Entête Si Chalabre m'était conté

Les frères Aragou


Aragou François

L’aîné de la famille est né à Chalabre le 10 février 1888 à 5 heures du soir dans la maison Bénet située route de Perpignan, qui s’appelle aujourd’hui rue du capitaine Danjou). Le père ARAGOU Célestin est tailleur d’habits, comme il est écrit sur son acte de naissance, afin de ne pas confondre avec celui qui taille la pierre. La maman se nomme Rose. Elle est née Tafine et elle est sans profession.
Il a les cheveux châtain foncé, le visage rond, les yeux bleu clair et fait un mètre cinquante-neuf de taille.
Avant la majorité, il s’engage le 8 octobre 1909 dans le 142ème régiment d’infanterie. De 2ème classe, il passera caporal le 20 avril 1910, et sergent le 21 octobre 1910.
Il se rengage pour un an le 3mai 1911 comme caporal à compter du 1er octobre 1911, pour le 1er bataillon d’infanterie à la légion d’Afrique où il y arrive le 22 mai 1911.
Il se rengage pour deux ans le 20 juin 1912 avec prise pour effet le 1er octobre 1912.
Il est nommé caporal fourrier le 1er novembre 1912.
sergent le 25 juillet 1913.
sergent fourrier le 1er février 1915.
Les 24 et 25 décembre 1914, le régiment venait de changer de cantonnement. Il était à Anzin Saint Aubin, dans les environs d’Arras (62). Le jour de Noël, c’était le service aux tranchées.
De la 1ère compagnie, il y eut huit blessés.
2ème compagnie, il y eut neuf blessés.
3ème compagnie, un blessé.
4ème compagnie, un blessé et un tué.
Du 26 au 27 décembre, c’est une journée de repos au cantonnement.
27 au 28 décembre, il s’agit du service aux tranchées.
28 au 29 décembre, est consentie une nouvelle journée de repos au cantonnement.
29 au 30 décembre, c’est de nouveau le service aux tranchées.
Il y eut trois blessés dans les quatre compagnies.
Les 30 et 31 décembre, est octroyé du repos au cantonnement.
Le 31 décembre, c’est le service aux tranchées.
Pendant la nuit du 31 décembre 1914 au 1er janvier 1915, le bataillon est alerté à la suite d’une menace d’attaque. Les compagnies se rendent sur les emplacements de réserve en seconde ligne jusqu'à 7 heures du matin, où elles rentrent au cantonnement.
La nuit a blessé un soldat de la 1ère compagnie, deux de la 2ème compagnie et trois de la 4ème compagnie.
Du 1er au 2 janvier, est pris un repos au cantonnement.
Du 2 au 3 janvier, est opéré le service aux tranchées. La 2ème compagnie a cinq blessés.
Les 3 et 4 janvier, est alloué un repos au cantonnement.
Les 4 et 5 janvier, se produit le service aux tranchées. La 1ère compagnie est en réserve à la ferme Modèle route de Lille. Elle fournit un peloton pour participer à la reprise d’entonnoirs créés par l’explosion du fourneau aux mines allemandes.
Les cuisiniers des quatre compagnies, installés à cette ferme, lâchent leurs popotes pour participer à l’assaut.
On déplore deux disparus et quatre blessés de la 3ème compagnie, et six de la 1ère compagnie, y compris le capitaine Bidot.
Pendant cette contre-attaque, les hommes du bataillon, y ayant participé, se sont fait remarquer par les autres corps de troupe pour leur bravoure et leur entrain.
Les 5 et 6 janvier, c’est le repos au cantonnement.
Les 6 et 7 janvier, se réalise le service aux tranchées.
Les 7 et 8 janvier, est accordé le repos au cantonnement.
Les 8 et 9 janvier, est effectué le service aux tranchées. Par suite de mauvais temps, les tranchées el les boyaux de communications sont dans un état épouvantable.
Les hommes s’enlisent dans la boue argileuse et courent un réel danger, notamment les zouaves qui descendent de relève.
Plusieurs hommes du bataillon, avec des moyens de fortune, n’hésitent pas à se mettre presque nus et à s’exposer en plein champ à quelques centaines de mètres des tranchées allemandes pour retirer les hommes en lignes restés dans le boyau toute une nuit et menacés de périr de froid ou d’étouffement. Deux sergents et un 2ème classe s’y sont distingués.
Il y eut trois blessés dans chaque compagnie.
Du 9 au 10 janvier, est consenti un repos au cantonnement.
Du 10 au 11 janvier, se pratique le service aux tranchées.
Du 11 au 12 janvier, est donné un repos au cantonnement.
