Entête Si Chalabre m'était conté

ABAT Jean


Né à Chalabre le 27 octobre 1884, il est le fils d’Isidore et de Garrigues Baptistine Marie, et exerce la profession de chapelier.

Acte Naissance

Son signalement montre : des cheveux blonds foncés, des yeux bleus. Le front est large et haut. Le nez est relevé, mais petit et de largeur moyenne. Notre futur soldat mesure 1 mètre 59.
Le visage est plein.
Il s’engage le 28 janvier 1904 pour quatre ans dans le 102ème Régiment d’Infanterie.
Il arrive à Paris dans le corps le 1er février 1904 sous le matricule 6056.
Il devient Caporal le 26 septembre 1904, et Sergent le 26 septembre 1905.
Il se réengage pour deux ans le 7 mai 1907, à compter du 28 janvier 1908.
Il passe Sergent le 26 août 1907.
Il s’engage à nouveau pour un an le 11 décembre 1909 à compter du 28 janvier 1910, ensuite pour un an encore le 9 janvier 1911 à compter du 28 janvier 1911.
Il se réengage pour deux ans le 22 janvier 1912 à compter du 28 janvier 1912.
Il acquiert le grade de Sergent-Major le 1er mai 1913.
Il se réengage encore pour trois ans le 26 janvier 1914 à compter du 28 janvier 1914.
Il a fait tout son service au 102ème Régiment d’Infanterie qui était caserné à Paris.
Ce Régiment était dans la 13ème Brigade d’Infanterie, la 7ème Division d’Infanterie, et le 4ème Corps d'Armée.
En août 1914, le régiment est constitué de trois bataillons, qui bénéficieront de deux citations à l’ordre de l’armée, et la fourragère verte.
Les opérations sont à Billy-sous-Mangiennes le 10 août, à Saint-Laurent, le combat de Virton-Ethe le 22 août avec de très nombreuses pertes et une retraite sur Charency, Villers le Rond, et le combat de Marville le 25 août.
L’effectif le jour du départ du 102ème Régiment d’Infanterie est :

l’État-Major :
M. Valantin, Colonel.
M. Blin, Lieutenant-Colonel.
M. Morin, Capitaine-Adjoint.
M. Delmas, Médecin-Major de 1ère Classe.
M. Thomas, Lieutenant Chargé des détails.
M. Dumas, Lieutenant Chargé du service téléphonique.
M Pottier, Sous-Lieutenant porte drapeau.
M. Réty, Lieutenant officier d’approvisionnement.
M. Michel, Chef de musique de 1ère classe.
M. Escaich, Lieutenant, commandant la 1ère section de musique.
M. Parvy, Lieutenant, commandant la 2ème section de musique.
M. Dandrieu, Lieutenant, commandant la 3ème section de musique.
Pour le 1er bataillon :
M. Wilbien, Chef de Bataillon.
M. Boverat, Officier Adjoint Lieutenant.
M. Laffont, Médecin Aide-Major de 1ère Classe.
18 Sous-Officiers.
137 Soldats.
Pour la 1ère compagnie :
M. Lancelot, Capitaine.
M. Rousseau, Lieutenant.
M. Decamp, Lieutenant.
M. Guillaumin, Sous-Lieutenant.
15 Sous-Officiers.
235 Soldats.
Pour la 2ème compagnie :
M. Cerfon, Capitaine.
M. Legrand, Lieutenant.
M. Poli, Adjudant-Chef.
M. Lhespitaou, Adjudant-Chef.
15 Sous-Officiers.
235 Soldats.
Pour la 3ème compagnie :
M. Gérard Luois, Capitaine.
M. Alex Coche, Lieutenant.
M. Deportes, Lieutenant.
M. Cauvin, Sous-Lieutenant.
14 Sous-Officiers.
236 Soldats.
Pour la 4ème compagnie :
M. Dumont, Capitaine.
M. Patier, Lieutenant.
M. Benoist, Lieutenant.
M. Pelé, Sous-Lieutenant.
14 Sous-Officiers.
236 Soldats.
Pour le 2ème bataillon :
