Entête Si Chalabre m'était conté

CASTRES Pierre Lazare Lucien

Il est né le 22 mai 1880 à Montjardin, marié à Claire Jammes. Père d’un garçon Charles, né en 1913, un autre enfant va arriver quand il part à la guerre, le 2 août 1914.

Formation du Régiment le 2 août 1914.

Le 38ème Régiment d’Infanterie Coloniale est constitué à Toulon, au dépôt du 8ème Colonial.
Il se compose d’une Compagnie Hors-Rang, de deux Bataillons (4ème et 5ème) et d’une Section de mitrailleuses par bataillon.

Ordre de Bataille

ÉTAT-MAJOR
Chef de Corps : Lieutenant-Colonel Dardignac.
Officier Adjoint : Capitaine Chauvet.
Officier de Détails : Sous-Lieutenant Ballet.
Officier d’Approvisionnements : Sous-Lieutenant Authier.
Officier téléphoniste : Sous-Lieutenant Maurel.
Porte-drapeau : Sous-Lieutenant Delay - Goyet.
Médecin-Chef : Médecin-Major de 2ème classe. Grosfilley.
4ème Bataillon :
Chef de Bataillon : Commandant D’Adhemar.
Médecin de Bataillon : Médecin-Major de 2ème classe Cavasse.
13ème Compagnie : Capitaine Maury.
Lieutenant Espied.
14ème Compagnie : Capitaine de Clervaux.
Lieutenant Blanc, Sous-Lieutenant Lombard.
15ème Compagnie : Capitaine Estève.
Lieutenant Gay, Sous-Lieutenant Mazou.
16ème Compagnie : Capitaine Coste.
Lieutenant Martin, Sous-Lieutenant Migayrou.
Médecins auxiliaires Tassy et Bernardin.
5ème Bataillon :
Chef de Bataillon : Commandant Rebel.
Médecin de Bataillon : Médecin-Major de 2ème classe Dubalen.
17ème Compagnie : Capitaine Bastide.
Lieutenant Baur, Sous-Lieutenant A. de Maintenon.
18ème Compagnie : Capitaine Corcuff.
Lieutenant Renouard, Sous-Lieutenant Blazin.
19ème Compagnie : Capitaine Ehrhard.
Lieutenants : Lalanne et Rabasse.
20ème Compagnie : Capitaine Marbot.
Sous-Lieutenants : Helbosch et Marquet.
Médecins auxiliaires : Jeandeau, Clouet.
L'effectif est de :
34 Officiers,
150 Sous-officiers,
1981 Caporaux et soldats,
42 chevaux et 117 mulets.

Départ de Toulon le 7 août 1914

Le Régiment s’embarque en chemin de fer, à 4 heures du matin, à destination du front italien. Il débarque le même jour près de Grasse et cantonne. Le 4ème Bataillon et l’état major à Pégomas et le 5ème Bataillon à Auribeau (Alpes-Maritimes).
Il entre dans la composition de la 130ème Brigade (Colonel Thiebault), 65ème Division (Général Bizot), qui comprend, en outre, le 34ème colonial et les 203ème, 311ème, 312ème et 341ème régiment d’infanterie.
Il achève là sa constitution, revoit son instruction, exécute des tirs au Champ de tir de Grasse et acquiert de la cohésion. Il y reste jusqu’au 20 août.

Vue panoramique de la vallée de la meuse en 1914

La tranchée de Calonne

Départ pour le front le 21 août 1914.

La division d’infanterie s’embarque en chemin de fer à La Bocca. Le 38ème est enlevé dans deux trains par Avignon, Lyon, Dijon, Chalindrey et Commercy, il est dirigé sur la Lorraine. Les deux Bataillons débarquent les 23 et 24 à Bannoncourt (Meuse).

• Le 25 août 1914

Le Régiment va occuper les Hauts de Meuse, aux environs du promontoire d’Hattonchâtel. On construit hâtivement des tranchées.

• Le 29 août 1914

Sur un ordre de brusque départ, la division d’infanterie se met en route pour Verdun par la Tranchée de Calonne, Haudainville, Belrupt, Fort de Tavannes, Fort de Douaumont et bivouaque le 31 août au bois de la Vauche.

Fort de Douaumont

Fort de Douaumont

Premiers combats autour de Verdun

• Le 1er septembre 1914

À la pointe du jour, le Régiment se porte à travers Champs sur Ville devant Chaumont, en formation de combat. Au passage du plateau de Beaumont, le 5ème Bataillon qui est en tête reçoit les premiers obus de gros calibre ; ils ne font aucune victime, ce qui inspire aux hommes une belle confiance. Le 5ème Bataillon gagne le bois des Caures ; la 17ème compagnie ne peut déboucher de la lisière nord malgré trois tentatives du Lieutenant Baur que sa section suit comme à la parade.
Les 18ème, 19ème et 20ème compagnies, par les couverts, viennent border le bois à l’ouest du village qu’elles dominent. À leur tour, elles ne peuvent progresser. La section Tanguy, de la 19ème, est déployée en plein champ et, pendant plus de dix minutes, reçoit des centaines d’obus de tout calibre.
Elle n’a cependant aucun blessé lorsqu’elle rentre sous le couvert du bois, ce qui, de plus en plus, confirme les hommes dans l’idée que chaque obus ne porte pas.
Il n’en va pas de même au 4ème Bataillon. Amené à découvert à cause du terrain, pour renforcer la 17ème compagnie, il subit, en peu de temps, de grosses pertes ; son commandant est blessé. De toute la journée, le 38ème reste immobilisé, la nuit arrive en même temps que l’ordre de repli.

