Entête Si Chalabre m'était conté

Après la croisade

1256 à 1582

Le 5 juillet 1256, un grand procès eut lieu à Toulouse au cours duquel Guillaume Tournier Hérétique, converti à la chrétienté, dénonça ceux qui se sont émigrés. Il cita les noms d’Arnault de Balaguier du château du Kercorb, Pierre de Bélesta, Pons de Villeneuve, Izard du Razès et Bartélémi de Fanjeaux.
Ce chalabrois eut été inspiré de fermer sa grande… ! La délation conduit au bûcher comme dans le temps modernes en 1940.
Le roi Saint Louis repartit en croisade en 1270. Déçu de son premier échec, il récidiva. Abandonné par dieu, il mourut de la peste la même année, devant Carthage (Tunis).
L’année suivante, son frère Alphonse de Poitiers et Jeanne de Toulouse décédèrent : le comté de Toulouse, comme l’avait été Carcassonne, fut rattaché au royaume de France.
Philippe III dit le hardi devint le roi de 1270 à 1285.
Les anciens fiefs de Carcassonne et Toulouse tombèrent sous la tutelle directe du roi. Ils prirent de l’importance, et devinrent les sentinelles garantes du domaine royal.
Les guerres terminées, le peuple de Chalabre eut de mal à s’acclimater au nouveau seigneur, le reste du canton s’en étant accoutumé. La première ville de part le nombre d’habitants contesta. C’était la ville la plus révolutionnaire et n’admettait pas que le seigneur puisse faire sa résidence à Puivert.
L’abbaye des pénitents blancs, de nos jours le centre ville, fut placée entre le château et la ville, au champ Legrand. Les moines abusèrent de leurs prérogatives en demandant aux habitants d’exécuter des corvées de nettoyage, de bois et d’entretien.
La forteresse fut occupée par des soldats en armes, des sentinelles de Jean1°. Ce dernier coulait des jours heureux avec la belle Eustachie, à Puivert. Dieu les protégeait de tous les malheurs.
En l’an de grâce, mille deux cent septante et neuf, le mois de mars fut très pluvieux. Les rivières de l’Hers, du Blau et Chalabreil étaient en crus.
Le 18 mars, le ciel fut orageux. Des trombes d’eau tombèrent sur la terre. Le lac de Puivert déborda. La pression fut si forte que la digue naturelle céda. On l’aurait située sous le pont actuel, au centre du village. Le village de Chalabre, à l’époque sur le champ Legrand, fut complètement englouti. L’abbaye subissa une bonne inondation. La moitié de la population partit sous les eaux et les maisons furent détruites.
Mirepoix, dont la ville était de l’autre côté de l’Hers, sous le château, fut détruite.
La ville fut reconstruite de l’autre côté dans l’état actuel. A Chalabre, les habitants se rapprochèrent de l’abbaye pour refaire la ville.

Ancien lit du lac

Les tourtereaux Jean et Eustachie ne purent que constater les dégâts. Les Lévis échappèrent à la destruction. Ils envisagèrent de construire à Lagarde ou Léran.
Jean 1°, ayant du faire face à une insurrection, orchestrée par les habitants de Rivel, jugea avec mansuétude et obtint de ses vassaux la reconnaissance.
Il transigea avec le prieur de l’abbaye de Camon en 1270 sur le sujet des rentes.
Il fut considéré comme l’un des plus grand homme du Languedoc.
Grand seigneur, il devait ses vertus guerrières à son père, bien qu’il eut tout obtenu par la douceur !
Le baron Jean de Bruyères accompagna le roi Philippe III, dit le hardi, à Bordeaux,non pas pour y faire la bombance comme un siècle plus tôt, quand la bombe Aliénor y avait organisé la fête, mais bien pour chasser ces descendants Anglais.

La terre privilégiée

Jean gagna du roi sa considération pour service rendu en1283.
« En considération de ses services, est nommé chambellan (officier de la chambre du prince) ses vassaux sont taillables à sa volonté et est déchargé à perpétuité de toutes sortes d’impôts envers la couronne, est déclaré gouverneur né de ses 2 châteaux Chalabre et Puivert, et lui confie la garde, par ses vassaux et reçoit une compagnie de 50 hommes d’armes, dont il est le capitaine né, tout ces privilèges fussent acquis à jamais à sa descendance ».
Furent concernées les villes de Puivert, Chalabre, Villefort, Ourjac, Canterate, Fonrouge, Paris, Nébias, Carbonnas, Montjardin, Lescale, Saint Jean de Paracol, Rivel, Sainte Colombe, Sonnac.
Paris se situait à côté, à Sainte Colombe, où il y avait une communauté de Parfaits.
Ourjac était quant à lui un hameau, entre la forge et le moulin de l’évêque.
Fontrouge se présentait vers Saint Benoît.
Le Kercorb occulta son nom pour « terre privilégiée » qui fut confirmé par tous les rois ou presque !
Le premier à confirmer fut Philippe IV, dit le bel, fils et successeur du précédent roi (régnant de 1285 à1314). L’année de la disparition de ce dernier, ce fut encore PhilippeIV qui ordonna au pape Clément V l’absolution des templiers en 1312.
Il va sans dire que les habitants payèrent des impôts au seigneur et à la couronne, ce qui vaudra aux gens et aux seigneurs des bonnes disputes et des procès.