Du 12 au 13 janvier, il s’agit du service aux tranchées, avec cinq blessés à la 1ère compagnie.
Du 13 au 14 janvier, est concédé un repos au cantonnement.
Du 14 au 15 janvier, est procédé le service aux tranchées. Le 15 janvier, le bataillon est alerté et se rend à 11 heures 30 à Anzin-Saint-Aubin. A 18 heures 30, la 4ème compagnie reçoit l’ordre de se rendre à l’usine de Roclincourt.
Le 15 janvier, à 4 heures 20, le commandant de la compagnie est invité à se rendre au poste de commandement du pigeonnier, et reçoit l’ordre suivant du commandant du régiment :
« Attaquer et occuper l’ancienne tranchée 7 ».
La compagnie se porte immédiatement à l’emplacement d’attaque tranchée française à l’ouest de la route de Lille.
Les dispositions suivante furent prisent :
Sur la 1ère ligne d’attaque, se trouvent le lieutenant Lefèvre avec quatre-vingt hommes baïonnette au canon avec comme mission de se précipiter sur la tranchée ennemie.
Sur la 2ème ligne, s’y rendent l’adjudant-chef Berthet avec vingt-cinq hommes munis de pétards.
Sur la 3ème ligne, s’y situent l’adjudant Cazanova avec quinze hommes munis d’outils et de sacs à terre.
Le déclanchement a lieu à 7 heures, après l’explosion d’une mine.
La tranchée N° 7 est occupée par la 1ère ligne, qui, dans son parcours, souffre particulièrement du feu de mitrailleuses installées le long du talus de la route de Lille.
Les Allemands évacuèrent précipitamment la tranchée, en laissant quelques cadavres. Le boyau, reliant cet ouvrage aux autres tranchées allemandes, est rapidement obstrué par les morts ennemis.
Au moment où les trois lignes se rejoignirent, un bombardement très vif à la tranchée occupée commença de la part des allemands. Bombes, grenades et pétards font rage.
Le commandant de la compagnie se rend compte rapidement que la situation est intenable, et après quelques minutes d’occupation il prescrit le repli.
De retour à la tranchée française, sur un effectif de cent gradés et hommes, il compte : un officier blessé, un adjudant-chef disparu, deux tués, seize blessés, dix-huit hommes disparus
La 1ère compagnie compte deux tués et sept blessés.
La 2ème compagnie a un tué et deux blessés.
La 3ème compagnie dénombre un tué et onze blessés.
Paraît l’Ordre de la division N°65.
Au court des combats des 14 et 15 janvier, les troupes, qui ont lutté dans le secteur de la route de Lille, ont fait preuve des plus belles qualités d’allant et de bravoure.
Le Général, commandant la 45ème division, tient à les féliciter.
Il cite à l’ordre de la division la compagnie du bataillon d’Afrique, commandée par le capitaine Renaud et le groupe d’éclaireur volontaires de ce bataillon qui se sont particulièrement distingués pendant ces deux journées et ont grandement contribué au succès de nos opérations.
Le 18 janvier 1915, est évoqué l’Ordre de la division N°68.
Le Général, commandant la 45ème division, cite à l’ordre da la division l’équipe de brancardiers du 1er bataillon de marche d’Afrique. Depuis que le bataillon est sur le front, particulièrement pendant les affaires du 15 et du 20 janvier, cette équipe a assuré, avec le plus grand courage et la plus grande abnégation, le transport des blessés au poste de secours, malgré un terrain difficile et parfois battu par les feux.
Quinze hommes sont cités pour leurs bravoures.
Les 15 et 16 janvier, est distribué le repos au cantonnement.
Les 16 et 17 janvier, est opéré le service aux tranchées.
Les 17 et 18 janvier, est donné le repos au cantonnement.
Les 18 et 19 janvier, est pratiqué le service aux tranchées.
Les 19 et 20 janvier, est alloué le repos au cantonnement.
Les 20 et 21 janvier, est effectué le service aux tranchées
Le 20 janvier, le groupe franc du bataillon sous le commandement du Lieutenant Lahargouette, la 2ème compagnie sous le commandement du capitaine Wéber, et un peloton de la 3ème compagnie avec l’adjudant Merland, de concert avec les zouaves doivent attaquer la tranchée N°7. Le signal doit être donné par l’explosion d’une mine prés de la route de Lille, après que la tranchée ennemie aura été bombardée par l’artillerie.
