Entête Si Chalabre m'était conté

Chalabre antique

Jusqu'à 1256

Chalabre possède plusieurs toponymes, le plus ancien étant sans contestation :
Oppidum Uxello Briga.
Dans un langage latin Roman cela peut se traduire comme suit :
Oppidum désigne une place fortifiée.
Uxello un lieu élevé (colline de tataubas).
Briga serait le nom de la forteresse, bien que nous trouvions des traces floues de Briga 900 ans avant J. C. Comme il n’y a pas de preuves, dans le doute nous nous abstenons.
Ce dont nous sommes sûr c’est ce qui suit :
186 ans avant la naissance de Jésus Christ, le territoire du département de l’Aude était occupé par une peuplade, les Volsques Tectosages, qui après en avoir chassé les populations primitives, s’y installèrent et firent de Toulouse leur capitale.
Les auteurs latins citent cette peuplade sous le nom de Volcoe, et Cicéron les appelle Belgoe, ce qui semble avoir un lien de parenté avec les Belges.
En l’an 118 avant J.C. la contrée devint une province Romaine, et prend le nom de Narbonnaise 27 ans toujours avant J.C.

Photographie de Chalabre

Les Volques se sont calmés et dispersés dans différentes régions. Ils prirent demeure à Briga (Chalabre). Une autre partie de la famille érigea une fortification au pic de Balaguier. Ils étaient tous de la tribu des Kercorrates ou Bercorrates. Le B, ou le K ne sont pas bien définis.
82 ans avant J.C. naquit un poète latin, chez nous à Briga, Publius Terentius Varro Atacinus.
Il est l’auteur de plusieurs écris sur la guerre des Gaules. Il donne dans ces manuscrits des indications comme le nom des villes. Briga y figure.
C’est lui qui dans une forme de pamphlet, se moque des Romains lesquels après avoir retiré leur uniforme de soldat, vont dans une tunique blanche vont se purifier, se blanchir, dans les eaux aux thermes de tataubas. Tout ceci à la suite de pillages, vols ou belles tueries. Il leurs donne le pseudonyme de terre blanche.
L’écrivain fait penser par son nom qu’il était de l’autre tribu, les Atacins située de l’autre côté des berges du fleuve Atax, que l’on appelle de nos jours Aude. Ils étaient d’origine sarrasine nom donné par les chrétiens aux musulmans, arabes, maures de la Palestine, qui envahirent tout à tour l’Afrique, la Sicile, l’Espagne et le midi de la Gaule.
La région était convoitée et le restera longtemps.
Les Kercorbates étaient des celtes. Le mot Kercorb a bien une étymologie celtique qui s’applique à une contrée hérissée de rochers. C’était le cas pour le château de Balaguier et l’oppidum. Corb serait le nom primitif de la chaîne de collines des Corbières, mais là c’est moins sur !
Les celtes étaient aussi à Kilianus. Ce n’est que vers l’an 500 que les Visigoths, pour des raisons grammaticales, et de sécurité, l’appelèrent Quillianus. Comme chez nous, le mot Kercorb devint provisoirement Chercorb.
52 ans mais là après J.C. le savant naturaliste Romain Pline l’ancien, celui qui mourut à Pompéi en 79, fut chargé de faire des relevés des populations, de leurs coutumes, et de faire une synthèse des conquêtes de César.
Il situa les Bercorates dans le septentrion de l’aquitaine, à l’oppidum Uxello Briga sur la colline de la terre blanche. La rivière de l’Hers servait de frontière avec l’aquitaine.
Le village primitif (oppidum) était bien sur cette colline du tataubas, il en reste des traces et des ruines.
Les Vandales en 407 détruisirent le village comme le fut Mirepoix ( Mirapessis).
Une décision qui parût des plus sages, fut qu’une partie du village sera reconstruite dans le confluent des rivières sur le champ « Legrand », pour bénéficier d’une protection naturelle, avec l’eau. L’autre partie (¼) resta dans le bas de la terre blanche, autour des bains, l’avenir leur donnera raison !
C’est à partir de là que nous trouvons Calabriga.
En 413 c’est l’invasion des Goth.

La Gothie

Les Wisigoths s’installèrent définitivement en 419. Le village Calabriga prit alors une forme plus importante avec un grand nombre d’habitants et de maisons.
Après avoir asticoté Clovis, qui les bâti à Vouillé en 507, c’est lui qui, l’année suivante, vint se frotter à ces « sauvages » pratiquant le wergeld, (prix de l’homme).
Pendant un siècle, la région fut l’objet de grandes bagarres. Avec la venue de Clovis en 508, les choses ne ce calmèrent pas forcement. Cela nous valu une chapelle, visible de nos jours « l’église de Vals ». Les Francs étaient des païens !
En 509, les Wisigoths s’emparèrent de Carcassonne et de Narbonne faisant de cette dernière la capitale en 511. Ils étaient quant à eux Ariens de la doctrine d’Arius, (cf fin de la chronique).
Le roi Almaric fut tué par Childebert, fils de Clovis en 531. Jusqu’en 587 la région fut à feu et à sang. Le calme revient grâce à Gondran, roi des Bourguignons.
Survint une « accalmie » d’un siècle. Malgré cela les francs firent trois tentatives infructueuses durant cette dite accalmie.
Zama et les sarrasins investirent à leur tour le quartier.
Puis ce fut le tour de Abd-Er-Rahman lequel sera arrêté à Poitiers, en 732 refoulé avec ses troupes dans le midi. Il s’en suivra des années de combats.
Non sans avoir fait au préalable deux garçons à Berthe aux grands pieds, Pépin le bref refoula tous ces arabes et sarrasins de l’autre côté des Pyrénées, en 759 seulement.
Ils refirent une nouvelle incursion en 793, où ils battirent, près de Lagrasse, Guillaume au Court Nez, duc de l’Aquitaine. Ils retournèrent en Espagne avec un énorme butin et beaucoup de prisonniers, rançonnables.
A cette époque Calabriga devint une place forte.
Des chartes du 6 et 7° siècles mentionnèrent le château sous le nom d’Exalabra.
« Castellum quod dicidur Keicorb cum omnibus suis castellamis», le castellum était la forteresse du chef lieu. Chalabre passa, contre toute logique, militaire devant la citadelle de Balaguier, qui, à partir de là n’eut qu’un rôle dérisoire car son implantation en ce lieu n’étant pas dans une bonne stratégie militaire.
Charles 1°, le grand Charlemagne, empereur à la barbe fleurie, (qu’il n’a jamais eue) se déplaça en personne pour mettre la « rouste » aux sarrasins. Il serait passé dans le fief et aurait ordonné la création de l’abbaye de Camon et celle des pénitents blancs à Chalabre. Il confirma que : Exalabra devait servir de place forte pour venir en aide aux deux lieux ecclésiastiques.

