Entête Si Chalabre m'était conté

De l'Empire à la 3ème République

Pourquoi Anduze Faris n’est plus maire ?

1848 à 1872

Parce qu’il a, lors de la dernière inondation, usé de sa fonction de premier magistrat pour se faire indemnisé en premier.
Le peuple de la ville, surtout les petits, ne toucheront aucun argent.
Il n’y aura que les « gros » qui percevront un remboursement.
Il avait été élu de justesse et ses amis en ont profité pour lui « piquer la place ».
Il ne désespérait pas reprendre le pouvoir, car le clan Bézard avait émis une plainte en suspicion auprès du préfet Gaston de Champeaux.
L’enquête ne donnera rien. Les élus sont installés dans leur fonction par ce même préfet depuis le 26 septembre.

Plébiscite de l’empereur

Toute la France vote le 21 novembre 1852 pour le plébiscite proposé par le prince Louis Napoléon Bonaparte Empereur.
A Chalabre, il y a 607 votants : oui 580, non 12, nuls 9.
Si vous êtes comme moi, cela ne fait que 601 votants, il y a eu tricherie et pas une contestation ni bagarre comme à l’accoutumer.
Deux fois par an dans la ville en juin et décembre, le garde champêtre mélange du poison à de la viande, réparti dans les rues pour tuer les chiens divagants.
Le pont de l’Hers en dur voit le jour. Le maire vote le 28 décembre 1852 une participation de 6 centimes pendant 6 ans et par habitant (3259), soit 1173, 32 FS.

pont de l'Hers

Pont de l’Hers


Le maire, les adjoints, les employés municipaux et des habitants prêtent serment et jurent fidélité à l’empereur ce 6 mars 1853.
La répétition ou l’étude surveillée jusque-là gratuite est fixée le 16 juin 1853 à 1 franc par mois et par enfant (« petit rappel c’est le salaire d’un ouvrier par jour »).
Le 20 juillet 1853 voit la création de la société de secours mutuel de Saint Pierre, avec pour objectifs :

  1. de fournir des soins médicaux et les médicaments nécessaires à ces membres.
  2. de leur payer une indemnité pécuniaire pendant la maladie et incapacité du travail.
  3. de pourvoir à leurs funérailles.
  4. d’accorder des secours en argent suivant les conditions.
  5. de constituer une pension viagère de retraite.

Cette société est une avancée sociale. Elle fera néanmoins coulée de l’encre.
L’école des frères reçoit un avis favorable le 14 août 1853 du conseil municipal. Mais, cela se fera par leurs propres moyens. En effet, la commune ne peut donner un crédit, vu qu’elle n’a pas de ressources. Une congrégation de religieuses de l’ordre de Saint Joseph de Cluny, dont la fondatrice était Anne Marie Javouhey, avait enseigné à Chalabre plus d’un siècle et demi. Dans la cour de récréation une statue avait faite son apparition, comme l’éducation, elle y restera plus de 150 ans.
A la même séance, le maire donne lecture d’un problème récurent. L’état réclame à la commune 611, 81 francs pour la remise en état des armes (36) qui lui ont été distribuées en 1791.
Ces fusils ont été achetés par la ville à cette date pour monter la garde quand le roi Louis XVI a été enlevé (parti et arrêté à Varennes). La commune vient de les réviser et ils sont en l’état de servitude, puis offerts à l’état.