Au signal donné, tout le monde sort de la tranchée. Mais, le peloton de gauche avec la 2ème compagnie et le peloton de la 3ème compagnie furent aussitôt arrêtés par des obus de 75, qui n’avaient pas encore allongé son tir. Néanmoins, le groupe franc et le 1er peloton de la 2ème compagnie pénétrèrent dans la tranchée allemande, et purent ramener six prisonniers.
L’opération n’ayant pas réussi, une nouvelle attaque fut ordonnée, soutenue par l’autre peloton de la 3ème compagnie. Mais, les Allemands ayant reçu des renforts, elle ne réussit pas plus que la première. Peu d’hommes purent atteindre la tranchée allemande. Les autres furent arrêtés par le feu de l’infanterie des mitrailleuses et de bombes.
Une troisième attaque eut lieu vers 10 heures. La 1ère compagnie était venue renforcer le bataillon, et la 4ème compagnie restait en réserve dans la tranchée.
Cette attaque fut encore arrêtée par un feu violent et surtout par les mitrailleuses ennemies.
Dans cette journée, le bataillon éprouva les pertes suivantes :
pour la 1ère compagnie, quatre tués, douze blessés, deux disparus.
pour la 2ème compagnie, deux tués, deux blessés.
pour la 3ème compagnie, trois tués, seize blessés, deux disparus.
pour la 4ème compagnie, douze blessés, huit disparus.
A la suite des journées du 15 et du 20 janvier, le général commandant la 10ème armée fit jaillir l’ordre suivant :
L’Ordre de l’armée N°45.
Le général commandant de la 10ème armée cite à l’ordre de l’armée :
La 45ème division d’infanterie.
« Placée depuis trois mois dans un secteur particulièrement difficile, en butte aux attaques incessantes d’un ennemi extrêmement agressif et entreprenant qui a été cité comme modèle à la 6ème armée allemande par son chef le prince de Bavière, la 45ème division a su maintenir ses positions.
Elle a riposté à chaque attaque de l’adversaire avec une énergie remarquable.
Sous l’impulsion de son chef le général Luiquandon, elle a repris nettement dans ses derniers temps l’ascendant moral sur l’ennemi, en l’attaquant dans une guerre de sapes et de mines sans répit.
Survient l’Ordre de la division N°70.
Le général, commandant la 45ème division, cite à l’ordre de la division :
Sept sergents dont deux tués, deux caporaux, vingt-deux chasseurs et le lieutenant Lahargouette. Quoique blessé légèrement, il a donné le meilleur exemple d’énergie et de courage en entraînant par trois fois son groupe d’éclaireurs à l’assaut d’une tranchée allemande.
Le caporal Lecacheur et les chasseurs Menu, Pierron, Molier, Boudon, Marty, pour avoir fait les six prisonniers allemands.
Les 21 et 22 janvier, c’est le repos au cantonnement.
Les 22 et 23 janvier, reprend le service aux tranchées. La 1ère compagnie a quatre blessés et trois disparus, la 2ème compagnie a un disparu, la 3ème compagnie a sept tués, trois blessés et quatre disparus, et la 4ème compagnie a sept blessés et trois disparus.
Le 23 janvier au soir, le bataillon reçoit l’ordre d’aller cantonner à Anzin-Saint-Aubin.
Dans la nuit du 23, le cheval Jaïck s’est sauvé de son écurie.
Le 24 janvier, à 14 heures, le bataillon se rend à Hermaville (20 kilomètres).
25 au 28 janvier séjour à Hermaville.
Le 27 janvier, le chef de bataillon remet, au cours d’une prise d’armes, la croix de chevalier de la légion d’honneur au capitaine Renaud.
Le 28 janvier, le bataillon se rend à Anzin. Au cours de l’étape, le colonel Codet commandant la 90ème brigade remet au chef de bataillon la croix d’officier de la légion d’honneur, qui lui avait été conférée avec la libellé suivant :
« S’est fait remarquer dans la défense de son secteur et les contres attaques furieuses qui ont été menées contre les allemands qui ont tenté de s’emparer de nos tranchées.
A montré une grande énergie et une belle bravoure entraînant son bataillon au feu avec la plus grande énergie ».
Du 28 janvier au 13 février, le bataillon prend le soir le service aux tranchées dans les conditions suivantes : trois compagnies à Roclincourt dans les tranchées de première ligne et une compagnie disponible au repos à Anzin-Saint-Aubin. Tous les trois jours, cette compagnie relève une des compagnies de première ligne.
Le 30 janvier, est recensé trois blessés et un disparu.
Le 31 janvier, c’est quatre blessés.
Le 1er février, il s’agit de trois blessés.