L’octroi :
le droit de passage des marchandises qui fut supprimé en 1840.
La leude :
péage des marchandises allant être vendues sur le marché, les invendus n’étant pas détaxés au retour.
L’alberge :
concerne les charrues, bêtes de somme, et l’utilisation de la forêt.
La banalité :
pour utiliser le four où le moulin à farine.
La baille :
encore en activité, c’était l’amende.
La censure :
pour construire, habiter une maison, créer une vigne un jardin un pré, le seigneur se gardant 11% de la récolte.
Les lods et censives :
revenus féodaux du seigneur.
La pêche et la chasse :
privilège est réservés aux seigneurs.
La corvée :
la contre partie du privilège. Les habitants de Chalabre devaient 2 journées par semaine aux seigneurs. Il leur était fait obligation de monter la garde, de jour comme de nuit, au château et aux portes la ville.

Jean et Eustachie mirent au monde Thomas I°, qui épousa en 1310, Isabelle de Melun .Cela entraîna des modifications et la restauration de la citadelle de Puivert, (état actuel), les 7 besants d’or, emblème des Melun, étant venus rejoindre le lion à la queue nouée et fourchue.

blason

La ville basse de Carcassonne fut régulièrement saccagée par le prince noir. Malgré un commerce des plus florissant, composé en majorité de juifs, ceux-ci las des pertes partirent s’installer ailleurs, comme à Chalabre.
Carcassonne fut reconstruite en 1329.
Chalabre, grâce à ces nouveaux commerçants se développa. Prise d’expansion, on lui accorda un cimetière, une synagogue, des boucheries séparées, des fabricants de bijoux dans ce qui est aujourd’hui la rue de la juiverie.
De l’union d’Isabelle et Thomas naquit Thomas II et Philippe I°.
Le fief fut partagé en deux.
Thomas II° reçut la baronnie de Puivert.
A Philippe I°, il lui revint Chalabre, Rivel, Sainte Colombe.
Thomas II, seigneur de Puivert, Nébias, Saint Jean de Paracol, Montjardin prit pour femme Béatrix de Barenne. Ils n’eurent que des filles dont l’aînée Hélix de Bruyères épousa Guiraud de Voisin (d’Arques et Limoux).
Le nom de Bruyères fut perdu pour cette baronnie.


Les embrouilles de Puivert

Philippe I° de Voisin, fils d’Hélix et de Guiraud, épousa en première noce Ellipside de Lévis. Répudiée, elle repartit à Lagarde. Il prit alors en seconde noce Gabrielle de Carmaing, avec qui il obtint ce qu’il espérait, un garçon. Jean II° de Voisin se maria avec Paule de Foix de Rabat. Ils n’eurent eux aussi que des filles. Cependant, comme Jean de Voisin ne put rembourser la dote d’Ellipside que son père avait perçue, soit 8.000 livres, le frère de cette dernière, Jean de Lévis, prit possession de Puivert.
Jean de Voisin et son épouse Paule de Foix de Rabat se retrouvèrent à la rue.
Trois ans passèrent. La famille ayant fait des économies, sûrement sur le chauffage et l’éclairage, elle s’acquitta de la dette et récupéra le château. Les Lévis repartirent déçus car ils auraient espéré garder Puivert.
En fait, il y avait en dessous Roger Antoine de Bruyères, qui, sur les conseils de sa maman, essaya de récupérer le fief. Cela lui aurait évité de venir s’installer à Chalabre.
Une des filles Françoise de Voisin prit pour mari, le 22 novembre 1518, Jean de Joyeuse. Ils n’eurent qu’Anne comme enfant, encore une fille !
Ce fut la fin de la seigneurie des Voisins, place aux Joyeuse.
Anne épousa François II de Bruyères Chalabre en 1539. La baronnie de Puivert aurait donc dû revenir aux Bruyères ! Cela n’était pas aussi si sûr.
Le brave Jean de Joyeuse, en bon père, soucieux du bien être de sa progéniture, donna contre toute logique ses terres à son frère Guillaume.
Ancien évêque d’Alet et marié à Marie de Bartanay, ils eurent 2 garçons.
Au décès de Guillaume, un des fils passa à trépas. Le second étant dans les ordres et ne pouvant s’occuper du domaine, la maman, veuve Marie de Bartanay vendit à un riche marchand de draps de Chalabre, Jean Pressoire, lequel avait fait fortune en orient.
Puivert revint à un Chalabrois.
Revenons à Philippe I° de Bruyères Rivel, qui avait résidence dans cette ville investie par son aïeul Pons. Ce fut sous sa coupelle que les Juifs de Carcassonne vinrent s’installer à Chalabre. Ce Philippe prit une part active à la journée de Crécy en 1346. Il était revenu au pays pour prendre comme femme Marguerite Bar de Capendu en 1348, fille d’un descendant d’un autre lieutenant de Montfort.
Son frère Thomas II décéda en 1350, ce qui fit de lui l’héritier de la famille.
Il répondit à l’appel du roi Jean II, dit le bon (1350 à 1364), et se bâtit à ses côtés à Poitiers, en 1356. A l’inverse du monarque, il ne fut pas assez stupide pour se faire prendre et enfermer comme prisonnier en Angleterre.
Sous la houlette toujours de Philippe, les états du Languedoc de 1358 députèrent au roi Jean le Bon, encore captif à Londres, 8 délégués avec mission d’offrir, « les corps, les biens et les familles de tout les habitants de la province, pour sa délivrance ».
Ce fut aussi la naissance d’une nouvelle monnaie à savoir le franc.
Il proposa ses services et engagea le Chalabrais.
De son retour d’outre Manche, il voulut prendre en main les affaires de la famille. Le défunt n’ayant eu que des filles, Puivert lui revint de droit. Mais l’aînée Hélix était devenue la femme de Guiraud de Voisin. Les gardes de Puivert lui interdirent donc l’accès du château.
Les réunions et rencontres se tinrent dans la chapelle du bon secours, alors attenante à la forteresse.
Il tenta de parlementer à maintes reprises. Devant l’obstination de la population et des hommes du Voisin, il laissa cette partie du canton à son triste sort.
Il avait de quoi faire avec les habitants de Chalabre qui protestaient contre l’impôt et lui reprochaient d’avoir fait résidence dans la ville de Rivel. Pour eux les frais de guerre étaient trop élevés. Ils firent donc valoir la terre privilégiée. Parfois, ceux de Rivel contestèrent aussi. Le « pauvre » Philippe eut de quoi faire chez lui.
Ce même seigneur entreprit de gros travaux en 1360à savoir la fortification de la ville de Chalabre, un grand chantier.