M. Signorino, Chef de Bataillon.
M. Moissan, Officier Adjoint Sous-Lieutenant.
M. Culan, Médecin Aide-Major de 2ème Classe.
Pour la 5ème compagnie :
M. Rosselin, Capitaine.
M. Fricker, Lieutenant.
M. Guellier, Sous-Lieutenant.
M. Flous, Adjudant-Chef.
14 Sous-Officiers.
236 Soldats.
Pour la 6ème compagnie :
M. Gérard Henri, Capitaine.
M. Romieux, Lieutenant.
M. Imbault, Sous-Lieutenant.
M. Méliès, Adjudant-Chef.
11 Sous-Officiers.
239 Soldats
Pour la 7ème compagnie :
M. Fromont, Capitaine.
M. Hémeury, Lieutenant.
M. Lhomme, Lieutenant.
M. Duguet, Adjudant-Chef.
15 Sous-Officiers.
235 Soldats.
Pour la 8ème compagnie :
M. Charlot, Capitaine.
M. Prost, Lieutenant.
M. Vidal, Lieutenant.
M. Roboan, Adjudant-Chef.
12 Sous-Officiers.
238 Soldats.
Pour le 3ème bataillon :
M. Lemerdy, Chef de Bataillon.
M. Marty, Officier Adjoint Lieutenant.
M. Teyssier, Médecin Aide-Major de 2ème Classe.
Pour la 9ème compagnie :
M. Texier, Capitaine.
M. Houzelle, Lieutenant.
M. Terris, Sous-Lieutenant.
M. Rosembaum, Sous-Lieutenant.
13 Sous-Officiers.
237 Soldats.
Pour la 10ème compagnie :
M. Rungs, Capitaine.
M. Pez, Sous-Lieutenant.
M. Langlois, Sous-Lieutenant.
13 Sous-Officiers.
237 Soldats.
Pour la 11ème compagnie :
M. Renaudin, Capitaine.
M. Pétault, Sous-Lieutenant.
M. Blavette, Sous-Lieutenant.
M. Lallemand, Adjudant-Chef.
14 Sous-Officiers.
236 Soldats.
Pour la 12ème compagnie :
M. De Goys De Mezeyrac, Capitaine.
M. Ligier de Laprade, Lieutenant.
M. Vignot, Sous-Lieutenant.
17 Sous-Officiers.
233 Soldats.
A l’État-Major des Bataillons, il y a neuf Sous-Officiers et soixante-quinze Soldats.
Dans la section de Mitrailleuses, on trouve trois Sous-Officiers et quatre-vingt-quatre Soldats.
Dans les Éclaireurs De Terrains, il s’agit d’un Sous-Officier et de onze Soldats.
Le Régiment a au total cent quatre-vingt-dix-huit Sous-Officiers et trois mille cent quarante Soldats, et possède cent quatre-vingt-neuf chevaux.
Le 3ème bataillon est parti de Chartres le 6 août et débarque à Dugny le 7, où il cantonne. Il arrive le 8 août à Beaumont, dans la Meuse.
L’État-Major du Régiment, la C.H.R, et le 1er Bataillon, partis de Paris le 7 août, débarquent à Dugny le 8 août. L’État-Major et la C.H.R continuent sur Beaumont, où ils cantonnent et le 1er bataillon part sous la tente à Louvemont.
Le 2ème bataillon, parti de Paris le 7 août, arrive lui-aussi à Dugny, où il cantonne et se rend le 9 août à Beaumont.
Le 102ème Régiment d’Infanterie fait partie de la 13ème brigade, de la 7ème division et du 4ème corps d’armée.

portrait

Le Général De Langle De Cary, Chef du 4ème corps d’armée.

Le 9 août, sur ordre du Général commandant la 7ème division, le 3ème bataillon quitte Beaumont à 17 heures 30 pour aller occuper en première ligne Gincrey et Ornel. Il a à sa droite le 6ème corps d’armée à Etain, et à sa gauche la 8ème division à Billy sous Mangiennes.

Le 10 août, le 4ème corps d’armée se porte sur le versant est des Hauts-de-Meuse face au nord-est, la 7ème division au sud de la 8ème, et la 13ème brigade au nord de la 14ème.