Chronique en K

pièce de monnaie à l'éffigie de Karolus

C’est aussi à partir de là que Kercorb fut confirmé avec un K, car sur une face de monnaie de l’empereur il était imprimé Karolus Imparus.


Les habitants ne sachant pas écrire firent confiance à celui dont il était attribué l’invention de l’école. Ils écrivaient comme ils le pensaient c’est à dire chercorb caircorb ext, mais jamais quercorb, c’est de loin la plus mauvaise interprétation. Pline pourtant l’avait écrit dans un style qui laissait croire qu’il avait marqué Bercorb. Les lettres étaient mal ou trop bien faites avec leurs pleins et déliés. Dans tous les cas c’était soit Ker soit Ber et rien d’autre.
Un technocrate de nos jours s’autorise à penser que « du moment que Quéribus s’écrit avec un qu, il n’y à pas lieu d’écrire Kercorb avec un K », plus mauvais tu meurs.
Je ne vais pas faire un K pour une histoire de qu, j’écrirai toujours Kercorb avec un k, quand à son q vous voyez ou ils peuvent ce le mettre.
Il faut savoir que les sociétés religieuses fondées par Jésus-Christ, où tous les chrétiens communiaient, s’appelaient Ekklésia. Elle devirent église dans un bon Français.
Le nom « cathare » vient du grec katharos (pur). Il fut adopté par de nombreuses sectes chrétiennes du moyen âge, fondées sur le manichéisme, (cf fin de la chronique) mouvement soutenu par la noblesse et quelques grands féodaux.
Nous écrivons cimetière de nos jours, cela vient du Grec koimetirion, qui voulait dire dortoir. La Septimanie, l’actuel Languedoc Roussillon, était une province des royaumes dit barbares, avec des seigneurs ariens et manichéistes. Elle fut intégrée au royaume de France, des suites de la croisade des Albigeois, par Philipe Auguste confirmé par le nom moins très célèbre Saint Louis.
Et le Krak si je vous en disait un mot. Un crac bousier vous savez la résultante : notre argent part en « fumée », on devrait dire dans la bourse d’une autre personne ! Tandis que je vous parle du krak des chevaliers (forteresse en Palestine), le château des Kurdes conquis par les croisés, en 1098, et repris par Baïbar en 1271, à notre Saint Louis.
Tout cela pour vous dire que le K n’était pas inconnu de tous.
Prendre le qu à la place du K est à mes yeux une insulte, au pog de Montségur, à Trencavel, donne raison à l’armée de L’ost et tous ses sbires. C’est une insulte à tous nos chers disparus qui ont fait la révolution et toutes ces guerres, en partant du Kercorb.