L’horreur

« L’an mil huit cent cinquante quatre et le septième jour du mois de mai, à quatre heure du soir, par devant nous, Etienne Clerc premier adjoint à la mairie de Chalabre, arrondissement de Limoux, département de l’Aude, faisant les fonctions de maire et d’officier de l’état civil de ladite commune, sont comparus Jean Maurice Cabanié âgé de vingt trois ans maréchal ferrant domicilié à Villefort, et Joseph Cabanié âgé de trente deux ans cultivateur domicilié à la métairie de Lesturgat, commune de Montjardin, lesquels nous ont déclaré que Anne Fabié âgée de dix huit ans, bergère, née à Saint André de Feste, domiciliée avec ses père et mère à la métairie de Guilbouty, commune de Villefort, fille légitime de Michel Fabié dit Lurou et de Marie Durou bergère, est décédée aujourd’hui à neuf heures du matin dans le bois taillis appelé Lafage situé dans la commune de Chalabre, ainsi que nous nous sommes assuré, et les comparants ont en outre déclaré que les intentions des parents de la défunte sont de la faire enterrer dans le cimetière de la commune de Villefort. De quoi avons dressé le présent acte que nous avons signé avec ledit Jean Maurice Cabanié, après lecture faite, ledit Joseph Cabanié n’ayant su signer de ce requit.
Signé : Cabanié Jean et Etienne Clerc
»
Lesturgat est une ferme située dans la commune de Montjardin. La croix, qui est le lieu de l’assassinat, est sur le terrain de Chalabre. L’autre partie dépend de Villefort.
Anne, qui allait rejoindre son amoureux, a rencontré un maraudeur en train de piller du bois. Elle l’a menacé de le dire à monsieur le comte. Celui-ci lui a tranché la gorge d’un coup de « pugnals ». Puis, dans une pulsion machiavélique, il lui a retroussé la jupe pour la violer.
Un coupable idéal légèrement simplet fut arrêté, condamné et envoyé au bagne.
Les années passent. Un curé de Montjardin Casimir Blanquat entend un homme en confession et lui donne l’extrême onction. Celui-ci lui avoue qu’il est le coupable du meurtre d’Anne Fabié.
Le prêtre ne peut se résoudre de laisser un innocent au bagne.
Il dénonce avec l’accord de l’évêque la confession et permet la réhabilitation de l’innocent, qui malheureusement est mort au bagne. Le coupable avait rendez-vous avec dieu, gageons que les portes du paradis lui ont été fermées.

croix

Dans cette effervescence, monsieur Bar géomètre remet le rapport de l’étude et des plans fait par Cayla sur l’intérêt de construire en dur une grosse réserve d’eau, en remplacement de celle à ciel ouvert au lieu-dit Leucate.
L’abbé Parainelle avait, 4 ans auparavant, suggéré des prises d’eau possible à la piche à Montjardin et au roc de Maugé.
Avant la fin de l’année 54, le juge de paix Bézard Emmanuel construit dans la rue de la juiverie des latrines. Elles serviront pour les habitants et ses clients.
Il y a bien longtemps qu’elles ont été démolies par manque d’hygiène.
Les plus imposés en cette année 55 sont : Jean François Bézard Falgas, François Cambon, Isidore Ballé, Jean Baptiste Antoine, Jean Danjou, Jean Pascal Barbe, Léon Serrus, Guillaume Théron, Pierre Serrus, Florentin Serrus, Pierre Chaumond, Cazalens Auguste, Anduze Frédéric, Audouy Jean Baptiste, Douay Jean, Tournié Maurice.
Le 1er juillet 1855, les nouveaux élus sont réunis pour élire le maire, les adjoints et distribuer les taches : le maire Anduze Faris Jean Jacques Antoine, 1er adjoint Etienne Clerc, 2ème adjoint Joseph Serrus, les conseillers, Jean Serrus, François Foucassa, Henri Gabriel Croux, Vincent Chaubet, Auguste Castre, Zacharie Cambon, Jean Douay, André Cazalens, Emmanuel Bézard, Barthélemy Villeneuve, Adolphe de St Sernin, Jean Baptiste Balussou, Antoine de Mauléon, Dominique Audouy, Antoine Benet, Charles Sénié, Louis Chaubet, Eugène Anduze, Jean Compans, Pierre Chaumond, Jean Roussel, Jean Danjou.
Nous sommes à 25 élus, Anduze Acher a payé cher son opposition à la société Mutuel de Saint Pierre. Le dernier, Jean Danjou, est le père du capitaine héros de la légion.
En 1856, Chalabre est à 2529 habitants !
Le joli mois de mai s’annonce beau, mais ombragé. Le 21, le maire Anduze Faris inhume son fils décédé à Paris et le 24 le maire Anduze Faris est réélu.
A la réunion du 9 août 1857, il est question du pont du Blau.