photo

LLa ronde des hommes et des bêtes parta de Roquefère où la pierre était extraite et acheminée jusqu’en ville. Les travaux furent terminés en 1366. A noter que sur cette colline, il y avait un prieuré avec pour chapelle Saint Martin (au lieu dit).
Le fils Philippe II° de Bruyères Rivel participa lui aussi aux guerres de cent ans. Le roi Charles VI, dit le bien aimé, (le peuple l’ayant nommé à juste raison Charles le fou de 1380 à 1422) fit de notre Audois son chambellan et le nomma gouverneur de Montpellier en 1396. Il n’eut de postérité, qu’un male avec sa troisième femme, Jordanne de Damât. Il mourut en 1404, laissant des enfants en bas ages.
L’aîné Jean II° devint le baron de Rivel. Il fut le compagnon de lutte d’ Etienne de Vignoles, dit la Hire, et de Jean de Poton, dit Xaintrailles maréchal de France. Tous deux furent les frères d’armes de Jeanne d’Arc. Notre Jean épousa, en 1434, Béatrix de Mauléon. Il disparut en 1442. Une lettre patentée du roi Charles le fou confirma le privilège, le 23 mars 1429. Il avait essuyé un procès. Le peuple dans la disette et famine refusait de payer les frais pour des faits de guerre. Les marchands de Chalabre, les plus virulents, en avaient assez de « cracher au bassinet ». Il quitta ce bas monde sans connaître le résultat (mais sans vouloir jouer les prophètes, la sentence a du être en sa faveur)
Le fils aîné, sur les conseils de sa maman Béatrix de Mauléon, transporta sa résidence à Chalabre où la contestation fut la plus courante, la plus dure. En vivant sur place, elle pensait que son fils pourrait mater ces gueux. C’était mal les connaître. Le fils Roger Antoine, en bon garçon obéissant, fit restaurer le Château de Chalabre. En 1450, il y emménagea.

De Bruyères Chalabre

Ce qui changea fut le titre, Roger Antoine de Bruyères Chalabre, délaissant définitivement le « de Rivel ». Il nous reste du château de cette époque la tour carrée et une partie de l’aile.
Le donjon avec ses créneaux et tourelles date de la révolution.
Dans un premier temps, le calme revint !
Les Chalabrois étaient contre la construction des fortifications devant servir à la protection du roi Charles V, qu’ils ne connaissent pas. Cela ne les empêcha pas de participer à l’ouvrage, n’étant pas contre l’argent du labeur.
Les consuls, choisis parmi les notables payant le cens, furent obligés d’augmenter les impôts, malgré la contestation et malgré la terre privilégiée. Cela ne dut pas être facile car le porte monnaie du chalabrois était sacré !
Ces consuls étaient de fervents catholiques. Ils étaient assistés, dans le conseil de prud’hommes, de prêtres ou curés, de jurés ou syndics, les représentants de notre seigneur roi de la ville.
Les consuls se composaient en deux parties : les consuls modernes au nombre de 4, et, les consuls politiques au nombre de 11 ou 12.
C’était des commerçants, des industriels, des personnes habiles avec les chiffres et calculs, sans pour cela savoir ni trop lire ou écrire.
Chalabre devint très tôt une ville libre du midi.
Le baille ou baye était le percepteur du seigneur. A noter que rien n’a changé aujourd’hui !
Les marquillers étaient les gérants des églises.
Le déménageur Roger Antoine, après avoir suivi les conseils de maman, fut un peu moins absent. Le résultat ne se fit pas attendre, un calme relatif !
Il eut la lourde tache, dans sa qualité de chambellan, sur l’ordre du roi Charles VII dit le victorieux (1422 à 1461), de faire une enquête pour la réhabilitation de Jeanne d’Arc le Lys pucelle de France. Le 15 février 1450, juste avant d’emménager à Chalabre, il quitta Rivel pour faire ses recherches sur Jeanne. A son retour, il s’installa dans sa nouvelle demeure, mais là, ce furent les rivellois qui s’avérèrent insatisfaits.