Septimanie

Exalabra par la volonté de l’empereur fut devenu le chef du lieu de par le nombre de ses habitants et de son emplacement. Le château fut donc érigé, plus exactement, renforcé en cette période.
La forteresse de Balaguier est écartée à tout jamais. La chose est surprenante car son implantation aurait du la donné favorite. Mais elle ne fournira qu’un rôle secondaire. Le nom des premiers habitants de la même famille que ceux de Briga, les Kercorbates, resta comme le mot désignant le canton que nous connaissons. S’ils furent évincés c’est parce qu’ils étaient Ariens et Manichéiste. Le souverain ne pouvait donner le gardiennage à ces gens qui étaient contre ce que lui croyait et ordonnait.
En 960, à l’époque ou était né le dernier des Carolingiens, Louis V, dit le fainéant, (roi de 986 à 987), une charte confirma que Chalabre se dota d’un château, d’une abbaye et qu’elle fut la sentinelle en qualité de chef du fief.
Dans l’histoire de Languedoc de cette période, le Falgas y fut nommé, ainsi que l’église Saint Martin, (ferme de nos jours)
Ce fut la période ou s’installa la féodalité, le département actuel étant divisé en deux Carcassonne et Narbonne.
Elles furent, comme tous ces lieux, administrées par le comté de Toulouse, duc de Septimanie couvrant une vaste étendue du Comminges aux Velay.
Les comtes de Barcelone et d’Aragon possédèrent une partie de la Provence, le Roussillon et la Cerdagne.
Nous fûmes entre ces grands comtés. Ce ne fut pas forcément un avantage, mais l’objet de convoitises.
La population ne pouvait que souffrir des caprices seigneuriaux.
Des petits seigneurs locaux pillaient et dévastaient pour leur propre compte. Ils se retiraient ensuite dans leurs châteaux pour jouir de leurs rapines. La trêve de dieu, de courte durée, ne porta qu’un soulagement nettement des plus insuffisants.
Nous dépendions de Carcassonne, vassal de Toulouse, avec au nord de Narbonne le marquisat de Gothie et au sud celui de Barcelone
En 1032, Roger de Carcassonne perdit un fils. Il fit un testament en faveur de son autre garçon, Pierre, évêque de Gironne en Espagne, et de son petit fils Roger, enfant du défunt encore au landau. Chacun posséda un lots sa vie durant. Certains biens ecclésiastiques furent exclus du partage et furent réservés à Pierre l’évêque.
Si le prêtre mourait avant Roger (le gamin), ce dernier héritait de tout.
Si c’était Roger qui décédait sa postérité héritait sinon tout revenait au prélat.
Le testament était écrit dans un latin roman du midi, donc pas facile à lire et encore moins à traduire. On y voit apparaître des villes comme Chalabre, Camon, Dun, Villeneuve, Verniole, Saissac, Foix, Lordat, Ginestas, Prade, et bien d’autre comme Carcassonne.
En 1042 naquit Raymond IV futur comte de Toulouse.
Nettement plus jeune que son oncle le jeune Roger, en toute logique, hérita en 1052 de tout le fief sans partage, fondant le premier comté de Foix.
Ce même Roger 1° comte de Foix fut excommunié par le pape Pascal II, pour crime de sodomie et crime de simonie, (trafic de choses sacrées). Il céda ses terres à Bernard Aton de Trencavel qui possédait déjà Béziers. Roger, pour se faire pardonner, avait promis de faire un pèlerinage en terre sainte. Mais certainement par manque de courage ou par crainte de la rencontre avec ses sauvages, dont la réputation était d’atroces barbares, il reprit sa parole. Il aurait pu profiter de la première croisade prêchée par Pierre l’Ermite, et décidée par le pape Urbain II.
Le chef n’est autre que Raymond IV.
Cette croisade fut appelée la « croisade des pauvres gens », Bellisen de Mirepoix le vassal de Roger était lui aussi du voyage, il eut l’avantage de revenir contrairement à Raymond, qui fut fait prisonnier.
Il décédera en captivité en 1105.
Cette croisade partit en 1096. Les rescapés revinrent en 1099, sans le chef qui fut l’objet d’une rançon.
Bellisen était parti de chez lui, mais par négligence ou oubli (sûrement le portable), il fit demi tour. Dans sa demeure, il trouva sa femme dans le lit conjugal avec un coquin. Ne laissant pas terminer le travail, il leur arracha la langue et les fit enfermer dans une cage sur la place publique, avec des soldats, pour que personne ne puisse leur donner à boire ou manger jusqu’a son retour, pratiquement 4 ans. Il ne retrouva que la peau et les os.
Le seigneur de Mirepoix aurait pu inviter son ancien suzerain Roger pour lui faire tenir sa promesse d’aller en terre sainte, ou de lui donner sa femme en garde. Vu ses meurs, il ne risquait rien.
La première croisade fut, quant à elle, menée par Godefroy de Bouillon, en 1099. Il y fonda les états latins. Il y décédera en 1100 à l’age de 49 ans.
Louis VII, dit le jeune, né en 1120, fils de, Louis VI dit le gros, un rude soldat qui avait mis en pièces les seigneurs brigands. Il épousa en 1137, la belle Aliénor d’Aquitaine (pour ces terres) elle était âgée de 15 ans. Le roi, fervent chrétien, fit un pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle. De 1147 à 1150, il partit à la 2° croisade des chevaliers prêchée par St Bernard, conduite par Conrad III et lui Louis VII. Ils étaient accompagnés par un seigneur de l’île de France, Nicolas de Bruyères le Châtel.
Ils échouent à Damas.

Aliénor d’Aquitaine

Aliénor est âgée de 25 ans, mais après 10 ans de mariage, la reine de France, n’a toujours pas d’enfants. Amoureuse, bonne épouse elle ne laissa pas son homme partir seul dans cette croisade, au cas d’une mauvaise rencontre.
Femme peu comblée en amour par son mari, la belle Aliénor stimulée par le sable chaud et l’odeur acre de la transpiration masculine, après de longues chevauchées dans les moments de repos le soir au bivouac, elle se jeta à corps et sans cris sous la couette de son oncle, qui était lui aussi du voyage, Alphonse de Poitiers.
Cette gymnastique salutaire lui vaudra les terres du tonton en héritage, pour service rendu.
La bombe Aliénor n’aura pas fait le voyage pour rien ! Joignant l’utile à l’agréable !
Au retour elle demanda le divorce.
Louis « le cocu impuissant », pour ne pas perdre la face, la répudia en prétextant qu’elle ne pouvait lui donner un fils. Il la disat stérile.
Au concile de Beaugency pour son divorce elle déclara : « j’ai cru épousé un homme pas un moine ».
Elle obtiendra la liberté par le divorce.
Louis V se remaria et en 3° noce, comme par miracle, en 1165, il eut un fils, qui régna sous le nom de Philippe II dit « Philippe Auguste ».
La bombe Aliénor épousa en 2° noce Henri II Plantagenêt. Là par contre, ce fut un homme un vrai, fort, agile, audacieux, une large poitrine, des bras d’athlète, des jambes de cavalier (en guidon de vélo), des vêtements et coiffe sans luxe. Il prenait ses repas à cheval et ne s’asseyait jamais. Il logeait parfois dans des huttes sordides, faisant tout ou presque depuis sa monture.
Il fit accroître les impôts et développa la justice royale.
Il nomma des shérifs, officiers pour exécuter ses ordres, les premiers « flics ».
De cette union naquit 3 filles et 5 garçons.
Ces enfants furent à leur temps des célébrités comme, Richard cœur de lion, Jean sans terre. Des détails qui aujourd’hui nous font sourire, mais ont été suivis de guerres atroces pendant des années voir des siècles.
Aliénor d’aquitaine sera reine de France de 1137 à 1152. D’Angleterre de 1154 à 1189.
Née en 1122, elle décéda en 1204 à l’age de 82 ans, rarissime au vu de l’espérance de vie de cette période. La source de jouvence fut peut être la gymnastique salutaire et pour éviter les épidémies de rester sous l’édredon.
C’est un siècle 1100 où le Kercorb fut bien peuplé, et fit l’objet de grandes convoitises, sujet à de grosses disputes servant de monnaie d’échange, entre le comte de Toulouse de Foix et le vicomte de Carcassonne.
Roger de Trencavel fut assassiné à Béziers.
Le fils Raimond lui succéda. Par vengeance et dépit, il se ligua et prêta serment à Alphonse I° dit le batailleur, roi d’Aragon et de Navarre persuadé que le coupable était de Toulouse.