Le 2 février, il y a deux blessés.
Le 3 février, il y a deux blessés.
Le 4 février, le groupe d’éclaireurs volontaires, sous le commandement de l’adjudant Darson et comprenant les sergents Michée et Gondonnière, trois caporaux et quarante-deux chasseurs, reçoit l’ordre de coopérer avec une compagnie de zouaves à l’attaque de la tranchée N°7. Le signal convenu doit être donné par l’explosion de deux mines. Au signal de l’attaque à 3 heures, le groupe sort de nos tranchées et se précipite dans la tranchée allemande. Cette dernière étant pleine de boue ne permet pas aux chasseurs une progression rapide. Les Allemands ont le temps de se retirer avec deux mitrailleuses. Cependant, un barrage est immédiatement établi pour nous assurer la conservation de la tranchée.
Du côté des zouaves, comme de celui des volontaires du bataillon, l’opération a réussi. Des zouaves occupent la tranchée et l’organisent. Et, le groupe d’éclaireur reçoit l’ordre de regagner les tranchées françaises. Cela nous a valu deux tués et huit blessés.
Le 5 février, nous comptons huit blessés.
Le 6 février, nous dénombrons quatre blessés.
Le 7 février, c’est deux blessés.
Le 8, rien.
Le 9, il y a trois blessés.
Le 10, nous chiffrons un blessé.
Le 11 février, nous énumérons six blessés.
Le 12 février, nous recensons huit blessés.
Le 13 février, nous dénombrons deux blessés.
Le 13 au soir, le bataillon va cantonner à Hermaville. Au cours de la marche, le chasseur Dubois de la 1ère compagnie fait une chute sur le pavé et meurt sur le coup d’une fracture du crâne.
Le 14 février, nous constatons le séjour à Hermaville, avec l’arrivée d’un renfort de deux cent cinquante hommes sous le commandement du capitaine Bidot.
Les 15 et 16 février, pendant le séjour à Hermaville, le capitaine Bidot est affecté au 3ème régiment de zouaves par décision du général commandant la 45ème division.
Le lieutenant Cremsal rejoint le bataillon venant de la tranchée, tandis que quelques uns répondent à l’attaque des pétards en en lançant de leur côté.
Vers midi, une compagnie allemande, deux officiers et cinq sous-officiers en tête, sortent des tranchées de troisième ligne en tirailleurs, et avancent vers la tranchée que nous occupons. Le feu rapide, ouvert immédiatement, fait tomber une cinquantaine d’Allemands, dont les gradés qui sont en tête. Un des sous-officiers vient tomber blessé à mort dans notre tranchée. Le lieutenant Sauvage fait monter les hommes sur le parapet pour attendre l’attaque. Il est atteint à ce moment-là d’une balle au bras droit.
Les Allemands font demi-tour et regagnent vivement leurs abris, ayant laissé environ quatre-vingt morts sur le terrain.
La fusillade reprend de part et d’autre, ainsi que le lancement des bombes et des pétards. L’artillerie dirige également son tir sur nos tranchées. Le groupe d’éclaireurs est très éprouvé par le bombardement, et le lancement des pétards et des bombes.
A 17 heures, le lieutenant Sauvage, qui restait dans la tranchée avec les survivants, reçoit l’ordre de faire rentrer son groupe à Roclincourt, une unité venant occuper la tranchée conquise.
La section de mitrailleuses, qui, à gauche de la route de Lille devait flanquer l’attaque, est prise à parti, une de ses pièces étant enrayé, par une mitrailleuse allemande. Le sergent Dauzat est atteint d’une balle à la main droite. Dans la matinée, l’action des pièces est enrayée à différentes reprises par l’explosion de bombes ou de pétards. L’une d’elles projette une des pièces à terre et la rend momentanément inutilisable.
A 18 heures, les 3ème et 4ème compagnies vont prendre le service aux tranchées et les deux autres s’installent à Anzin en cantonnement d’alerte.
Pendant cette journée, treize militaires ont été cités à l’ordre N° 87 de la division, par décision du général Luiquandon commandant la 45ème division.
Le général commandant le 33ème corps d’armée cite à l’ordre du corps d’armée le chasseur Floire et le sergent Deviller.
Se découpe ici un extrait de l’ordre N° 655D.
Le lieutenant sauvage Alfred au 1er bataillon de marche d’infanterie légère d’Afrique a été nommé dans l’ordre de la légion d’honneur au grade de chevalier.
