Entête Si Chalabre m'était conté

Après la révolution

La révolution

1789 à 1793

Les nobles suivants avaient pris le chemin des émigrés :
La famille De Bruyères Chalabre.
Bernard Emmanuel de ROUX, le grand navigateur.
Les Lévis de Mirepoix du château de Lagarde
La famille De Mauléon Narbonne de Nébias.
Le marquis François Jean De Bruyères Chalabre n’avait sûrement pas été trop loin, peut-être dans un monastère de la région. En effet, lorsqu’une réunion avait lieu le lendemain, il répondait présent. Pour ce faire, il ne fallait pas être très éloigné.
J’ai pensé pendant longtemps, mais sans aucune preuve, qu’il devait être à Lasserre de Prouille ou Fontfroide, surtout pas aux Capucins qui n’avaient pas « la côte » avec la population chalabroise, et où il y était connu.
Jeanne Elisabeth Fortunée, fille aînée de notre marquis, était née en 1762. Elle était souvent à Paris, dans la maison familiale située dans la rue de Chalabre, dans le 17ème arrondissement. Vieille fille, vierge des oreilles, elle courait le guilledou et taquinait la muse, plus exactement les révolutionnaires et autres.
Jean Louis Félicité, fils de notre marquis, veuf de la fille de l’intendant d’Etigny avec qui il avait eu un fils Jean Martre, était passé par Paris et y avait laissé son rejeton à la tata ci-dessus. Le gamin comme sa tante va se livrer à la débauche.
Jean Louis Félicité rejoindra l’Angleterre.

De Roux

Bernard Emmanuel de Roux, marquis de Sainte Colombe, Puivert, Rivel, grand navigateur et marin d’eau douce, devant l’insurrection s’était enfui le long de l’Hers (a pied, pas en barque). Le macho laissa sa famille, une femme et deux enfants en bas âges, face aux insurgés, dont une grande partie venait de Limoux.
Le château fut investi, pillé et brûlé. Le marquis en remontant le Riveillou s’était réfugié à La Calmette chez les Bigou 6 mois environ, la famille maternelle de Paul Lagarde. Il se débrouilla pour se nourrir avec des plantes et du roc royal (chardon).
Par l’Espagne et Gibraltar, il rejoignit l’Angleterre qu’il connaissait déjà.
Nous ne savons pas s’il y avait rencontré des connaissances.
Il partit rejoindre le Prince De Condé et le comte d’Artois à Coblentz. Il devint aide de camp du comte, son inférieur hiérarchique.
Sa femme était venue le rejoindre en 1793 à Aix La Chapelle.
Il avait déjà retrouvé son frère Victor Charles François. Celui-ci fut guillotiné le 3 juillet 1794. Sa femme décéda à Detmold en Westphalie le 5 juin 1795, à l’âge de 30 ans.
Les deux enfants sont et restèrent un mystère, ne sachant pas leur devenu.
Il partit en mission insurrectionnelle dans le midi de la France et couvrait (17 départements). Il y rencontra le marquis de Badens avec ses deux filles, qui fuyaient la terreur.
Le 12 mars 1804, à 8 heures du soir, il fut arrêté, interrogé et incarcéré dans la tour du Temple, au régime peu sévère et laxiste.
Il fut autorisé à recevoir des visites et le 28 octobre 1806 permis de se marier avec Fortuné de Badens. Une fille était née de cette union le 13 septembre 1807. En 1808, il fut transféré au donjon de Vincennes. La tour du Temple devait être démolie. Le régime carcéral y était plus sévère. C’était une vraie prison.
Fin mars 1814, les Russes et les alliés entrèrent dans Paris. Louis XVIII fut proclamé Roi.
Le souverain le nomma en décembre 1814 gouverneur de la forteresse de Vincennes.
Est-ce la fin de 14 ans d’exil et de 10 ans de captivité ?
C’était sans compter sur Napoléon qui débarqua au golfe Juan en 1815.
De roux capitula en mars 1815.
Il fut à nouveau incarcéré.
Les 100 jours, Waterloo.
La chute de l’empire et le retour du Roi.
Il fut à nouveau renommé gouverneur de la forteresse de Vincennes jusqu’en juillet 1830.
Sur ces entrefaites, il était devenu Pair de France et député de l’Aude, sans jamais y être revenu. Il mourut en 1832 à l’âge de 77 ans et il fut enterré au cimetière de Vincennes.
Sa pierre tombale fut réquisitionnée et détruite au début des années 1980.
La famille de Ginesté n’a jamais répondu aux mises en demeure d’abandon.
Louis Marie François Gaston de Lévis de Mirepoix quitta le château féodal de Lagarde, le plus beau du midi, le Versailles du sud. À la même période que Puivert, en 1350, il a fuit avec sa famille en Italie où il y mourut.

De Mauléon

François Savary de Mauléon Narbonne de Nébias était né le 10 janvier 1755 et s’était marié le 18 septembre 1785 à Marguerite de Béon Cazaux.
Il fut ancien page des écuries de Louis XVI.
Au moment de la révolution, il participa comme capitaine à la défense des Tuileries, chargé des canons sur les hauteurs. Il prit la fuite et se réfugia à Nébias avec sa famille. Les révolutionnaires vinrent l’arrêté.
Il fut guillotiné à Collioure, mais d’autres le disent déporté. Il ne revint jamais.
La femme Marguerite et les deux enfants, Elisabeth 4 ans et Mathieu Antoine 2ans accompagnés par Emmanuel Peyre qui les transporta, rejoignirent l’Espagne.
Elisabeth se maria avec Bellisen Durban.
Mathieu Antoine épousa Henriette Nathalie de Bruyères Chalabre, dernière du nom en 1817.
Le fils du Marquis de Chalabre était en Angleterre. Contrairement au voisin de Roux, il prit son temps, voir même du bon temps, le veuf se consola avec Catherine de Laval, veuve du comte de Fleurian.
Ils se marièrent et de cette union en 1797 naquit à Londres une fille Nathalie.

