Entête Si Chalabre m'était conté

Le grand maire

ANDUZE FARIS

1832 à 1848

Un grand maire et la vie municipale chalabroise
Dans sa durée : en 40ans, il sera 29 ans maire de la ville
Par sa taille : (le tour de taille) Grâce à un grand coup de fourchette
Pour tous ses projets : aussi fous les uns, comme les autres. Mais aussi pour ses réalisations.
Pour son autorité et son charisme. Des idées et positions politiques pas toujours cohérentes.
Parce que sa mère avait le même nom que moi.

Ses origines

Né le 27 thermidor de l’an 7, à 8 heures du matin, (14 août 1799), le père Jean François, âgé de 37 ans, est fabriquant de drap, mais aussi le premier maire issu du vote de l’après révolution, non sans mal car plus de 100 votes du 13 novembre 1791 au 16 janvier 1792. De là ; sortira le sieur Jean François. Notre premier maire Rieutort n’avait pas été élu. Mais, il en avait accepté la charge en qualité de greffier. Les nommés avaient refusés le poste.
Notre Jean François sera révoqué par le directoire pour cause de république, le 02 janvier 1793.
Une année de maire bien remplie : avec une décision des plus populaires, (que nous ne verrons sûrement plus), la baisse de l’impôt !
C’est encore lui qui récupère les registres d’état-civil chez les moines Capucins, dont il avait osé taxer et mis en poursuite judiciaire.
Il avait comme épouse, Marie Fournié, âgée de 26 ans. Le couple donna le jour à un garçon, Jean Jacques Antoine. Au préalable, un frère Antoine avait déjà vu le jour.
Il suivit comme son père la carrière commerciale. Grâce à ses nombreuses relations et à son profond attachement aux idées libérales, il ne tarda pas à acquérir une situation importante.
Après la révolution de juillet 1830, il fut nommé conseiller municipal, maire en 32 et conseiller général le 10 novembre 1833.
Il prend le nom de Faris après avoir épousé une fille d’une ferme nommée Faris ; Rosalie Elisa Barthe Delcassa

Le député

Ces connaissances spéciales lui valurent une certaine popularité, avec 2 projets d’intérêt général qu’il élabora.
Le premier consistait à créer un canal de navigation et d’irrigation, latéral à la rivière de l’Hers vif, puis de l’Hers mort allant de Lavelanet à Toulouse et se jetant dans le canal du midi. Cette idée avait pour départ Chalabre-Toulouse. Nos voisins du pays d’Olmes étaient contre, sauf s’ils pouvaient en bénéficier! Notre député rajouta les quelques kilomètres qu’ils manquaient, pour faire passer la pilule.
L’autre est d’établir à l’anse de la Franqui (Leucate) un port de refuge et de commerce.
En 1848, porté sur la liste des candidats républicains, il fut élu cinquième sur sept avec 30918 voix sur 67165 votants.
Républicain modéré, il vota avec la majorité pour la politique du général Cavaignac.
Il se prononça :

Il ne fit pas partie de la législative, et sous l’empire il vécut à l’écart de la politique militante, s’occupant de ses projets.
Le canal a reçut l’approbation du conseil général et des ponts et chaussées, ce qui lui valut plus tard la légion d’honneur, en date du 31 août 1861.
Le chemin de fer du Midi, créé en 1852 avec l’assise financière des frères Pereire et l’accort de l’état, vient contrecarrer le projet du canal, qui vit ses derniers instants.
La réalisation de l’axe transversal Bordeaux-Cette (Sète aujourd’hui), avec des lignes Narbonne Perpignan et Castelnaudary Castres, fut inaugurée en 1857.
Le port à la Franqui, au-lieu dit « Leucate », quant à lui sortira des sables et donnera Port Leucate. Il sera mis en valeur par la fondation Racine un siècle plus tard.
Le grand député se tourne vers cette nouvelle technologie. Il demande une dérivation à partir de Castelnaudary sur Chalabre pour étayer sa proposition et y prend des actions.
Il ne verra jamais le train à Chalabre puisque la ligne Bram Lavelanet a été mise en service en 1903 seulement.