pont du Blau actuel

Photo du pont du Blau actuel


Il ne permet que le passage d’un véhicule. De construction trop basse, il est souvent inondé et l’entretien est coûteux, puisque en bois.
Il partait du transformateur dans la rue du pont de l’Hers pour arriver chez le maire Anduze Faris, aujourd’hui chez Robert Roncalli.
Le conseil contre l’avis du maire décide d’acheter l’estaminet en mauvais état du café Vives.
Le maire voulait lui aussi acheter la maison Vives pour agrandir la sienne.
Le conseil tient bon. Le pont sera construit l’année d’après, là où nous le connaissons.
Par dépit, le maire fait planter des platanes, qui végèteront dans la caillasse et crèveront 20 ans plus tard.
Le secrétaire de la maison commune, qui avait tout compris, a reçu le 9 mai 1859 une missive des haras de Tarbes qui demande d’agrandir les box pour les étalons.
La mairie s’exécute pour une quinzaine de box. Nous passons à 30 box.
Les Tarbais ne sont pas contents. Le nombre de box était suffisant.
C’était la grandeur, car le cheval ne pouvait pas s’allonger. Les travaux ont donc repris pour agrandir dans le bons sens les box, comme il était demandé.
Un ouragan passe sur Chalabre le 15 juin 1859. Il fait de gros dégâts en particulier la toiture de l’abattoir qui est entièrement détruite. Elle sera remise en état rapidement.

Les platanes extérieurs

Les platanes du tour de ville ont fait des émules. Le département décide le 11 août 1859 de financer et implanter les platanes à l’entrée de la ville (route de Mirepoix, Limoux, Puivert, Sainte Colombe, Montbel).
Le nouveau pont du Blau est en service. Quelques temps après sa mise en service, le comte de Mauléon avec son attelage, roulant à vive allure, renverse Rose Marty. Elle a les jambes brisées.
Mais, la population est indignée devant le délit de fuite. Il venait d’être élu au conseil, avec comme nouvel 1er adjoint Anduze Eugène et 2ème Espardellier Antoine.
En 1861 il n’y a plus que 2281 habitants.
L’éclairage public est à l’ordre du jour le19 novembre 1861. Les lanternes à réverbères sont alimentées par de l’huile d’olive. Elles ont un faible rendement, alors qu’avec de l’huile de schiste elles auraient un meilleur résultat.
Mais, par manque de moyens, on ajourne la décision.
Le 8 décembre 1861voit la naissance à Paris de Marie Georges Jean, dit Georges Méliès.
Ce n’est que le 18 janvier 1862 que le 1er adjoint perçoit la délégation pour pratiquer les fonctions d’officier d’état civil.
Les plus imposés en 1862 ; Cazalens André, Bonnet Jean Pierre, Tisseyre Jean, Chaubet Etienne, Danjou Jean, Jammes Marc, Tournié Maurice, Maleterre Thomas, Richou Marc, Anduze Narcisse, Anduze Lazare, Jammes Jean Baptiste, Delpech Jean, Serrus Léon, Lajoux RAYmond.
Les premières vignettes verront le jour à Chalabre dans une réunion du conseil 22 décembre 1862. Vu le nombre de plus en plus important de voitures et chevaux, la commune procède à un recensement et à partir du 1er janvier appliquera une taxe sur chaque voiture et chevaux.
1er janvier 1863, les taxes ou premières vignettes sont en service.
Le conseil décide le 26 avril 1863 de changer les 32 lanternes pour 932 francs. Elles seront alimentées par de l’huile de schiste.
Le 30, c’est un autre chalabrois, Jean Danjou, qui va devenir un héros loin de chez lui.
Bouychou Paul, ancien homme d’affaire de la famille de Bruyères, est le 13 juin 1863 le président de la société de secours mutuel de Saint Pierre. Créée 10 ans au préalable, elle avait été dissoute par le maire, ce qui lui avait valu sa place de premier magistrat.
Le préfet Charles Philippe Adolphe Lepic, après une enquête prompte (10 ans), déclare la société légale.
Ecole laïque :
6 janvier 1864, le maire écrit à monsieur le sous préfet.
« J’ai l’honneur de vous adresser en double expédition, la délibération en date du 31 octobre dernier par laquelle le conseil municipal que j’ai saisi de la question relative au personnel dirigeant l’école communale primaire, demande que monsieur Mazières, de la communauté de Marie de Bordeaux directeur jusqu'à fin décembre 1863 de la dite école soit remplacé par un directeur laïque au choix de monsieur le Préfet.
Veuillez monsieur le sous préfet revêtir cette pièce de votre approbation favorable et la transmettre à monsieur la Préfet avec prière à ce magistrat de donner suite le plus tôt possible à la demande de conseil municipal
».
28 mars 1864 le sieur Mazières fait des siennes, de la maltraitance, la municipalité demande que ; le directeur de l’école communale primaire, soit un laïque issu de l’école normale du département.
Le conseil municipal en 1864 : Anduze Faris, Alfred de Mauléon, Auguste Castres, Jean baptiste Danjou, Louis Chaubet, Gustave Espardellier, Jean Compans, Vincent Chaubet, Fidèle Dantoine, Léon Chaumont, François Fourcassa, Henri Gabriel Croux, Zacharie Cambon, Jean Mèche, Paul Durou, Anduze Eugène, Théron Pierre ? Cayrol Pierre, Thomas Maleterre, Jules Ballé, Pierre Fauré, Charles Sénié, Jean Baptiste Commeleran.
Le 18 septembre 1864, lors d’un conseil municipal, De Mauléon et Chaubet aîné, sont contre un directeur laïque.
12 décembre 1864 le Préfet Charles Philippe Adolphe Lepic nomme : Péchou Cyprien instituteur à Alet directeur de l’école communale primaire de Chalabre.
Le 12 février 1865, il est envisage la création d’un bureau de télégraphes. Mais, comme la commune à elle-seule ne peut en assumer la charge, le projet est ajourné.