À deux heures du matin, après quelques heures aux avant-postes, la division d’infanterie se retire sur Louvemont, appelée à prendre part à la bataille de la Marne.

• Le 3 septembre 1914

Embarqué à Charny, le Régiment débarque à Bannoncourt le même jour. Les 4 et 5, il est en marche et, par Saint-Mihiel, Les Koeurs et Pierrefitte, arrive le 6 septembre à Issoncourt.

Bataille de la Marne

• Le 6 septembre 1914

Après une longue marche, le 38ème reçoit près de Mondrecourt, quelques obus d’artillerie lourde.

• Le 7 septembre 1914

Au débouché de Deuxnouds devant Beauzée, le 4ème bataillon est accueilli par une violente canonnade de tout calibre et des feux nourris de mitrailleuses. Il reste stoïquement sur ses positions, malgré le repli de ses voisins. Le capitaine Estève est tué à son poste.
Le soir, le régiment se retire par ordre sur le bois Blandin qui est mis en état de défense.

• Les 8 et 9 septembre 1914

Les journées se passent à peu près tranquillement ; le régiment bivouaque sur les pentes sud du bois. Le 9 au soir, le 5ème bataillon est aux avant-postes à la lisière nord, le 4ème est au bivouac avec le colonel ; le train de combat et même le train régimentaire sont sur la route de Mondrecourt – Rignaucourt, à proximité. Plusieurs patrouilles allemandes, tâtant le front, sont facilement repoussées pendant la nuit.
Vers 23 heures, le 312ème est attaqué à la gauche du 38ème, par de nombreuses troupes hurlantes ; il recule, ouvrant une brèche dans notre front et permettant ainsi à l’ennemi de contourner le bois Blandin.

• Le 10 septembre 1914

À deux heures, des coups de fusil éclatent vers le train de combat Le Chef de Corps, croyant à une méprise, fait sonner : « Cessez le feu ». Ce sont les Allemands qui, chantant en français, viennent prendre à revers le Bataillon au bivouac (Compagnies de Clervaux et Gay). Dans la nuit noire, les hommes ne retrouvent plus leurs armes, le bivouac est submergé.
Le Colonel Dardignac est tué à bout portant, le Lieutenant Gay à la cuisse fracassée. À côté de lui les Capitaines Chauvet et de Clervaux parviennent à grouper quelques hommes qui enrayent l’avance ennemie. Le Capitaine de Clervaux est tué à son tour.
Le Capitaine Chauvet donnant presque tout son monde au porte-drapeau, fait filer l’emblème sacrée vers l’arrière, ce petit détachement se faufile dans la nuit entre les groupes ennemis et se heurte, au petit jour, au village de Mondrecourt qu’il trouve occupé par les Boches qui ne s’aperçoivent pas de la présence du drapeau.
Entre-temps, le 5ème Bataillon, aux avant-postes, était dans l’ignorance complète des évènements. De tous les agents de liaison envoyés, un seul est revenu, amenant la 16ème compagnie que le Colonel envoyait en renfort.
Vers une heure, le Commandant Rebel inquiet de ce silence, préoccupé par les coups de feu entendus à l’arrière, part avec une section de la 18ème pour conférer avec le Chef de Corps. Il trouve le bois occupé, se faufile tant bien que mal et ne peut plus revenir. Les 18ème, 19ème, et 20ème compagnies ayant la 16ème en réserve, se trouvent seules à la lisière nord du bois qui, de plus en plus, derrière elles, se remplit d’Allemands.
Au jour, les compagnies s’aperçoivent de la situation et se demandent comment elles vont pouvoir se dégager ; la fusillade et la canonnade s’éloignent vers le sud. Vers 8 heures, le Capitaine Ehrhard, avec la valeur de six sections des 16ème, 19ème et 20ème sortent du bois près du village de Regnaucourt complètement vide et reçoivent des coups de mitrailleuses venant de l’emplacement du bivouac du 4ème bataillon. Avec le reste du bataillon le Capitaine Marbot quitte le bois vers 11 heures. Petit à petit, les survivants se rallient et gagnent le point de rassemblement. L’ennemi, soit qu’il est fatigué, soit plutôt, qu’il ait de mauvaises nouvelles de l’ouest, ne bouge plus et n’inquiète nullement les petits détachements français qui sortent de tous côtés.
Ce jour, 10 septembre, s’accomplit un fait à retenir : l’adjudant Giovanetti, de la 19ème compagnie, ayant une quinzaine d’hommes avec lui, apprend d’un lieutenant du 40ème régiment d’artillerie que six pièces de 75 avec leurs caissons sont abandonnées et que des coureurs ennemis sont déjà dessus.
L’adjudant part aussitôt, repousse à coups à coups de fusil les Allemands, qui convoitaient leurs trophées, commencent à arriver. Il se fait montrer la façon d’accrocher les avant-trains, amène les attelages et revient triomphalement en ramenant tout le matériel.

