagrasse, de Tuchan et dans la vallée de l'Aude.
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Ø Les arbres fruitiers les plus répandus sont: le poirier, le pommier, le pêcher, le prunier, le figuier, le cerisier, l'abricotier et l'amandier. On trouve surtout des abricots et des poires à Alet; des cerises à Antignac et à Toureilles; des prunes à Festes et Saint André, Montazels, Axat; des pêches à Quillan, Brenac; des figues à Belvianes et des grenades à Montazels. Le noyer croît dans les vallées; le châtaignier, dont le bois sert à fabriquer des cerceaux et des douves, dans la Montagne Noire et le canton de Couiza.
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Ø Les forêts, dont les plus étendues sont celles d'Alaric (1.968 ha), de Fanges (1.120 ha), de Lafajole (725 ha), Vignevieille (666 ha), Comus (659 ha), Lespinassiére (657 ha), Puilaurens (652 ha), la Plaine (548 ha), Argent Double (638 ha), etc., sont presque toutes comprises dans l'arrondissement de Limoux et dans la Montagne Noire.
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Le pin et le sapin forment de magnifiques futaies dans la région pyrénéenne. Les sapins des forêts de Lafajole, et surtout ceux de la forêt de Callong sont, au dire des forestiers, sans rivaux connus. Les autres arbres les plus communs dans le département sont: le chêne, le chêne vert, l'orme, le saule, le peuplier, le platane, le buis, qui couvre une grande partie des Corbières orientales, le houx et l'arbousier.
IX. Industrie, Mines, Sources minérales.
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Ø Parmi les métaux, nous citerons : dans la Montagne Noire, des mines de fer, de zinc, d'antimoine et de plomb, en partie inexploitées à cause de la difficulté des transports.
Les mines de fer de la Canette, dans la commune de Lastours, produisent une moyenne annuelle de 1200 tonnes de minerai. Dans les Corbières on trouve des mines de plomb argentifère à Maisons, à Davejean, à Lanet, à Palairac, à Padern et à Montgaillard. Le cuivre seul se trouve à Rodome, Missègre, etc. ; et, mélangé d'argent et de plomb, à Maisons, à Montgaillard et à Lanet ; l'antimoine se trouve à Montgaillard; le manganèse, à Palairac et à Bouisse, Missègre, Valmigère, etc. On exploite le fer à Serremijane et à Villerouge, au Pla des Barrals, à la Falgasse, à la Matte, Albas, Cascastel et Villeneuve. Les mines de fer d'Axat sont actuellement inexploitées. Les forges de Quillan produisent environ 2000 quintaux de fer par an. La Nouvelle possède deux hauts fourneaux.
Les combustibles minéraux (6 concessions embrassant une superficie de 10 289 ha) se trouvent dans les communes de Bize, Durban, Mailhac, Pépieux, Pouzols, Sainte-Valhière, Paraza, Ventenac, Ginestas, Truchan, Quintillan et Palayrac.
Il n'y a de la houille que dans ces 5 dernières communes et dans celle du Durban. Le produit total du lignite, qui est seul exploité, a été, en 1881, de 195 tonnes.
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Ø Les marbres et les carrières de pierre constituent une des principales richesses du département.
Dans l'arrondissement de Limoux, on trouve: la pierre de taille, à Nébias ; le tuf, à Roquefort ; l'ardoise, à Campagna; le marbre blanc, à Camurac, le talc, à Counozouls ; le talc et la plombagine, à Comus et à Camurac. Roquetaillade a 4 carrières de pierre de taille; Fa, une carrière de gypse inexploitée.
Dans la Montagne Noire, on trouve des carrières d'ardoises, à Caudebronde et à Lespinassière ; du granit, à Brousses et à Cessac ; du marbre gris veiné de blanc et de noir, à Citou. Citons enfin les remarquables carrières de marbres de Caunes, qui alimentent un grand nombre de marbreries, et dont les blocs sont expédiés dans toute la France. Dans la plaine de l'Aude, on exploite la pierre de taille à Carcassonne, Villegly, Villarzel Cabardès, Laure, Malves, Pezens et Moussoulens.
Dans les collines Narbonnaises, les carrières de pierre de Fabrezan occupent 60 ouvriers; celles de dalles d'Armissan, 60 ouvriers. On trouve 8 carrières de pierre bleue à La Palme; des carrières de pierre de taille et de marbre brèche, à La Nouvelle. Sigean possède 6 carrières de marbre noir, veiné de blanc, connu sous le nom de pierre de La Nouvelle.
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Ø Les carrières de gypse, fort abondantes, entretiennent de nombreux fours à plâtre.
On en trouve à Portel et à Fa; Mas Saintes Puelles produit pour plus de 100 000 francs de plâtre par an. Ricaud, Fendeille, Villeneuve-la-Comtal, Ornaisons, Talairan, Lagrasse, Massac, Tuchan, Auriac en fabriquent une grande quantité.