Le 3ème bataillon du 102ème est maintenu à Gincrey et Ornel.
L’État-Major, les 2ème et 1er bataillons du 102ème, placés en tête de la 13ème brigade, se dirigent par Ville, devant Chaumont et Azannes sur Billy-sous-Mangiennes et Loison.
Là, ils doivent établir des avant-postes, dont la ligne de surveillance passera par la corne sud-est du bois de Warpremont, Muzeray et les bois de Viécourt et du Prètre.
A 11 heures, ils arrivent à Billy-sous-Mangiennes, et font une grande halte gardée, en raison de la présence dans le bois de Warpremont d’une nombreuse cavalerie ennemie. Conformément aux instructions verbales du Général, commandant la 7ème division, le colonel prescrit au 2ème bataillon de s’installer sur la côte 232 à l’ouest de Mangiennes, pendant que le 1er bataillon continuera sa route sur Loison.
Le général de division a mis à sa disposition un bataillon du 101ème et un G.A.D. au haut fourneau. Le 1er bataillon, qui a fait sa grande halte sur un emplacement défilé à la sortie sud-est du village, se met en marche sur Loison. À ce moment, apparaît, sur la route de Pillon à Billy-sous-Mangiennes, à hauteur du bois des Rapp, un escadron de cavalerie ennemie.
La 7ème compagnie exécute des feux sur lui et l’oblige à se replier. Quelques instants après, une partie de l’artillerie ennemie prend position à mille deux cents mètres au nord-ouest du bois des Rapp. Nos mitrailleuses la prennent comme objectif. Elle envoie environ cent cinquante projectiles sur les mitrailleuses, la 8ème compagnie, le 1er bataillon qui marchaient sur Loison et sur le village de Billy sous Mangiennes.
Une force de cavalerie, évaluée à environ une brigade, longe la lisière sud du bois de Brunehaut et se masse dans ce pli de terrain à 500 mètres au nord de la corne ouest du bois des Rapp. Les mitrailleuses et une partie de sa cavalerie concentrent leur feu sur la 7ème compagnie. Le colonel, ayant reçu l’ordre ferme de ne tenter aucune action soutenue, fait replier les trains sur les Haut Fourneaux, prescrit alors aux 5ème et 8ème compagnies et à la section de mitrailleuse de former un réseau sur les pentes sud de la côte 232, et donne l’ordre au groupe A.O.7 de prendre position aux environs de la corne nord du bois de Pont aux Chênes.
Ce groupe ouvre le feu à 15 heures 30 sur la brigade de cavalerie précitée, qui se met en marche sur Muzeray en longeant la lisière sud du bois de Warpremont.
Pendant ce temps, la canonnade tonne dans la direction de Mangiennes.
À 16 heures, tout est rentré dans le calme.
À la nuit, le 2ème bataillon bivouaque sur la côte 232. Et, le 1er bataillon, qui avait occupé Loison, s’établit ainsi comme suit :
une compagnie sur le haut du Pochon.
une compagnie au bois de Réfromont.
les deux autres sont en réserves à la maison du garde (selon l’ordre du général commandant la 7ème division d’infanterie).
Le cantonnement du soir voit :
le 1er bataillon qui bivouaque sur ses positions.
le 2ème bataillon qui bivouaque sur ses positions.
le 3ème bataillon qui bivouaque à Gincrey.
L’état des Officiers, des Sous-Officiers, des Caporaux et des Soldats tués ou blessés au combat de Billy-sous-Mangiennes le 10 août 1914 montre :
un tué, le sergent gendarme de Bévotte.
cinq blessés, dont quatre soldats, qui sont Lehoux, Mégret, Travers, et Herbelin.
plus le sergent Villain, qui décèdera le 12.
Dans la nuit du 10 au 11 août, le sous-lieutenant de réserve Moissan, qui remplissait les fonctions d’agent de liaison avec la 13ème brigade, a été tué accidentellement par un coup de feu d’un patrouilleur du 101ème régiment d’infanterie, à 23 heures 30, aux environs de Billy sous Mangiennes.