A Chalabre

La révolution ne fit pas grand bruit. Le symbole (le château) était en rénovation, au trois quart démoli.
Les habitants vont pourtant « casser du noble ».
Grâce à la loi du directoire du 2 frimaire de l’an 1 (23 septembre1792) qui ordonne de piller et dépouiller le château de Lagarde, la demeure des Lévis, ils arrêtèrent les insurgés venus à cet effet de Limoux et les accompagnèrent à Lagarde où chacun était revenu avec des souvenirs.
Les balustres et entourages de fenêtres de notre château avaient été récupérés à Lagarde.
Les premiers à siéger au tribunal pour instruire les procès des criminels sont :

Les élections du 1er novembre 1789 avaient nommés les 4 consuls modernes suivant :

Ils avaient refusés la charge, mais aussi de prêter serment.
Devant le rejet, le greffier Rieutort avait assumé la fonction de maire.
Le 16 mars 1790, Florian Sales qui s’était acquitté de ses dettes va être jugé par un grand monsieur avec une carte de visite longue comme un chapelet :
André Hercule de Boisset, Duc de Fleury (Eure), pair de France, Brigadier des armées du Roi, maître de camps du régiment royal dragon, premier gentilhomme de la chambre de sa majesté, gouverneur et lieutenant général de la Loraine et du Barois (aujourd’hui département de la Meuse), gouverneur particulier de la ville et citadelle de Nanci (mot authentique, il faut lire Nancy), capitaine du château de Girosseux et sénéchal de Limoux (officier judiciaire) condamne Florian Sales à l’abandon de ses biens, suite à la lecture de son bilan.
A la vue du verdit, il semblerait qu’il y ait eu un problème d’argent.
Florian fut condamné, parce qu’il avait donné gratuitement « une paire de bouffe ou gifles » au sieur de Bruyères évêque de Saint Pons. Ce dernier surveillait les travaux du château et vivait provisoirement au Barri neuf.
Le jeudi 20 mai 1790, à 9 heures du matin, tous les citoyens actifs des municipalités dépendant de la paroisse de Chalabre, Sonnac, Montjardin, Montbel, Canterate, Fontrouge et Léran formant le canton, étaient réunis en l’église des Capucins.
Président de la séance, le doyen d’âge, l’indétrônable docteur Pierre Palmade, assisté d’autres anciens, Philippe Clerc, Charles Monier, Pierre Joffre, (une liste de nom était établie par commune, mais trop longue à énumérer ici) 123 citoyens de Léran, 43 de Montjardin, 23 de Sonnac, 8 de Canterate, 6 de Fontrouge, 3 de Montbel et 247 de Chalabre, les 7 maires et 7 notables (curés, avocats, juges, notaires) il y avait 467 personnes inscrites et présentes. N’avaient été invité que les hommes qui payaient le cens, quantité d’imposition nécessaire pour jouir de certains droits.
Pour participer à un vote, la valeur était l’équivalent de 3 journées de travail, soit 3 livres.
Pour être électeur, il fallait payer 10 livres de cens, soit 10 journées de travail.
Pour être député, il fallait payer 54 livres de cens et être propriétaire.
Après les vérifications d’usage, le vote put commencer. Midi est déjà là quand le président de séance Castres le vicaire est élu. Il avait obtenu 316 voix.
Le secrétaire Raymond Sales avocat au parlement avait eu 289 voix. Il fut nommé secrétaire.
« Ils prêtent serment de maintenir chacun de tout son pouvoir la constitution du royaume, d’être fidèle à la nation, à la loy et au Roy et d’être digne de la république ».
Il faut savoir que les scrutateurs furent votés à main levée.
Puis, vint le vote des 4 scrutateurs. Mais comme il était 7 heures du soir, vu l’heure tardive, l’assemblée désira se séparer.
La séance fut levée et le rendez-vous est pris pour le lendemain à 6 heures du matin.
Vendredi 21 mai 1790, à 7 heures du matin, tout le monde était présent en l’église des frères Capucins.
Le président le vicaire Castres prit la parole et fit valoir que l’élection fut irrégulière pour les raisons suivantes :

En conclusion, le tout fut expédié à Carcassonne qui devait décider. Il n’y eut jamais de suite.
Le 5 juin 1790, pour l’intérêt du trésor national, il fallait dénoncer et arrêter les contrebandiers du tabac. Les aubergistes ne doivent pas les héberger sous peine de complicité. « Les voyageurs pour le Pas de la Case en voiture S.V.P. »
Le 20 juin 1790, le maire Rieutord réunit le conseil.
Bézard du Falgas, B. Vignol, L. Toursier, Philippes Clerc, Cristant officier municipal, Gauderic Lasale, Gaudry Alexis, Anduze père, Anduze fils, Magna, Bataillé, Louis Rougé, Castres Saint Martin, Philippe Bennes, Jean Clerc, Jean Vives, demandèrent à ce que le district de Quillan fut transféré à Chalabre et que les communautés avoisinantes à la demande de Saint Colombe puissent si rattacher.
Le 23 juin 1790, la commune reçut une lettre du district de Limoux, qui demandait un renfort de 10 hommes en armes pour les élections relatives aux députés.
Ce même jour, l’Assemblée Nationale décréta l’abolition des titres de noblesse héréditaire !