Jeanne dite pucelle

Les recherches donnent une idée légèrement opposée à celles reçues !
La version la plus courante et la plus poétique est celle ci: Jeanne était née à Domrémy, dans les Vosges en 1410 . A 18 ans, pendant qu’elle gardait les moutons, elle entendit des voix lui demandant de délivrer le pays.
A la tête d’une troupe, elle délivra Orléans, assiégé par les Anglais en 1429.
Elle fit sacrer le roi à Reims.
Prisonnière par ces mêmes « rosbifs », elle fut brûlée vive à Rouen.
Vous possédez, en gros, un raccourci de la version officielle.
En attendant faisons nous quelques réflexions !
Les filles (garces) étaient mariées à 15 ans. Cela faisait une bouche de moins à nourrir !
A 19 ans, Jeanne était toujours célibataire. On peut se poser la question de son célibat (était-elle si laide que cela ?) Pour une fille, se soucier d’un fait de guerre était rare, à moins d’y avoir un membre de la famille. Ce n’était pas en gardant des ruminants dans une campagne perdue que l’information pouvait arriver, sauf par les vois célestes !
De plus pour mener des troupes au combat il fallait être chevalier.
Pour être chevalier il fallait être noble.
L’armure, l’épée, les côtes de mailles étaient lourdes. Il fallait être athlétique, en grande forme, et, en toute évidence, savoir se battre surtout avec une épée à deux mains, un autre détail ayant importance. Il fallait aussi savoir, avec ou sans l’harnachement, monter à cheval.
Avec tout le bastringue, je la plaints, ainsi que le canasson, car, comme chacun avait son cheval, elle avait du hérité d’un bourrin !!!
Quant à faire sacrer le roi, il fallait en premier le connaître, mettre la cérémonie en place, faire les démarches. Cela n’a pas du être facile pour une paysanne qui aurait donc du savoir lire et écrire, se déplacer, être sur le lieu des combats et à l’église, la dite église qui se trouvait à 8 jours de cheval.
Ne pensez- vous pas que la garde royale, tout aussi belle et bien vêtue que soit la Jeanne, aurait délivrer un laissez- passer à la prude gardienne de brebis ?
Et monseigneur l’évêque, dont il était le seul après dieu et le pape maître sur cette terre, se faire voler la vedette par une fille. Là, je pense qu’il ne faut pas rêver !
Ci on regarde bien, beaucoup de choses ne concorde pas !
Je vous livre ce qui serait peut- être la vraie histoire.
Charles VI, dit le bien aimé, « le fou », né en 1368, prit le trône en 1380. Pour éviter la solitude de ses 17 ans, il épousa en 1385 une vieille de 14 ans, Elisabeth de Wittelsbach, (1371 – 1433) née à Munich. Elle était connue sous le pseudonyme d’Isabeau de Bavière.
Entre deux batailles et crises de maladie, le roi fit à la blonde germanique des enfants, comme en 1393 où elle accoucha d’une fille. Elle la baptisa Marie, la donna à dieu en contre partie de la guérison de son mari, le roi. A 5 ans, elle entra au couvent et prit le voile en 1408 ; elle aussi fut mariée à l’age de 15 ans, mais, avec dieu.
Le roi fut et resta « fada » avec des crises de démences de plus en plus rapprochées. Un jour où son état lui permit, il fit de Philippe II de Bruyères son chambellan.
Ce fut en 1403 qu’Isabeau donna le jour à celui qui devint roi, Charles VII le victorieux.
Le prince Louis d’Orléans, frère de sa majesté, vint souvent aux nouvelles, pour 2 raisons à savoir que la première était l’intérêt du trône, et la seconde qu’il était le coquin de la blonde reine de France.
Charles en qualité de roi avait tous les droits, y compris celui d’avoir une maîtresse. La malheureuse élue se nomma Odette Champdivers. Le bruit courut qu’ils eurent une fille, et que ce serait la pucelle !
Sur ces entre- faits, Valentine Viscenti, la femme légitime de l’amant Louis, découvra le « pot aux roses ». Elle alla chez le roi pour les dénoncer. Celui- ci, en mesure de représailles, la mit dans sa couche. Il n’était pas fou pour tout, le gus, et elle y avait été peut être pour cela.
Isabeau avait un tempérament de feu, pas facile à éteindre. Le 23 novembre 1410, elle accoucha d’une fille adultère, dans un hôtel particulier, rue veille du temple. Le père de la petite, Louis d’Orléans, rendit visite à son œuvre tous les jours sans escorte. Le 27 du mois de novembre alors qu’il se rendait à l’hôtel, il fut assassiné par le peuple, las de toutes ces taxes.
La main avait été guidée par Jean sans peur, celui qui en 1413 se rendit maître de la capitale.
La 12° enfant d’Isabeau, Jeanne, fut confiée à une dame de compagnie, Jeanne Isabelle Romére, épouse de Jacques d’Arc, (d’Arc en Artois), avec une bonne dot et des terres sur lesquelles elle gardera ses prétendus moutons.
Le roi en 1422, rendit son âme à dieu dans une folie totale.
Le garçon, né en1403, prit le trône sous le nom de, Charles VII, dit le victorieux. Lui aussi eut un surnom « le roi de Bourges ».
La France eut deux rois : au nord, c’était Henri VI, alors âgé de 10 mois, descendant d’Henry II et d’Aliénor l’Anglais. De Paris au sud, régnait Charles VII.
Isabeau, meilleure maîtresse que mère, fut en disgrâce avec son fils le roi.
Jeanne était sous la protection du duc de Bourgogne et d’Anjou.
Le 5 mars 1429, Jeanne, notre pucelle, arriva à Chinon. Elle fut reçue par Gérard Machet, confesseur du roi, et prêtre envoyé par Yolande d’Anjou. Il lui remit la preuve de ses origines, fille d’Isabeau et de Louis d’Orléans. Elle reçut l’anneau, une bague de style chevalière avec les armoiries, qui officialisait les scellés de cire sur les lettres, les ordonnances, et arrêts.
Le roi fut sacré à Reims, et la nomma Jeanne le lys.
Elle fut faite prisonnière en mai 1430 à Compiègne. Son procès se déroula à Rouen, sous la direction de l’évêque de Beauvais Pierre Cauchon.
Elle fut condamnée pour sorcellerie et ce, dans un premier temps, pour éviter d’en faire un martyre non rançonné comme l‘étaient les nobles et chevaliers, et dans un second temps, pour casser le moral de la Hire, de Xaintrailles, de Jean II de Bruyères et de son compagnon de tente Gilles de Rai.
Pendant des siècles, les soldats furent exterminés pour ne pas ralentir la progression. Ils coûtaient cher en nourriture. Suite à un combat final, ils pouvaient être rendus contre de la monnaies, mais seuls les chevaliers et nobles étaient rançonnés.
Le Cauchon lui rendit des visites. Il l’avait faite évader par un souterrain, dont la sortie était située dans la rue appelée aujourd’hui Jeanne d’Arc.
L’évêque sentait la cause Anglaise perdue. Elle pouvait lui rendre des services, mais pour cela, il fallait qu’elle eut la vie sauve !
Ce fut une clocharde qui prit sa place sur le bûcher.
La blonde germanique, la mère honorable, nous faussa compagnie en 1433 et regagna, à 62 ans, le chemin du purgatoire, à moins qu’elle ne fit de l’œil à Saint Pierre.
Charles VII, le demi frère, voulait la marier à Gilles de Rai avec qui elle avait combattue surtout sur l’oreiller.
Indépendante, femme libérée, notre pucelle épousa en 1436, Robert des Armoises.
