Entête Si Chalabre m'était conté

Le retour du Conte maire

1815 à 1832

De Bruyères fut donc notre nouveau maire. Malgré ses absences, il se fit élire le 22 août 1815 député, où il siégea en ultra royaliste. Il fut à l’origine d’une loi qui avait pour but de rendre responsable les fonctionnaires de l’exécution de la loi.
Nommé conseiller général le 30 décembre 1815, il siégea à l’extrême droite de l’assemblée royaliste. Il protesta contre la loi dite de la « représentation française ». Il professa un culte particulier pour l’ancien état royaliste, oubliant volontairement la révolution.
En 1827, il posa sa candidature à Castelnaudary, chef-lieu de canton de la Pomarède. Il fut battu par Andréossy et resta maire de Chalabre.
Toujours en 1815, notre député maire, malgré ses absences, prit un arrêté, qui concerne et intéresse tout le monde :
« Il est interdit de travailler le dimanche et jours fériés, seront fermer les ateliers, les boutiques et magasins sous peine de 200 francs d’amende.
Les charrettes, voitures, et chars ne pourront faire aucun chargement. Les bêtes, harnais, charrettes, voitures et chars seront mis en fourrières avec une amende de 100 francs en plus.
Les cafés, cabarets, marchand d’eau de vie, de vin, de bière, de cidre ou des lieux dit estaminets (bistrots destinés aux fumeurs) seront fermés pendant l’office de 8 heures à midi, sinon 300 francs d’amende.
Les saltimbanques, faiseurs de tours, chanteurs et danseurs ne pourront se produire avant 5 heures du soir, faute de quoi le tarif est 300 francs d’amende.
Pourront tenir boutique entrouverte les pharmaciens, herboristes, épiciers, boulangers, bouchers, charcutiers, traiteurs et pâtissiers. Mais, il leur est interdit d’exposer ou étaler leur marchandise
».
Le 12 octobre 1815, en l’absence de monsieur le maire, l’adjoint Nicolas Clavel convoqua le conseil municipal. Furent présent : Nicolas Gaudy, Vincent Cavaillez, Jean Vène aîné, François Audouy, Jean Batiste Clavel père et Jean Chaubet aîné, les autres membres absents, quoique convoqués. Tout ce monde jura fidélité au Roi !
Le 11 août 1816, nous retrouvons le Conte de Bruyères, chevalier de ceci et de cela, député maire de la ville. Étaient présent : Nicolas Gaudy, Vincent Cavaillez, Castres Saint Martin, Joseph Manent, François Audouy et Marc Antoine Lasalle, dit « le truc ». Le maire était contre le projet de monsieur Escolier, c’est-à-dire établir un lavoir sur l’Hers. Malgré les demandes, il sera toujours débouté. Et, en août 1817, il fit construisit son lavoir, sans autorisation.
Les autres membres du conseil étaient absents, car ce jour là Chalabre était sous l’eau. Un bon nombre ne pouvaient se rendre au conseil. Ils estimaient que leur présence était souhaitable auprès de la population.
Pour se rendre à la mairie, ils avaient dû passer par la porte arrière. Les passerelles du Chalabreil avaient été submergées et à moitié détruite. À partir de ce fait, la descente de la cigalière fut murée pour canaliser et ralentir les eaux.
Le 19 octobre 1816, un autre scandale se produisit dans Chalabre. Les armoiries des de Bruyères avaient fait l’objet d’un acte de vandalisme. Dans la nuit, elles ont été décrochées, cassées et jetées dans la rivière du Blau. 2 hommes furent soupçonnés et arrêtés, puis relâchés faute de preuves. Le conseil à l’unanimité décida de doter la ville d’une patrouille de nuit.
Ces planches peintes à l’huile avaient été posées en 1773, soit 43 ans plus tôt par François Jean de Bruyères. Elles étaient la suite du procès fait par Jean Aymeric II Marquis de la Pomarède à la ville de Chalabre, en opposition avec les clefs de Saint Pierre. 27 ans après la révolution, elles étaient encore là. Personne ne les avait décrochées à cette période.
Le 23 octobre 1816, le maire de Bruyères Chalabre interdit de battre du chanvre, ou du lin, du blé, du seigle, de l’avoine et autre pendant la nuit dans les maisons, garages, remises, et dans les rues et places publiques, de jour comme de nuit.
Les habitants roublards contournaient régulièrement les interdits. En premier, il fut interdit de battre le jour. La solution consistait à battre la nuit. Cela fut interdit. Donc, ils battaient chez eux la nuit. Cela occasionnait des incendies. Beaucoup de maisons partirent en fumée. Malgré le couvre feu, ils allaient à la lueur des lanternes battre à l’extérieur. Cela eut pour but d’occasionner des feux de forêts et champs.
Le 20 mai 1817, Nathalie de Bruyères se maria avec Mathieu Mauléon Narbonne de Nébias.
Le 27 mai 1818, Henry Calvet, garde champêtre démissionna.
Il y avait 2 candidats :