Article 1 :
les titres de prince, duc, comte, marquis, vicomte, vidame, baron, chevalier, messire, écuyer, nobles ne seront ni pris par qui que ce soit, ni donnés à personne.
Article 2 :
personne ne pourra porter de livrées, ni avoir d’armoiries et l’encens ne sera brûlé dans les temples que pour honorer la divinité.
Article 3 :
les titres de monseigneur, messeigneurs, excellence, altesse, éminence, grandeur ne seront donnés ni à un corps ni à aucun individu.

La période était trouble, angoissante, avec la peur du lendemain, la sensation de rentrer dans un tunnel ou un trou noir.
Le 7 juillet 1790, le conseil décida : « un feu de joy et illumination, une messe et du pain qui sera distribué aux pauvres, afin d’honorer ceux qui ont perdu la vie pour nous acquérir la liberté à la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, il y a un an ».
Chose promise, chose due. Le feu de joie dans la journée, cela n’était pas terrible. Ce qui avait plu aux Chalabrois, c’était la distribution de pain et du vin.
Le 24 août 1790, le conseil s’était réuni à nouveau. Le maire Rieutord dit : « il m’est venu à ma connaissance que des gens mal intentionnés ont pour objet de faire des incursions chez les citoyens de cette ville pour piller leur maison et que plusieurs membres de l’assemblée seraient en accord avec les brigands. Le maire rappelle que les gens qui ne sont pas d’accord peuvent nommer leur chef par vote ».
Quelques jeunes s’engagèrent dans l’armée ou dans la garde nationale. Ils étaient prêt à donner de leur sang, jusqu'à la dernière goûte, pour la patrie.
Boulanger Gilbert était volontaire. Le 4 septembre 1790, la police municipale se rendit sur les lieux de son travail. C’était son patron Jean Baptiste Debat (de Courtauly) qui ne voulait le laisser partir, invoquant le prétexte qu’il n’avait pas fini son apprentissage.
La police lui ordonne de se rendre à son affectation. Se tournant vers le patron, monsieur Bézard, officier municipal, lui dit : « quand la patrie est en danger, on ne calcule pas ».
Pour parer à toutes éventualités, le 17 septembre 1790, il fut créer une garde nationale, avec comme objectif de dénoncer et surveiller tout ce qui se passait à Chalabre et de le rapporter au maire ou officiers de ladite municipalité, mais aussi de rendre compte de toutes les disputes et batailles.
Le sergent Amat fut désigné à cette tâche. Le directoire de Limoux donna son accord, mais avait interdit toute opération de police réservée à la maréchaussée, devenue bientôt gendarmerie nationale.

Les boulangers

En ce jour béni de dieu pour la naissance de Jésus, le directoire de Limoux convoqua le 25 décembre 1790 les boulangers de Chalabre dans la maison du peuple pour y être jugés.
Les fabricants de pains : Antoine Chaubet, Gilbert Clanet, Laurens Nadal (c’est sa fête car Nadal en occitan veut dire Noël), Baptiste Dantoine, Laurence Monié et Jean Clanet, ne voulaient pas payer les taxes.
Le représentant du directoire, juge suprême, fit valoir qu’ils devaient se conformer aux lois, sous peine de voir leurs biens confisqués.
Les marchands de pains ne furent pas en accord avec l’imposition. Ils firent valoir le privilège daté et signé de la main de Louis XVI en 1782.
Le juge répliqua « que ce privilège n’étant qu’imaginaire ».
Les boulangers développèrent l’argument : « c’est toujours la même personne notre bon Roi qui est à la tête de la France et du Royaume, il leur a été obligé de prêter serment en jurant fidélité au Roy en premier et à la République ensuite ».
Une petite, très petite, amende leur fut donnée, pour la forme, (ils en rient encore). Ne pensez pas que c’était un effet de bonté pour le jour d’anniversaire de la naissance de Jésus, mais par crainte de la réaction des fabricants de pains.
En ce jour de noël, Chalabre n’avait pas eu de pains, puisque les boulangers étaient au tribunal.
Le 21 janvier 1791, les ci-devants Capucin font l’objet d’un redressement municipal. La ville leur demandait de s’acquitter du loyer, mais sur les trois dernières années, et des taxes.
Ainsi, il s’agit de la bagatelle de 16.000 livres, soit 3 fois le budget de la ville.
Ils ne purent jamais honorer la dette.
Le 24 janvier, le conseil demanda au directoire au vu de la dette la permission de prendre des balustrades, du lambris, du bois et des cloches appartenant aux dits Capucins, afin d’être donné à la paroisse de Chalabre et au curé Arcizet.
Le directoire donna son accord : le couvent mal aimé des Chalabrois, qui profitèrent de la cavale de leurs bienfaiteurs en la famille de Bruyères, fut pillé.
Arcizet qui avait monté toute cette affaire n’avait obtenu que les restes, (presque rien).
Le 23 février 1791, Montbel fut dirigé en municipalité.
Le 7 mars 1791, le maire Rieutord arrêta que : « à compter du 1er avril et jusqu’au 1er novembre, à cause des fortes chaleurs, pouvant causer des conséquences désastreuses sur l’air que l’on respire, ordonne que le fumier sera retiré tous les samedy ».
Les peines encourues sont : 5 livres d’amende ou de la prison.