Les fabricants de Chalabre pour l’exposition de Carcassonne

Fabricant de draps
Anduze Antoine
Aussenac Auguste
Fabricants de Bonneterie
Danjou Jean Baptiste
Jammes Marc
Filateurs de laine
Berdet François
Dubié Auguste
Pomies Jean Baptiste
Effilocheurs
Barthes Onésime
André Lucien
Marchands de laine
Rouby Guillaume
Lajoux Raymond
Fabricant d’engrais
Anduze Eugène brevet en France et étranger
Fabricant de chaux hydraulique
Plâtre et ciment
Pezet Jean
Fabricant de chapeaux de feutre
Barriere Antonin
Debosque Aloysins
Cordiers
Durou Paul
Gougaud Paul
Commeleran Jean Baptiste
Coutelier
Anglade Paul
Fabricant de tuiles
Chaubet Etienne
Autié Dominique
Ebéniste
Christant François
Aussenac Louis
Andrieu Jean
Villeneuve Bernard
Villeneuve Barthélemy
Serruriers mécaniciens
Benet Jean
Marty Jean
Fabricants de chaises et formes
Cavailles Vincent
Viguier et Olive

Valeur et courage

Dans la même année, le 15 mai 1865, Chalabre est inondé.
25 mars 1866, Alfred De Mauléon Narbonne renverse Marty Rose sur le pont du Blau, des fractures mais le conte a commis un délit de fuite.
Le corps de sapeurs pompiers reçoit la médaille du courage.
Le 29 avril 1866, Achille Fould ministre originaire de Tarbes, en se rendant sûrement chez lui, passe dans la ville et remet la fameuse médaille à nos valeureux pompiers, en présence du préfet Magnien.