Trois semaines après, le Régiment revenu à quelques kilomètres de là, apprenait que 600 Allemands étaient restés morts sur le terrain. Détail particulier montrant l’acharnement de la lutte, un homme du Régiment et un Allemand furent retrouvés embrochés réciproquement sur leurs baïonnettes et encore debout, face à face.
Pendant quelques jours, la Division se maintient dans la vallée de l’Aisne et apprend la victoire de la Marne et la retraite des Allemands.

Nouvelles opérations au Nord de Verdun

• Dans la nuit du 14 au 15 septembre 1914

Par une pénible marche qui se fait dans de mauvais chemins détrempés par la pluie tombant depuis plusieurs jours, la 65ème D. I. se porte à l’est de Verdun, après avoir franchi la Meuse, à Villers, sur un pont du Génie hâtivement construit.
Le 38ème cantonne successivement à Watronville, Ronvaux, Moulainville, Bezonvaux, Ormes et ses Jumelles.

• Le 21 septembre

Il reçoit un renfort de 6 officiers et 1020 hommes de troupe qui remontent l’effectif.

• Le 24 septembre

Après avoir, pendant quelques jours, commencé des tranchées, il est relevé aux avant-postes, sans s’y attendre, à deux heures du matin, par le 330ème régiment d’infanterie Ordre est donné de gagner Verdun rapidement. La division d’infanterie allait d’urgence, boucher le trou créé par l’avance allemande à Saint-Mihiel.
Opérations devant les casernes de Chauvoncourt

• Le 24 septembre 1914

Embarqué à Verdun, le Régiment met pied à terre à Villers, les trains ne pouvant déjà plus aller jusqu’à Bannoncourt. Par Thillombois et les bois de la rive gauche, il gagne Fresnes-au-Mont et prend position dans les forêts, à l’ouest du terrain de manœuvre de la garnison.

• Le 27 septembre 1914

Une attaque est prescrite sur les casernes. Le 4ème bataillon est à la pointe de Malimbois, le 5ème à celle de la Haute-Charrière.
Après une reconnaissance faite en plein jour par la 20ème Compagnie, l’attaque se déclenche à la tombée de la nuit : le 5ème bataillon, déployé comme à la manœuvre, arrive au pied des casernes formidablement défendues, la préparation d’artillerie fait flamber trois bâtiments, mais aucune brèche n’existe dans le mur. On n’a rien pour escalader cet obstacle infranchissable, impossible d’aller plus loin. On ne peut rester ainsi sous le feu : ordre est donné de se replier, opération difficile sous la pleine lune, on y voit comme en plein jour. Le mouvement s’exécute cependant avec ordre et par échelon ; le régiment rentre en forêt sous la protection du 42ème régiment d’infanterie coloniale qui occupe les lisières. Pendant des mois, le régiment aura la douleur de voir ces derniers gisant autour des murs sans que les Allemands, qui sont cependant à quelques mètres, daignent leur donner une sépulture.

• À partir du 2 octobre 1914 et jusqu’au 3 juin 1915

Le 38ème construit et occupe les tranchées par périodes.
Il tiendra alternativement le village des Paroches, la ferme de Louvent, le bois de Dompcevrin et passe ses courts repos à Thillombois et Lahaymeix.
Période monotone et fatigante, début de la guerre de tranchées, pendant laquelle les hommes vont travailler à l’organisation des positions, la mise en état de défense, la construction d’abris précaires pour lutter contre les intempéries de ce premier et rigoureux hiver.

Opérations dans la Woëvre 1915

• Les 3 et 4 juin 1915

Le 38ème est relevé sur ses positions des Paroches par le 16ème régiment d’infanterie et se rend par Pierrefitte à Nançois-le-Petit pour s’y embarquer en chemin de fer le 6 juin et débarquer le 7 juin à Toul. Il est dirigé ensuite sur Tremblecourt et Noviant et remplace en première ligne, dans la nuit du 8 au 9 juin, le 107ème régiment d’infanterie au secteur Plantation Humbert – Limey.
Il demeure dans cette partie du front jusqu’au 1er juillet 1915 et le passe à cette date au 304ème régiment d’infanterie Cette période s’écoule tranquillement, sans attaque importante.
Les pertes ne sont que de 4 tués et 28 blessés.

Opérations au Bois Le Prêtre

Bois-le-Prêtre

• Le 1er juillet 1915

Le 38ème cesse de faire partie de la 65ème division d’infanterie et entre dans la composition de la 32ème brigade d’infanterie coloniale (Colonel Diguet) avec les 37ème et 44ème régiment d’infanterie coloniale, de la 16ème division d’infanterie coloniale (Général Bonnier) une nouvelle formation qui va faire ses débuts au bois Le Prêtre.
Le 4ème bataillon devient le 6ème bataillon de tirailleurs Marocains

• Le 4 juillet 1915

Le Régiment quitte ses cantonnements pour se porter en réserve des Régiments occupant le secteur Auberge St-Pierre, Fey-en-Haye, Polygone, qui vient d’être violemment attaqué par l’ennemi qui a pris pied dans le Quart-en-Réserve.