La fuite du Roi

L’évènement qui bouleversa l’histoire de la France.
Le 15 mai 1791, le maire avait réuni le conseil pour y lire et donner une suite à la lettre envoyée le 1er mars Duzes (Uzès dans le Gard), où elle adresse 3 ordres réunis de la province du Languedoc :

Le maire lut la lettre qu’Uzès avait envoyée au Roi :
« Laristocratie et les ennemis du bien public que les nobles et le haut clergé ont tout abandonné depuis longtemps et que la tiranie qu’ils y ont commise les abus qu’ils y ont pratiqué et les restitutions qu’ils ont à faire leur ont interdit lentrée dont ny voit plus aujourdhui que quelques prêtre qui quoy quentérieurement ennemis de la constitution et qui soy déclassé traite à la nation et arrété en ten que tel » (texte authentique).
Le conseil en fut tout retourné et se déclara contre, et fit une lettre au Roi pour lui manifester son soutien. Ils dénoncèrent le complot d’Uzès. Les émigrés du sud de la France préparaient une contre révolution avec comme exemple de Roux et Badens.
De cause à effet, dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, la famille royale quitta les tuileries pour aller à Metz. Ils furent arrêtés à Varennes où ils avaient été reconnus par Drouet maître de poste, ayant servi dans un régiment à Versailles.
Le passeport était établi au nom de la baronne de Korff (nom de la reine) et un valet de chambre (Louis XVI). Il nia en premier qu’il fut le Roi, mais fini par l’avouer. Pour éviter toute intervention militaire de la Prusse, il déclara le 15 juillet qu’il avait été enlevé malgré lui. Il fut rétabli dans sa fonction le 30 septembre 1791.
Le 1er octobre, les 745 députés s’étaient réunis à nouveaux, les Jacobins de Montpellier demandèrent de saisir l’occasion de faire de la France une République.
Le Roi s’était enfui. La nouvelle fit le tour du pays et finit par être déformée, le Roi à été enlevé.
Le 26 juin 1791, un conseil fut réuni dans l’urgence. « Le maire : dénonce le fait que le Roi et la famille royale ont été enlevés, sans aucun doute par un complot aristocratique ennemi de la constitution et que cette tentative hardie ne soit le prélude d’une contre révolution ».
Il fut donc décidé d’organiser une surveillance de jour, comme de nuit.
Dans le même esprit, le 28 juin, il fallait découvrir les auteurs, fauteurs et complices de l’enlèvement du Roi et de la famille royale. Richard Subreville et Jean François Sabatier furent chargés de procéder à l’ouverture de toutes les lettres, et de saisir celles qui pourraient donner quelques éclaircissements sur le projet de contre révolution.
De nos jours, nous savons le fin mot de l’histoire. Mais, être sûr qu’il allait passer à Chalabre est franchement marrant, alors qu’il était revenu dans sa résidence.
Pendant ce branle-bas, où l’action se focalise sur l’enlèvement, le 2 juillet 1791, le prêtre des pénitents blancs Prévost déposa une requête de monsieur De Bruyères Chalabre. L’émigré s’inquiétait sur le devenir de ses biens et de sa famille. Le maire déclara : « Au surplus que le sieur Bruyères ne sera pas troublé en la propriété qu’il croit avoir dur la dite place du dit Chalabre et aucune représailles n’est envisagé en l’encontre de ses biens et de sa famille ».
Voilà notre châtelain épargné.

La suite de la fuite du Roi

Le 7 juillet 1791, une assemblée générale fut organisée dans la maison commune sous la présidence du maire. Y étaient présents les officiers municipaux et les notables.
Ordre du jour : distribution et répartition des 36 fusils achetés au directoire de Limoux pour 870 livres.
Il fallait établir une liste de citoyens prêts à mourir et de défendre la nation, contre la contre révolution. Une liste fut établie.
Les fusils sont chez Vives fils, fabriquant d’armes pour une révision.
Le 4 juillet 1791, comme dirait le Roi, à Chalabre rien.
Le 15 juillet, les fusils furent distribués à toutes les personnes dont les noms suivent :

Je ne sais pas vous, mais moi j’en compte 38.
Le 19 Juillet 1791, le maire Rieutord arrête que : « considérant que tout ce qui intéresse la sûreté de la commune, la propreté dans les rues places et voies publiques et pour la salubrité de l’air, il est interdit de laisser des ordures ou de les déposer dans la ville, il est demandé expressément de les jeter à l’extérieur, de même qu’ 'il est interdit de battre le jour dans les rues ou places du chanvre, blé, avoine, seigle ».
En août 1791, ils furent 7 à s’engager pour 3 sous par jour.

Le cousin mesurait donc 8 mètres 50.
1 pied = 33 centimètres.
Le 25 août 1791, il fut demandé à toutes les villes de la région de s’exprimer pour le déplacement du district de Quillan à Chalabre.
Le Roi, le 13 septembre 1791, à l’assemblée nationale et constituante, sanctionne la constitution Française.
Le 24 septembre 1791, à Chalabre le maire Rieutord, des suites de l’intervention du Roi le 13 courrant qui sanctionna la constitution et l’assemblée, soulagé euphorique, ordonna devant un conseil maussade :

Les chalabrois ne partagèrent pas la joie du maire, qui était de plus en plus contesté. Sur ces entrefaits, ils avaient appris la supercherie du Roi et le zèle de Rieutord.
Les habitants ne participèrent pas aux festivités qui furent nulles.