Le maire

Le 26 février 1832 ; Anduze Faris Jean Jacques Antoine est élu maire de Chalabre. Anduze Antoine (son frère, l’ex maire) est l’adjoint. Les conseillers sont : Vives Nicolas, Barrière Jean Paul, Toursier Yacinthe , Audouy Dominique, Cazalens Jean Louis, Serrus Joseph, Cambon François, Vivies Jules, Bézard Pierre, Subreville Claude, Douay Jean Baptiste, Sales Raymond, Hillat Nicolas, Vives Jean ( colonel en retraite ), Bastide François, Pujol Jean Pierre, Audouy François, Gellis Jean Baptiste Raymond.
Ils reçurent l’approbation du préfet. La principale action du nouveau maire est la propreté et la salubrité de la ville.

« Le Sani-broyeur »

Le 1° avril, il prend un arrêté, (cela n’est ni une blague, ni un poisson d’avril) devant les plaintes et désagréments, et les excès occasionnés par les jets des vases de nuit et les dépôts d’immondices.

  1. - le maire donne obligation à chaque propriétaire de faire des latrines dans un délai de 6 mois.
    Les fosses d’aisances comme les latrines pourront être construites dans les cours et jardins, de manière à recevoir de la litière.
  2. - les propriétaires, longeant le Blau et le Chalabreil, pourront adosser leur lieu d’aisance au mur avec une hauteur de 3 mètres minimum, pour permettre aux déjections fécales de s’écraser en tombant et en période de basse eau d’y mettre du gravier.
  3. - il est interdit de jeter par les fenêtres ou les portes, et de déposer dans les rues, les impasses, les cours et la place publique, de jour comme de nuit, propre ou sale, urine, matières fécales et ordures.
dérivation du cours d'eau

Je ne peux m’empêcher à ce stade de faire un commentaire.
Dans l’article 1°, quand ils parlent des cours, le conseil, dans son esprit, ne veut pas dire « le tour de ville », mais si vous possédez une cour dans votre propriété. Grâce à ce lapsus, la ville va devenir un gruyère des plus malodorants, que le maire Lafitte Osmin détruira en 1901.
Dans le 2°, ce sont les W.C. privés que l’on peut voir au-dessus de la rivière, en ayant pris soin de normaliser la hauteur. Je le nomme le premier « le premier sani-broyeur de l’histoire ».
Le 3°, il s’agit de la question, qui hante mon esprit, de l’urine ou déjections fécales, propres ou sales ?
Voila qui me laisse pantois, voir dubitatif, chaque fois que je « tire la chasse »
Le 5 avril 1832 et sans aucune relation avec nos écrits, voilà un homme totalement oublié, voir négligé dans sa ville, celui qui a son nom gravé sous l’arc de triomphe coté sud et toujours rien sur sa terre natale, dont je vous en glisse un mot : le vicomte Déjean Jean Antoine maréchal de France fait valoir qu’à partir du 1° mai il est en retraite.
Le 14 avril le maire réunit son conseil, avec pour objet l’école pour tous. Elle était déjà en service depuis un siècle et gratuite pour les deux sexes, mais jusque-là souvent dirigée par un ecclésiastique.
Le maire propose une école toujours gratuite pour les filles et les garçons, mais instruite par un laïque, c’est à dire un enseignant non religieux. Ce n’est que 30 ans plus tard que Jules Ferry supprimera la religion dans les programmes.
Seul deux enseignants feront l’objet de révocation pour maltraitance en 1842 et1870.
Pour cette dernière c’est plus parce que la République prend le pouvoir.
Après l’été de 1834, le 23 septembre, le couple Toursier Clarisse et Charlotte demandent à faire un barrage sur l’Hers. Leur objectif est d’y créer une laverie.
Le conseil n’est pas contre, mais il y a de l’opposition :

Les deux premiers ont sûrement des motifs. Mais, celui de Montbel, mise a part une volonté de nuire, n’a pas de prétexte.
La retenue verra le jour, ainsi que la laverie.

atelier des teintures

Chalabre par délibération du 29 mars 1835, décida la création d’un commissariat, le traitement du commissaire 400 francs.
Toujours attentif sur la salubrité de la ville et du fait du manque d’hygiène dû aux tueries faites sous la halle et dans les rues, le maire fait voter le 5 avril 1835 la construction de l’abattoir.
L’enquête commodo-incommodo est terminée le 21 avril. Mais, il y a là-aussi 2 oppositions :