• Dans les nuits des 5 et 6 juillet 1915

Il occupe les premières lignes et repousse deux fois les Allemands qui attaquent au cours des deux relèves.

• Du 6 au 9 juillet 1915

Il s’organise sur ses positions, s’empare du verger, crée des compagnies de réparation et opère dans de bonnes conditions le raccordement avec les unités françaises repliées le 1er juillet. Il reste en ligne jusqu’au 14 juillet, date à laquelle toute la brigade se porte en réserve de la 76ème D. I.

• Du 6 juillet au 11 août 1915

Les deux bataillons, par périodes et en alternant avec les autres régiments, occupent la première position constituée par les sous-secteurs de l’usine, du centre et de la Croix des Carmes. Cette période est rendue difficile par la nécessité d’organiser défensivement et solidement le nouveau front tracé après le repli et par celle de repousser à différentes reprises, de violentes attaques ennemies.

La croix des Carmes
La croix des Carmes

• Le 23 juillet 1915

C’est ainsi que, dans le sous-secteur de l’usine, le 5ème Bataillon repousse brillamment deux attaques successives et s’empare au lever du jour de toute une ligne de tranchées qu’il avait mission de conquérir.

• Le 24 juillet

À 20 heures, il repousse de nouveau une violente attaque et, peu après, réussit un coup de main sur un peloton porté allemand ; le 25 il résiste également à l’ennemi qui l’attaquait au fusil et à la grenade après un violent bombardement et l’explosion d’une mine sous une de nos tranchées de première ligne.

• Le 30 juillet 1915

Le 4ème bataillon repousse brillamment une forte attaque ennemie sur ses tranchées après un combat corps à corps et à la grenade.
Pendant toute cette période, très active de part et d’autre, les deux bataillons ont eu la plus belle tenue, supportant les plus violents bombardements et améliorant la position qui leur avait été confiée.

• Les 10 et 11 août 1915

Ils vont prendre à Ingerey un repos de dix jours. Ils remontent du 21 août au 19 septembre et occupent alternativement la première et la deuxième position du bois Le Prêtre et de l’Auberge Saint-Pierre. Aucune affaire importante ne se produit ; on continue l’organisation.

• À partir du 19 septembre 1915

La 16ème D. I. est retirée de cette région : les nécessités du moment l’appellent ailleurs. Le 38ème la suit.

En Champagne

• Le 28 septembre 1915

Venu par voie de terre jusqu’à Void, le Régiment s’embarque en chemin de fer, à Nançois-le-Petit et débarque à Sainte-Menehould, puis est conduit en auto à Somme-Suippe.
Il bivouaque au Trou Bricot et se prépare à prendre part aux attaques qui ont commencé le 25 septembre.

• Jusqu’au 6 octobre 1915

Il subit les fluctuations de la lutte et, sans attaquer effectivement, il essuie des pertes sensibles. Il occupe ensuite le secteur de Ville-sur-Tourbe et enfin la Main de Massiges.
Le Commandant Koekly a été blessé le 2 septembre et évacué ; le Commandant Durand est nommé Lieutenant-colonel au 37ème, il est remplacé le 12 septembre par le Commandant Legrand qui sera évacué peu après.
Le séjour en Champagne fut particulièrement pénible ; ce coin du front garda une grande activité et la boue, bien connue de la Champagne pouilleuse rendait les relèves, les opérations et le ravitaillement fatigants au possible.

• En décembre 1915

Une attaque du Téton et de la Chenille était en préparation. Le temps étant loin d’être favorable, cette opération fut remise à plusieurs reprises et finalement contremandée.
Comme ses camarades, le 38ème a tenu, là encore, grâce à l’abnégation de ses cadres et au courage de ses hommes par une température rigoureuse et une boue restée légendaire, empêchant souvent le ravitaillement d’arriver.

• Le 23 décembre 1915

Le 38èmecantonne à Epense et y reste quelques jours.
Repos

• Le 28 décembre 1915

Le Régiment s’embarque à Givry-en-Argonne et débarque le lendemain à Estrées-Saint-Denis. Le village de Cressonsacq lui est assigné pour jouir du premier repos qui lui est accordé depuis la mobilisation.
Il y demeure jusqu’au 17 janvier 1916 et le quitte pour aller au camp de Crèvecoeur où la Division fait de l’instruction jusqu’au 10 février.
L’E.-M. et le 6ème bataillon sont à Lihus, le 5ème cantonne à Crèvecoeur et Hétomesnil.

Séjour à Lihone
Séjour à Lihons

• Le 11 février 1916

La 16ème D. I. C. se met en route par voie de terre et entre en secteur aux environs de Rosières-en-Santerre le 17 février.
Au 38ème échoit le village de Lihons où il n’existe à peu près rien comme défenses et comme abris.

• Le 21 février 1916

À peine les régiments étaient-ils installés, le même jour que le commencement de la ruée sur Verdun, la division d’infanterie coloniale est attaquée par les gaz ; l’action se localise à droite du 38ème qui n’a pas à intervenir. À part un brillant coup de main exécuté par des volontaires sur le front du Régiment (qui vaut la Légion d’honneur à son chef, le Lieutenant Mechel).
Les trois mois que le 38ème passera là, s’écouleront d’une façon à peu près tranquille. En travaillant jour et nuit, le point d’appui est si solidement organisé qu’il inspire aux Allemands une certaine méfiance ; ils ont attaqué au nord et au sud, mais n’ont jamais essayé de se heurter au village.
Deux jours après le départ du Régiment ce coin du front était montré au Président de la République.