« Au cours de l’attaque du 17 février contre les tranchées allemandes a conduit remarquablement le groupe d’éclaireurs volontaires qu’il commandait. Blessé au bras, ne s’est fait panser que trois heures après et a gardé son commandement jusqu’au soir »
Signé : Joffre
Se révèle également un fragment de l’ordre général N° 649D
Le général Joffre attribut la médaille militaire à Tindy sergent.
Les blessés au cours de cette journée sont de dix-sept chasseurs.
Le 18 février, les 1ère et 2ème compagnies reçoivent l’ordre à 14 heures de se porter en réserve à l’usine de Roclincourt.
La section de mitrailleuses abandonne les entonnoirs où elles étaient en position, et va s’établir au chemin creux pour parer à une contre-attaque possible. Au cours de toute la journée, les Allemands bombardent vigoureusement nos tranchées et les accablent de bombes et pétards. Au cours du bombardement, le bataillon éprouve les pertes suivantes.
Nous chiffrons dix-huit blessés, y compris le sergent Tindy fraîchement médaillé, trois tués et cinq disparus.
Le 19, les unités allemandes continuent leurs attaques en lançant des pétards et des bombes.
Ce jour-là, il y a cinquante-trois blessés.
Le 20 février, les 3 et 4èmes compagnies rentrent des tranchées. On déplore trente-six blessés, deux tués et deux disparus.
Le 21 février, les 3 et 4èmes compagnies quittent Anzin-Saint-Aubin et vont cantonner à Pont-de-Gy. On regrette onze blessés.
Le 22 février, les 3 et 4èmes compagnies reçoivent l’ordre de quitter Pont-de-Gy pour se rendre à Bavincourt, où elles arrivent à 18 heures.
Ce jour-là, les 1ère et 2ème compagnies ont quatorze blessés.
Le 23 février, les 1ère et 2ème compagnies reçoivent l’ordre de quitter les tranchées et vont cantonner à Étrun. Il y a un disparu.
Le 24 février, les 1ère et 2ème compagnies reçoivent l’ordre de quitter Étrun pour se rendre à Bavincourt, où elles arrivent à 17 heures.
Ce mouvement du bataillon à Bavincourt est l’exécution de l’ordre général N° 209, par lequel la 45ème division est relevée du front, et placée en réserve d’armée de l’ordre général N° 209 par lequel la 45ème division est relayée des fronts et placée en réserve d’armée.
Le 25 février, en exécution de l’ordre particulier N° 241, prescrivant à la 45ème division de mettre quinze compagnies et six sections de mitrailleuses à la disposition du 10ème corps pour relayer une division de cavalerie, les quatre compagnies du bataillon et la section de mitrailleuse se rendent à Rivière à 20 heures.
Les 3 et 4èmes compagnies et la section de mitrailleuses vont occuper les tranchées, tandis que les 1ère et 2ème compagnies restent en réserve à Rivière.
Le 26 février, les pertes sont de trois blessés.
Le 27 février, les 1ère et 2ème compagnies relayent aux tranchées les 3 et 4èmes compagnies, qui rentrent au cantonnement de Rivière.
Ces deux premières compagnies ont eu un tué et deux blessés.
Le 28 février, se produit le séjour à Rivière.
Le 1er mars, le corps reçoit une section de mitrailleuses sur voiturettes. Il est constitué d’un peloton de mitrailleuse s’administrant isolément, dont le lieutenant André en assume le commandement.
Les 3 et 4èmes compagnies relèvent à 22 heures les deux autres compagnies, qui ont trois blessés.
Le 2 mars, en exécution de l’ordre particulier N° 9, prescrivant la relève de toutes les unités de la 91ème brigade, y compris les sections de mitrailleuses sur tout le front du 10° CA, le bataillon rejoint Bavincourt où il reprend ses cantonnements avec deux blessés.
Le 3 mars, c’est jour de repos.
Le 4 mars, intervient la reprise de l’instruction et entraînement, avec le matin un exercice de détails, et le soir consacré à l’exercice en campagne.
Du 5 au 19 mars, le séjour et les manœuvres se font à Bavincourt.
Notre sergent fourrier, ayant été blessé et intoxiqué par les gaz en fin février, avait été transporté à un hôpital, où il décède à 14 heures le 6 mars 1915 à Moulay d’une maladie imputable au service.
La famille à Chalabre recevra par les soins du 3ème bataillon d’infanterie légion d’Afrique la somme de deux cent francs en secours immédiat.
Il reçu les médailles militaires et coloniales à titre posthume.