Les 29 et 30 mai 1835, Chalabre est inondé et le fabriquant de drap Escolier est le plus touché.
La pluie calmée, le 9 août 1835, naît un projet des fontaines supplémentaires. De plus, l’eau passant dans l’habitacle, il faut étudier un puit Artésien pour la réserve au lieu-dit « Leucate » sur l’ancienne route de Limoux, près du château.
Le 26 septembre 1835, Chalabre est de nouveau sous l’eau. Ce pauvre Escolier, qui venait d’évaluer et nettoyer les dégâts, peut recommencer.
Le 23 mai 1836, le conseil décide la démolition du portail des Pénitents Blancs, afin d’avoir une communication plus facile avec la halle.
Il est le dernier vestige des fortifications et était en face du bassin.
De la même année, le 4 décembre, Anduze Faris est réélu conseiller général, comme Chaubet Vincent conseiller d’arrondissement.
Lors de la manifestation de juillet 1837, déjà traitée dans le tome VIII, le peuple de Chalabre a perdu gros. Mais, 4 propriétaires de bistrot y ont gagné. En effet, les gendarmes et la troupe ont profité de la chaleur pour aller se désaltérer dans les cafés de Soula, Barbaza, Durou et Boulan. Les renforts des forces de l’ordre sont repartis dans un triste état.
Enfin ! La commune achète le 3 avril 1837 le terrain du communal, voilà donc une décision et un paiement rapide (17ans). Sur ces entrefaites, le propriétaire est décédé. Suite à la plantation des platanes en 1820, qui ne poussaient pas, le coupable étant les bêtes du marché qui mangeaient les pousses, la municipalité avait décidé en 1821 d’acheter le terrain sur lequel sont bâties les écoles, afin d’y faire le foirail.
L’ancien maire Jean Louis Félicité de Bruyères Chalabre, le 29 juillet 1839, veut récupérer et interdire la jouissance donnée aux habitants de prendre du bois mort et de faire conduire leurs cochons dans la forêt de « Picbasous » pendant l’automne, en s’appuyant sur les accords passés par Jean Paul de Bruyères le 26 octobre 1579 et confirmé le 14 octobre 1614.
La commune avait déjà le 17 juillet estimé qu’elle était incompétente. Mais, elle se range du côté des habitants et fera un procès à de Bruyères ou contre madame de Mauléon, son héritière.
C’était déjà le problème des champignons, sous le prétexte du bois. La population en remplissait des sacs entiers.
Le tribunal, en date du 26 décembre 1842, à la vue du changement de propriétaire (de Mauléon), annule tous les accords.

La fin d’une époque.

À l’âge de 76 ans, l’ancien maire Jean Louis Félicité Bruyères Chalabre décède le 15 novembre 1838.
Il est descendant direct de Pons de Bruyères le Châtel, lieutenant de Simon de Montfort, chef de la croisade des Albigeois.
Pendant la révolution, il était veuf avec un garçon qu’il confia à sa sœur, Jeanne Elisabeth Fortunée, (la copine de Robespierre, voir 93 de Victor Hugo). Le comte parti chez les émigrés en Angleterre et revint en 1802 avec, dans les valises ; une femme, dame Laval veuve Fleurian, une fille Nathalie née en 1797 et 5 cèdres qu’il planta : deux dans le nouveau cimetière, l’ancien était devant l’église, les trois autres à l’ancienne gendarmerie, résidence secondaire de la famille seigneuriale (les cèdres).
La dame Laval, décédée à Toulouse le 6 mai 1828, a été inhumée le 19 dans le parc du château. De religion protestante, elle c’est vue interdire l’accès du cimetière. Son homme était dans cette période maire de Chalabre. Le tombeau est détruit de nos jours, jamais une fleur, jamais un petit entretien, pour la mère des descendant actuels.
La fille Nathalie, mariée en 1817 avec Mathieu de Maulèon Narbonne Nébias, hérite du fief.
Le comte est le premier noble à être enterré au cimetière public.
Revenons à la vie publique !
Au coin de la place et de la rue de Pénitents blancs, (chez Baby), la maison en mauvais état est la propriété de Tisseyre. Le conseil, sous l’influence de Bézard Emmanuel le 20 mai 1839, la frappe d’alignement.
Le propriétaire n’en a cure et continue les travaux.
Le conseil municipal du 23 juin 1839 est houleux. La colère gronde. Malgré l’interdiction de l’alignement proposé par Bézard, les travaux n’ont pas cessé.
Il y a le pour et le contre!
Les membres dudit conseil se rendent sur les lieux pour constater l’état de vétusté et de l’alignement.
De retour à l’hôtel de la ville, il faut voter pour ou contre la démolition.
Avec une voie de plus la maison est sauvée. Il eut été dommage de sacrifier cette maison dont les caves renferment des vestiges de nos Pénitents.
Les 7 et 8 août 1840, Chalabre est encore sous une inondation importante.
Castre Saint Martin demande le 5 janvier 1841 l’autorisation de construire une scierie à bois sur la rive droite de l’Hers au confluent du ruisseau (le canal). Le permis lui sera délivré. Cette scierie fonctionnera un siècle plus tard. C’est une maison d’habitation aujourd’hui.
Le maire avec d’autres industriels avaient fait des prises d’eau sur le Blau.