Le dernier fut choisi. Il devait faire un mi-temps à Chalabre et l’autre à Villefort. La charge des 2 communes était trop lourde pour lui. Il démissionna le 11 octobre 1818.
Le maire fit appel à Bouet, garde champêtre au Peyrat. Il déménagea et s’installa à Chalabre, pour y faire la même besogne. Après 1 an ½, il démissionna à son tour.
Ils ne supportaient pas les sottes d’humeur du maire.
Ce maire décida le 25 novembre 1818 la construction de cellules, pour y enfermer les prisonniers. Le cachot de la mairie servait de lieu de dégrisement. Lui, il voulait une vraie prison. 4 cellules furent bâties, lieu de l’actuel secrétariat.
Un délibéré eut lieu ce 10 novembre 1819 sur les larges cours, qui servaient de rue et de promenade. Des ormes y avaient été plantés, mais vite détruits, soit pour le feu, soit pour fabriquer des meubles.
Il fallait prévoir à leur remplacement. Des platanes émergèrent de l’idée. Il fut prévu 525 francs par un appel d’offre le 12 janvier 1820. Ils furent mis en deux rangées sur la nouvelle route de Limoux et sur le « tour de ville ». Le maire en profitera pour se faire enjolivé l’allée qui monte au château. Les 21 francs prix de la plantation furent payés par la ville.
Le 11 novembre 1819, l’idée des platanes fit du chemin. Le conseil s’était réuni pour délibérer sur le valet de la ville. Etaient présent : Jean Louis Félicité de Bruyères Chalabre, Nicolas Xavier Clavel adjoint, Nicolas Gaudy père, Joseph Manent, Jean Vène aîné, François Audouy, Marc Antoine Lasalle « le turc », Vincent Cavaillez, Joseph Lasalle jeune, Jean Baptiste Clavel père, Castres Saint Martin père. La décision fut prise. Le valet devait assumer deux fonctions : l’allumage et l’extinction des 25 réverbères, à noter que cela se faisait en deux fois, l’allumage du matin et son extinction, idem le soir, et maintenant en plus l’arrosage et la surveillance de la plantation des platanes.
Les plus imposés en cette année de 1819 furent : Hyacinthe Toursier, Jean François Bézard Falgas, Etienne Cambon, Jean Baptiste Balussou, Etienne Gaudy fils, Nicolas Vives, Raymond Sales.
Le 12 janvier 1820, fut attribué le marché des platanes.
Le 18 juin 1820, c’est dans un silence solennel que le conseil décida de donner une somme de 100 francs, afin d’ériger un monument à la mémoire du duc de Berri (Charles 1778-1820), le 2ème fils de Charles X, il avait été assassiné par Louvel, à l’age de 42 ans.
Charles X était le petit fis de Louis XV. En cette période, on écrivait Berri avec un i.
Le 27 décembre 1820, pour manifester son attachement et ses sentiments de fidélité au Roi et à son auguste famille, le conseil vota 200 francs pour l’acquisition du domaine de Chambord, qui avait été exproprié et revendu par le directoire. C’était la résidence secondaire de la famille royale. Le château appartient donc à beaucoup de ville de France.
Le 12 mars 1821, le Roi fut victime d’un attentat. À Chalabre, lorsque le conseil apprit la triste nouvelle et comme ils n’étaient pas des sauvages, il lui fit une lettre de réconfort, écrite en l’absence du maire par Clavel l’adjoint :
« Sire. Ce n’est pas seulement au tour de vôtre trône que retentissent des alarmes quand votre personne sacrée est menacée. Ce n’est pas à ceux de votre sujet qui jouissent de tout leur éclat de votre couronne qu’est seulement réservé l’expression de la douleur et de l’effroi quand ils apprennent que des mains sacrilèges ont osé porter le trouble dans votre auguste demeure par le plus exécrable attentat. Le dévouement au père de la patrie comme à son auguste famille, l’attachement à son gouvernement et aux institutions qu’ils ont données remplissent les cœurs vraiment Français depuis les rives de l’océan jusqu’aux pieds des Pyrénées. C’est aux extrémités de votre royaume, Sire, que des sujets civilisés osent faire entendre l’expression de sincères sentiments. Ils reconnaissent que la tranquillité de son peuple aussi bien que leur prospérité résident dans la conservation des précieux jours de votre majesté et dans l’exercice continuel de sa surveillance et de son imperturbable justice. Qu’elles soient à jamais, Sire, l’appui de son sujet fidèle, qu’elle les rassurent contre les tentatives des méchants, et qu’ils leur voient sans cette veille autour d’un trône, qui leur rallie, en même temps qu’il est l’objet de leur amour et de leur vénération.
Signé :
Joseph Lasale jeune, Vincent Cavaillez, Nicolas Gaudy, Jean Baptiste Clavel, Marc Antoine Lasale « le turc », François Audouy, Joseph Manent, Bézard Falgas, Castres Saint Martin fils, Clavel fils adjoint auteur de la lettre et le maire monsieur le Comte, Jean Louis Félicité de Bruyères Chalabre, membre de la légion d’honneur, chevalier de l’ordre royal et chevalier de l’ordre militaire de Saint Louis
».
Vous noterez comme moi que le maire était absent, mais il signa la bafouille.
Le 15 avril 1821, le conseil s’était réuni pour préparer la fête du 3 mai qui promettait d’être grandiose, pour l’époque, au programme :