Ils vendirent le 7 novembre 1436, la seigneurie d’Haraucourt, ou Harcourt, pour la somme de 350 livres et 12 gros, à Collard de Failly, acte signé à Marvilles par Robert des Armoises et Jeanne le Lys pucelle de France, (archives nationales).
Dans les années 1437, Jeanne retrouva son le vieil ami Gilles de Rai, le copain de régiment. A la tête de 500 hommes, ils firent le ménage contre les brigands, dans une région allant de La Rochelle, Bordeaux, Bayonne. Ces écorcheurs terrorisaient la contrée, mais ils permirent aux vieux copains de se retrouver, de partager le campement et des heures de gloires.
Le seigneur de Rai était de l’île de Ré, en vieille orthographe.
En juin 1439, dans la ville d’Orléans, il fut célébré une messe en l’honneur de Jeanne et pour le repos de son âme. Elle se retrouva dans cette ville, le 1 août 1439, pour dissiper tout malentendu et prouver, par la même, qu’elle n’était pas morte, mais bien vivante, ayant échappé aux pyromanes, comme le laissait croire la rumeur !
La ville lui remit 210 livres parisis en or et il fut inscrit au cahier des comptes de la ville : « À Jeanne des Armoises pour le bien qu’elle à fait à la dite ville durant le siège, reçoit la somme… » Archives d’Orléans.
À l’age de 39 ans, en cette année de grâce de l’an 1449, elle fut mise en terre au château d’Autrey (il y en a 3 dans la région). Elle aurait rendue la vie dans une grossesse extra utérine ; la fausse couche se serait produite à Namur en Belgique.
Le roi demi frère, avait ordonné une enquête pour sa réhabilitation. Le pape de l’époque Nicolas V s’y refusa. Mais comme déjà dit, le seigneur Roger Antoine de Bruyères Chalabre fit la démarche et conclua à la simplicité de l’affaire et à sa sainteté.
Le pape, Calixte III, cassa le 7 juillet 1456 le jugement d’hérésie et d’idolâtrie.
400 ans plus tard, monseigneur Dupanloup, chargé du dossier, soutint en 1869 la cause de sainteté.
Monseigneur Couillé remit à l’épiscopat un rapport et un procès additionnel qui rejeta cette sainteté.
L’épiscopat, avec à leur tête le pape, demanda en 1885 un procès complémentaire qui aboutit quant à lui à la sainteté. Ils clôturèrent le dossier.
Et pour terminer l’affaire en 1920, le pape Benoît V céda au gouvernement Français de Paul Deschanel. Des suites de la grande guerre, les hommes avaient refusé d’aller au combat, à la boucherie. Avide de symboles patriotiques, il demanda la canonisation de la pucelle. Ce qu’y fut fait. Le clergé accorda de faire de Jeanne une sainte.
En conclusion, d’un côté ou de l’autre, il dut y avoir du vrai !
Elle savait lire et écrire, or seuls les nobles et les très riches avaient ce privilège, les cerfs n’y avant pas accès, faute de moyens.
Le mot pucelle ne voulait pas dire la même chose, par rapport à nos pensées actuelles. Cela n’avait aucune connotation pornographique, car cela désignait une fille non mariée, l’équivalant d’une catherinette, vierge ou pas.
L’enquête n’eut aucune incidence sur Chalabre, mise à part l’augmentation de l’impôt, car la fille fut inconnue et le resta longtemps (cinq siècles.)
Le changement d’adresse de Roger Antoine, ayant meilleure presse, eut pour effet de calmer quelques esprits rebelles.
Le Chalabrois ne supportait pas les corvées, telles que les deux jours à bras ou avec du bétail pour le seigneur, et la journée de garde.
La semaine était composée comme suit:deux jours pour le roi de la ville + un jour pour la garde + un jour pour le culte. En conséquence, quatre jours étaient sacrifies pour les autres.
Là, c’est moi qui ne comprends pas, car dans une semaine il n’y a que sept jours, même au Moyen-Âge.
Il ne lui restait donc que trois jours de travail pour gagner de quoi nourrir sa famille !
Le travailleur à mi- temps, ayant toutes les peines du monde à joindre les deux bouts, s’insurgea. Vous en conviendrez que cela parusse justifié.
La terre privilégiée pendant des siècles fut un inconvénient pour le peuple.
En effet, la contre partie aurait été plus lourde que l’impôt. Cela aurait permis au seigneur et au roi de la ville de se payer une garde. Chacun aurait travaillé pour soi et la situation aurait été inversée : un jour pour le culte et les six autres pour sa propre famille.
La garde obligatoire était un dû au château, en contre partie du privilège.
Un homme devait par semaine un tour de ronde à savoir deux heures la nuit et une heure le jour en temps de paix, ou six heures la nuit et deux heures le jour en temps de guerre.
Pour renseignement, le canton et la région servaient de sentinelle et de frontière avec l’Espagne.
Nous étions contre toute attente en alerte permanente. Donc, pour le manant battant la glèbe, c’était les six heures de nuit et les deux heures de jours.
Le chalabrois avait gagné de faire la garde d’une seule traite, les huit heures d’un coup !
Les consuls, bourgeois étaient exonérés de la garde. Les habitants avaient eu rapidement la liberté de mesurer, sans payer de droits. Ils avaient obtenu l’autorisation de mesurer chez eux, avec des mesures approuvées et contrôlées, par le syndic, le représentent du roi de la ville.
Le mesurage, le péage et la leude frappaient les forains et allaient dans les caisses du roi de la ville.
Les forains étaient les étrangers de la ville, que vous veniez de Montjardin ou de Paris. Vous verrez régulièrement le terme de « roi de la ville »car c’était comme cela que les seigneurs aimaient se faire appeler, le titre suprême pour une humilité incontestable !
Roger Antoine 1° de Bruyères le Châtel était le baron de Chalabre. C’est à partir de cette période que vous trouverez des documents aux Archives, mais en latin, bon courage !
Son fils Jean III° fut le compagnon d’armes de Louis XI (1461 – 1463), et de Charles VIII dit l’affable, (1483 1498), le dernier des Valois.
En 1493, notre Jean III bâtit Ferdinand roi d’Aragon. Au traité de Barcelone, Charles fit de lui son chambellan. Il avait épousé, en 1489, Cécile de Voisin d’Ambres, du côté de Castres.
Ferdinand d’Aragon avait gagné des terres, sous Louis XI. Elles arrivaient à Bélesta, et s’étendaient sur le Pays de Sault (saltus, forêt sauvage). L’Espagnol fit une percée sur Chalabre et Sonnac. Les terres furent reprises par Charles. Pendant que le seigneur Jean se frictionnait avec l’ibérique, les consuls de Chalabre firent une requête auprès du syndic. Ils demandèrent que l’affaire fusse jugée à Toulouse.
Le baron Jean promit de faire envoyer un syndic auprès du sénéchal de Toulouse pour la dite requête, afin de ne plus être imposé royalement.
Encore un procès tronqué, et l’affaire fut purement étouffée. Le chambellan aurait-il usé de son pouvoir ? Il faut dire que le moment n’était pas des plus courtois. C’était un coup bas que lui infligé les consuls.
Dans ce climat de contestation, le roi de la ville rendit la justice. Les bailles eurent du travail surtout pour se faire payer l’amende, la sentence étant toujours une contribution fiscale, en remplacement de l'impôt.