Le premier élu

Le dimanche 13 novembre 1791, les citoyens actifs de la ville de Chalabre furent conviés à une assemblée générale à 13 heures dans l’église des pénitents blancs. Elle couvrait deux bâtisses à la place, que nous appelons, maison Tichadou ou Siran.
13 heures précises, coup de théâtre, le sieur Rieutord maire donna sa démission.
L’officier municipal Barthélemy Vignol donna lui-aussi sa démission.
Le doyen d’âge, l’indestructible Pierre Palmade, (fils avec le même nom), déclara la séance ouverte :
Un bulletin vierge que chacun prenait à l’appel de son nom, s’enfermait dans l’isoloir, mettait un nom, celui qu’il estimait capable d’accomplir la tâche.
L’élu est celui qui avait obtenu le plus de voix.
1er élection du président de séance : Clavel est élu.
2ème élection du secrétaire : Anduze aîné est élu.
3ème élection des scrutateurs : sont élus Philippe Clerc, Gabriel Pas, Claude Vives.
4ème élection : celle du maire, Gabriel Pas est élu
Il témoigna sa gratitude mais ne pouvait assurer la fonction.
5ème élection : pour le maire Pierre Anduze fils est pressenti à ce poste, mais lui-aussi refusa.
Vu l’heure tardive, Clavel président suspend la séance et proposa de se réunir dimanche prochain, même lieu, même heure.
Le dimanche 20 novembre 1791, à 2 heures de l’après-midi, en l’église des pénitents blancs, le doyen d’âge ouvra la séance.
Ils revotèrent le président, le secrétaire et les scrutateurs, qui bizarrement ne furent pas les mêmes.

16 heures
au 4ème vote, le maire est élu en la personne de Jean Anne Durou,
au 5ème vote, le procureur de la commune fut Jean Poulhairies,
au 6ème vote, les officiers municipaux, Henry Arexy, Gipier, et Pierre Lacube.

Enfin, nous voici avec des autorités élues.
Le samedi 26 novembre 1791, les nouveaux élus étaient à l’hôtel de la ville pour y prêter le serment. Le nouveau maire prit la parole et dit qu’il ne peut prêter le serment, vu son grand âge et ses absences journalières pour son travail qui se situait à Montjardin.
Il donna sa démission.
Les fêtes de la fin d’année passèrent.
Les choses sérieuses reprirent le dimanche 15 janvier 1792 à 13 heures, toujours dans l’église des pénitents blancs.
Le doyen d’âge ouvre la séance. On vota pour élire le président de séance.
4ème vote : c’est Anduze père qui fut élu.
8ème vote : comme personne n’eut la majorité, Jean André Bartélemi ayant obtenu le plus de voix prit la fonction de secrétaire.
9ème vote : les scrutateurs furent élus, Charles Monier, Philippe Clerc, Barthélemy Vignol.
Vu l’heure tardive (20 heures), la séance fut reportée au lendemain à 1 heure de l’après midi.
Le lundi 16 janvier 1792, à 13 heures, même lieu, même motif.
Le doyen d’âge prit la parole et dit : « du moment que hier le président secrétaires et scrutateurs ont été élus, il n’y a pas lieu de revoter ».
Des murmures et de la contestation se firent entendre, certains demandaient de voter.
1er vote : pour ou contre le vote !
Le contre l’emporta.
Le président de séance fut bien Anduze père, le secrétaire et les scrutateurs identiques.
4ème vote : 3ème tour, Jean Poulharies obtint la majorité, il remercia ladite assemblée d’avoir les yeux sur lui, mais il ne peut remplir la charge.
5ème vote : 4ème tour, Jean François Anduze cadet fut élu.
Il accepta la fonction de maire.
7ème vote : 2ème tour, Jean Bardon devint procureur de la commune.
Il fallut élire les officiers municipaux.
8ème vote : 1er tour, Jean Christant est élu.
9ème vote : 2ème tour, personne
10ème vote : 3ème tour, Clément Clerc et Castres Saint Martin furent eux-aussi élus.
Dans le même élan, à 21 heures du soir, malgré le couvre feu, les nouveaux élus furent réunis dans la maison commune. Rieutord leur fit prêter serment individuellement.
Le premier est Jean François Anduze Cadet, puis Castres Saint Martin, Clément Clerc, Jean Christant et le dernier Jean Bardon procureur de la commune, qui se tourna vers la plaque où le nom de son grand père est gravé dans la pierre et dit : « je le jure »Puis, viennent Henri Arexi le secrétaire et Pierre Lacube le juge.
« Ils levèrent la main l’un après l’autre à la passion figurée de notre seigneur Christ, promettant de maintenir de tout leur pouvoir la constitution du royaume décrétée par l’assemblée nationale sanctionnée par le Roy, d’être fidèle à la nation, à la loy et de remplir avec zèle la fonction de leur charge ».