Le 11 août, le 3ème bataillon est maintenu à Gincrey et Ornel.
L’état-major du régiment, les 1ère et 2ème bataillons se mettent en marche à 5 heures 30 et se dirigent vers Sommazmes, où ils bivouaquent et forment la réserve. Le 12 août, le 4ème corps d’armée occupe à 7 heures les positions, organisées entre Damvillers et Orne exclus qu’il a mission de défendre en cas d’attaque.
Le secteur, affecté à la 13ème brigade, est divisé en deux sous-secteurs. Il dispose des 2ème et 3ème bataillons du 102ème. Ce dernier, rappelé de Gincrey, arrive à Azannes à 13 heures. La 6ème compagnie exécute des tranchées sur la croupe 267 au sud d’Azannes, réserve de secteur.
A 16 heures, en exécution d’ordres nouveaux, l’état-major du régiment et le 1er bataillon se portent à Haut Fourneau, où ils font partis d’un groupe d’A.P. placé sous les ordres du colonel commandant le 102ème, et composé du 1er bataillon du 102ème, d’un groupe A.D.7 et d’un peloton du 14ème hussard.
Le 2ème bataillon se porte à la maison de Garde, arrive à 22heures, et forme avec moitié peloton de hussard un autre groupe d’A.P.
Le 3ème bataillon reste à Azannes.
Gincrey est occupé par un bataillon de la 14ème brigade.
Mangiennes et la ferme de Moraigne sont occupées par un bataillon du 101ème.
Le 13 août, on constate la même situation et le même encadrement.
La 3ème compagnie est détachée en Grand’Garde à la côte 232, ouest de Billy-sous-Mangiennes. La 4ème compagnie tient la lisière est des bois de Moraigne et de Blanc Etve.
La 2ème compagnie bivouaque aux Hauts-Fourneaux, et la 1ère compagnie sert de soutien à l’artillerie à la ferme de Gélmierie.
Le 2ème bataillon s’installe à la maison du Garde, détache des postes au Font-aux-Chênes et sur les Hauts de Sochon.
Le 14 août, le matin est la même situation que la veille à 13 heures. Le 1er bataillon, en exécution aux ordres du général commandant la 7ème division, occupe la croupe 232, ouest de Mangiennes, soutenue par le 1er A.D.7, en surveillance aux environs du bois d’Hingry.
Deux groupes A.C.H et le 3ème bataillon sont installés à Haut Fourneau. Le 2ème bataillon fait occuper le bois Réformont, à 16 heures, sous la protection du 14ème hussard qui se dirige vers Nouillonpont. Le 1er bataillon se porte à Muzeray, qu’il occupe ainsi qu’il suit : la 2ème compagnie à la lisière est du bois de Warpremont, la 3ème compagnie à Muzeray en liaison avec le 101ème à la ferme d’Audreville par la 2ème compagnie, l’état-major du régiment, la 1ère et la 4ème compagnie au bois du Tremblois, le 3ème bataillon à Billy-sous-Mangiennes. Le 2ème bataillon, qui devait occuper le bois de Muzeray et Loison, ne reçoit pas l’ordre de la division et reste sur ses positions primitives à la maison de Garde.
Le 15 août, le 2ème bataillon occupe le bois de Muzeray et Loison. A midi, il est relevé par le 76ème et se porte sur Muzeray.
A 17 heures, les 1er et 2ème bataillons sont relevés à Muzeray par le 131ème, et ils vont cantonner à Billy-sous-Mangiennes. Le 3ème bataillon cantonne à Mangiennes.
Le 16 août, il s’agit des mêmes cantonnements que la veille.
Le 17 août, c’est les mêmes cantonnements que la veille. Le colonel fait reconnaître le bois de Warpremont par trois officiers du 102ème.
Le 18 août, le 4ème corps d’armée fait toujours face vers le nord-est, mais il exécute un mouvement latéral vers le nord-ouest.
L’état-major, les 1er et 2ème bataillons du 102ème quittent Billy-sous-Mangiennes à 6 heures 15, et se portent à Mangiennes.