blason

En 1152, Trencavel charge Congost de prendre Villefort, Puivert, Nébias, St. Jean de Paracol, tandis que Chalabre, Mirepoix, Limbrassac, Léran, Queille (St. Quentin la Tour), Camon, Fanjeaux, Lavelanet, Bélesta, Dun passèrent d’un comté à l’autre.
Après une autre attaque de Toulouse, Trencavel partagea en 1158 le Kercorb :
Balaguier et le château du Kercorb à Isern de Fanjeaux.
Chalabre à Bernard de Saint Benoît.
Sainte Colombe à Puy.
Villefort et autre confirmés à Congost.
Il signa en 1158 un accord avec Raymond Bérenger IV, qui lui promit protection contre la maison de Toulouse, témoin de l’acte et signa le seigneur de Roquetaillade, Dalmatrius de Patrataiada.
Trencavel eut enfin la paix ! (Ce n’était pas aussi sûr).
Raymond Bérenger, comte de Barcelone, fut un saint homme, puisqu’il donna en 1150 des terres qu’il possédait en Avignon à l’évêque Geoffroy et à l’épiscopal pour y faire le siége de la papauté, un pur devant l’éternel.
Malgré le partage, Toulouse revint à la charge et fit le vicomte Trencavel prisonnier. Il fut libéré, oh ! sûrement pas grâce au pur Raymond Bérenger, comte de Barcelone, qui ne tint pas sa promesse écrite et signée, mais contre toute attente à la seule condition de se débarrasser de ses terres du Kercorb.
Le Carcassonnais chargea l’abbé Sabarthés de faire le relever topographique, (histoire de Languedoc 3° volume page 17).
Les communes, qui y figuraient étaient : Balagérium, Cambels, Cuculanum, Mongardens, Sancta Colomba, Vallis Aniort, Exalabra, Ensoice, Aviols, Pendels, Calmeta, Saltus, Villafort, Fontfrigidus, Auriag.
La traduction selon de Bruyères : Balaguier, Roubichoux, Coquilloux, Montjardin, Sainte Colombe, Campsaurine, Chalabre, Coumesourde, Rivals, Rivel, la Calmette, la Métairie des bois, Villefort, Fontrouge, Saint Benoît.
Il vendit le Kercorb le 7 kalende d’août 1167, pour 11000 sols melgoriens à Miron de Tonnens.
Kalende : (avec un K) premiers jour de chaque mois chez les Romains.
Melgorien : monnaie du comte de Melguel aujourd’hui Mauguio (Montpellier).
50 sols melgoriens : 1 marc d’argent soit 54 francs or.
1 sol melgorien : 1 franc 08 or.
11000 sols melgoriens = 11880 francs or.
Trencavel retrouva la tranquillité.
Miron de Tonnens ne règlent pas sa dette, le vicomte de Carcassonne reprit son bien, et les problèmes par la même occasion.
La bombe Aliénor et le cavalier Henry marièrent leur fille aînée. La garce (femelle de garçon) était âgée de 15 ans. Le prétendant n’était pas un gueux mais d’une bonne lignée, ce qui arrangeait le patrimoine ou le sécurisait. Le petit domaine des parents de la fille allait de l’Ecosse à Foix, en passant par le Nord, la Normandie, la Bretagne, l’Anjou, l’Aquitaine.
L’heureux futur époux, Alphonse dit le noble, prince de Castille, entouré de toute la cour de Castille et des invités Aragonais, se rend à Bordeaux pour les épousailles et y faire la noce. Il passe dans la région et fait une halte au Puygvert, au castri de Podio Viridi (Puivert) pour le repos. La fête fut brillante, la troupe étant accompagnée des meilleurs troubadours du moment, comme Bernard de Ventadour, Peire d’Auvergne, Rosine de Peire. Créateurs de chants, de poèmes, encore gravés dans la pierre.
Le vin coulait à flot, la bombance s’annonça, comme le lieu, grandiose !
De cette union naîtra un garçon qui devint Pierre II, et une fille Eléonore qui fut la 5° épouse de Raimond VI, en remplacement de sa tante Jeanne.
Puivert avec son lac et sa forteresse, dans un décor majestueux digne d’une carte postale, devint en son temps le lieu de fête et de rencontre, un centre de loisirs des temps anciens ou la musique, la poésie, l’amour, la pêche, la chasse étaient les principaux loisirs. Contraste avec les autres châteaux où seul le combat, la violence par la chasse où les tournois étaient les seules occupations. A Chalabre, il était devenu un lieu de surveillance de guet, en un mot une sentinelle.
Trencavel entre deux bailles où sur les routes de la liberté, en profita pour assurer sa succession, sa postérité. Respectueux des biens et des choses et encore plus de la morale, il était au Puivert pour ne gêner en rien son épouse qui accouchait à Carcassonne d’un garçon.
Celui-ci finira dans un cachot de la cité en 1209.
Donc pendant que Azalais (sœur de Raymond VI de Toulouse) enfanta, en cette année de 1185, le mâle pas voyeur pour deux sous fut sur les rives du lac en compagnie de deux charmantes créatures, tentantes comme des fruits murs, aux jambes fines et longues, aussi suaves que belles. Ces deux créatures étaient la moricaude Izaed qui avait des cheveux comme son tempérament de feu, et la non moins belle Etiennette de Pennautier, voisine du carcassonnais, surnommée la « louve ». Cela se passe de tout commentaire, il n’était pas là pour s’embêter le bougre !
Le macho trop occupé (en un seul mot) ne pouvait entendre la rumeur. La terre des croisés aurait été reprise par les sauvages, le roi Philippe II dit l’Auguste cherchait des chevaliers courageux pour l’accompagner en terre sainte.
Le fils de Louis VII, l’Auguste roi de 1180 à 1223, partit avec un vassal, bien plus riche et nettement plus puissant que lui, Richard I dit cœur de lion, âgé de 32 ans, fils de Henry II Plantagenêt et de la bombe Aliénor.
Nos deux souverains, presque demi- frères pas de sang, mais de cuisses, ils étaient sous la coupe d’une grosse pointure, Frédéric Barberousse empereur d’Allemagne (1152 – 1190) date où il se noyait dans ce périple en Sicile. Nos deux hommes ne purent jamais atteindre Jérusalem, ils firent demi tour.
Bellisen de Mirepoix et le comte de Foix étaient du voyage, voilà la raison pour laquelle le seigneur de Carcassonne n’avait pas voulu y participer, (il avait des histoires avec Foix et Toulouse). Partager les mêmes aventures, trop peu pour lui, il préférait courir mais le guilledou.
A son retour, le roi Richard dût mettre de l’ordre dans son royaume, sous l’œil bienveillant de sa maman Aliénor. Le bon frère Jean le faisant passer pour mort, il en avait profité pour lui chaparder les terres. Après avoir distribué quelques « bouffes » il récupéra son bien et ses sujets. Le peuple le préférait à Jean qui prit le surnom de Jean sans terre celui-ci lui restera à tout jamais.