Du social :

Il est décidé, en date du 2 décembre 1841, de créer une Caisse d’Epargne et de prévoyance, mise en place et gérée par la mairie. Elle fonctionne comme une banque. Chaque personne y porte ses économies, ce qui en fait une réserve en cas de maladie ou de retraite. Elle sera reprise 10 ans plus tard par le secours mutuel de Saint Pierre.
Encore et encore, les 19 et 20 avril 1842, ce sont des inondations.
Lors de la réunion du conseil du 27 mai 1842, Castre Saint Martin dépose le projet de créer un moulin à farine. Pour l’intérêt public, une enquête est ordonnée.
A la même séance, le maire Anduze Faris nomme deux inspecteurs du travail des enfants :

Ils prêteront serment le 16 octobre de la même année.
L’été s’annonçait chaud, lorsque le 12 juin 1842 le sieur David Bernard instituteur, qui était en poste depuis le 17 décembre 1837 en remplacement de François Massonnier démissionnaire par l’age, fut révoqué pour mauvais traitement.

Dépêche gouvernementale le 13 juillet 1842 :

6 heures du soir (18 heures), le prince royal a fait ce matin une violente collision de voiture. Il est mort à 4 heures et demi (16 heures 30).
Cette dépêche fait le tour de France.
Le préfet Jean François Léon Saladin réceptionne ladite missive le 14 dans la journée. Il fait circuler lui-aussi la mauvaise nouvelle dans toutes les villes du département, qui dit ceci :
« Le Roi a soutenu ce coup affreux avec sa grandeur d’âme accoutumée.
Quelle perte pour la France !
Habitants de l’Aude, je me borne à vous faire connaître la triste nouvelle qui va couvrir de deuil la France entière.
Hier est mort un prince accompli.
C’était un bon français, un soldat intrépide, un habile capitaine, c’eut été un grand Roi.
Le 25 juillet dans toutes les églises du royaume, un service sera célébré pour la mort de son altesse royale le Duc d’Orléans (né en 1810 à Palerme, il avait épousé en 1837 Hélène de Mecklembourg-Schwerin. 2 garçons sont nés de cette union :
Le comte de Paris en 38 et le duc de Chartres en 40).
Les fonctionnaires de tous ordres sont invités à s’y rendre et les gardes nationales y sont convoquées.
La France est en deuil de l’héritier du trône. Aucune fête ne peut avoir lieu à l’occasion des anniversaires de juillet
».
La missive est arrivée le 15 au matin, après les fêtes du 14 juillet. Le préfet Saladin, pas content du tout d’avoir été désobéi, révoque le maire Anduze Faris sous les yeux médusés des 3385 habitants et les 220 électeurs les plus imposés, le tenant à juste raison pour seul responsable (ce en quoi il a raison).
Saladin, le préfet, ne vas pas avoir à faire à un ingrat. Anduze réussira à le faire limoger 4 mois plus tard.
Le représentant de l’état nomme avant sa retraite Bézard Pierre cadet maire de Chalabre.
Pendant les fêtes de l’avant, comme une inspiration divine, notre magistrat fait un courrier le 25 décembre à la compagnie de Bordeaux à Cette (qui deviendra en 52, la compagnie des chemins de fer du midi), pour leur demander avec un aplomb caractérisé de faire une déviation de la ligne Toulouse – Narbonne par Chalabre.
En haut lieu à Bordeaux, c’est certainement la première fois que le nom de Chalabre leur arrive aux oreilles.
Il est où ce village !
Mais, l’idée fera son chemin. La ville fera retarder d’une heure le train Toulouse Paris ; pris pour des « fada » certes, mais qui ne tente rien n’a rien.
Naissance de Charles Amouroux le 13 février 1843
4 années d’enquête commodo et incommodo, pour savoir si on autorise des personnes à faire des prises d’eau sur les rivières pour alimenter des chaudières à vapeur.
Les maires se suivent et se ressemblent.
Le préfet Jean Charles Brian demande le 11 août 1844, la séparation des cellules de la prison, afin de distinguer les coupables et les prévenus.
Bézard interdit le 1er septembre 1846, pour la salubrité, d’abattre les bêtes dans les rues et places publiques.
Il faut aller à l’abattoir (en service depuis 10 ans).
Le 20 novembre 1847, 6 jeunes gens de Chalabre sont arrêtés pour avoir à 9 heures du soir formé un attroupement dans les rue et place publique de cette ville et d’avoir, par des chants joyeux et tumultueux, troublé la tranquillité des habitants de ladite ville.
Après une nuit dans la prison municipale, ils sont condamnés à 1 francs et 10 centimes. C’est le salaire moyen d’un ouvrier par jour.
Le 24 février 1848, c’est la proclamation du gouvernement provisoire du peuple Français.

