Si Chalabre m'était conté
Entête Si Chalabre m'était conté

Bes Auguste


Né à chalabre le 14 décembre 1883, il est le fils de Pierre maçon et BOUSGARBIER Angélique. La famille habite dans la rue du Plumet.

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Notre conscrit exerce la profession de chapelier. Il a les cheveux châtain foncé. Les yeux sont châtains. Le front est découvert, le nez moyen, comme la bouche. Le menton est rond et le visage ovale.
La taille est de un mètre soixante-deux. Le degré d’instruction général est de trois.
Il fut ajourné pour faiblesse en 1904, mais déclaré bon pour le service en 1905.
Il est incorporé le 9 octobre 1905 dans le 100ème régiment d’infanterie, qu’il quitte le 12 mars 1907 avec le certificat de bonne conduite.
Il est mis dans la réserve le 1er octobre 1907.
Il accomplit une 1ère période du 22 août au 13 septembre 1910 au 80ème régiment d’infanterie, et une 2ème période du 19 mai au 17 juin 1913 toujours au 80ème régiment d’infanterie.
Il est rappelé à l’activité de la mobilisation, et incorporé au 22ème régiment d’infanterie coloniale le 4 août 1914.
Il passe au 4ème régiment d’infanterie coloniale le 7 octobre 1915.
Il est affecté au 3ème régiment d’infanterie coloniale le 9 décembre 1915.
Le 3ème colonial a été retiré du front français le 2 février 1916. Il est transporté en train à Lyon, où il y cantonne le 5 février, plus exactement à Tassin-la-Demi-Lune.
Le régiment a reçu l’ordre de se rendre immédiatement sur le pied alpin, afin de se reconstituer en trois bataillons, avec en plus deux compagnies de mitrailleuses et une compagnie hors-rang.
Les opérations d’habillement et de renforcement, comme le changement du matériel, ont duré jusqu’au 16 février.
Le 17, le colonel Duhalde a passé les troupes en revue du régiment sur la route à l’ouest du carrefour des trois renards. Ce fut l’occasion de distribuer un certain nombre de croix de guerre à des hommes du régiment, au cours de cette revue.
Le 19, l’ordre est donné au 1er et 2ème bataillons d’embarquer dans les deux trains le 20 à midi, et à 2 heures en gare de Lyon-Vaise.
La destination est Toulon.
Le 20, le même ordre arrive au 3ème bataillon, à la compagnie hors-rang, et à la 1ère compagnie de mitrailleurs de s’embarquer le 22 aux mêmes heures dans la même gare pour la même destination.

Le régiment en ordre de bataille était le suivant au 20 février.

Pour l’État-Major :
le Lieutenant-colonel Duhalde, commandant le régiment.
le Capitaine de cavalerie Marchal.
le Médecin major de 2ème classe Navarre.
le Médecin adjoint de 1ère classe Cheynet.
le Lieutenant Archambault, régissant le peloton de pionnier.
le Sous-lieutenant Surreaux officier téléphoniste.
le Sous-lieutenant Dumoutier officier porte drapeau.
le Sous-lieutenant Deleau officier de détails.
le Sous-lieutenant Court officier d’approvisionnement.
Pour le 1er bataillon :
le Commandant Beaudelaire.
le Médecin aide-major de 2ème classe Miguet.
La 1ère compagnie :
le Capitaine Boisson.
le Sous-lieutenant Letort.
le Sous-lieutenant Geausilly.
La 2ème compagnie :
le Capitaine Doby.
le Sous-lieutenant Hourquet.
le Sous-lieutenant Mangeat.
le Sous-lieutenant Sansoube.
La 3ème compagnie :
le Capitaine Laisonneur.
le Sous-lieutenant Dupoy.
le Sous-lieutenant Cazal.
La 4ème compagnie :
le Capitaine Rivière.
le Sous-lieutenant Gomès.
le Sous-lieutenant Sonnart.
Pour le 2ème bataillon :
le Commandant Montégu.
le Médecin-major de 2ème classe Pichon.
La 5ème compagnie :
le Lieutenant Ravat.
le Sous-lieutenant Bost.
le Sous-lieutenant Koelbèr.
La 6ème compagnie :
le Lieutenant Ebras.
le Sous-lieutenant Quiré.
le Sous-lieutenant Vergé.
La 7ème compagnie :
le Capitaine Coromat.
le Sous-lieutenant Veillon.
le Sous-lieutenant Dutheil.
le Sous-lieutenant Bergé.
La 8ème compagnie :
le Lieutenant Marjault.
le Sous-lieutenant Le Baron.
le Sous-lieutenant Siomme.
Pour le 3ème bataillon :
le Commandant Bernard.
le Médecin-major de 2ème classe Isaac.
La 9ème compagnie
le Capitaine Boulangé.
le Sous-lieutenant Laquens.
le Sous-lieutenant Blatteau.
La 10ème compagnie :
le Capitaine Faugier.
le Sous-lieutenant Canitrol.
le Sous-lieutenant Valéry.
le Sous-lieutenant Guérin.
La 11ème compagnie :
le Capitaine Biche Latour.
le Sous-lieutenant Le Gour.
le Sous-lieutenant Minvielle.
La 12ème compagnie :
le Capitaine Aumont.
le Sous-lieutenant Bobin.
le Sous-lieutenant Juvet de Lacombe.
La 1ère compagnie de mitrailleuses :
le Capitaine Berthomé.
le Sous-lieutenant Varras.
le Sous-lieutenant Neaud.
La 2ème compagnie de mitrailleuses :
le Capitaine Lyrault.
le Sous-lieutenant Méha.
le Sous-lieutenant De Souhy.