Aragou Jean Pierre

S’il y a une personne qui a mérité la croix de guerre pour son courage, c’est bien lui ! Il aurait dû recevoir celle de la malchance. Nous allons voir pourquoi !
Il est né le 7 octobre 1894 à Chalabre. Il est le fils de Célestin tailleur d’habit et de TAFINE Rose. Il est domicilié à Chalabre dans la maison Soum sur le cours Sully, alors que le futur soldat est menuisier à Paris lors du conseil de révision qu’il passe dans l’Aude où il est déclare « bon pour le service armé ».
Ses cheveux sont châtain foncé. Il a un front vertical et un nez rectiligne. La bouche est petite. Et, il mesure 1 mètre 64. Il a atteint le 2ème degré d’instruction.
Il s’agit du 2ème canonnier servant au 3ème régiment d’artillerie, qui fut reconstitué le 01 septembre 1883, à Montpellier, renforcé à Castres en 1909 et à Carcassonne en 1914.
Il y est incorporé le 4 septembre 1914 sous le matricule 5837.
L’effectif du 3ème régiment d’artillerie est composé :

L’effectif en sous-officiers et hommes de troupe compte pour :
L’État-major de la division 13 hommes.
L’État-major de groupes 19 x 3 57 hommes.
Les neuf batteries de 75 : 171 x 9 1539 hommes.
Au Total 1609 hommes.