2ème République

Un texte est diffusé :
« le gouvernement rétrograde et oligarchique vient d’être renversé par l’héroïsme du peuple de Paris.
Ce gouvernement s’est enfui en laissant derrière lui une trace de sang qui lui défend de revenir à jamais sur ces pas
» ;
Dupont de l’Heure est président du conseil, avec des ministres aux noms prestigieux : comme Lamartine, Arago. Les autres sont moins connus.
Mais, la première décision du 25 février est la dissolution de la chambre des pairs et des députés.
Tous les détenus politiques sont libérés.
La peine de mort est abolie en matière politique ;
Toutes condamnations pour fait politique et pour fait de presse sont annulées.
Tous les anciens titres de noblesse sont abolis.
Le préfet, pardon, le nouveau commissaire général de l’Aude et Ariège, Antoine Jean-Baptiste François Isidore Janot, est nommé le 24 février et révoque le 27 le conseil municipal. Il invite la population, ce matin-là, à 11 heures, dans la salle commune, pour nommer la commission administrative chargée de remplacer l’administration municipale ayant cessée ses fonctions, par suite de changement de gouvernement.
La commission a élu Anduze Faris président et Merlane Jean Baptiste secrétaire.
Le nouveau conseil est composé de :

Le 2 mars, Albert ouvrier, vice président de la commission des travailleurs, diminue d’une heure la journée de travail.
A Paris, de 11 heures on passe à 10 heures par jour.
En province, de 12 heures on passe à 11 heures par jour.
Les sous entrepreneurs ou marchandages (tâcherons) sont abolis.
Le 7 mars, c’est le drapeau national, fixé par la convention nationale le 27 pluviôse de l’an2, qui est rétabli (bleu, blanc, rouge).
L’île Bourbon reprend le nom d’île de la réunion.
Il y a amnistie aux hommes qui sont détenus dans les prisons militaires.
Les bois, forêts, terres, corps de fermes et propriétés de l’ancienne liste civile font retour à l’état.
Le 15 avril 1848, les droits d’octroi sur la viande de boucherie sont supprimés.
Le 27 avril 1848, c’est l’abolition de l’esclavage, considérant que l’esclavage est un attentat contre la dignité humaine et qu’il est une violation flagrante du dogme républicain (liberté, égalité, fraternité).
Au 30 juillet 1848, on vote à Chalabre pour nommer les 21 conseillers municipaux sous la présidence du représentant du peuple Anduze Faris.
Au 6 août 1848, a lieu le 2éme tour de scrutin.
Le 13 août 1848, s’anime la réunion du nouveau conseil municipal pour leur installation. Sont convoqués : Danjou Jean, Tournié Maurice, Dubois Clément, Ballé Isidore, Bézard Emmanuel, Compans Jean, Roussel Jean, Cambon François, Vives Jean Baptiste, Chaubet Vincent, Lagrange Léon, Delmas Pierre, Gougaud Jean, Anglade Joseph, Bézard Pierre, Bonnet Jean Pierre, Clerc Etienne, Manceaux Adolphe, Malleterre Thomas, Benet François, et Anduze Faris.
Ils acceptent la fonction et effectue l’élection du maire.
Bonnet Jean Pierre est élu à la majorité. Mais, il refuse la fonction.
Au 2éme tour, c’est Anduze Faris qui est élu, qui ne refuse pas la fonction.
Le troisième tour donne : Dubois Clément en 1er adjoint
Bézard Pierre cadet comme second.
10 décembre 1848, Louis Napoléon Bonaparte, est le 1er président à être élu au suffrage universel.