• Le 23 février 1916

Le commandant Nibaudeau arrive au Régiment et y remplace au 6ème bataillon (ex- 4ème) le chef de bataillon Primat évacué.

• Le 9 mars 1916

Le Commandant Coste vient au 5ème bataillon.
L’emploi d’adjudant-major vient d’être créé : les capitaines Ehrhard et Garenne sont nommés respectivement aux 5ème et 6ème bataillons.

• Le 31 mai 1916

Le Régiment est relevé et va se préparer à l’offensive de la Somme. Il passe quelques jours à Oresmaux, près d’Amiens, où il s’adjoint le 5ème bataillon Sénégalais du Commandant Demogue, qui constitue le 3ème bataillon.

Offensive de la Somme

• Le 20 juin 1916

Le Régiment est à Villers-Bretonneux ou il est en réserve du 1er corps d’armée colonial. au moment où les attaques du 1er juillet se déclenchent.

Flaucourt

Flaucourt

• Dans la nuit du 4 au 5 juillet 1916

La 16ème division d’infanterie coloniale relève la 2ème sur le terrain si brillamment conquis. Le 38ème est en avant de Flaucourt. Pendant une reconnaissance pour assurer la liaison avec la Division Marocaine, le commandant Coste est tué par une balle de mitrailleuse et est de suite remplacé par le commandant Ehrhard, qui vient d’être promu. Jusqu’au 8, chaque nuit, les avant-postes sont avancés au contact de l’ennemi qui, chaque jour, se retire un peu. Dans les blés de un mètre 80 de hauteur, on ne voit rien de jour. Tous les efforts faits pour construire des tranchées sont inutiles, la ligne de départ n’étant pas atteinte.

• Le 8 juillet 1916w

Au matin, le 5ème bataillon est à sa position d’attaque devant la tranchée des Bigorres, le 6ème devant la face ouest de Barleux, le bataillon de tirailleurs Sénégalais en réserve.
Pour cette opération, on a constitué des groupements mixtes. Les 20ème et 24ème Compagnies sont passées au B. T. S. qui donne en échange une de ses compagnies à chaque bataillon blanc, qui comprend donc trois Compagnies blanches, une noire et une de mitrailleuses.
On doit attaquer à midi, mais, malgré une forte préparation d’artillerie, les réseaux allemands qui sont à contre-pente sont encore intacts et l’attaque est décalée de 24 heures.

• Le 9 juillet 1916

À l’heure fixée, à 14 heures, les sections de tête du 5ème bataillon s’élancent en avant : un violent feu de barrage, artillerie et mitrailleuses, se déclenche immédiatement. Les chefs de section et la plupart de leurs hommes sont mis hors de combat en un clin d’œil, les sections clouées sur place, sont vivement ramenées. La compagnie de mitrailleuses profite de son inaction forcée et de son heureuse position pour enfiler de ses feux la tranchée des Marsouins, objectif du bataillon de tirailleurs Sénégalais du 37ème.
Au 6ème bataillon, la 23ème Compagnie et la Compagnie sénégalaise pénètrent dans Barleux complètement détruit par le feu terrible de notre artillerie. Malheureusement, la division d’infanterie marocaine qui, à sa droite, devait participer au mouvement, ne bouge pas. Le cimetière, au sud du village, est fortement occupé par les Allemands et constitue une menace redoutable pour les assaillants de Barleux. Les défenseurs, faisant d’abord « Camarades », reprennent leurs armes à la vue des Sénégalais. Une fraction ennemie, contournant les maisons, s’empare des tranchées de départ, bloquant les deux compagnies qui ont pénétré et dont on n’a plus de nouvelles. L’ennemi se reprend et l’attaque échoue.
Le Chef de bataillon Demogue est blessé et succombera plus tard à ses blessures.

• Dans la nuit du 9 au 10 juillet 1916

Une Batterie de 58 arrive et s’installe au 5ème Bataillon après qu’un officier du génie eût échoué dans la destruction des réseaux. En position, à la barbe de l’ennemi, n’ayant comme abri que des blés qui disparaissent petit à petit fauchés par le feu intense, la Batterie ne peut tirer que quelques coups bien utiles.