Le 1er bataillon, moins la 2ème compagnie, et le 2ème bataillon ont quitté Toulon le 21 à 17 heures à bord du Burdigala.
La 2ème compagnie, le 3ème bataillon, la compagnie hors-rang et la 1ère compagnie de mitrailleurs ont quitté Toulon le 23 à bord de « la Provence ».
La Provence a été coulée par une torpille le 26 février 1916 à 15 heures, à cent quinze milles sud, sud-ouest de Sapienza dans la mer ionienne.
Le bâtiment a sombré en quinze minutes. Cinq cents hommes et sept officiers furent sauvés, dont les Capitaines Marchal et Berthomé, le Médecin-major de 2ème classe Navarre, le Lieutenant Archambault, les Sous-lieutenants Surreaux, Laguens et Mangeat.

Le 26 février, le détachement, embarqué à bord du Burdigala, débarque à Salonique. Il est immédiatement dirigé sur le sud de la ville, où bivouaque le 1er bataillon à la nouvelle école d’agriculture. Le 2ème bataillon est, quant à lui, cantonné dans l’ancienne école d’agriculture.
Ils sont immédiatement employés à des travaux de route, dans les environs du camp.
Les rescapés de La Provence, divisés en deux groupes, sont dirigés pour deux cents environ sur Malte sous le commandement du capitaine Berthomé, pour trois cents environ sur Milo, puis sur Mitylène sous le commandement du capitaine Marchal.
Ces rescapés rejoignent le corps en trois détachements le 14 mars, le 21 mars ceux venant de Mitylène, et le 26 mars ceux venant de Malte.
Le 14 mars, le chef de bataillon Noirot prend le commandement du régiment, venant lui-même de Ténédos.

Le 17 mars, le Colonel Bordeau est nommé colonel au 3ème Colonial. Venant du 57ème colonial, il prend le commandement de la 2ème brigade de la 17ème division coloniale, et le 3ème colonial en fait partie.
L’ordre de bataille à la date du 1er avril 1916 est :

Pour l’État-Major :
le Commandant Montégu.
le Médecin major de 2ème classe Navarre.
La compagnie hors rang :
le Capitaine Marchal.
le Sous-lieutenant Ravail officier d’approvisionnement.
le Sous-lieutenant Gratadeix officier de détail.
le Sous-lieutenant Surraux officier téléphonique.
le Lieutenant Archambault officier pionnier.
Pour le 1er bataillon :
le Commandant Colas, dit Beaudelaire.
le Capitaine Combeau.
le Médecin Miguet.
La 1ère compagnie :
le Capitaine Boisson.
le Sous-lieutenant Letort.
le Sous-lieutenant Giansily.
La 2ème compagnie :
le Lieutenant Lehalle.
le Sous-lieutenant Mangeat.
le Sous-lieutenant Sammarcelli.
La 3ème compagnie :
le Capitaine Larsonneur.
le Sous-lieutenant Dupoy.
le Sous-lieutenant Cazal.
La 4ème compagnie :
le Lieutenant Gomès.
le Sous-lieutenant Sonnart.
le Sous-lieutenant Bridonneau.
Pour le 2ème bataillon :
le Capitaine Coronnat.
le Médecin major de 2ème classe Pichon.
La 5ème compagnie :
le Lieutenant Ravat.
le Sous-lieutenant Bost.
le Sous-lieutenant Koelher.
La 6ème compagnie :
le Capitaine Ebras.
le Sous-lieutenant Queré.
le Sous-lieutenant Lagnens.
La 7ème compagnie :
le Capitaine Fouqueau.
le Sous-lieutenant Dutheil.
le Sous-lieutenant Veillon.
La 8ème compagnie :
le Lieutenant Marjault.
le Sous-lieutenant Siomme.
le Sous-lieutenant Le Baron.
La 1ère compagnie de mitrailleurs :
le Capitaine Berthomé.
La 2ème compagnie de mitrailleurs :
le Capitaine Levrault.
le Sous-lieutenant De Souhy.
le Sous-lieutenant Meha.