Le commissaire de police Audouy Dominique, qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, est le 11 février 1849, il est purement et simplement révoqué.
Le conseil est convoqué pour le 24 mai 1849. Le soir de la réunion, une partie du conseil refuse de siéger. Ils ne sont pas en accord avec le maire Anduze Faris.
13 conseillers donnent leur démission, soit plus de la moitié.
L’élection des 13 conseillers est programmée pour le 12 août 1849.
Les nouveaux élus avec les anciens sont réunis le 26 août.
Anduze Faris maire et conseiller général ouvre la séance, sous des cris de : « Anduze démission ».
Il propose de voter le maire et le deuxième adjoint qui font partis des 13 qui ont démissionné.
Le vote à bulletin secret donne Bézard Pierre cadet maire. Le 1er adjoint est toujours Dubois et le 2ème est Delmas.
Les 3183 habitants sont satisfaits, quand le 20 février le nouveau commissaire de police est mis en place en la personne de monsieur Lamarque.
Il tombe bien, car il va pouvoir faire appliquer le nouvel arrêt :
« Les cafés, cabarets, estaminets et débits de boissons seront ouverts avec le lever du jour et fermés à 10 heures du soir. Il est interdit d’y laisser jouer des jeux de hasard et de recevoir ou héberger des étrangers et étrangères ».
Dans le mot « étrangères », il faudrait lire fille de petite vertu.
Composition du conseil municipal : Bézard Pierre, Anduze Faris, Dubois Dominique, Anduze Acher, Delmas Pierre, Ballé Isidore, Escolier François, Benet François, Gougaud Jean, Bonnet Jean Pierre, Vives Jean Baptiste, Cavaillé Vincent, Maleterre Thomas, Bézard Emmanuel, Chaubet Vincent, Lagrange Léon, Clerc Etienne, Roussel Jean, Cambon François, Anglade Joseph et Tournié Maurice.
Le 2 août, c’est au tour de l’instituteur Carré d’être révoqué. Il s’était mêlé de la vie politique.
Pour l’Hers, le lit de la rivière doit être modifié par décision du 3 septembre 1850. En effet, il était plus large au confluent, contrariant le bon écoulement du Blau
Le problème supplémentaire est le pont de bois qui menace. Le 15 septembre, Bézard et le conseil décident de le faire en dur. Il doit être remis en état. Il faut régulièrement changer pointes et bois. Aussi, en ciment, ce sera définitif.
Coup de théâtre, le 14 février 1851, le sous-préfet de Limoux Gustave, Clément, Louis Henri D’Uhart notifie la révocation de Bézard Pierre maire et de Delmas Pierre adjoint. Il dissout le conseil municipal, qui était devenu ingouvernable avec des bagarres et disputes à la mairie. Mais, le mal gangrène la population et les rues deviennent des lieux de pugilat.
Le même sous-préfet, pour calmer les esprits, nomme provisoirement Anduze Faris maire et Anduze Acher adjoint, avec comme charge d’organiser les élections.
Dans la nuit du 29 au 30 mars, des militaires arrivent à Chalabre. Ils viennent pour protéger les élections du 30, mais surtout l’urne qui avait tendance à passer par la fenêtre.
Les nouveaux élus seront installés le 3 mai, car il a fallu entre temps vérifier les résultats et répondre aux plaintes.