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Ø Une industrie qui prospère dans le département, c'est la fabrication du soufre qui passe de l'état brut à l'état sublimé.
On trouve des usines à Villalier (50 000 kilogrammes par an), à Tourouzelle, à Narbonne (1 million de francs par an), et à La Nouvelle. Cette dernière ville contient 5 usines qui tirent leur soufre de la Sicile, et qui donnent par an pour plus d'un million de francs de produits.
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Ø Les salines sont nombreuses le long de la côte.
Nous citerons celles de Sigean, qui donnent une moyenne de 60 000 à 70 000 quintaux métriques de sel par an.
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Ø Les sources minérales, quoique moins célèbres que celles des autres départements pyrénéens, méritent cependant d'être citées.
Les principales sont :
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Les eaux thermales salines d'Alet, à 9 kilomètres de Limoux. Trois sources, d'une température moyenne de 50°, fournissent environ 21 000 litres de liquide par jour. Elles ont une grande action dans les maladies du tube digestif et des viscères abdominaux ;
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Les eaux ferrugineuses de Campagne-sur-Aude, à 5 kilomètres de Quillan. Deux sources débitant des eaux efficaces contre les gastralgies, les dyspepsies, les névroses et la gravelle;
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Les sources salines sulfurées de Ginoles à 1500 mètres à l'ouest de Quillan, deux sources d'une grande efficacité contre les gastrites. Les eaux de Rennes les Bains. Des cinq sources, qui diffèrent entre elles par leur température et leurs principes constituants, trois sont ferrugineuses, thermales; les deux autres sont salines froides. Elles sont efficaces contre les rhumatismes, les catarrhes pulmonaires, les maladies de la peau, l'anémie, la chlorose et la gastralgie ;
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Les eaux d'Escouloubre, à 56 kilomètres de Quillan quatre sources sulfurées sodiques, de températures variables. Elles sont efficaces contre les catarrhes chroniques des muqueuses, les rhumatismes, les scrofuIes, les ulcères et les maladies de la peau.
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Ø L'industrie typique du département, celle qui forme la source des principaux revenus, est la fabrication des draps.
Les laines qui servent à cette industrie proviennent de l'Amérique du Sud, et principalement de Buenos Aires. Le département possède 15 établissements pour l'exploitation des peaux importées; la laine est livrée aux filateurs, et le cuir aux mégissiers. Il y a 18 filatures de laine dans l'arrondissement de Carcassonne, 5 dans celui de Castelnaudary, 4 dans celui de Limoux, occupant ensemble 600 ouvriers, possédant 25.000 broches et donnant un produit annuel moyen de 12 millions de francs. 30 fabriques de draps (900 métiers), répandues surtout dans les environs de Carcassonne et occupant de 600 à 700 ouvriers, mettent en œuvre les laines filées et teintes ; il y a en outre près d'un millier de tisserands disséminés dans les différents villages.
D'après une statistique récente, la fabrication totale du département se monte à environ 52.000 pièces de drap ; chaque pièce ayant 55 mètres de longueur et le prix de chaque mètre étant de 7 francs en moyenne, on obtient un total de 7.840.000 francs de drap produit.
Les ateliers d'effilochage de la laine sont nombreux à Cenne Monestiès, Montolieu ; il en existe aussi à Combronde, Villalier et Villemagne. Les teintureries pour les draps sont au nombre de 6 à Carcassonne ; il y en a 5 à Cenne Monestiès, Montolieu et Saint- Denis en ont une chacun.
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Ø Une autre industrie importante est la fabrication des chapeaux.
Il y a une fabrique de chapeaux à Quillan, 6 à Espéraza, produisant un million de chapeaux, 1 à Couiza occupant 200 ouvriers, 1 à Rouvenac, 5 à Fa.
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Ø Le département de l'Aude possède encore un grand nombre d'autres industries disséminées dans le département, et dont nous n'énumérerons que les principales:
- des distilleries, surtout dans le Minervois; des fabriques de vert-de-gris (22 à Narbonne) ;
- des mégisseries, à Carcassonne.
- des maroquineries, à Montolieu.
- des tanneries, à Narbonne et à Carcassonne.
- des scieries mécaniques, à Quillan, Carcassonne, Saissac, etc.
- des poteries, à Castelnaudary, Sigean, etc.
- des vanneries, à Couffoulens.
- quelques briqueteries, à Trèbes, etc.
- des saboteries, à Verdun et à Villemagne.
- Il y a 5 belles minoteries à Castelnaudary.
- Les minoteries d'Alzonne, Bouilhonnac, Peyriac-Minervois, Trèbes et Villalier produisent plus de 45 000 balles de farines par an.
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Ø Enfin les cours d'eau du département font marcher environ 70 moulins.