Le 1er bataillon se trouve sur Villers-lès-Mangiennes, et le 2ème bataillon et l’état-major sur Saint-Laurent-sur-Othain où ils cantonnent.
Le 3ème bataillon, cantonné à Mangiennes, se rend par Villers-lès-Mangiennes à Saint-Laurent-sur-Othain où il arrive à 8 heures et remplace aux A.P. le 124ème.
Il établit : 1èrement une compagnie de G.G. à la côte 250 (0 de Saint-Laurent), qui détache au nord à la côte 250 un autre P.P.au manchon situé à 700 mètres au nord-est de la côte 242.
2èmement une compagnie de G.G. à la côte 244 (est de Saint-Laurent) qui détache un P.P. à la côte 252 (nord-est de Saint-Laurent).
une résistance sur l’Othain.
une liaison avec la 14ème brigade vers Grand-Failly et avec le 5ème corps vers la coupe 232 (1000 mètres de Saint Laurent).
Le 19 août, c’est la même situation que la veille.
Le 20 août, le 2ème bataillon continue la mise en état de défense de Saint-Laurent.
Le 21 août, le C.A. marche vers le front Latour, Virton, en deux colonnes, avec la 7ème division à droite.
L’itinéraire est le suivant : Grand-Failly, Pont Wiry (Petit Xivry), Flabeuville, Villette, Charency, Allondrelle-la-Malmaison, Ruette.
Le 102ème fait parie du gros de la colonne. Il quitte Saint-Laurent-sur-Othain à 7 heures, et arrive à la Malmaison où il cantonne à 18 heures.
Le 22 août, la division se porte par Ethe-sur-Saint-Léger et Vanie.
La 7ème division devait marcher en une seule colonne, et devait se former par le passage au P.I. Gomery de ses éléments.
Le 102ème régiment d’infanterie était en queue de la colonne, et marchait derrière le 2 G.d’A.D.
L’itinéraire était fixé par Grandcourt, Ruette, Gomery, Ethe, Saint-Léger.
La marche, à travers un brouillard épais, se poursuit sans incident jusqu’à hauteur de Gomery.
Avant que le régiment ne pénètre dans le village, un cycliste venait dire au colonel commandant le 102ème de devancer le régiment, et de venir prendre les ordres du colonel commandant provisoirement la 13ème brigade qui se trouvait auprès du cimetière de Gomery.
Le colonel se porte vivement au point prescrit. Il y trouve le colonel Lacotte qui lui dit : « Notre A.G. en sortant d’Ethe a été complètement surprise dans le brouillard. On n’a plus de nouvelles du 14ème régiment de hussard, du 104ème régiment d’infanterie, du bataillon du 103ème et du groupe d’artillerie qui composait cette A.G. Le général de division est enveloppé dans Ethe. Il a déjà disposé des bataillons du 103ème et du 101ème. Il ne reste que le 102ème disponible, prenez vos disposition pour dégager le général ».
Le colonel fait immédiatement connaître qu’il va porter sur la croupe comprise entre Gomery et Latour le 2ème et le 1er bataillon, qui marchaient dans cet ordre dans la colonne.
Le 3ème bataillon reste pour soutenir l’artillerie et à la disposition du colonel Lacotte.
Le colonel, commandant le 102ème, revient immédiatement vers son régiment dont la tête était arrêtée au carrefour des routes : Latour, Ligneux, Ruette, Gomery. Il prescrit au 2ème bataillon et le commandant Signorino de se former en colonne double très ouverte sur les pentes sud de la croupe : Latour-Gomery, et de se porter sur Ethe en vue de dégager le général de division bloqué dans cette localité.
Le 1er bataillon prenant également une formation de colonne double très doit suivre le 2ème, en échelon en arrière à gauche.
Le mouvement s’exécute sans retard. Et, le 2ème bataillon énergiquement conduit par son chef se forme et pousse vigoureusement sur Ethe, en s’enfonçant dans l’angle formé par les routes de Latour et de Gomery à Ethe. Le colonel marche avec le 1er bataillon.