  1. - 10 heures précises le cortège se rendra à l’église Saint Pierre, pour y entendre une messe d’action de grâce.
  2. - une distribution de vin et de comestible.
  3. - l’hôtel de ville sera illuminé d’une manière brillante. (895 francs)
  4. - il sera jeté au peuple 25 livres de dragées (1250 kg).
  5. - le travail sera interdit, un orchestre sera placé sur le cours de la ville et plusieurs groupes pourront y danser.
  6. - une somme de 250 francs prise sur le budget pour les dépenses imprévues.

Mes réflexions : la messe durait 2 heures minimum. Pour le vin et les comestibles, il n’avait pas été précisé, si chacun portait son godet et son auge, et de boire jusqu’à plus soif. L’illumination dans la journée, encore une fois, cela ne devait pas être terrible. Les dragées furent jetées, alors qu’il eut été facile de donner 500 grammes à chacun. Le travail fut interdit. Il l’était déjà le dimanche, et on ne pouvait danser que par groupe. Les dépenses imprévues, comment peut on les prévoir puisque elles sont imprévues, monteront mine de rien à 199 francs.
Les dépenses pour cette fête s’élevèrent à 1 362, 74 francs.
Le budget de la commune était :
Pour les recettes 8 773,69 francs,
et pour les dépenses 9 252, 95 francs.
Cela donne un déficit de 479, 26 francs. Avec la fête, il fut de 1 842 francs, soit 20%.
Mais que célébrait-on à Chalabre, un mariage, une accession à un trône ?
Que nenni, c’était le baptême du Duc de Bordeaux, le fils du Duc de Berri assassiné presque 11 mois plutôt. Sa mère, Caroline de Bourbon Siciles, avait tenté de soulever la Vendée en sa faveur. La thèse officielle est que : l’enfant est né 7 mois après la mort de son père.
Le baptême est le premier sacrement qui fait de vous un chrétien. Il peut être donné par une personne qui est baptisé. La confirmation ne peut venir que de l’évêque, seul habilité.
Pour aller au paradis, il faut recevoir le 7ème sacrement, l’extrême onction, par les saintes huiles que seul un prêtre peut poser. A Chalabre, vous ne pourrez pas prétendre aller au royaume des purs, le paradis, s’il existe des anomalies dans le processus. Cela fera de vous un paria.
Cependant, dans la ville, l’évènement nous permit d’avoir en premier un puit royal.
Ce n’est que le 12 août 1830 qu’il fut doté d’une pompe, ce qui devient « pompe royale ».
Cette fête continue de nos jours à se perpétrer à des jours différents, mais sur une commémoration fixe, « la fête de l’ascension ».