• Le 10 juillet 1916

Au lever du jour, le 5ème bataillon sent que la tranchée des Bigorres est peu occupée, les défenseurs, probablement influencés par les bombes de 58, ont reflué latéralement sur Barleux où la tranchée aboutit. Le sergent Imbert, de la 19ème compagnie, avec une patrouille va s’assurer du fait, donne le signal convenu et, avant que les Allemands ne puissent réagir, les sections de tête sautent dans l’objectif et occupent la tranchée solidement en passant par deux brèches de son réseau.
À partir de 9 heures et jusqu’au soir, ces sections vont être en butte à des contre-attaques continuellement renouvelées qui échoueront toutes, grâce à la farouche résistance des défenseurs et à un tir de barrage progressif et régressif demandé chaque fois par le chef de bataillon et magistralement exécuté par le groupe Cholley.
Le Sous-Lieutenant Artigues, commandant de la tranchée conquise, la conservera malgré tout.
Des prodiges sont accomplis par les occupants dont les munitions sont vite épuisées. Heureusement, l’approvisionnement de grenades boches va servir.
Les Allemands reviennent du village par la tranchée, un barrage de cadavres y a été établi pour limiter notre domaine. Le sergent indigène Dougoutigui-Dakita restera debout sur la tranchée et, après s’être fait montrer le maniement des grenades ennemies, va garder le barrage et le rendre inviolable. Malgré un feu terrible dirigé sur lui, il n’a aucune blessure ; la médaille militaire et le grade d’adjudant ont récompensé son courage.
Au 6ème bataillon, les 22ème et 24ème compagnies reprennent l’attaque de Barleux ; elles sont décimées par le violent tir de l’ennemi qui a été renforcé. Non soutenue par les Marocains, cette attaque échoue encore et sera, par la suite, renouvelée par plusieurs autres régiments avec le même résultat négatif.
Le 10, au soir, le Régiment est relevé. Tout le monde est à bout de forces ; personne n’a dormi depuis six jours et cinq nuits. Le 5ème bataillon se retire à Flaucourt
Le 6ème, très éprouvé, va plus loin à la tranchée Hélène et les Sénégalais à Herbecourt.
Le commandant Nibaudeau est évacué malade.

• Le 11 juillet 1916

À la suite de ces opérations, le colonel Ronde, commandant le Régiment fit paraître l’Ordre suivant :
Ordre du Régiment n° 280 du 11 juillet 1916 :
« A l’issue des combats auxquels le 38ème régiment d’infanterie coloniale vient de prendre part, le Colonel félicite les Officiers et Hommes de troupe qui ont combattu devant Barleux.
Pendant cette période de six jours, tout particulièrement pénibles, chacun a fait preuve d’entrain, d’énergie, d’endurance, d’esprit d’abnégation, de discipline et de sacrifice.
Le Colonel s’incline avec l’émotion la plus profonde devant ceux qui ont été fauchés par les mitrailleuses ennemies, et, à tous ceux qui ont pris part à la lutte, il adresse l’hommage de son admiration ».

• Le 18 juillet 1916

Le 38ème remonte en deuxième ligne, autour d’Herbecourt.
Le 5ème bataillon est mis à la disposition de la 72ème division d’infanterie pour les opérations autour de Biaches.

• Le 23 juillet 1916

Les trois bataillons vont au Camp 53.
Le lieutenant-colonel Vautravers arrive au Régiment et le commandant Fortin prend le commandement du 6ème bataillon.
Le commandant Trouilh celui du bataillon de tirailleurs Sénégalais

• Le 3 août 1916

Nouveau séjour en première ligne à la tranchée des Bigorres et sur la face nord de Barleux. On organise le nouveau front stabilisé. Rien de particulier ; le séjour est tranquille jusqu’au 10

• Le 10 août 1916

Le Régiment prend jusqu’au 15 un court repos au Camp 4 et au bois sans nom.

• Le 15 août 1916

Il remonte en deuxième ligne à la tranchée des Canards

• Le 21 août 1916

La D. I. C. est relevée.
Repos à Longueil-Sainte-Marie

• Le 23 août 1916

Le 38ème part du Camp 54 et s’embarque à Boves pour aller au repos aux environs d’Estrées-Saint-Denis.
L’état major et le 5ème bataillon cantonne à Longueil-Sainte-Marie, le 6ème au Fayel et les Sénégalais à Rucourt.
Tout l’effectif va en permission par fournées.

• Le 1er octobre 1916

Le régiment est enlevé en auto et va, près de Soissons, pour travailler aux tranchées de la quatrième position du camp retranché de Paris.

• Le 14 octobre 1916

Il se met en route, par voie de terre et gagne les environs de Crèvecœur.

Préparation au départ pour l’Orient

• Le 7 novembre 1916

Le 38ème bataillon s’embarque à Crèvecœur, il est transporté aux environs de Lyon. Il débarque à Montluel et cantonne à Sainte-Croix, Jailleux et le Fouilloux.

• Le 11 décembre 1916

Le 38ème bataillon part en chemin de fer pour Marseille.

FRONT DES BALKANS (Macédoine)
FRONT DES BALKANS (Macédoine)

Traversée de Marseille à Salonique

• Le 12 décembre 1916

Arrivé à Marseille, le 38ème bataillon a ses effectifs au complet.
Le Chef de bataillon Paponnet est adjoint au Chef de Corps.
Le 6ème bataillon du 36ème régiment d’infanterie coloniale dissous, (Commandant Villon) est passé au 38ème comme 7ème bataillon.

• Le 16 décembre 1916

L’Etat-Major et le 5ème bataillon s’embarquent sur le Charles-Roux.

Le croiseur Charles ROUX

• Le 17 décembre 1916

Le 6ème bataillon prend place sur le Paul-Lecat.

• Le 18 décembre 1916

Le 7ème bataillon s’embarque sur le Peï-Ho. La traversée s’exécute sans encombre.