La tonnellerie occupe un grand nombre d'ouvriers, surtout à Narbonne, Carcassonne, Sigean, Homps et Lézignan. Il y a à la Nouvelle trois chantiers pour la construction de barques de 300 à 350 tonneaux, Un autre à Pennautier, et, à Gruissan, une corderie mécanique (câbles pour la marin)
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Ø Citons, pour terminer, des fabriques de dentelles, à Nébias et à Espéraza
- d'ouvrages en bois, à Puylaurens; de clochettes en bronze, à Rivel;
- de peignes en bois et en corne, à Rivel et à Sainte Colombe sur l’Hers.
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Il y a une papeterie importante, à Brousses (1.280 quintaux métriques de papier en 1878) ; une autre à Talairan (papier à cigarettes), une cartonnerie à Saint-Denis (1.500 quintaux métriques en 1878), 14 glacières, à Pradelles Càbardès, fournissant plus de 20.000 quintaux métriques de glace; une fabrique de chandelles; à Caunes, et 5 à Castelnaudary.
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Ø La pêche est une source abondante de revenus sur la côte de la Méditerranée et sur les bords de l'étang de Sigean.
Dans les étangs on pêche l'anguille, le loup, le mulet, et la plie; dans la mer, le merlan, la sole, la dorade, le rouget, le congre, la sèche, le maquereau, la raie, et enfin la sardine.
X. Commerce, Chemins de fer, Routes.
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Le département exporte :
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des bois, des porcs, des oies, du miel, des vins, des fruits secs, des marbres, des pierres de taille, du plâtre, du soufre sublimé, du sel, des draps, des cuirs, des briques, des tuiles, de la poterie, des faïences, des farines, des futailles, du poisson, des chapeaux, de la glace, du vert-de-gris, du sumac, etc.
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Il importe:
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des denrées coloniales, des articles de librairie, d'épiceries, de modes, des nouveautés, de l'horlogerie, de la bijouterie, du sucre, des céréales, des peaux de mouton, du soufre brut, et environ 200.000 quintaux métriques de houille provenant des mines de Graissessac, Carmeaux, Alais, Aubin, et de l'Angleterre (500 quintaux.). Le département ne possède qu'un seul port, celui de la Nouvelle. Le mouvement de ce port, qui aurait pu rendre de grands services au commerce si la passe qui y conduit n'avait pas une tenue qui varie de 4 mètres 1 mètre 50, a été en 1877, de 313 navires (10.100 tonnes) à l'entrée, et de 55 navires (2.591 tonnes) à la sortie. Il est éclairé par deux phares.
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Ø Le département de l'Aude est traversé par 4 lignes de chemins de fer, d'un développement de 227 kilomètres.
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1ère La grande ligne de Bordeaux à Cette, qui traverse le départ parallèlement au canal du Midi, dessert Ségala, Mas Saintes Puelle, Castelnaudary, Pexiora, Bram, Alzonne, Pézen, Carcassonne, Trèbes, Floure, Capendu, Moux, Lézignan, Villedaigne, Marcorignan Narbonne et Coursan. Parcours :117 kilomètres dans le départ.
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2ème L'embranchement de Narbonne à Perpignan (40 kilomètres) dessert Mandirac, Sainte-Lucie, la Nouvelle, Leucate et Fitou.
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3ème L'embranchement de Castelnaudary à Castres ne dessert dans le départ que la station de Soupex. Parcours, :15 kilomètres.
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4ème L'embranchement de Carcassonne à Quillan, par Limoux, dessert Madame, Couffoulens Leuc, Verzeille, Pomas, Cepie, Limoux, Alet, Couiza-Montazels, Espéraza, Campagne et Quillano Parcours, 55 kilomètres.
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Plusieurs autres voies sont en projet: de Carcassonne à Narbonne, par le Minervois; de Marcorignan à Bise, par Ginestas ; de Moux à Caunes, par Puycheric et Rieux; de Saint-Giron à Perpignan, par Chalabre, Quillan et la Pradelle.
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Ø Les voies de communication comptent 7 833 kilomètres, à savoir :
- 4 chemins de fer 227 km..
- 5 routes nationales 340 km.
- 25 routes départementales 637 km.
- 28 de grande communication 626 km.
- 72 de moyenne communication 10.4213 km
- 2284 de petite communication. 4.414 km.
- 2 canaux 165 km.
- Puis s’en suit un dictionnaire des communes du département.
- Chalabre : 2061 habitants, chef lieu de canton de l’arrondissement de Limoux.
- Château semi gothique, semi moderne, inachevé, donjon belle vue ; dans le vestibule, auquel conduit un superbe escalier, statue de bronze du sire de Bruyères le Châtel.
- Ermitage du Calvaire.
- Eglise de 1530 avec une belle flèche.