« La Provence II »

Le paquebot La Provence a été mis à l’eau en 1905 à Saint-Nazaire.
A la déclaration de guerre en août 1914, le paquebot La Provence est réquisitionné et rebaptisé La Provence II, car un cuirassé portait déjà ce nom. Il est aménagé et transformé en croiseur auxiliaire par l’adjonction de cinq canons de 140mm, deux de 57mm et quatre de 47mm. L’équipage de quatre cents hommes est commandé par le commandant Vesco.
A la fin de l’année 1914, «La Lorraine II » est affecté à la surveillance de la Calabre et du détroit de Messine.
A partir de janvier 1915, il assure le transport de matériel et de troupes pour le front d’Orient. Entre janvier 1915 et le 26 février 1916, la date de son naufrage, il aura transporté à Salonique près de 260 officiers et 9000 soldats.
Le 23 février 1916, La Provence II quitte Toulon avec à son bord des soldats du 3ème régiment d’infanterie coloniale et du 372ème régiment d’infanterie principalement. Trois jours plus tard, le 26 février à 15 h 00, faisant route vers Salonique, le croiseur auxiliaire est atteint par une torpille lancée depuis l’U.Boot 35, un sous-marin allemand. Le navire coulera dix-sept minutes plus tard, emportant avec lui des soldats et membres d’équipage.
Le croiseur fut cité à l'Ordre de l'Armée.

L’utilisation militaire du paquebot

Le 2 août 1914, il est réquisitionné et converti en croiseur auxiliaire.
C’est un croiseur auxiliaire type paquebot, de dix-neuf mille cent soixante tonneaux.
190,67 m x 19,78 m.
30.000 chevaux. 2 hélices.
D’une allure de 21,5 noeuds.
Quatre dynamos à turbines De Laval de 75 V.
Huit cent huit passagers.
Il est rebaptisé Provence II, puisqu’un cuirassé français portait déjà le même nom.
À partir de janvier 1915, il est utilisé pour le transport de troupes vers les Dardanelles.
Le paquebot servant de transport de troupes pendant la Première Guerre mondiale.
Le 23 février 1916 au soir, le Provence II part de Toulon pour Salonique avec mille sept cents hommes encore inexpérimentés du 3ème régiment d’infanterie coloniale. Le 26 février 1916, le Provence II est torpillé au large du cap Matapan, en Méditerranée, par le sous-marin allemand U 35. Le navire sombre en dix-sept minutes, faisant mille cent disparus, dont le commandant qui avait demandé qu'on débarque mille cent personnes, en raison du manque de gilets de sauvetage.
Voici comment le médecin de bord Clunet décrit la fin du croiseur auxiliaire :
« L’affolement commence environ cinq minutes après le torpillage, alors que le bateau est à peine enfoncé à l'arrière et semble immobile et paraît devoir supporter son avarie. Cet affolement demeure silencieux : pas de cris, seulement quelques râles de gens étouffés et étranglés dans la presse des escaliers. Des hommes sont frappés de stupeur, immobiles sur le pont, où la plupart très agités se livrent à des actes déraisonnables. Certains s'entassent sur les embarcations, sur le pont, sans essayer de les mettre à la mer, d'autres montent dans les haubans de la mâture. D’autres encore tirent des coups de revolvers et des coups de fusils en l'air. »

Trouvé sur le net.
Lettre d’Alexandre Gautier
Ile de Mitylène, le 6 mars 1916.