Le nombre de chevaux
L’État-major divisionnaire 15 chevaux.
Les trois États-majors de groupes 20 x 3 60 chevaux.
Les neuf batteries 167 x 9 1503 chevaux.
Au Total 1578 chevaux.

Le 7 août 1914, le corps se met en route par voie de chemin de fer pour rejoindre Is-sur-Tille. Il appartient à la 32ème division, au 16ème corps d’armée. Et, il fait partie de la 2ème armée commandée par le général De Castelnau.
Notre soldat arrive le 4 septembre pour y être incorporé. Le régiment est alors cantonné à Franconville, où des travaux de défense sont en cours d’amélioration. Ils creusent des tranchées, quand vers 9 heures l’artillerie allemande bombarde. Le 2ème groupe les fait taire. Cependant, Franconville continue à être bombardée.
Les groupes exécutent des tirs progressifs sur l’adversaire signalé par des aéroplanes.
Le cantonnement du soir est sur les positions occupées.
Voila la première journée et le baptême du feu de Jean Pierre Aragou !

Ses Campagnes :

En 1914
la Mortagne, rivière au sud de Lunéville en Meurthe-et-Moselle du 04/09 au 15/09.
Flirey, près de Pont-à-Mousson en Meurthe-et-Moselle du 19/09 au 07/10.
L’Aisne à Vailly-sur-Aisne, près de Soissons du 09/10 au 29/10.
Ypres, en Belgique au-dessus de Lille du 01/11/14 au 06/01/15.
En 1915:
la ferme de Navarin dans la Marne dans le camp de Suippes du 26/02 au 02/04.
Perthes, dans les Ardennes au-dessous de Rethel du 02/04 au 24/11.
Aubérive, dans La Marne au-dessus du camp de Mourmelon du 01/12/15 au 5/01/16.
En 1916
Soissons, dans l’Aisne du 26/01 au 09/07.
Verdun, dans la Meuse du 14/08 au 13/09 et du 23/09/16 au 20/01/17.
En 1917
Verdun, dans la Meuse du 22/01 au 12/10.
Altkirch, dans le Haut-Rhin entre Belfort et Bale du 07/11 au 28/11.
En 1918
Thann, à l’est de Mulhouse de février au 25/03.
Le Mont des Cats, dans le Nord au-dessus de Hazebrouck du 29/04 au 17/05.
La Lorraine du 26/05 au 21/08.
Soissons, dans l’Aisne du 25/08 au 07/09.
Saint-Gobain, dans l’Aisne au-dessus de Soissons du 08/09 au 12/10.
La Serre, cours d’eau au-dessus de Saint-Gobain du 14/10 au 05/11.
Vervins, dans l’Aisne à Signy-le-Petit dans les Ardennes du 6 au 11/11.