Télégraphe

Dans la rigueur de l’hiver, plus exactement le 3 février 1867, il est décidé cette fois de créer un bureau du télégraphe, avec un coût total de 3087 francs reparti en 4 communes.
Le canton compte 9202 habitants.

Chalabre
2218 habitants soit 28%
Rivel
1001 habitants soit 11%
Puivert
1645 habitants soit 18%
Saint Colombe
1178 habitants soit 13%

Vous êtes surpris du nombre d’habitants dans les autres villes. Il reste 3160 habitants dans le canton, répartis dans les 12 autres communes.
Le 7 mai, le maire révoque le secrétaire de la mairie monsieur B. Boussioux et nomme à sa place le sieur Rivière. Il a osé insulter publiquement l’adjoint Louis Simon Lombard, docteur à Chalabre depuis 1836
Lors de l’exposition universelle de Paris le 6 juin, Berezowski polonais fait une tentative d’assassinat contre le roi de Prusse.

Lettre à l’empereur

Le 8 juin, le conseil municipal de Chalabre s’indigne contre ce fait et envoie une lettre d’indignation à l’empereur.
Adresse du conseil municipal à sa Majesté l’Empereur :
En apprenant l’horrible attentat dirigé contre votre Majesté et vos hôtes illustres, notre population d’une voix unanime a frémi d’indignation.
Le conseil municipal s’est spontanément réuni et il vient interpréter les sentiments de la commune. Vous dire que l’honneur que lui inspire un pareil forfait est égal au bonheur qu’elle a éprouvé, lorsqu’elle a été certaine que les personnes augustes qu’il avait pour objet ont été épargnées, et surtout que la main criminelle, qui l’a exécuté, est étrangère à la France.
La ville toute entière remercie la Providence d’avoir conservé les jours de votre Majesté, qui fait la gloire et le bonheur de la France.
Les membres du conseil municipal de Chalabre ont l’honneur d’être de votre Majesté les plus fidèles et dévoués sujets.
Chalabre le 8 juin 1867.
Signé : Paul Durou, Pierre Faur, Jean Compans, François Fourcassa, Léon Chaumond, Pierre Cayrol, François Théron, Louis Simon Lombard adjoint, Marcellin Cabrier.

Archives 1d6 n° 663.
Le maire et plus de la moitié des conseillers n’ont pas voulu signer. L’armée rentrait de la campagne du Mexique et bien des gens se posaient la question qu’avons-nous à y faire.
Certainement en guise de reconnaissance, le préfet de l’Aude Jean Marie Edme Magnien chevalier de l’ordre impérial de la légion d’honneur, après s’être inquiété et mis en garde la commune, supervise les finances de la municipalité de Chalabre.
Le ministre de la guerre de Paliakao demande en avril 1868 la restitution des fusils et par là même de régler la facture de la révision.
Voilà un ministre qui réfléchit et a étudié le dossier, les fusils ont été donné par la commune il y a plus de 50 ans. S’il demande de régler la facture, c’est qu’il a les fusils.
Le problème est récurant.

L’année chaude de 1869 :

Le 13 mai, le maire par son appariteur fait appel à la population contre les troubles prévus à l’occasion de Pereire, candidat à la députation.
Monsieur Pereire avec un frère sont propriétaires de la compagnie des chemins de fer du Midi et du crédit mobilier.
Il est patronné par l’Empereur, le nouveau préfet Camille François de Taffanel de la Jonquière, le maire de Chalabre Anduze Faris actionnaire à la compagnie des chemins de fer du midi.
Le candidat est reçu sous les huées et en chanson sur un air de la gigue : « t’en foutu un tap àl chul pauvre Pereire, pauvre Pereire ».
Souvent, dans les carnavals nous entendons ce morceau de musique que les anciens chantent.
Les élections sont programmées pour le 23 mai.
Il y a 3 candidats pour un poste.