fontaine

Le déficit de la commune avait augmenté. Il fallait donc le combler par un redressement municipal. Les activités industrielles, qui employaient du personnel, furent mises à contribution.
Un recensement complet de ces mêmes industries fut établi.

Les 3 savonneries :
1 à Florian Sau
1 à Jean Lasale
1 à François Cambon.
Les 4 établissements du Ménéchal :
1 teinturerie à Etienne Cambon
1 à Pierre Clerc
1 à Anduze et Isaac Dantoine
1 à Gabriel Escolier celui qui fit le canal.

Dans l’agglomération, on trouvait : 1 filature en fermage à de Bruyères, 1 tuilerie en fermage à de Bruyères, 1 tuilerie à Bézard Falgas, la halle affermée par de Bruyères, 3 moulins en fermages à de Bruyères, 2 moulins à farine sur le canal, 1 moulin à foulon avec une meule à huile, et 2 pressoirs.
Le conseil vota une augmentation de la taxe foncière pour tous, sauf l’industrie en fermage. Devinez qui était le propriétaire de ces industries ?... Le maire de Bruyères.
Le 23 septembre 1821, notre premier magistrat prit un arrêt, des suites de l’arrêt préfectoral du 17 septembre :
Nous maire de la commune de Chalabre.
Vu les arrêtés de monsieur le préfet de l’Aude du 21 août dernier et du 17 septembre courant qui prescrivent de promptes mesures pour prévenir l’introduction de la maladie contagieuse qui règne en Espagne et nous enjoignent de requérir le concours des habitants pour assurer l’exécution de ses mesures. Arrétont.
Article premier.
Les habitants valides de la commune de Chalabre de l’âge de 20 à 60 ans, aptes à composer la garde nationale, qui peuvent se détourner momentanément de leur travail sans nuire absolument à leurs moyen d’existence, sont requis pour un service journalier et sédentaire.
Article deuxième.
Ces citoyens seront divisés selon leur âge en quatre séries, dont les listes arrêtées par nous resteront affichées avec le présent et les arrêts de monsieur le préfet dans le corps de garde de l’hôtel de ville.
Il y a en tout 8 articles, où il est prévu les services de 8 hommes, les uniformes, les armes et les peines encas de non respect (paragraphe 12 articles 475 du code pénal).
Le seul but était d’empêcher l’épidémie de passer.
Il ne fut sûrement pas facile d’arrêter avec un fusil la maladie ou le microbe, de surcroît espagnol.
En 1822, le maire était toujours Jean Louis Félicité de Bruyères Chalabre. L’adjoint n’avait pas changé en la personne de Nicolas Xavier Clavel. Les conseillers étaient Bézard Falgas Jean François, Marc Antoine Lasale dit le turc, Manent Joseph, François Audouy, Joseph Lasale jeune, Vincent Cavaillé, Jean Baptiste Clavel, Nicolas Gaudy père et Vène Jean.
Les plus imposés étaient Hyacinthe Toursier, Gaudy fils, Raymond Sales, Nicolas Vives, Pierre Balussou père, Jean François Anduze Farit, Chaubet fils aîné, Nicolas Bézard, Etienne Cambon.
Un mot sur les plus imposés, Gaudy était un fabriquant de drap, à l’usine « Garrouste » dont nous reparlerons dans 15 ans. Balussou était le grand-père maternel du capitaine Danjou. Anduze Farit, avec un t, nous allons le revoir mais avec un s « Faris ». Bézard était notre ancien maire, responsable du directoire.
Autre remarque, Lasale a perdu au fil du temps un s et un l.
Le 12 décembre 1822, la commune s’abonne pour 31 francs par an au journal des maires.
Le 18 juin 1823, la commune, à la demande de monsieur le maire, depuis un an, s’était décidée à acheter la halle.
Jean Louis Félicité de Bruyères Chalabre, propriétaire de la halle, en proposait 8.000 francs, payable en 4 fois avec 5% d’intérêt.
Monsieur le maire (la même personne) était d’accord sur le montant et pour que la ville en fasse l’acquisition.
La halle est devenue municipale ce jour-là. Le sieur feu Antoine Subreville vit sa concession annulée. Il avait fait un procès à de Bruyères.
De Bruyères, dans un geste de bonté et générosité, donna les mesures de pierres, les bancs, les tréteaux et autre bois servant à l’étalage.
Le 26 avril 1824, le conseil était réuni pour étudier l’idée d’un bureau de portage (la poste), et de voir quel était le meilleur pour y recevoir la correspondance.
Ce fut Limoux qui avait été choisi.
En 1823, Chalabre comptait 2976 habitants.
En 182,5 Chalabre comptait 3008 habitant. Elle en profita, comme lui autorisait la loi du 10 septembre, qui disait que les villes de plus de 3000 âmes pouvaient avoir une poste aux lettres en remplacement du portage