En 1199, Azalaïs et Richard cœur de lion le bien aimé du peuple quittèrent ce bas monde. Le frère cadet, Jean dit « Jean sans terre », avec la bénédiction maternelle, prit la destinée du patrimoine, arrivant je vous le rappelle jusqu’à Foix. Son plus grand souci fut d’agrandir le territoire, sur le sud. La chose lui parut impossible, son beau frère d’un coté et de l’autre les trois grands, Barcelone, Toulouse, Carcassonne. Il jette son dévolu sur Philippe Auguste . La bataille fut engagée par les deux protagonistes. Mais bientôt un grand malheur vint poindre à l’horizon ! Il fallait détruire ces sectes du midi qui admettaient le manichéisme, et l’arianisme, contestant la hiérarchie de l’église, laissant de profondes racines, les seigneurs, les bourgeois et le peuple étant disposés à l’accepter, et ne les condamnant pas.
L’hérésie avait été condamnée dans les conciles de Toulouse en 1118, de Lombrés en 1165 à celui d’Albi en 1176. Le pape dés sa nomination établit l’inquisition.
Le roi Auguste eut toutes les peines du monde pour repousser les attaques de Jean sans terre, mais peu à peu, il lui grignota des lopins. Jean vit ses terres réduire comme peau de chagrin l’Auguste ayant un lieutenant des plus durs, le chevalier Savary de Mauléon, (cf cursus ultra).
Cependant, le pape justifiant son prénom, Innocent III, décida une croisade contre les Albigeois.
Quoi que l’on en dise ou en pensa, ce fut bien les Français du nord contre ceux du sud.
Le premier à décliner l’offre sous le prétexte d’avoir déjà un conflit à régler, ou par crainte de se frotter à toute une famille fut le roi en personne. Pierre II roi d’Aragon fils de Alphonse II et d’une sœur de Jean sans terre.
Une tante de Pierre II, avait épousé Raymond VI, dont la sœur Azalais était l’épouse de Trencavel, une grande famille.
Pierre II, époux de Marie de Montpellier dont une sœur avait épousé Trencavel. Ils étaient si puissants que l’on osait prononcer le nom de tous ces chevaliers très pieux.
Les seigneurs du nord se réunirent à Lyon. Le comte de Nevers et le duc de Bourgogne renâclèrent la besogne. Un petit comte de l’île de France, Simon de Montfort, homme très pieux, fanatique, énergique, courageux, prit le commandement de la croisade.
Ils partirent dans le sud en l’an de grâce mille deux cent et neuf, passèrent en Avignon pour y recevoir la bénédiction papale. (Ce n’est pas encore le siége de l’épiscopat).
Sur les chemins où chantaient les cigales, les touristes du nord arrivèrent en ce mois de juillet à Béziers. La population, en grande partie chrétienne, ne pensait pas subir les foudres de dieu.
Raymond VI comme Trencavel étaient baptisés, bons chrétiens. Le reproche qui pouvait leur être fait était, hormis leur puissance, cette mansuétude envers les cathares, ces bonhommes ou parfaits des deux sexes, qui ne mentaient pas, ne juraient pas, ne mangeaient pas la chair d’un animal, et contrairement aux prêtres catholiques pratiquaient l’abstinence. Ces Cathares portaient la bonne parole, rejetaient l’eucharistie, mettant en cause la présence du Christ dans l’offrande de l’hostie, nit le sacrement. Ces prêtres étant peu nombreux, (1500 à 2000), dans le sud, ils furent donc faciles à museler.
Que nenni la guerre était le seul moyen, le dialogue par les armes !
A Béziers, fief du jeune vicomte de Carcassonne, Trencavel, l’armée de l’ost avait des répugnances et scrupules à tuer ces gens (8000) réfugiés dans l’église, maison de dieu. Le légat du pape Arnaud Amaury leur cria : « tuez les tous dieu reconnaîtra les siens ».
Cette phrase devint tristement célèbre comme son auteur. Elle fut attribuée parfois au chef de la croisade, qui ne valait pas mieux certes, mais rendons à Amaury ses dires.
Les 20000 habitants, hommes, femmes, enfants furent massacrés, la gorge tranchée, pendus aux créneaux, lugubre festin pour les charognards.
Le légat en bon prêtre celui qui porta la bonne parole, ne leur donna pas le 7° sacrement l’absolution ; il dut avoir des difficultés à rendre des comptes à son patron le dieu tout puissant devant l’éternel.
Le gousset garni, le ventre plein, l’armée de l’ost pratiqua la quarantaine.
40 jours de travail, 40 jours de repos.
Ces travailleurs à mi temps, donc peu fiers du devoir accompli, se dirigèrent d’un pas craintif, vers un secteur qui doit leur donner du fil à retordre : La forteresse de Carcassonne! Le 1 août 1209, la troupe arriva et assiégea la cité imprenable, qui ne l’a jamais été.
Les habitants étaient sereins, des assaillants il en était venu de partout. Ils ne l’avaient jamais investie elle bénéficiait d’une grande réputation.
La crainte, plus encore, la haine s’installa car ici tout le monde apprit ce qui c’était passé à Béziers, la barbarie, la tuerie.
Raymond Roger de Trencavel était dans la citadelle. Confiant, il attendait des renforts du beauf frère, le roi Pierre II, et du tonton Raymond VI de Toulouse.
Le grand roi d’Aragon Pierre II arriva effectivement le 15 août, jour de l ‘assomption, l’élévation de la sainte vierge vers le ciel. Accompagné de sa garde, il pénétra dans la cité, avec un drapeau blanc. Il fut reçu avec faste du fait de son rang, et de l’espoir qu’il procura en arrivant avec ses soldats.
Enfin les renforts !
L’armée de l’ost le laissa passer, avec son drapeau blanc. Les Carcassonnais misèrent sur la réputation du roi de l’Aragon. C’était l’angoisse, la haine de ces tueurs de nordistes. Mais le sauveur est là, c’était le principal, l’Aragonais possédait (200.000 hommes).
La région aurait dû être nettoyée de tout envahisseur !
L’Ibérique proposa au maître des lieux une négociation, une rencontre avec Montfort.
D’une grande naïveté vraisemblablement due à la jeunesse, (24 ans) il accompagna son suzerain et beau frère dans le camp de l’ennemi pour parlementer.
Dans la négociation, le légat du pape, le toujours désagréable Arnaud Amaury, proposa la vie sauve à tous les habitants de Carcassonne contre leur soumission.
Sur le bon conseil de Pierre, pour épargner son peuple et des vies, il opina et se rendit.
Trencavel fut mis aux arrêts, il fut fait prisonnier.
La chevalerie fut bafouée.
Le grand roi Pierre II, en bon hypocrite et contre toute déontologie, reprit le chemin de l’Aragon. Il rentre chez lui !
La ville de Carcassonne fut vidée de toutes ses âmes, les habitants furent expulsés !
Raymond Roger fut jeté dans une oubliette, dans sa propre cité où il décéda.
Sa femme, Agnès de Montpellier, et, l’enfant, Raimond du seigneur de la ville, protégés par le peuple prirent comme tous les chemins de l’exil.
Simon de Montfort, seigneur de l’île de France, devint comte de Carcassonne et Béziers. La bonne affaire : il ne risqua pas la moindre contestation ni doléance, les deux villes étant dépourvues d’habitants, l’une par expulsion, l’autre par extermination.