Fin de la banalité

Le Chalabrois était roublard. Il avait créé, en douce, un four dans sa masure privant le roi de quelques deniers sur la banalité. Mais comme le seigneur roi était bon, il donna l’autorisation à chaque foyer d’en posséder un dans sa maison, à la condition qu’il ne sorte pas dans la rue, et qu’il ne serve que pour la cuisson du pain et des provisions, surtout pas pour la vente ! Cette autorisation prit effet dès 1500.
Dans chaque maison où presque, il y avait, au coin de la cheminée, des cavités qui servaient de four. Plus tard, cela servira de planque pour la contrebande.
Le fournier étant celui qui gérait le four public, il se retrouva au chômage.
François I° fut un digne successeur de Jean III, et eut un homonyme plus célèbre que lui, François I°, roi de France, (ce n’est qu’une question de kilomètres carrés !).
Le Kercorbien François I° partit en campagne de l’autre coté des Alpes. Il mena à bien la campagne de Milan et de Marignan en 1515. Il nous a été instruit dans les écoles que ce fut une victoire de François I°, mais lequel ?
Ce serait le chalabrois qui aurait brandi l’étendard de la gagne contre les petits Suisses.
Et le parisien, comme de coutume, s’accapara du courage des autres !
Notre seigneur, à son retour, eut des besoins financiers importants pour éponger le séjour dans le Piémont, et, pour financer le projet de construction d’une église.
Il ne pouvait pas augmenter l’impôt, sans avoir pour conséquence la contestation populaire, avec un procès pour clôturer le tout.
Comment payer les travaux ?
Il fut décidé une consultation, où chacun pouvait s’exprimer sur la « questa ».
Cette dernière ne pouvait faire l’objet d’une augmentation, cela n’était pas envisageable. Les consuls proposèrent de la rendre obligatoire.
La questa était l’ancêtre du denier du culte. Les bourgeois donnaient suivant leurs moyens, les pauvres peu. En la rendant obligatoire, tout le monde devait « cracher au bassinet ».
Le financement en place grâce au peuple, la construction devait pouvoir être réalisée.