Le 12 septembre, toujours pour le courrier, la ligne Perpignan Bayonne qui, entre Quillan et Foix, passait à Sainte Colombe, le conseil décida d’abandonner Limoux, et prit via Foix.
Le 16 septembre 1824, le Roi Louis XVIII décéda, à l’âge de 69 ans. L’année passée, il se battait encore dans la guerre avec l’Espagne. Il n’avait pas de postérité. Ce fut son frère, le père du duc assassiné et le grand père du petit baptisé, sous le nom de Charles X. Il prit Alger et fut renversé par la révolution de 1830. Il mourut en exil à Moritz en Autriche en 1836.
Les membres du conseil municipal : Jean Louis Félicité Bruyères Chalabre le maire, l’adjoint Nicolas Calvel, Nicolas Gaudy, Vincent Cavaillé, Joseph Manent, François Audouy, Joseph Lasalle jeune, Jean Baptiste Clavel, Jean Baptiste Bézard Falgas, Marc Antoine Lasale « dit le truc » s’étaient réunis, aussitôt, pour prêter et jurer fidélité et obéissance au nouveau roi.
Le cimetière de la commune, au milieu duquel se trouvait placée l’église paroissiale de Saint Pierre, faisait depuis 20 ans l’objet d’un projet de déplacement. Faute de moyens, il fut régulièrement ajourné. Le 10 octobre 1826, le conseil décida pour 2814 francs de construire un nouveau lieu de sépulture.
L’ancien était devant l’église, à l’emplacement des maisons et du gymnase.
Le nouveau se place là où nous le voyons de nos jours.
Le vieux fut supprimé par arrêt le 9 août 1828, et détruit que 50 ans plus tard. Le prix de la concession ne fut fixé qu’en 1839, et le tarif définitif le 11 juin 1842.
Il y avait une léproserie et un cimetière des pestiférés, dans les maisons du bas, vers l’ancienne garde barrière.
Cette année-là, nous avons eu un nouveau préfet, le Comte de Beaumont, chevalier de l’ordre royal de la légion d’honneur et de Saint Jean de Jérusalem. Mais était-il descendant de notre chevalier de Beaumont ?
Les 20 et 21 mai 1827, Chalabre avait subi une inondation générale. Le pont vieux en charpente était parti avec la crue. Il ne sera reconstruit que par une décision du 17 juillet 1828 et terminé en 1830.
Le maire demanda et arrêta le 1er mars 1828 que les descentes d’eau de pluie des toitures soient supprimées. L’eau devait tomber directement du toit.
Les habitants récupéraient l’eau dans un bac, un tonneau. Elle était affectée à divers usage, comme l’hygiène de la maison. Le problème (s’il y a) était qu’ils avaient branchés une évacuation de leurs eaux usées. Cela ne créait aucune gène, au contraire.
Cette année-là, Goutte J. M., né et décédé à Chalabre, demandait une prolongation de son brevet de 15 ans, « la Jaqueline ». Les brevets n’étaient accordés que pour une durée de 15 ans renouvelables.
C’était un seau avec une anse, sur lequel il y avait une couronne surmontée d’un couvercle, les premières latrines portables. Il donna le prénom de sa femme à cette invention. Ne me demandez pas si cela était en guise de reconnaissance, ou parce qu’elle était chi… !.
Dame Laval décédée à Toulouse le 6 mai 1828 fut inhumée à Chalabre le 19, dans le parc où il lui fut construit un caveau, comme une lépreuse. Elle croule sous un tas de caillou au milieu des ronces. Elle sombre dans l’abandon, elle qui donna le jour à la dernière des Bruyères.
Le maire de Bruyères Chalabre, avec l’adjoint Clavel et tout le conseil : Vincent Cavaillé, François Audouy, Jean Baptiste Clavel, Jean François Bézard Falgas, Pierre Castres Saint Martin, Lazare Jacques Anduze Acher, Joseph Jean Pascal Amiel et Joseph Lasale furent d’accord, le 20 décembre 1829, pour confier à Jean Anne Lagrange, ferblantier et artiste pompier de Chalabre, la pose de deux pompes à la halle, une au sud et l’autre au nord.
Ce sont nos deux premières pompes, jusque-là l’eau coulait en permanence.
Toujours dans les dépenses utiles, il fut décidé le 14 juin 1830 de l’achat pour 1 200 francs, d’une horloge chez Foch à Toulouse, et pour 700 francs d’une cloche qui sonne tout les ¼ d’heures. Cette horloge venait en remplacement de l’ancienne, qui était à plat sur la façade de l’église de la commodité. La nouvelle devra dépasser sur la rue et visible de chaque côté ? Elle devait être adaptée à la sonnerie de la cloche.
Elle subira quelques travaux mais restera dans le même style.