• Les 24, 25 et 26 décembre 1916

Les trois bataillons débarquent à Salonique, pour bivouaquer au Camp de Zeitenlik.
Marche en Macédoine

• Le 1er janvier 1917

Par voie de terre, le Régiment se met en route. Marche pénible sur des routes mal entretenues et défoncées.
Il bivouaque successivement à Samli, Djadjalik, Yenitse-Vardar, Vertekop (repos), Vladova, Lac d’Ostrovo (repos) et arrive à Banica.

• Jusqu’au 27 janvier 1917

Il stationne à Banica et se transporte au Sud, à Eksissou.
C’est l’époque où on ne savait ce qu’allait faire la Grèce et la division d’infanterie coloniale était prête à partir pour la Thessalie ; la marche en avant a même reçu un commencement d’exécution.

• Le 2 mars 1917

Par un froid terrible, le 38ème part pour la Boucle de la Cerna, franchit la rivière à Brod et reçoit la mission de construire des routes d’accès. Les travaux étaient en cours, quand, brusquement, la Division est appelée à Monastir.

Négocani
Négocani

Opérations de Monastir

• Le 20 mars 1917

Le Régiment étant à Négocani, se rapproche du front. Le 5ème bataillon bivouaque vers 17 h. sur les bords du Viro, quand, arrivent à tire d’ailes 13 avions ennemis qui bombardent le camp.
6 hommes sont tués : les soldats Defos Gremain et Delarre Edouard. Le lendemain dans l’ambulance mobile les soldats Charpentier Pierre et Chabussière Paul, le 5 avril des suites de ses blessures le Caporal Cuq Sylvain, comme Castres Pierre le 30 mars 1917.
Il y eut, 2 officiers et 29 hommes blessés ; le Capitaine Satger Laurent mourra dans la nuit de ses blessures, dans l’ambulance chirurgicale.

• Le 21 mars 1917

Au soir, tout le Régiment est à Monastir.

• Le 22 mars 1917

Les officiers partent en reconnaissance à la cote 1248, le Régiment les suit le soir et occupe les premières lignes nouvellement conquises où il n’y a rien et où tout est à faire.
En quelques jours, une tranchée est construite avec un solide réseau.

• Le 5 avril 1917

Le 38ème s’en va après avoir perdu 2 officiers tués (le Capitaine Satger, et le sous-lieutenant Laffay) et un blessé ; 22 hommes tués et 35 blessés.
Le Colonel Ronde prend le commandement de la 4ème brigade d’infanterie coloniale. et est remplacé comme chef de corps, par le Lieutenant-Colonel Chevalier.
Le Chef de bataillon Paponnet passe au 2ème Indochinois.

En Macédoine  - Le Decauville ravitaillant le front Serbe
En Macédoine - Le Decauville ravitaillant le front Serbe

Dans la Boucle de la Cerna

• Le 8 avril 1917

Le Régiment franchit la Cerna à Dobroveni et gagne les environs de Cegel.

• Le 21 avril 1917

Il monte en ligne à Makovo.
Pendant près d’un an, il va rester dans ce pays désolé, monotone et complètement dévasté. Il occupera successivement le Piton des Italiens, les centres de résistance de la Dabitza et de Tabou, par période de 15 jours, allant au repos à Cegel où il faut construire des abris contre les intempéries.
Il participe aux attaques de mai et est l’objet de plusieurs coups de main de l’ennemi.
Les hommes travaillent de nuit à l’organisation des positions qui étaient complètement à faire. Les maladies créent des vides inquiétants dans les effectifs. À un moment donné, il n’y a plus que 40 fusils par compagnie ; le 7ème bataillon est fondu dans les deux autres.
Son commandant passe à la division d’artillerie Le Chef de bataillon Castex remplace le Commandant Fortin évacué.

• Le 20 septembre 1917

Le 98ème bataillon de tirailleurs Sénégalais (Commandant Savin) est affecté au Régiment comme le 3ème bataillon. En raison de la température, ce bataillon part à l’arrière dans les premiers jours de novembre.

• Le 17 février 1918

Le 38ème part au repos par voie de terre. Repos à Verria.
Après une marche sous des tempêtes de neige, le Régiment arrive au repos à Verria.
Les officiers et les hommes qui sont en Orient depuis 1916 partent pour jouir en France d’une permission qu’ils attendent depuis si longtemps. Les hommes ne reviendront plus ayant plus de 18 mois de séjour.
Seuls, les officiers rallieront à temps pour la grande offensive.
À Verria, on exécute des manœuvres et on fait de l’instruction. Le repos dure jusqu’en juin.

Opérations au Skra-di-Legen

• juin 1918

Les troupes helléniques s’emparent de l’importante position du Skra du haut de laquelle l’ennemi plonge le regard dans la plaine de Macédoine et jusque dans la rade de Salonique. La division d’infanterie coloniale y est transportée aussitôt pour assurer la conservation de cet important point stratégique.
Elle se met en route par voie ferrée le 5 juin et le 38ème arrive le même jour à Bohemica.
Aussitôt les reconnaissances terminées, le régiment entre en ligne et construit les tranchées qui vont servir de point de départ à la prochaine offensive générale. Devant lui sont les formidables positions du Catafalque, de Guzet-Balkans et du Rectangle. < br/> De nombreuses patrouilles et reconnaissances sont envoyées chaque nuit, une grande activité se révèle de notre côté ; l’ennemi, nerveux, réagit par de violentes canonnades.