Simon de Montfort le comte des villes fantômes.

L’autre grand Raymond VI de Toulouse a brillé par son absence, Il espérait depuis longtemps se débarrasser de son beau frère, et ensuite de son neveu, des Trencavel. L’occasion était trop bonne de leur chaparder les terres, sans avoir à combattre !
Le grand Pierre fut comme le précédent, avec pour lui, un plus, celui de l’avoir amené dans une souricière, en pâture à l’ennemi. Mais leur tour vint ou ils furent sous les fers de lances.
Là il ne purent pas, compter sur l’allié sincère et loyal en la personne de Trencavel !
Raymond VI et Pierre II, s’étant parjurés, la main de dieu ne leur fut pas tendue.
Automne de l’an 1210, avec plus de 6000 soldats, deux lieutenants de Montfort, Pons de Bruyères le Châtel et Lambert de Thury, investirent le Kercorb et le Razès.

vue aérienne du château de Puyvert

Puivert tomba après 3 jours de siége. Bernard de Congost, en voyant les troupes arriver fuit et se réfugia à Montségur où il y décéda.
Saint Benoît (Auriag), Balaguier, Villefort, Rivel (Pendel) résistèrent une journée. Les châteaux furent détruits, mis à sac. Balaguier fut reconstruit plus tard par de Bruyères, contrairement aux autres qui furent anéantis de manière définitive.
Chalabre, comme Sainte Colombe suivirent l’exemple de Narbonne. Ils ouvrèrent les portes sans la moindre résistance, sauvant la vie et la ville, offrérent les clefs aux chefs croisés.
Certaines personnes donnèrent Lambert de Thury comme étant le conquérant, ce qui n’est pas impossible puisqu’il faisait équipe ensemble. Il devint seigneur de Limoux et du Razès. Rien n’exclu qu’ils aient échangé leurs victoires.
Le fait est de petite importance, ils étaient du même combat.
Pons de Bruyères le Châtel devint le seigneur du Kercorb.


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De Bruyères : seule la foie suffit
Montfort fut sur Lavaur où 80 chevaliers furent égorgés et 400 hérétiques brûlés. C’est aussi en cette année de 1211 la bataille de Castelnaudary, menée de main de maître par un Savary de Mauléon plus guerrier que jamais. Ce fut celui qui 12 ans avant était au côté de l’Auguste contre Jean sans terre.