Saint Pierre

Roquefère fut assailli par des brigands, pensez vous ?
Non braves gens ! Par des tailleurs de pierres. La ronde des mules reprit du service.
La maison de Saint Pierre et son église furent terminées en 1530, date gravée dans la pierre du donjon située à 3m de haut, et attestant de la fin des travaux.
De style gothique, le donjon ou clocher mesure 30m du sol jusqu’à la plate forme, et 46m au sommet de la flèche. Il abrite quatre cloches dont deux sont classées.
Il est le seul monument historique classé. C’est le frère de celui de Mirepoix et Limoux, quoi que plus petit.
Il fut détérioré par la foudre.
La nef et le cœur furent rénovés en 1830 et 1899.
Le cimetière reposait devant, sur la plate forme en plein sud. Celui des pestiférés, avec la léproserie, était situé sur le champ Legrand vers chez Freddy et Valentin.
Le roi de France vint, en 1533, à Carcassonne. Il passa à Chalabre en 1542. Il se rendait à Perpignan pour y faire la guerre et le siège. La halte chez les de Bruyères lui permit d’enrôler le fils François II°, qui s’était marié en 1539 avec Anne de Joyeuse.

pierre gravée

Anne de Joyeuse était la voisine de Puivert, fille de Jean de Joyeuse et de Françoise de Voisin. Il avait bien fait d’aller affronter l’ennemi, car son mariage lui donna les plus grandes complications.
Jean de Joyeuse était persuadé, à juste raison, que son gendre n’avait pas conclu un mariage d’amour, mais d’intérêt. Comme si lui, il avait épousé Françoise de Voisin pour autre chose que son château et ses terres.
Jean de Joyeuse avait un frère puîné, Guillaume, qui devint par le mariage l’oncle de François II.
Guillaume devint Vicomte, il épousa Marie de Bartanay. C’était le chef catholique et celui des ligueurs, (parti catholique formé en 1576 par le duc de Guise contre les huguenots et Henri III). Il chercha à supplanter le duc de Montmorency, mais il s’opposa à une saint Barthélemy dans le Languedoc.
Il ne s’était pas privé, comme les autres, de massacrer des innocents.
La bonne Anne, quant à elle, pensa que, comme le manant, cerf et autres gueux allaient souvent à la chapelle du château, ils auraient grand intérêt à avoir leur propre chapelle pour y faire pénitence. Elle décida de faire édifier une église, notre dame de la consolation, l’église Sainte Marie plus connue comme l’église de la ville.
Terminée vers 1560, plus sobre et plus sombre, elle bénéficiera de réparations dans les années qui suivirent. Elle fut fréquentée par le peuple, car les bourgeois allèrent à Saint Pierre. Quant au seigneur roi de la ville et à sa famille, ils n’en fréquentaient aucune car ils avaient la leur au château.

La guerre de religion

Les guerres de religions ensanglantèrent l’Aude. En 1560, les protestants de Carcassonne, qui étaient peu nombreux, avaient renversé une statue de la vierge. Marie était sortie de son piédestal !
Cet acte de vandalisme leur coûta la vie.
La majorité de la population était catholique, et ne se contentait pas d’égorger. Après un jour de révolte, elle continua. La colère grandissait, et quand les catholiques rencontraient un calviniste, celui- ci se retrouvait assassiné sur la voie publique.
En 1562, les commissaires royaux assignèrent aux protestants, comme lieu de réunion et de prêche, l’hôpital des pestiférés.
Il était courant qu’en revenant d’une réunion, ils fussent assaillis à coups d’arquebuse.
La région comme toute la France s’enflamma.
Le maître de Puivert, Guillaume de Joyeuse, prit la tête de la ligue !
Les neveux d’Anne, épouse de François II de Bruyères, étaient des grands. Ainsi, François cardinal, légat du pape (1561- 1615), négocia la réconciliation d’ Henry IV avec la Vatican.
Il sacra le roi Louis XIII dit le juste (1610- 1643), et présida les états généraux de 1614, un bon chrétien !
Guillaume, avec Marie, eurent un autre fils, Anne comme sa tante. Il avait quant à lui épousé la sœur de la reine, devenant du coup le beau frère du roi Henri III, qui fit de lui son favori et le nomma amiral. Il mourut à la bataille de Contras en 1587, à l’age de 26 ans.
Les de Bruyères eurent beau être de la haute, bien vu du roi, ils firent pâle figure face aux voisins les Joyeuses, ce qui n’empêcha pas Guillaume et François II de combattre côte à côte, pour la même cause, contre les protestants.
Puis François III° régna sur Chalabre. Il était de la même trempe que tous les Bruyères, mais en plus très castagneur !
Malgré les discordes entre les familles, il vendit à Guillaume de Joyeuse, le 29 octobre 1586 pour 100.000 écus, la baronnie de Chalabre, afin de financer sa compagnie de chevaux, avec lequel il fera des ravages.
Avec cette compagnie composée de plus de 100 chevaux légers, il défendit Coursan contre Montmorency. Il participa à l’assaut de Limoux, et organisa le massacre d’Alet.
De l’autre côté, le duc Henri de Rohan (gendre de Sully), chef des calvinistes, accompagné du comte de Caraman, (sa petite fille épousera Paul de Riquet) massacrèrent, eux aussi en bons protestants, des catholiques comme à Léran !
Pendant que ces derniers commençaient à faire leur besogne à la Bastide et au Peyrat, tel un cavalier qui surgit dans la nuit, son nom vous le connaissez, il l’écrit à la pointe de son épée ? Ce n’était pas Zorro mais François III. Ces deux villes furent libérées, ainsi que Limbrassac en 1590.
En 1592, il vendit pour 60.000 livres tournois le reste de la baronnie de Rivel et Sainte Colombe, toujours pour payer sa compagnie. Il céda son domaine à Jean Préssoires, riche marchand de Chalabre venant d’acquérir Puivert.
Il participa à la prise de Montastruc, du minervois, de Pezens. Il fut sans repos jusqu’en 1596, date à laquelle le roi Henri IV arrêta les hostilités.
De retour à Chalabre, notre François se retrouva sans terre. Le S.D.F. fit donc bâtir une maison (aujourd’hui les cèdres) pour y loger les vieux de la famille. Il récupéra le château car les descendants de Guillaume ne s’étaient pas acquittés entièrement de la somme. Il reprit son ancien bien. Avec les prises de guerres, il s’était fait un pécule. Ces prises de guerres lui furent reprochées pendant longtemps. Cependant, elles lui permirent de dédommager Marie de Bartanay, qui, du coup, se retrouva sans le moindre toit. Elle avait tout vendue. Comme elle avait des sous, elle pouvait terminer ses jours à l’hospice où au couvent !
François III de Bruyères, de retour dans son fief, eut maille à parti avec les habitants, qui doutaient de l’honnêteté de son butin et lui reprochaient ses massacres ainsi que sa rapine.
Le magot délia les mauvaises langues. Le village n’avait pas besoin de cela . Les habitants, avec les impôts, avaient déjà de la matière.
Le fils Jean Antoine fit un mariage fructueux financièrement, avec Paule D’Orbesson. Il mit tout en œuvre pour récupérer la baronnie de Rivel et Sainte Colombe.
Il prétexta le droit de lésion, estimant que les 60.000 livres tournois payés par Préssoires étaient en dessous de leur valeur.
Le 22 juillet 1609 un procès fut engagé entre de Bruyères et Préssoires.
Ce dernier Jean Préssoires était devenu ; Baron Jean de Préssoires de Tournebouy, propriétaire de Puivert, Rivel, Sainte Colombe, riche marchand et bien vu des Chalabrois, dont il était consul et y possédait une résidence.
Le temps passa et le délai de prescription aussi. La baronnie fut perdue pour les Bruyères et ce de manière totalement définitive.
Jean Antoine de Bruyères, hormis Chalabre, était aussi gouverneur du Pays de Sault. Il créa un monastère, celui des capucins. Il leur octroya des terres et une maison (qui fait l’angle, les deux cours face à la mairie).
Cherchant à se faire pardonner et pour couper court à toute contestation, il autorisa en 1614 les habitants du- dit Chalabre à aller chercher du bois mort pour le chauffage, et à faire pacager les porcs dans le bois de Rivel.
A noter qu’il ne manquait pas de culot, puisque ce n’était plus sa propriété, mais il se fit un nouvel ennemi, et non des moindre !