• Le 15 septembre 1918

La 17ème division d’infanterie coloniale attaque le massif devant elle. La 16ème compagnie ne doit attaquer qu’une fois tombée cette importante position. Le 11ème régiment hellénique vient s’adjoindre aux 37ème et 38ème.
L’attaque est fixée dans la nuit du 20 au 21.

• Le 20 septembre au soir

Le Bataillon Miailler, du 37ème et un bataillon Grec sont rassemblés au poste de commandement du commandant Ehrhard, dont le Bataillon occupe les tranchées.
À 22 heures, deux obus malheureux tombent, l’un sur le poste de commandement même, l’autre sur le tas de grenades échelonnées, prêtes à être distribuées. Tous ces engins éclatent semant le désordre dans le bataillon hellénique qui perd son commandant, de nombreux officiers et hommes.
Toute la liaison du 5ème bataillon est anéantie, l’attaque est reportée au lendemain.

• Le 21 septembre 1918

À partir de 18 heures, les Bulgares, à perte de vue, font sauter leurs dépôts de munitions. On sent qu’inquiétés sur leur droite par les progrès de la 17ème division d’infanterie et la 4ème brigade d’infanterie. (4ème et 8ème régiment d’infanterie coloniale) ils vont se retirer sans combat. En effet, des reconnaissances envoyées dans la nuit trouvent les lignes adverses abandonnées.
Des ordres arrivent pour la poursuite : le 38ème fait partie de la colonne de droite de la Division et a pour avant-garde un bataillon hellénique.

• Le 22 septembre 1918

Par une grande chaleur, la colonne s’ébranle à 8 heures et franchit les tranchées ennemies qui excitent la curiosité de tout le monde. On ne voit l’ennemi nulle part ; seule, une batterie de campagne tira quelques coups de plusieurs positions lointaines et s’enfuit aussitôt.
Tous les jours la même opération recommence, on trouve partout les traces fumantes de la débâcle.

• Le 24 septembre 1918

Le Régiment débouche sur le Vardar qu’il franchit à Hudovo, sur une passerelle de fortune. Il escalade la barrière montagneuse de la rive gauche, entre en Bulgarie.

• Le 28 septembre 1918

Le régiment bivouaque, à Vodosa, à quelques kilomètres de Stroumitza.
Il apprend là, l’armistice et l’effondrement de la première nation du bloc ennemi. La joie est délirante ; plus de quatre ans d’efforts, de courage et d’héroïsme reçoivent leur récompense par la victoire définitive.

Dissolution du Régiment

• Le 2 octobre 1918

Le 38ème reçoit l’ordre de regagner la vallée du Vardar à Hudovo.

• Jusqu’au 10 octobre 1918

Puis le régiment procède à son licenciement : les officiers, les hommes et les animaux sont répartis entre les trois autres régiments de la Division, 4ème, 8ème et 37ème.
Le Commandant Castex est mis à la disposition de la direction de l’arrière, le Commandant Erhard passe au 35ème régiment d’infanterie coloniale.
Le Lieutenant-Colonel Chevalier a été évacué avant l’offensive, malade ; il décède à sa rentrée en France.

• Le 11 octobre 1918

Le 38ème colonial avait vécu. Sur la brèche depuis la mobilisation, il s’est trouvé dans beaucoup de grandes offensives de la guerre. Partout, il a fait vaillamment son devoir, a fait d’ardents efforts et est sorti avec honneur de tous les engagements auxquels il a participé. La longue liste des pertes est édifiante à cet égard. Il n’a pas eu de récompense collective. Son drapeau revenu en France, a participé au défilé du 14 juillet 1919, accompagné du Commandant Rebel qui avait, au début de la campagne, commandé pendant quelques mois le 5ème bataillon.
Tous ses morts ont été tranféré dans un seul cimetière, celui de Monastir devenu aujourd’hui Bitola en Macédoine.
Le cimetière militaire français de Bitola est d’une superficie de 3 000 m2, avec 2 ossuaires de 15 000 inconnus et 6 000 tombes, celle de Castres est la tombe 956.

Portail du cimetiere Cimetiere

Pendant qu’il défendait le pays aux environs de Verdun, le 11 novembre 1914 une fille était venue égayer et agrandir la famille. La mère lui donna le prénom de Raymonde. Elle ne connut jamais son papa.
À la fin de la guerre, en qualité de veuve de guerre, la maman Claire fut prioritaire pour l’obtention d’un débit de Tabac qu’elle a tenu jusqu’à sa mort en 1951. Raymonde lui a succédé jusqu’à la retraite.
Et, comme en pèlerinage, elle est partie avec son voisin « le toubib » en Yougoslavie à Monastir avec une arrière-pensée ramener le corps à Chalabre. La demande lui a été refusée.
Raymonde dynamique participait à beaucoup d’animations et associations.
En 2011 elle s’éteindra pour retrouver sa mère et son frère où elle repose.

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