Le 10 novembre, la poursuite continue. Nos fantassins atteignent les abords de la Gruesse, appuyés par le 3ème groupe en batterie à Le Four Gérard, le 2ème groupe à Le Pavillon et La Croix Colas, et le 1er groupe à Les Logettes.
Le 11 novembre, la chasse se prolonge. Les Français passent la frontière. Mais, les conditions de l’armistice ayant été acceptées par l’ennemi, les hostilités cessent à 11 heures.
Les troupes se maintiennent sur leur position, occupée à cette heure.
Le Poste de commandement cantonne à Brognon.
Le 1er groupe cantonne à Les Logettes.
Le 2ème groupe cantonne à Le Pavillon et La Croix Colas.
Le 3ème groupe cantonne à L’Escaillère et Cul-des-Sarts, en (Belgique).
Après l’armistice, le régiment a nettoyé la région d’Hirson dans l’Aisne à Rocroi dans les Ardennes. C’est de cette région que, le 5 décembre, deux cent cinquante permissionnaires du régiment prennent le train à Signy-le-Petit pour retrouver l’Aude. Le train a près de deux mille soldats qui vont revoir leur famille, après plus de quatre ans de service et de durs combats.
Le contournement de Paris se fait sans encombre.
À quinze kilomètres environ au sud de Châteauroux vers Lothiers, deux trains de permissionnaires, roulant à priori dans le même sens, se sont percutés sans doute en raison du brouillard. Un train de secours fut envoyé depuis Limoges, et les Américains envoyèrent quelques ambulances depuis Châteauroux. Le premier bilan fut de nombreux blessés et une centaine de morts. Dans les morts, il y a Aragou Jean-Pierre qui, comme les autres, après avoir entendu siffler les balles, meurt en allant retrouver les siens.
Il sera comme son frère inhumé au cimetière de Chalabre.
Le régiment finira son périple le 9 janvier 1919 dans les cantonnements suivants :
L’État-major et le 2ème groupe à Pierrefonds.
Le 1er groupe à Saint-Jean-aux-Bois.
Le 3ème groupe à Palesne.
Le tout se situe au-dessous de Compiègne, qu’ils quitteront le 11 août 1919, pour retrouver Carcassonne.

Aragou Honoré

Le rescapé de la famille.

Le petit dernier est né le 15 mai 1897, dans la maison Vergès, au cours Sully. Au conseil de révision, il exerce le métier de menuisier. Il a les cheveux châtain, les yeux bleus, le visage long, un nez rectiligne, un front vertical et mesure 1 mètre 60.
Déclaré bon pour le service armé, il rejoint le 10 janvier 1916 le 9ème régiment d’artillerie de Castres pour y être incorporé.
Le régiment a quitté la ville le 8 août 1914. Engagé dans différent combats, Honoré rejoint son affectation, alors que le régiment est au repos jusqu’au 30 janvier à Festigny, localisé à environ vingt-cinq kilomètres à l’ouest d’Epernay.
Le régiment quitte le cantonnement le 30 janvier pour se rendre à Mareuil-en-Dôle.
Le 31 janvier, le régiment se rend à Maast-et-Violaine. Dans l’après-midi, l’État-major effectue une reconnaissance aux environs de Soissons.
Le 1er février, les troupes se positionnent au tour de Belleu et Vauxbuin.
Du 2 au 5 février, ce sont des journées de réglage, des modifications et mutations de compagnies.
Ensuite, demeurent des accrochages journaliers et l’avance du régiment, qui se retrouve le 3 mars dans le secteur du camp de Mailly, jusqu’au 21 avril 1917.
Il passe au 116ème régiment d’artillerie lourde, le 22 avril 1917.
Il passe au 132ème régiment d’artillerie lourde, le 16 mars 1918.
Il passe au 61ème régiment d’artillerie de campagne, le 1er juillet 1919.
Mis en congé illimité de démobilisation le 19 octobre 1919, il dit vouloir se retirer à Chalabre.
Il est affecté dans la réserve au 56ème régiment d’artillerie de campagne, le 1er juin 1921.
Le certificat de bonne conduite lui a été accordé.
Il se marie à Lavelanet, le 26 septembre 1921, avec Sylvie Mourareau.
Il emménage, le 13 novembre 1921, à Lavelanet, rue Valière dans la belle famille.
Nous le retrouvons le 11 novembre 1924, à Salles sur l’Hers. Et, en 1927, nous le revoyons chemin neuf à Cintegabelle, où il y décédera le 1er mai 1965.

Fin de page // Cliquez ici pour revenir vers la haut de la page