Le 4 mai 1851, Anduze Faris est nommé maire, Anduze Acher est 1er adjoint et Serrus Joseph 2ème adjoint. Le conseil est alors composé de : Anduze Faris, Bonnet Jean Pierre, Cambon Lacharie, Sénié Charles, Castre Auguste, Croux Henri, Duhamel Jean Pierre, Serrus Jean, Serrus Joseph, Bézard Emmanuel, Clerc Etienne, De Mauléon Antoine, Douay Jean, Chaubet Vincent, Cazalens André, Aussanac Alfred, Anduze Antoine, Villeneuve Barthélemy, Anduze Acher, Escolier François, Teulière Antoine.
La première décision est de révoquer le 4 août le commissaire de police Lamarque. Il avait pris position pour le maire déchu. Il aura comme motif manque de zèle (moi je trouve que c’est le contraire).
2 décembre 1851 fin de la 2ème République, par un coup d’état du président de la République.
Le sous-préfet, devant les contestations, déclare le 5 décembre 1851 que la tentative de Bézard maire de révoquer d’anarchique est illégale, nulle et sans avenir.
Enfin un peu d’oxygène, une mairie est mise en place pour longtemps, qui pourra gouverner.
On vote à Chalabre comme partout en France pour le plébiscite du président de la République.
559 votants : 380 oui, 179 non.
Le copain sous-préfet, considérant que la demande de la municipalité est fondée, donne son accord le 11 janvier 1852 pour la création d’un corps de sapeurs pompiers, il y avait déjà un corps puisque en 1841, ils avaient été habillé pour 757 francs, 24 hommes de feu sont désignés, bénévoles et indemnisés à l’intervention.
Le 27 janvier 1901, le maire achètera une pompe aspirante et refoulante à Paris.
Les plus imposés de l’an 1852 sont : Bézard Falgas, Anduze Narcisse, Cazalens Auguste, Cambon François, Vives Jean, Balussou Jean Baptiste, Antoine Jean Baptiste, Peyronnet Passion, Jammet Antoine, Comoléran Joseph, Théron Guillaume.
La commune se dote le 28 mars 1852 d’un agent qui puisse verbaliser. Un appariteur, un huissier de la ville, est nommé à ce poste, Bonnail Antoine. Il a fait preuve de beaucoup d’activité et d’intelligence. Il mérite la fonction. La ville lui mettra le 10 février 1854 une salle à sa disposition, au midi côté du levant, (salle actuelle du conseil).
Dans la lancée, le 15 mai, le maire interdit la mendicité dans les rues et places publiques de Chalabre, sous peine d’emprisonnement. Bonnail va avoir du boulot
Le conseil est convoqué pour le 27 mai 1852. A l’ordre du jour, il y a le vote du budget. Mais, les 3 rivières ont décidée ce jour-là de quitter leur lit. Une belle inondation en perspective, le quorum n’est pas atteint et la séance est reportée.
Pour avoir le dit quorum, il faut 11 conseillers.
Les recettes du budget s’élèvent à15.036 FS.
Les inondations ont faites suivant les premières estimations 35.460 FS de dégâts, soit deux ans de recette municipale.
Parmi les 59 sinistrés, voici les 5 plus touchés,

Le 3 juillet 1852, il y a l’élection municipale à Chalabre.
La mise en place des élus a lieu le 29 juillet.
Est donc élu comme maire Anduze Acher, comme 1er adjoint Clerc Etienne, 2ème Serrus Joseph. Il y a aussi dans le conseil : Anduze Faris, Serrus Jean, Fourcassa François, De Mauléon Antoine, Chaubet Vincent, Cambon Sacharie, De Saint Sernin Adolphe, Douay Jean, Audouy Dominique, Cazalens André, Bézard Emmanuel, Villeneuve Barthélemy, Croux Henri Gabriel, Balussou Jean Baptiste, Bennet Antoine, Anduze Antoine.

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