Le 3ème bataillon, moins une compagnie la 9ème du capitaine Texier qui est chargé de protéger l’échelon d’artillerie placé à la croisée des routes Ruette-Gomery et Latour-Signeulx, se forme à son tour en colonne double à l’emplacement d’où sont partis les deux autres, et s’avance par fonds, constituant un arrière du 1er la réserve du régiment.
La 11ème compagnie est détachée sur le flanc droit pour servir de soutien à un G.A.D. placé en surveillance sur la croupe à l’ouest de Gomery, face au nord-est.
À ce moment-là, le feu de l’artillerie adverse, qui a déjà été ouvert sur les deux premiers bataillons, se tourne contre le 3ème et lui cause quelques pertes. Il est 9heures 15 !
Cependant, le 2ème bataillon est arrivé à la lisière du bois dans lequel il pénètre. Le 1er bataillon est déployé en arrière et s’arrête. Bientôt, on apprend que les compagnies du 2éme bataillon, arrivées à la lisière opposée face à Ethe, ne peuvent déboucher tant est violent le feu de l’artillerie et des mitrailleuses. La 7ème compagnie éprouve en quelques minutes des pertes considérables. Ordre est donné de ne pas chercher à progresser par les bois, mais de gagner les hauteurs à l’ouest et de prendre pour direction Belmont, de façon à déborder le village Ethe, toujours dans le but de dégager le général de division. Le 1er bataillon doit effectuer ce mouvement.
Le colonel Farret du 101ème qui a pris le commandement de la 1ère ligne considère que tout mouvement en avant est impossible, et fait demander au colonel commandant le 102ème de préparer le cas échéant le repli des troupes engagées vers 14 heures. Le colonel commandant la brigade donne l’ordre verbal porté par le capitaine Valet de battre en retraite.
Le 1er bataillon reçoit l’ordre de se déployer sur la croupe entre Ethe et Gomery, et de tenir la lisière de ce village. Le repli s’exécute d’abord par le 101ème, puis par le 2ème bataillon du 102ème. Il continue par échelon par compagnies, la 1ère compagnie placée à l’aile gauche surveillant la direction de Belmont.
Vers 15 heures, des balles venant de gauche commencent à siffler. Ceux sont des éléments allemands qui se sont infiltrés vers Latour et qui menacent notre flanc.
Le colonel décide de lancer contre eux une contre-attaque avec la 3ème compagnie du 3ème bataillon et la 10ème compagnie du capitaine Rungs qui est déployée à la crête face aux lisières est de Latour. La section de mitrailleuses est placée sur la route Latour-Signeulx. À 17 heures 30, l’ordre est donné de se replier. Le mouvement s’exécute sous la protection de la 11ème compagnie du capitaine Renaudin et de la section de mitrailleuses du lieutenant Dandrieux.
Les diverses fractions du 102ème sont ralliées vers Ruette, et le régiment continue son mouvement de retraite sur la Malmaison. Il reçoit l’ordre de se retirer à Villiers-le-Rond, où la 13ème brigade doit se reformer.
Il arrive en ce point à minuit, et bivouaque au nord du village.
L’ordre de stationnement du même jour prescrit que les troupes bivouaqueront sur leurs emplacements.
À 18 heures, le 3ème bataillon reçoit l’ordre de laisser une section au pont de Marville, et de se rassembler pour se tenir prêt à entrer en action vers l’est sur l’axe de la route Marville-Longuyon. Une compagnie de génie, mise à la disposition du colonel commandant le 102ème, reste seule à Marville.

portrait

Le 25 août, à 4 heures 30, c’est l’ouverture du feu par l’artillerie allemande, qui canonne la croupe 285 au sud-ouest de Marville avec son artillerie lourde et la position de la côte 277 avec son artillerie de campagne. À 5 heures, se produit une accalmie générale sur le plateau, tandis que l’on entend la fusillade du côté de MAM devant Marville engagé par le groupe fourni la veille dans le but de favoriser une contre-attaque contre Petit Xivry à 5 heures 30. Les renseignements pris à Marville font connaître que le 3ème bataillon n’est pas rentré et que la compagnie du génie reste seule dans cette localité pour en assumer la défense. Le renseignement est fourni par l’officier de l’état-major de la division, qui ajoute que le 3ème bataillon rentrant de reconnaissance doit reprendre ses positions à Marville.