Mon cher Frère
Tu as du apprendre le torpillage du croiseur auxiliaire La Provence. J’étais avec deux mille deux cents camarades comme passager à bord de ce beau bateau de trois mille tonnes, cent quatre-vingt-onze mètres de long pour un premier voyage.
J’avais bien choisi ! Le hasard à voulu que je n’y reste pas ! C’est bien le hasard, car beaucoup de malheureux qui savaient nager ont péri, et moi qui étais blessé ne sachant pas nager du tout je me suis sauvé.
Au moment du torpillage (le Samedi 26 Février – à 3 h du soir) j’étais couché dans mon hamac, nous marchions à petite allure 12 nœuds, alors qu’on aurait pu marcher 20 nœuds ce qui nous aurait sauvé car le navire a été atteint tout à fait à l’arrière. Je lisais tranquillement. Tout à coup, une explosion sourde et le bateau trésaille. Je n’ai pas mis longtemps à me sortir de la cale et grimper sur le pont. Je vais sur le pont avant. Tout le monde était déjà sur pied. Je cours à l’emplacement des ceintures de sauvetage. Il n’y en avait plus ! À ce moment, les officiers passaient parmi nous et disaient que ce n’était qu’un coup de canon. L’espoir nous venait. Le bateau marchait toujours.
Je me penche hors du bastingage, et je vois l’arrière qui s’enfonçait peu à peu. Un nègre, qui était à côté de moi, quitte sa ceinture de sauvetage et s’en va disant « c’est rien, c’est rien ». Je t’assure que je n’ai pas mis dix seconde à bondir dessus et à monter sur le pont supérieur de l’avant. Dans ma précipitation à la mettre, je la casse. Je l’ai réparée tant bien que mal, et j’ai attendu sur le pont avant supérieur, c’est à dire à l’extrémité du bateau. Nous étions deux cents massés là. J’étais assez calme. Je cherchais un moyen de sauter dans un des canots qu’on mettait à la mer. Hélas ! Ces canots qui pouvaient contenir quatre-vingt personnes étaient chargés du triple. Te décrire les scènes d’horreur qui se sont passées est impossible. Les canots à l’eau chaviraient. Les autres canots, qui arrivaient, écrasaient la plupart des malheureux qui étaient à l’eau, et puis le bateau s’enfonçait toujours avec plus de rapidité.
Alors, survînt l’explosion des machines, qui a tué encore quelques centaines d’hommes. Le bateau était tout debout, tu vois la position que j’occupais cramponné à l’avant. Je me suis laissé engloutir avec le bateau. Le remous de l’eau m’a envoyé au moins à dix mètres au fond. Aussitôt, j’ai remonté à la surface, et je commençais à respirer maintenu par ma ceinture. Mais aussitôt, je reçois un coup sur la tête, et allais encore un voyage au fond. Je me croyais bien perdu. Heureusement que je suis remonté encore sans m’évanouir, et le hasard a voulu que je me trouve à portée d’un radeau. Là, j’ai pu respirer. J’ai regardé l’endroit où dix minutes avant flottait un des plus beaux bateaux de notre marine. Ce n’était plus que des débris de planches, des bottes de foin, des casseroles etc… etc… La mer avais repris son calme. Les survivants à la nage se bâtaient vers les radeaux et les barques. J’avais avec moi vingt-deux compagnons.
Jusque-là, nous étions à peu près saufs. Mais, si la mer devenait mauvaise, nous étions perdus, car tu sais vingt-trois sur ce machin en bois ! Et puis à trois cent cinquante kilomètres du port … (je continue sur l’autre feuille) le plus proche. Si le marin de la T.S.F. n’avait pu envoyer le signal de détresse, nous étions condamnés à mourir de soif de faim ou de froid, car la plupart d’entre nous était complètement nu. J’avais juste ma chemise et mon caleçon. Mais, ce brave marin avais fait son devoir, (il est mort d’ailleurs a son poste), et le matin un contre torpilleur Français venait nous recueillir. Quel cri de joie nous avons poussé en l’apercevant ! Tu sais, toute la nuit balayés par les vagues nous en avions assez.
Nous sommes en ce moment à l’Ile de Mitylène (en Grèce) pour nous reposer pendant quelque temps, après on nous enverra à Salonique. J’avais pu sauver quelques billets dans une ceinture de flanelle qu’Alice m’avait faite. C’est heureux, car j’ai pu acheter ici quelques objets indispensable, et tu sais les Grecs nous font payer le prix. Tu seras bien aimable de me faire réponse aussitôt. Donne moi des nouvelles de Alice, car peut être aurais-je ta lettre avant la sienne, raconte moi ce qu’on a dit en France de l’accident, car ici on est complètement séparé de la France pas de communiqués, rien.

Alexandre Gautier 3° colonial. 2° Cie

Ile de Mitylène - Secteur 506

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