Savary de Mauléon

La vie de Savary vaut que l’on si arrête, il mérite quelques lignes, car il est a lui tout seul un roman.
La devise des Mauléon était : mon lion mauvais lion, qui est l’origine du nom. Ils étaient originaires de la région de la Barrousse en Bigorre (il était une fois tome VIII, page 67).
Notre illustre Savary était un redoutable guerrier, et se vendait au plus offrant, un mercenaire.
Nous le retrouvons à côté de Arthur duc de Bretagne, désigné par son frère Richard cœur de lion, comme son seul successeur. A la mort de Richard son autre frère, Jean comme nous l’avons déjà vu, fit des siennes et grappilla des terres. Le duc de Bretagne et Savary tentèrent de récupérer les biens. Cependant Jean en toute insouciance arracha des terres au roi Auguste. Ce dernier lui déclara la guerre.
Savary de Mauléon défendit la cause d’Arthur, contre le roi félon Jean sans terre. En 1202 Jean sans terre fit assassiner Arthur de Bretagne.
Savary se rallie à Jean sans terre qu’il combattait jusqu’ici.
La bataille fit rage, les terres passèrent de l’un à l’autre, de Jean à Auguste.
En 1208 Guillaume de Roches sénéchal de l’Auguste fit prisonnier le mercenaire Savary.
L’oncle de Savary, Guillaume de Mauléon réussit à le convaincre de se mettre avec l’Auguste.
Savary batailla à nouveau contre Jean sans terre.
Il enleva à l’Anglais plusieurs places comme La Rochelle, Cognac.
En 1210 il reprit du service au côté de Jean sans terre qui le nomma sénéchal d’Aquitaine. Il lui donna le droit de battre monnaie. Ce qui était rare, dommage de ne pas trouver une seule pièce. Ce fut en cette qualité qu’il prit part à la croisade des Albigeois.
En 1211, avec ces 2000 Basques, il enleva à Raymond VI, Castelnaudary et prit possession des terres jusqu’à Fanjeaux. Il établi sa demeure dans un bourg, qui devint un village et porta son nom Villassavary. Quand a Castelnaudary, une rue et un boulevard porte encore le nom de Mauléon en hommage à Savary.
Bagarreur il le fut le bougre, car il repartit avec ses Basques rejoindre Philippe Auguste contre Jean sans terre. Il participa à la bataille de Bouvines et de Damme, (aujourd’hui Bruges). Dans cette ville, pour que les bateaux prévus pour envahir l’Angleterre ne tombent pas aux mains de Jean, il y mit le feu. Toutes les embarcations furent détruites, la ville par la même occasion aussi. Elle fut reconstruite sous le nom de Bruges.
Le pyromane prit un peu de repos. En 1219, il partit pour la 5° croisade des chevaliers avec Jean de Brienne, empereur de Constantinople de 1229 à 1237, et André III le hongrois.
Il se distingua au siège de Damiette en Egypte.
A son retour, les hérétiques reprirent une partie de ses terres. Alors en 1224 avec Louis VIII dit cœur de lion fils, et successeur du roi Auguste (1223-1226) il reprit « son bien ». Ce fut lui qui permit à de Bruyères le Châtel ainsi qu’à Lévis de Mirepoix de récupérer leurs terres contre Trencavel et Raymond VII.
Des suites du traité de Pamiers en 1226, il repartit avec l’Angleterre.
Il fut destitué et dépossédé par Saint Louis (1226- 1270).
Il mourut en 1234 sans postérité.
Qui sait s’il avait été devin ou su que des Mauléon deviendraient des seigneurs de notre région, peut être aurait il pris une autre voie.
Mais que la sienne fut spéciale !