Les maires de la révolution a nos jours

01- 11- 178913- 11- 1791RIEUTORT Pierredémission
16- 01- 179202- 01- 1793ANDUZE cadet Jean Françoisrévoqué par le directoire
02- 01- 179330- 07- 1793BEZARD Nicolasrévoqué par le directoire
30- 07- 179305- 07- 1795CLAVEL Baptistedéposé cause de famine
05- 07- 179515- 11- 1796CASTRE Pierre (le bisquit)démission
15- 11- 179618- 10- 1799LASALE Françoisdémission
18- 10- 179901- 01- 1813CLAVEL Jean Baptiste
25- 01- 181330- 03- 1815BRUYERES CHALABRE Félicitérévoqué par le préfet
07- 06- 181518- 06- 1815ANDUZE Jean Françoisnommé par le préfet
10- 08- 181506- 08- 1830BRUYERES CHALABRE Félicitédémission
12- 08- 183017- 02- 1832ANDUZE Antoinedissolution
26- 02- 183216- 07- 1842ANDUZE FARIS J .J. Antoinerévoqué par le préfet
16- 08- 184217- 02- 1848BEZARD Pierre cadetrévoqué pour 2° république
27- 02- 184826- 02- 1849ANDUZE FARIS J. J. Antoinedésaccord au conseil
26- 02- 194930- 03- 1851BEZARD Pierrerévoqué par le préfet
04- 05- 185129- 07- 1852ANDUZE FARIS J. J. Antoinedéposé pour les inondations
29- 07- 185201- 07- 1855ANDUZE Acherdéposé pour Saint Pierre
01- 07- 185505- 09- 1870ANDUZE FARIS J. J. Antoinerévoqué pour 3° république
25- 09- 187003- 06- 1871BEZARD Victordécédé
30- 06- 187102- 10- 1872ANDUZE FARIS Jean Jacques Antoinedécédé
17- 11- 187206- 01- 1878ANDUZE Antoinebattu
06- 01- 187817- 02- 1879BEZARD Gustaverévoqué par le préfet
23- 03- 187920- 05- 1879DANTOINE Baptiste
20- 05- 187916- 02- 1882BEZARD Gustaverévoqué par le préfet
23- 04- 188221- 12- 1884BEZARD Paulrévoqué par le préfet
28- 06- 188527- 06- 1886CAZALENS Eugène
27- 06- 188620- 03- 1888BEZARD Paul
20- 03- 188820- 01- 1897TOURNIE Jean Jacquesdéposé pour l’eau
20- 01- 189715- 09- 1905LAFITTE Osmintracts et bagarres
15- 09- 190530- 11- 1919RASCOL Henri
30- 11- 191929- 06- 1924AMIEL Jean
29- 06- 192403- 05- 1925SALVAT Henridémission
03- 05- 192505- 05- 1929ROLLAND Josephdémission
05- 05- 192914- 11- 1931JEAN Françoisdémission
14- 11- 193113- 07- 1941FITAIRE Emile décédé
20- 07- 194127- 09- 1947VIDAL Jean Baptiste
27- 09- 194709- 03- 1959SAMITIER Maurice
09- 03- 195921- 03- 1971MAUGARD Augustin
21- 03- 197103- 1989BOYER René
03- 198924- 03- 2001MONTAGNE Jacquesdéposé
24- 03- 2001GUILHAMAT Christian

BOYER René, 18 ans consécutif
ANDUZE FARIS possède le record de longévité, en 40 ans 29 ans de premier magistrat
HUILLET François, 42 ans de conseiller municipal.

Retour à la vie de Chalabre
Cependant, depuis le 6 janvier, un avis de recherche est lancé contre 2 chalabrois :
Bousquet Joseph ,22 ans, 5 pieds et 3 pouces, sourcil et cheveux noir, les yeux gris, le visage gros marqué de la petite vérole.
Commoleran Guillaume, 18 ans, 5 pieds 4 pouces, cheveux et sourcil châtains, les yeux gris et le visage rond.
Désertés ce jour du 1er bataillon de volontaires, dans 3 jours, ils seront déclarés traite à la patrie et punis comme tels.
Le 6 avril 1792, le maire Anduze annonça que les frères s’étaient retirés de l’école publique. Il proposa de trouver et nommer un régent. Le sieur Antoine Boyer déclara avoir quelques intentions.
Il ouvrit une école pour la lecture, l’écriture et l’arithmétique. Depuis la révolution, l’école chrétienne était fermée. On le nomma régent.
Il enseigna conjointement avec les frères Calistes de ladite école chrétienne.
Lettre depuis Elne, du commandant Bézard Falgas qui demandait le retour dans le bataillon d’Isaac Benet, Vidalat, Monier et Commoleran.

document manuscrit

Commoleran ne reviendra plus.
Le 14 juin 1792, la ville de Chalabre récupéra les 36 fusils (38), pour le porter à la révision (ils n’ont jamais servis), parce que nous n’avons jamais ni vue passer, ni trouver le Roi. 6 de ces fusils seront attribués au corps de garde.
Le 21 juillet, il fut fait un état des citoyens qui possédaient une arme, pistolet, fusil, fusil de chasse, épée ext…. 150 foyers en possédaient une, voir plusieurs. Les fusils, qui avaient été attribués, le furent à des hommes qui en possédaient.
Le 21 septembre 1792, Nicolas Bézard représentant du directoire de Limoux demande la restitution des fusils, pour les distribuer à des gens qui eux n’ont pas d’armes.
Le maire répondit : « les dits fusils sont à la révision et qu’ils sont la propriété de la commune de Chalabre, il est le seul à pouvoir les distribuer aux dites personnes au vu de l’état des armes dressé au mois de juillet ».
Que cherche le directoire et Bézard ?
C’est le jour de la proclamation de la république, et ne veulent pas une insurrection armée.
Le juge Nicolas Bézard, membre du directoire, avait perçu lui-aussi un fusil (voir plus avant). Il était pur et dur. Il était à l’origine de la guillotine de Mauléon Narbonne Nébias.
La convention nationale décrète, depuis l’assemblée nationale le 21 septembre 1792, que la royauté est abolie.