Hôtel – Dieu Saint – Jacques

Dans l’ancien hôpital local se trouvait un grand parchemin, un acte devant notaire pour une donation, encadré et sous verre.
Texte authentique :
7 juin 1582 donation par M. Prevot a l’hospice d’une maison et d’un jardin situés à Chalabre rue Saint Pierre.
« Sachent tous présent et advenir que lan de grace de notre seigneur mil cinq cens quatre vingts deux et le jeudi septieme jour du moys de juing, de matin, regnant tres chrétien Prince Henry par la grace de dieu roy de France et a dorgne dans la ville a la requi d’olmes et maison de moy. Notaire soubs signé, dioceze de Mirepoix et senéchaussée de Carcassonne en presence de moy sus dit notaire et temoing, bas nommes estably en sa personne Maitre Jehan Prebost prestre et recteur du lieu de Lavelanet lequel de son bon gre pure franche et liberalle volonté non constainet, séduiet ne subordonné de personne ainsy qu’a dict pour luy et les siens hors et successeurs a ladvenir esmeu de charité et bon zelle et desir qu’il a les pauvres de dieu sounet entretenez et moien d’avoir retraicte pour leur soulaige(ment) en la ville de Schalabre en laquelle ville le dict donateur a demeure longtemps au grand contentement du populaire de Schalabre y (ayant) beauco(up) pr(ofesse) (l) estat de prestige pour ces considerations assize au barry de Saint Pierre confoerte dauta les heritiers d’Arnauld Pomarede, ecris Jehan moy le seigneur de dict Schalabre, acquillon avec la rue publique tirant de Saint Pierre.
Item donne le dit Prevost donateur à la dite maison dieu ung jardin qu’il a prés de l’église de l’Eglise monsieur Saint Pierre contenant une cartairee leire ou envyron, conforta d’auta Arnaud Faure piqueur cers et moy les rues publiques, acquillon notes tre Antoine Aym... e prestre et leurs autres confrontations ou designations si peinet eny a de plus vrayes evec luirs entieres yssues et appartenances dicelles pieces franches et quictes de toutes charges jusques au jour present reténu le ce (n) s’annuel que les dictes pieces font au dict seigneur de Chalabre, et tout autre droict à luy apartenat laquelle donnation ainsy faicte en faveur de la dicte maison dieu auraies été instipullé et acceptée par Nicolas Aragon, baille de la dicte maison dieu faisant tant pour luy qu’au nom de Durand Espardeilhac aussi baille de la dicte maison dieu.
Gregoire
L’an mil cinq cens quatre vingtz et deux et le vingt huitiesme jour du mois de septembre par devant monsieur Maistre Raymond de Roux juge maje, lieutenant nay et genéral en la seneschaussées de Carcassonne, ont comparu M° Pierre François, procureur en la court de monsieur le seneschal du dict Carcassonne pour les sus dits Aragon, baille de le dicte maison dieu et Rieutort, faisant pour l’université du dit Chalabre et M° Ogier Dalbaytz docteur et advocat en la dicte court qui ont requis et consenti à l’insinuation, autorisation et registrement de la sus dicte donnation suyvant les ordonnaces royauilx par le dict sieur juge maje a esté appoincté que la sus dicte donnation est tenue pour insinuée et sera registée aux registres de la dicte court interposant le decret et autorité judiciaires sauf le droict du Roy et ? en tout.
Chamoix

plaque gravée
Fin de page // Cliquez ici pour revenir vers la haut de la page