Dans l’arrondissement :
Pereire 10293 voix
De Guiraud 9133 voix
Gadrat 29 voix
A Chalabre, 544 votants :
Pereire 462 voix
De Guiraud 79 voix
Gadrat 2 voix

L’église Notre Dame de la consolation doit être ravalée le 5 août 1869. L’entreprise extérieure, qui a obtenue le marché, s’installe, enfin voudrait bien.
Un maçon Chaubet aîné de la mouillère leur pourrit la vie.
Les gendarmes interviennent.
Chaubet s’écarte furieux de n’avoir pas obtenu le marché pour 1 francs ou 2.
La nuit tombée, le sieur Chaubet avec les siens démonte l’échafaudage et dans la journée ce sont des provocations avec de belles empoignades.
Les gendarmes enferment dans la prison de la maison commune l’aîné des Chaubet pour la durée des travaux (1 mois environ).
En 1870, oh ! Lombard Louis Simon adjoint docteur en médecine gère depuis des années l’hospice. Malgré les legs, les dons, les ventes et subventions, il a un déficit de 7.000 francs de nos jours. Cela n’est pas possible, hormis une erreur de l’ordinateur, (à noter : à cette époque, il n’est pas encore propriétaire du calvaire).
Le 19 juillet, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse.
Le 30 août toujours en 70, le maire Anduze Faris convoque le conseil municipal : Jean Baptiste Danjou, Anduze Faris, Lombard Louis Simon, Bruneau Lazare, Anduze Antoine, Faur Pierre, Dantoine Baptiste, Delpech François, Théron Pierre, Cabrier Marcellin, Cayrol Pierre, Compans Jean, Fourcassa François, Bouichou Paul, Chaumont Léon, Durou Paul.
Il y a 5 absents. Aux présents, le maire leur fait lever la main droite pour jurer fidélité et obéissance à l’empereur. Les absents n’avaient peut-être pas voulu prêter le serment.
Le 2 septembre, Napoléon III est vaincu à Sedan.
Il y a encore à Bazeilles la maison où l’on a tiré la dernière cartouche.

La 3ème République

Le 4 septembre, la 3ème république est proclamée. Le gouvernement est présidé par le général Trochu, Gambetta est à l’intérieur, Favre aux affaires étrangères, Arago maire de Paris, Carnot dans le 8ème, Clémenceau dans le 18ème ext.
Le Préfet, nommé ce jour du 4 septembre, Jacques Hilaire Théophile Marcou révoque tous les conseils municipaux, celui de Chalabre aussi. Il n’a pas le temps de défaire les valises que le 6 septembre Théodore Jean Joseph Simon Raynal lui succède. Il ne sera installé que le 13, mais a déjà nommé le 8 septembre Bézard Victor comme maire et Compans et Bruneau comme adjoints.
Le 24 septembre 1870, le ministre Crémieux interdit provisoirement toutes élections. Elles sont suspendues et ajournées.
Toutes les élections municipales qui seraient faites seraient annulées, vu que la rencontre avec Bismarck est un échec. La Prusse veut l’Alsace et la lorraine jusqu'à Metz.
Le 25 septembre, a lieu le 1er tour de scrutin pour les municipales de Chalabre.
Le 28 septembre, c’est le 2ème tour de scrutin.
Le 13 novembre, s’effectue l’installation de la commission municipale (provisoire puisque il est interdit de voter). Le maire est Bézard Victor, les adjoint Compans et Bruneau.
Des pétitions circulent. Elles arrivent avec des lettres de protestation chez le préfet.
Le maire Bézard Victor, célibataire, 52 ans décède le 3 février 1871.
Le 7 février, c’est le Préfet Raynal qui démissionne.
Le 8 février, le nouveau Préfet Pierre Lucien Trinchan nomme Anduze Faris comme maire provisoire avant les élections.
Un conseiller municipal Jean Baptiste Danjou frère du capitaine décède le 11 mars 1871.
Le 30 avril 1871 l’élection municipale se fait sous la présidence du maire provisoire Anduze Faris.
Sont élus Jean Jacques Antoine Anduze Faris maire, Théron Pierre adjoint, Baptiste Dantoine, Antoine Anduze, Léon Chaumond, Paul Bouichou, Jean Compans, Pierre Gerribrel, Lazare Bruneau, François Audouy, Pierre Faur, François Delpech, Paul Boyer, François Fourcassa ; Marcellin Cabrier, Auguste Boulant, Maurice Tournié, Thomas Maleterre, François Escolier, Paul Mèche, Jean Jacques Tournié.
Le 2ème régiment de hussard basé à Tarbes est à Chalabre les 18 et 19 juin 18710.
Ils campent et stationne dans la propriété de Castre Saint Martin.