1ère république

Le 22 septembre 1792 est l’an premier de la République Française.
Le 30 septembre 1792, le secrétaire Toursier Fortuné va pendant 2 ans se « planter régulièrement » sur le calendrier républicain, confondant les années et les jours.
Il commence son rapport sur les personnes qui viennent prêter le serment pour la 1ère république.
« L’an quatre de la liberté et le 1 de légalité.
Nous, maire et officiers municipaux et notables, en vertu de la loy du 15 août de la présente année, nous nous sommes rendus dans le lieu de nos séances ordinaires à l’effet de préter le serment de ladite loy aux termes de nous jurons dêtre fidèlles à la nation et de maintenir de tout notre pouvoir la liberté et légalité ou de mourir à notre poste, les sous signés étant les sieurs Anduze maire, Jean Christant , Castre Saint Martin, Henry Harexy, Pierre Lacube, officiers municipaux, Jean Bardon procureur de la commune, Louis Melise, Pierre Tisseyre, Paul Font, Guillaume Bouichou, Nicolas Gaudy notables, ensembles les sieurs Jean Baptiste Arcizet curé, Marc Saint Sernin vicaire des registres de Montbel et Montjardin, Jean Paul Clément Durieu receveur de la régie et Ativ Malle de l’enregistrement du bureau de Chalabre, et Jean Bartélemy greffier du juge de paix dudit Chalabre et canton, signé avec nous Fortuné Toursier secrétaire greffier de la municipalité de Chalabre, ensemble le sieur Clément Clerc officier municipal, Etienne Cambon notable et le sieur Richard Subreville ancien caissié pour le transport ou charroy des gabelles quy sont survenues au moment de la cloiture du présent verbal, ainsy que le sieur Michel Tournier notable et le sieur Nicolas Prévost, Pébre Guy ont tous prétté serment cydessus, entre les mains de monsieur le maire et en présence de messieurs les officiers municipaux notables ont signés est survenu de plus monsieur Jean Baptiste Clavel juge de paix du canton de Chalabre quy à pretté le meme serment et ont tous les sus signés
».
Le texte est authentique.
Vous remarquerez comme moi que le pur et dur Nicolas Bézard n’était pas venu jurer fidélité.
Le 7 octobre 1792, l’an 1, le caissié (caissier), Richard Subreville, celui qui ouvrait les lettres a en dépôt chez lui 339 livres et 16 sols, reste des intérêts du trésor Royal destinés au corps des arts et métiers de cette ville. Cette somme vint en déduction des 500 livres qu’il fallut pour réparer le clocher de Saint Pierre.
De nos jours, il n’est pas possible qu’1 adjoint ou conseiller ouvre le courrier des associations.

L’état civil

Le 28 octobre 1792, l’an 1 de la république, le maire Anduze demanda aux élus de faire une commission afin d’aller chez les prêtres, faire le tour des églises et chapelles, de faire un inventaire complet des biens, de les répertorier et de fournir la liste au directoire.
Le 6 novembre 1792, l’an 1 de la république, il fallut nommer un officier de police pour aller avec le maire retirer dans l’église paroissiale les registres écrits par les curés pour les baptêmes, mariages et sépultures.
Il fallut nommer un officier public dans le sein de la commune pour constater et enregistrer les naissances, mariages et sépultures.
L’état civil devint municipal, la différence et le remplacement du baptême par la naissance.
Le lendemain, le 7 novembre, plusieurs citoyens firent une pétition pour la matrice du rôle de 1791 sur l’imposition foncier, qui fut dénoncé quelques jours au préalable.
Le résultat de l’enquête donna :
Le 1er groupe de travail estima que 36 citoyens doivent être totalement déchargés de l’imposition de 1791.
Le 2ème groupe de travail annonça que 89 citoyens ne doivent payer que la taxe foncière.
Le 3ème groupe accorda une diminution à 32 citoyens sur la taxe d’habitation et mobilière.
Tout Chalabre était, ce jour là, en l’église des pénitents blancs. Ils applaudirent les premiers biens faits de la République.
Le 12 décembre 1792, an 1er, Anduze le maire s’était inquiété de l’hiver et du chauffage. Le procureur Bardon, qui ne cirait pas les pompes comme son grand père (affaire Dubois), dit : « concernant l’article 21 d’une transaction passée entre les habitants de la ville et Jean Antoine de Bruyères seigneur et baron dudit Chalabre, le 14 septembre 1614, l’autorisation d’aller prendre du bois de chauffage et autres usages dans la forêt « le bois noir » situé dans la ville de Rivel ». Un détail des plus insignifiants la famille de Bruyères n’était pas propriétaire, qui était Jean Pressoire.
Le secrétaire Toursier fit des erreurs régulièrement dans les dates et les formules, surtout avec le calendrier républicain, (il n’était pas le seul).
Le 2 janvier 1792, l’an premier de la république, (c’était en réalité 1793), 9 heures du matin, tous les hommes actifs de cette ville furent réunis dans la chapelle des Pénitents Blancs.
Le doyen d’âge, François Danjou, présida la séance. Il fut assisté de 3 autres personnes âgées, Henri Harexy, (dans un paragraphe précédent il était nommé Henry Arexy) Jean Louis Toursier, Guillaume Saurat.
1er tour : Jean Louis Toursier fut élu président.
Mais, comme il devait partir, il refusa la charge.
2ème tour : Anduze Jean François fut nommé président.
3ème tour : André Bartelemi fut élu secrétaire.
Au 6ème tour : les scrutateurs qui furent élus sont Jean Billard, Jean Christant et Clément Clerc.
Vu l’heure tardive, la séance est levée. Le rendez-vous fut fixé à 2 heures de l’après-midi.
Comme il est dit dans le texte : l’heure de deux étant arrivée, les citoyens se sont à nouveaux réunis dans ladite chapelle sous la présidence d’Anduze pour voter le maire.
1er tour : Nicolas Bézard fut élu maire.
2ème tour : le procureur municipal fut Jean Bardon.
3ème tour : les officiers municipaux.
Cela donna le résultat suivant : Etienne Cambon, Guillaume Bouichou, Compans Paul, Arnoulats et Pierre Tisseyre.
Les notables, (conseillers municipaux) Cazalens cadet, Pont Paul, Cavaillé Vincent, Christant Jean, Rouzeaud Jacques, Sales Florian, Benet François, Vignol Bartélémi, Louis Méliès, Anduze aîné, Poulhairies Jean, et Clerc Philippe.
A partir de ce compte-rendu, nous trouvons diverses mentions : La république une et indivisible souvent avec liberté égalité ou de mourir avec parfois « mort au tirans » au est au singulier et tyrans avec un i et mis au pluriel.
La fraternité, vivre en frère n’apparaît pas encore.
La ville de Chalabre a mise en circulation des billets patriotiques de 3 deniers, de 1 sou, de 2 sous, et de 3 sous.
Ils venaient faire l’appoint aux ouvriers des fabricants de draps.
Le verso est libre de toute inscription.