Pour parer à toute éventualité, le colonel commandant le 102ème donne l’ordre à la 1ère compagnie disponible en arrière de la crête d’aller occuper Marville jusqu’au retour du 3ème bataillon.
À 6 heures 15, le commandant Lemerdy rend compte que le 3ème bataillon est rentré à Marville.
À 7 heures 10, le capitaine Gérard commandant la 3ème compagnie fait connaître par téléphone qu’il ouvre le feu sur une ligne ennemie à quatre ou cinq cents mètres de la rivière.
À 7heures 15, la canonnade reprend sur la croupe 277, qui est battue entièrement par projectiles de gros et de petits calibres. La fusillade s’étend sur tout le front.
À 8 heures 30, le colonel reçoit l’ordre téléphonique suivant, transmis par l’officier de liaison de la brigade : « Tenez la côte 277, cette position étant indispensable pour assurer le repli de la 14ème brigade sur Jametz.
À 9 heures 15, le lieutenant-colonel Blin, qui commandait le centre de résistance de Marville, fait connaître que par ordre du général commandant la division il va évacuer Marville. Le colonel commandant le 102ème prescrit alors au 1er bataillon de tenir ferme dans la 2ème ligne de tranchées. Il place la 8ème compagnie à cheval sur la croupe 277 face à Marville, et se porte de sa personne vers le 2ème bataillon pour lui fixer un emplacement de repli.
C’est à ce moment que blessé, il passe le commandement au lieutenant-colonel Blin qui sortait de Marville par la route de Jametz.
L’ordre du colonel et de la brigade portait que, l’infanterie du 5ème corps ayant laissé pénétré l’ennemi depuis Grand-Failly, le mouvement de retraite du 102ème se ferait sur Jametz.
Le mouvement s’exécute en partie par des éléments épars de plusieurs compagnies du 1er bataillon, tandis que le 3ème bataillon rétrogradait vers Remonville, le 2ème bataillon se retirait vers Delut et les différents éléments se sont ressoudés à Beaudeville dans la soirée.
Dans la violence du choc, les pertes avaient été extrêmement sérieuses. Dans la nécessité du repli, des milliers de blessés durent être abandonnés. À cause de la rapidité des événements, le nombre des prisonniers fut considérable.
Considérable fut aussi celui des disparus.
Cependant, l'échec ne brisa pas la confiance.
Le 102ème régiment comptât ce jour-là quarante et un morts, dix-huit officiers et cinquante-sept soldats blessés.
Le calme, l'ordre, l'obéissance, le dévouement, et l'union, rien ne fut atteint ! Et, la même force mystérieuse, qui avait réuni les hommes, conduit les trains, groupé les Armées, continua dans le même mystère de réunir les forces, de diriger les marches, et de reconstituer les unités. Puis, un matin, sortant de sa tour d'ivoire, celui dont elle émanait et qui représentait la France, prenant ses responsabilités, s'écria : « Ici, il faut arrêter l'ennemi ou mourir » !
La Marne allait être le fossé fatal à l'invasion.
Le 26 août, le régiment est cantonné à Brieulles-sur-Meuse. À 16 heures, il reçoit l’ordre de se porter à Épinonville, où les 1er et 3ème bataillons cantonnent et le 2ème est à Cierges.
La mission de l’armée est de retarder la marche de l’ennemi et de l’empêcher de franchir la Meuse.
La famille et les descendants n’ont jamais su où avait été tué Jean. Et, pour cause, avec le repli, étant à la traîne, il fut tué. Les Allemands enterreront tous les morts, les leurs comme les nôtres dans ce que l’on appelle « le cimetière des Allemands » de Marville. Mainte fois profané, puis restauré, ce cimetière a pour particularité un ossuaire de quarante mille crânes et os dans une fosse, bien rangé, dû au zèle du gardien, qui, avant la fin du 19ème siècle, s’était cru obligé pour un gain de place de centraliser les ossements. Aujourd’hui, il est la proie des brigands.

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