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De Mauléon : mauvais lion mon lion
Pierre II plus habile dans le fourvoiement que dans le combat, mourut à Muret en 1213. Sa pierre tombale est toujours en place, sur la route de Seysses et de la maison d’arrêt.
Abandonné de dieu 4 ans après le carcassonnais la volonté divine sonna.
De Bruyères, profita du repos pour prendre en 1216 Anna du Moulin pour femme. Ils firent leur demeure à Puivert où quelques réparations furent nécessaires.
Ils n’eurent pas le temps de terminer leur lune de miel, car le jeune Trencavel Raimond du haut de ces 17 ans fit en sorte de récupérer ses anciennes terres. Il fut appuyé par Raymond VI et son fils le jeune vicomte Raymond VII. Ils s’approprièrent du Kercorb et de Mirepoix.
Les Lévis et les Bruyères s’exilèrent. Ces derniers récupérèrent rapidement leur patrimoine grâce au prince Louis dit cœur de lion, le futur roi. Celui-ci rejoignit les troupes de Montfort, des renforts non négligeables car les hérétiques reprirent le combat et gagnent du terrain.
S’en suivirent 9 ans de combat avec une croisade qui n’en finira pas.
En 1218, Simon de Montfort mourut au siége de Toulouse. Son fils Amaury prit la tête des croisés.
En 1220 – 1221, ce fut la reconquête de Toulouse par les deux Toulousains, Raymond VI et son fils Raymond VII. Le prince Louis rejoignit les croisés.
En 1222, Raymond VI décéda et son le fils Raymond VII reprit le flambeau.
En 1223 Raimond de Trencavel reconquit Carcassonne. Le roi Philippe Auguste mourut. Le prince Louis devint roi sous le nom de Louis VIII dit cœur de lion (1223 – 1226). La couronne sur la tête, il se jeta dans le « farnat » avec Amaury de Montfort, qui décrocha rapidement, en 1224. Il rentra chez lui et donna son épée de connétable, (il perdit son titre de chef et donna les terres conquises au roi).
Le Languedoc fut débarrassé des Montfort.
On appelle cela « rentrer la queue entre les jambes ».
Les hérétiques reprirent de plus en plus de places fortes, tel fut le cas de Trencavel et Congost à Puivert. Les de Bruyères étaient à nouveau S.D.F.
La croisade royale fut en route en 1126. Menée par Louis VIII, lequel fut accompagné de Guy de Lévis et Pons de Bruyères. Ce fut la soumission des vassaux de Toulouse, par le traité de Pamiers. Quant à Raymond VII il réussit à échapper à une attaque et s’égailla dans la nature.
Ce fut le concile cathare de Pieusse, et la mort du roi, et, par la même de François d’Assise.
Le nouveau roi fut Louis IX dit Saint Louis (1226 –1270).
Le Kercorb fut à nouveau gouverné par de Bruyères.
Le 12 avril 1129, Raymond VII conclua avec Beaujeu régent de France, (le roi de France étant alors âgé de 14 ans) un traité de capitulation et d’abandon des domaines de Carcassonne, du Razès et de Narbonne. Ceux-ci passèrent directement sous la tutelle royale.
Le jeune roi, en accord avec le pape Grégoire IX, chargea les envahisseurs, comme de Bruyères, de poursuivre les hérétiques en inquisition. En 1230 les dominicains jugèrent. Inquisiteurs et enquêteurs ont employèrent la torture, pour faire abjurer la mauvaise religion. L’hérétique était condamné à des peines plus ou moins graves. Celui qui refusait devenait « relaps ». Il était livré par l’église au « bras séculier », brûlé vif pour que son âme fusse détruite par le feu. La légende dit que ce fut Saint Dominique à Fanjeaux, qui au cour d’une réunion publique fit un miracle : il jeta dans un feu des livres et les écrits chrétiens s’envolèrent vers le plafond, sauvés des flammes, alors que les livres cathares furent brûlés, d’ou l’idée de pureté par le feu.
Saint Louis le saint homme ! Celui qui, comme on nous l’enseigna à l’école, rendit la justice sous un arbre, mais qui n’hésita pas à faire brûler des hommes, femmes, enfants, pour prendre directement le chemin du paradis. Au préalable il était sous la régence de sa mère, Blanche de Castille, une princesse Castillane, née à Palencia (1188 – 1252) qui après la mort de son époux Louis VIII, âgée de 38 ans, et son fils roi à 14 ans, assuma la régence. Au milieu des années 30, elle descendit dans le midi de la France où les rayons du soleil étaient plus nombreux et plus efficaces, en profitant pour faire une cure à Rennes les Bains.
Elle aurait séjournée à Puivert et Carcassonne.
Avec la reconquête de Raimond de Trencavel en 1240 et le soulèvement de la population, il tenta de reprendre ses terres. Un grand nombre de villes et de châteaux se révoltèrent en sa faveur. Les habitants du faubourg lui ouvrirent les portes, mais il ne réussit pas à investir la cité car les renforts du roi arrivèrent et commencèrent à l’encercler. Il se réfugia à Montréal où il y capitula.
La reine Blanche se réfugia à la cité. Après avoir échappée au siége, elle partit rejoindre son rejeton, laissant derrière elle la légende de la dame Blanche.
A l’origine les gens parlaient de dame Blanche. Cela deviendra la dame blanche à moins que cette légende ne soit due à Blanche de Congost fille de Bernard mort à Monségur.
La ville de Carcassonne était en faubourg au pied de la cité. En guise de représailles, le roi le fit démolir, et la ville fut reconstruite en 1247 de l’autre coté de la rivière Aude, que l’on appelle la bastide Saint Louis.
Le nouveau pape Innocent IV (1243 – 1254) prêcha la 7° croisade des chevaliers. Il ordonna quelques bûchers, le plus célèbre étant celui de Montségur, le 16 mars 1244. Plutôt que d’abjurer les hérétiques auraient choisi le feu !
Les habitants de la citadelle avaient donné et reçu des nouvelles par la barbacane. Raymond VII allait venir à leur secours avant les Pâques. Il n’en fut rien. Comme son père, il ne tint pas sa parole. Aurait-il tourné la veste ?
La 7° croisades des chevaliers s’ébranla avec la bénédiction en 1248. Elle échoua en Egypte. Notre bon roi fut donc de retour en 1254. Prisonnier en chemin, mais de retour après le paiement de la rançon, il regagna la France. Encore un loisir qui coûta très cher.
La confirmation de l’hypocrisie du Toulousain Raymond VII, nous vint en 1249, année de sa mort, où avant de passer à trépas il brûla 80 cathares à Agen. Sa fille, Jeanne de Toulouse, épousa Alphonse de Poitiers, qui était un autre fils de Blanche de Castille, et en conséquence frère du roi Saint Louis.
Pons de Bruyères et son épouse Anna du Moulin, las des voyages de l’exil, firent pour leur succession un garçon et une fille et arrangèrent leur mariage.
La fille épousa un voisin demeurant à Mirepoix, Guyot de Lévis.
Le fils Jean 1° du nom, prit pour femme Eustachie de Lévis de Mirepoix.
Le frère devint beau frère, la sœur belle sœur, ou vice versa !
Qui étaient ces « de Bruyères », d’où nous venaient ils ?
En 1060 Philippe 1° succéda à Henry 1°. Roi de France à 8 ans (1060 – 1108). Il était sous la tutelle de Baudouin, comte des Flandres. Ce dernier donna à son neveu des terres, lequel prit le nom de Bruyères le Châtel.
Le fils Thomas 1° était au côté de Louis VI dit le gros. La progéniture Thibaut en fit de même, il était copain avec Louis VII dit le jeune époux de la bombe Aliénor.
Puis ce fut Nicolas de Bruyères, qui à son tour fréquenta le roi Auguste, comme déjà écrit.
Engendré par Nicolas, ce fut notre Pons de Bruyères, dont la statue figure dans l’entrée de la forteresse de Chalabre, seul vestige restent de cette époque.

Arianisme :
: courant de pensée du théologien Arius (256-336) défendant la position selon laquelle la divinité du Très-Haut est supérieure à celle de son fils fait homme.
Le Père seul est éternel, le fils et l’esprit sont créés, Jésus n’est pas le Dieu.
Manichéisme :
Le fondateur Mani au 3ème siècle, donne une pensée :
  • Le Bien est le royaume de la lumière.
  • Le mal est le royaume des ténèbres.
4 prières par jours, les élus prient, sont célibataires et végétariens. A la mort, ils allaient au royaume de la lumière. Les auditeurs peuvent se marier, ils leurs étaient déconseillés d’avoir des enfants. Ils pratiquent des jeûnes souvent dans la semaine.
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