billet patriotique

Et les émigrés ?

Et la famille de Bruyères que faisait-elle ?
L’aîné, François Jean, était toujours planqué, mais comme déjà dit pas très loin.
La fille Jeanne Elisabeth passa la révolution à Paris pendant que le régime de la terreur se mit en place, avec Robespierre, Danton et d’autres, comme Marat Jean Paul, le fameux démagogue, le plus grand instigateur des massacres de septembre.
Chef du parti de la montagne à la convention, auteur principal du procès des Girondins, assassiné dans son bain en 1793 par Charlotte Corday, il se plaisait à « asticoter » le grand citoyen Maximilien Robespierre, l’un des hommes le plus tristement célèbre de la révolution. Marat disait en parlant de Robespierre: « Il se plaisait dans ses narrations et auditoires, à se faire contempler par sa dame de Chalabre, la fille du marquis de Chalabre, celui-là même qui fit le whist avec le Roi Louis XV, le soir de l’exécution de Damiens en place de Grève », (1757).
Cette page de l’histoire fut colportée par un écrivain, dont il n’y a même pas une rue comme partout en France qui porte son nom, Victor Hugo.
Si vous allez aux archives nationales et que vous consultez les registres des délibérations de l’assemblée ou constituante, vous trouverez souvent une invitée « la dame de Chalabre » la fille du Marquis. Le grand tribun, Robespierre, après un oratoire, allait régulièrement avec son frère, dans la rue de Chalabre se faire masser. Le petit frère faisait « le pet » pendant que l’aîné (marié père de famille) honorait la gourgandine.

Le 21 janvier 1793, Louis XVI Roi de France fut guillotiné.

Fin de la monarchie constitutionnelle

Le 14 juillet 1792, ce fut la fête de la nation. Des gardes nationaux, venus de tous les départements, furent présents. C’était le premier défilé militaire. Ceux de Marseille entonnent un chant de guerre de l’armée du Rhin, que le capitaine Rouget de L’Isle venait de composer à Strasbourg. Il comporte 7 couplets.
On l’appellera la Marseillaise et deviendra l’hymne de la nation.
Le 9 et 10, le Roi fut arrêté et incarcéré. Danton, avec 5 autres personnes, prirent le pouvoir. La Fayette avait voulu se soulever et faire la contre révolution. Il déserta et passa à l’ennemi avec les émigrés.
A Paris, la milice envisage d’exterminer les mauvais citoyens.
Plus de 1200 furent guillotinés du 2 au 6 septembre 1792, soit 300 par jour. Ce triste record sera largement dépassé avec même un rendement 100 fois supérieur par les nazis, grâce aussi à la milice.
Quant Louis XVI passa en procès, il y eut grande discussion.
Fallait-il juger le Roi ou l’homme ?
Soit la condamnation du Roi ou celle de la République.
Maximilien Robespierre a dit : « il n’y a pas de procès à faire, vous n’êtes point des juges. Louis n’est point un accusé, vous êtes, vous ne pouvez être que des hommes d’état et les représentants de la nation, vous n’avez pas de sentence à rendre pour ou contre un homme, mais une mesure de salut, à prendre un acte de providence nationale à exercer ».
Proclamation de la 1ère république le 21 septembre 1792.
Elle prit effet le 22. Le service militaire devint obligatoire pour les hommes ce jour-là

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