horloge

En juillet 1830, à Paris, comme en France, c’était la révolution Monarchique.
Le comte de Bruyères Chalabre, qui sentait la fin de son mandat proche, demanda à Jean Anne Lagrange, ferblantier et artiste pompier de cette ville, pour 400 francs la fourniture et la pose d’une pompe au puit royal. Elle sera placée le 12 août 1830, et l’édifice fut construit en 1835.
Le 6 août 1830, le conseil municipal de Chalabre donna sa démission.
Le 9 août 1830, Louis Philippe 1er monta sur le trône. Il échappera à plusieurs attentats et se retirera en 1848 chez nos amis anglais où il y mourut en 1850.
Le 20 août, un conseil provisoire fut créé.
Il se composa de :

Ce conseil avait eu pour fonction de préparer les nouvelles élections.
Lors de l’élection du 29 août 1830, furent élus :

Les membres du conseil sont :

Les trois derniers Clavel, Castre, et Lasale furent limogés par le préfet Déjean, puisqu’ils n’avaient pas voulu prêter et jurer fidélité au roi.
Le chef de la diplomatie Audoise nomma à leur place : Nicolas Vives, Cambon fils François, Cazalens Jean Louis Nicolas.
C’était le premier conseil municipal à 23 membres, vu le nombre d’habitants qui dépassait les 3000 âmes. Ils étaient jusque-là au nombre de 11.
Nous y retrouvons les grands révolutionnaires locaux : Toursier, Subreville lui qui avait mis la famille seigneuriale en procès pour la halle, Sales dont le fils avait au moment de la révolution mis une paire de « bouffes » à l’évêque de Saint Pons (de Bruyères)], et le biscuit Castre l’ancien mousquetaire.
Le seul bilan positif fut l’anniversaire de l’insurrection et de la révolution du 27, 28, 29 juillet, de l’année passée.
Le roi dissout toutes les chambres, y compris les conseils de mairies.
A partir du 1° janvier, la France n’était plus gouvernée, mise à part par la chambre royale qui continua à fonctionner.
Les élections pour les mairies furent programmées le 26 février 1832.
C’est l’année où de Roux marquis de Puivert, de Rivel et de Sainte Colombe quitte ce bas monde. Décédé à Paris, il sera inhumé dans le cimetière de Vincennes, près de la forteresse qu’il connaît bien, pour l’avoir fréquentée pendant 30 ans et y séjourner en qualité de détenu ou directeur. L’histoire de cette famille et plus particulièrement de ce monsieur mériterait de vous être racontée. Elle en vaut vraiment le détour.

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