Plainte du procureur

Par une lettre, le procureur de la République, le 11 août 1871, se plaint du zèle de la police et de la gendarmerie, et demande à la municipalité un peu plus de sobriété et moins de procès sinon de venir instruire les procédures.
La réponse ne se fait pas attendre !
Le 28 août, Olive François et Soula Pierre de Chalabre sont verbalisés, avec pour motif : ils dormaient sur la charrette, laissant le cheval divaguer sans la moindre conduite.
4 autres habitants de la ville auront une amende pour ne pas disposer de lanternes.
Anduze Lazare est élu conseiller général du canton le 9 octobre 1871.
Bonnail est quant à lui élu conseiller d’arrondissement le 16 octobre, sûrement la plus grande carrière pour le maire de Sainte Colombe.

Décès d’Angélique Déjean

Marianne Angélique Déjean décède à l’hospice le 28 octobre 1871 à l’âge de 66 ans. Elle est célibataire. Mais, par un testament du 12 avril 1870 déposé chez Espardelier notaire à Chalabre, elle lègue audit hospice la chapelle du calvaire et la fabrique. La nièce du général avait hérité de son père et oncle qui l’avaient acheté au directoire à la vente des biens publics, pensant que c’était la propriété des Capucins, alors que la terre appartenait à de Bruyères. C’est donc une propriété privée. A mon grand regret, le directeur aurait dû faire son établissement attenant à la chapelle, l’air y est saint abondant et vif et la vue imprenable.
La compagnie des chemins de fer du midi envisage le 22 mars 1872, à partir de la ligne en service Toulouse Narbonne, de faire une bretelle Moulin Neuf – Lavelanet sur le projet Bram Pamiers. Notre maire actionnaire abonde dans ce sens.
Toujours dans le zèle des gendarmes, le 29 mars 1872, Amat Jean boucher à Chalabre achète un boeuf à Danjou au Cazal. La bête est tuée, dépecée à Saint Benoît, et ramenée à Chalabre, mise sur l’étal d’Amat pour y être vendue. Le bœuf est atteint de la pierre. La boutique sera fermée avec une grosse amende. Le vendeur lui, ne sera pas inquiété.
Siffre Jean, fabriquant d’échelles, fait le 17 avril 1872 la démonstration d’un nouveau modèle, une échelle à coulisse sur la nationale 10 (route de Limoux). Les branches d’arbres y sont abattues pour prouver la faciliter du maniement de l’échelle. Ces mêmes branches sont déposées sur l’accotement. Les gendarmes le condamnent.
Le 1er août 1872, Chalabre subit une grosse inondation.
Le 3 octobre 1872, à l’âge de 73 ans, notre grand maire Anduze Faris décède, comme Delpech le conseiller et s’ajoute de plus 3 démissions. Le préfet demande un vote, qui eut lieu le 17 novembre. Le fils d’Anduze Faris ancien maire, Anduze Antoine lui succède avec Pierre Théron adjoint, Pierre Faur, François Audouy, Lazare Bruneau, Léon Chaumond, Pierre Gerribel, Paul Bouichou, Thomas Maleterre, Jean Jacques Tournié, Auguste Bouland, Paulin Méche, François Fourcassa, Pierre Cayrol, Baptiste Dantoine, Calixte Dubié, Germain Garrouste, Antoine Magna, André Richou, Jean Fournes.

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